Vincent, on imagine que vous êtes comblés par cette victoire bonifiée face à Toulon ?
Nous sommes évidemment satisfaits, d’autant plus que nous avons été meilleurs que lors de nos deux sorties précédentes, au Connacht et à Brive. Au moins au niveau du réalisme. Et à l’arrivée, cela nous permet d’empocher le bonus offensif. Au delà de ça, on a vu une première mi-temps où nous avons globalement dominé, mais en faisant trop de fautes : cela leur a permis de rester dans le match, grâce à la botte de Jonny Wilkinson.
En deuxième période, nous avons su faire quelques réglages, et nous avons notamment été très bons en défense, tout en exploitant correctement les ballons de contre. Nous avons aussi su porter le ballon quand il le fallait. En fait, on a su alterner.
Trois essais marqués à une équipe qui n’en avait encaissés que six depuis le début de la saison, c’est une grosse performance ?
C’est bien, ça veut dire que nous avons tenu bon, car même réduits à quatorze, nous n’avons pas encaissé de points. Nous avons été très efficaces en défense et sur les ballons de contre, en étant très précis. C’est un gros point positif.
Quand on voit les déchets qui étaient les nôtres au Connacht, avec les occasions que nous avons eues… Les réglages que nous avons beaucoup bossés à l’entraînement ont payé. Ce n’est pas encore parfait, mais c’est déjà mieux, et ça veut dire que tout le monde est en train de monter en puissance. C’est important dans la perspective des deux matchs qui arrivent.
C’est en effet de bon augure pour la Coupe d’Europe ?
Je l’espère. En tout cas, à force d’avoir travaillé, on voit que les petits repères commencent à revenir, tout comme la fraîcheur. Alors oui, c’est de bon augure, mais il faudra faire un match encore plus complet contre les Harlequins, qui sont impressionnants et invaincus depuis le début de la saison. On sait qu’il faudra tendre vers un comportement similaire à celui que nous avons eu samedi, en étant toutefois beaucoup plus disciplinés.
Comment expliquer le décalage entre le jeu que nous avions pu voir à Brive et ce match au Stadium contre Toulon ?
Je crois qu’il y a la fraîcheur physique qui revient, tout comme les automatismes. Il y a beaucoup de joueurs qui sont arrivés assez tard, qui devaient intégrer les systèmes de jeu. Il y a eu aussi un petit coup de fatigue, qui a touché toute l’équipe, entre ceux qui revenaient de la Coupe du Monde et ceux qui avaient joué neuf matchs sans tourner.
Du coup, il y a eu une ou deux semaines de flottement. Mais maintenant, ça remonte physiquement, mais également techniquement, car on travaille beaucoup. Et ces petits réglages font vraiment la différence sur les matchs de haut niveau.
Face à Toulon, tu as marqué ton premier essai sous le maillot rouge et noir…
Oui, c’est au départ un ballon de récupération : Ils font un en-avant dans leurs 22 mètres, Greg Lamboley fait la passe à Yannick Jauzion, que j’appelle du regard. Il me délivre un petit coup de pied parfaitement dosé. J’ai plus qu’à courir et aller aplatir le ballon.
Votre place de leader est renforcée. Ça va être difficile de venir vous chercher en haut du classement ?
Je ne sais pas… J’espère surtout que nous allons continuer sur cette dynamique. Nous savons que ça va très vite, on sait aussi que la coupe d’Europe va être déterminante lors des deux prochains week-ends. Nous verrons où nous en sommes à ce moment-là.
Si on a la chance de jouer encore sur les deux tableaux, il sera important de rester en Top 14 dans ces deux premières places, directement qualificatives pour les demi-finales. Cela éviterait de nous mettre une pression supplémentaire.
Mais en dehors de ces considérations, nous avons surtout envie de continuer à progresser, de nous faire plaisir. Cela a réellement été le cas samedi au Stadium, bien plus qu’à Brive. Si on peut continuer à allier plaisir et efficacité, tant mieux !