Les choses étant ce qu'elles sont au
Stade Toulousain, aucun membre du staff, qu'il s'agisse des joueurs ou entraîneurs, n'est grimpé aux arbres après la dernière victoire en date, acquise sur le terrain de
Montauban le week-end dernier. Les voyants, pourtant, sont incontestablement au vert : l'avance sur le cinquième, premier non-qualifié pour les demi-finales du Top 14, a ainsi été portée à 17 points (celle sur le septième à 18).
Le succès à
Sapiac a également été celui des premières. Jamais
Montauban n'avait été vaincu sur ses terres jusqu'ici, engrangeant des victoires sur
Dax,
Brive,
Castres et
Paris. Quant à
Toulouse, il s'agissait depuis 2004 de son premier succès à l'extérieur en période de doublon avec l'équipe de France : en cinq tentatives, il n'avait pu faire mieux qu'un match nul à
Albi.
Dans le jeu, les motifs de satisfaction ont également été réels. "
J'avais dit aux joueurs que les déplacements à Auch et Montauban, ainsi que la réception de Montpellier, étaient une évaluation importante pour notre paquet d'avants. Et très franchement je suis content des performances des uns et les autres", se réjouissait ainsi
Yannick Bru.
La satisfaction Basualdo
Au premier rang des secteurs concernés, la touche. Plus les semaines passent, plus le colossal travail d'intégration fourni par
Alberto Basualdo trouve un prolongement en match. Très présent dans le jeu, le talonneur argentin a de plus délivré une copie quasi-parfaite sur ses lancers, qui ont trouvé preneurs seize fois sur dix-sept. Une performance dans la continuité de celle accomplie à
Auch, où il était titulaire et avait réalisé un 13/14, et qui mesure un peu plus le chemin parcouru depuis sa titularisation à
Biarritz, où "
Osso" avait égaré six ballons en une demi-heure !
"
Il fait partie des grandes satisfactions du match à Montauban par rapport au niveau d'intégration qui était le sien au début de saison. On savait que c'était un joueur avec un gros potentiel, qui est passé du niveau amateur à un professionnalisme important ici. Il a fallu qu'il assimile les charges de travail, les lancements de jeu, les codes et la langue. C'était beaucoup de choses pour un seul homme. C'est une satisfaction d'avoir vu que le travail a payé", analyse en connaisseur l'entraîneur des avants.
Les avants, justement, ont pris de l'avis général une part prépondérante dans le succès ramené de
Tarn et Garonne. "
Ce n’est jamais évident de se déplacer là-bas. De bonnes équipes ont perdu à Montauban, qui est tout de même cinquième du classement. Les avants ont fait une belle partie, et si on a gagné à Sapiac, c’est en grande partie grâce à eux car derrière, nous n’avons pas produit grand-chose. On a beaucoup joué au pied", analyse
Clément Poitrenaud, rejoint dans son analyse par le capitaine
Jean Bouilhou : "
Une victoire à Montauban n'est pas négligeable. C'est vrai, malgré de bonnes intentions, ça n'a pas souvent souri. Mais pour faire autant de fautes de mains, pour laisser autant de ballons en route, il faut avoir des munitions"...
La menace Perpignan
Et maintenant se profile la venue de
Perpignan, après une rencontre gagnée "
dans la douleur et où tout a été loin d'être parfait" (
Millo-Chluski). Evidemment, le groupe pourra compter sur le retour de ses internationaux pour cette échéance (ou plus exactement sur ceux qui seront retenus par les entraîneurs). Mais le manque de cohésion entre des joueurs qui ne se sont pas entraînés ensemble durant plus de quinze jours risque de se faire sentir.
"
Perpignan est une des meilleures équipes de notre championnat, qui joue régulièrement en demi-finale. Ce sera donc forcément compliqué. On ne pense pas au point de bonus ou à quoi que ce soit de ce genre. Nous voulons surtout gagner chez nous et continuer à être sérieux, positifs et entreprenants. Cette série de victoires nous permet de travailler dans une atmosphère positive mais on sait que ce sera très dur contre les Catalans", conclut
Clément Poitrenaud, heureux sélectionné en équipe de France et qui rejoindra
Marcoussis à l'issue du week-end.