C’est évidemment un tournant décisif qui attend le Stade Toulousain ces prochaines semaines. Deux victoires obligatoires, c’est jouer avec le coteau sous la gorge ?
Oui, on joue notre tête sur les deux prochains week-ends. Bien évidemment, si nous venions à avoir une grosse contre-performance face au Connacht ce week-end, il est évident qu’on ne sera pas qualifiés. Mais si cela devait arriver, si nous devions perdre à domicile, cela signifierait qu’on n’aura pas eu les épaules assez larges pour pouvoir prétendre à la qualification.
Maintenant, perdre face au Connacht est une chose envisageable, et il faut donc toujours faire attention. Nous avons reçu des leçons par le passé dans cette compétition. Notre objectif est donc forcément de gagner ce week-end et d’aller à Gloucester la semaine suivante en espérant, avec une victoire, se qualifier pour les quarts de finale.
Accrocher le point de bonus ce week-end est important. Ça fait partie du discours tenu aux joueurs ?
Accessoirement, ce serait une bonne chose. Celui que nous avons laissé là-bas nous coûte cher, il pourrait peser à la fin. Donc oui, il nous faudrait ce bonus offensif, ou pas... Gloucester peut aussi gagner chez les Harlequins. C’est le rugby.
Notre discours cette semaine a été très clair. Il a été de gagner nos deux prochains matchs pour avoir notre destin en mains. Si on aborde le match de samedi comme nous l’avons fait contre Lyon, si on y met les ingrédients, il y a la possibilité d’aller marquer quatre essais.
Cependant, ce n’est pas parce qu’on en a mis trois là-bas que forcément, ça va s’ouvrir chez nous. Sincèrement, à regarder les résultats qu’ils ont fait en coupe d’Europe, à part le nôtre où ils ont eu tout contre eux, les Irlandais ont accroché les Quins en Angleterre, et ont perdu deux fois de très peu face à Gloucester... Il y vraiment rien, mais alors vraiment rien d’acquis.
Maintenant, on ne va pas toujours se pencher sur le passé, parce qu’on sait aussi qu’on s’est tiré une balle dans le pied en perdant chez nous face aux Harlequins.
Entre la formule de bonus française (3 essais de différence) ou européenne (4 essais), laquelle est la plus facile à préparer pour un entraîneur ?
C’est différent, il faut juste que les joueurs s’y adaptent. Sincèrement, il n’y a pas de préférence.
Ces deux matchs couperets sont des challenges que le Stade adore ?
Honnêtement, on s’en serait vraiment passé ! Si nous avions gagné contre les Harlequins, une victoire ce week-end nous qualifiait quasiment. Mais nous avons fait preuve de suffisance, et j’espère qu’on ne fera pas de même ce week-end.
Vous préparez cette quinzaine comme un tout ou vous restez sur la bonne vieille formule du match après match ?
La bonne vieille formule est un peu obligatoire. Si on vient à s’égarer ce week-end, c’est fini. Il vaut donc mieux prendre ce match-là dans un premier temps, et penser à Gloucester après. Et on verra aussi le résultat de Gloucester chez les Harlequins. Tout est encore ouvert… malheureusement. Encore une fois, ce match face aux Quins au Stadium nous laisse énormément de regrets.
Un petit point sur l’effectif ?
Il y a eu des turnovers la semaine dernière, il y en aura d’autres ce week-end, ainsi que la semaine qui suivra. Nous nous adaptons en fonction de l’adversaire, de la stratégie, de la forme du moment. Nous avons des joueurs ou des postes où nous sommes bien évidemment plus en difficulté que d’autres.
L’équipe, quoi qu’il arrive, aura fière allure ce week-end, et elle aura très fière allure, on l’espère, à Gloucester. C’est l’objectif de cette quinzaine. Nous jouons notre peau en Coupe d’Europe. La qualification passe par deux victoires. Il faut tout donner, ne pas penser au lendemain… Et les joueurs qui seront sur le terrain, comme tous les week-ends au Stade Toulousain, feront le maximum.
Que pensez-vous des déclarations du président Toulonnais ? Est-ce l’esprit rugby ?
Pour moi c’est hors sujet par rapport à ce qu’on vit ici. Je n’y ai même pas prêté attention. Qu’est-ce que l’esprit rugby ? Je ne sais pas. Ça ne me regarde pas, ça ne m’interpelle pas et je n’ai même pas envie d’aborder le sujet.