Tout le monde parle d’un esprit de revanche chez les Harlequins après leur première défaite de la saison. Le craignez-vous ?
Oui, mais le fait d’avoir un peu peur, c’est bien aussi. On a tous conscience que si on ne gagne pas ce week-end, si on ne fait pas un bon match, nous serons obligés d’aller l’emporter à Gloucester pour nous qualifier. Et dans ce cas, notre quart de finale n’aurait certainement pas lieu à Toulouse.
Ce match est donc très important. Nous savons aussi qu’il est loin d’être gagné, d’où cette sensation de peur. Mais ce sont souvent ces conditions qui poussent les joueurs à livrer un grand match.
Derrière la qualification, il y a toujours dans un coin de la tête la possibilité d’évoluer à domicile en quart de finale ?
C’est vrai, et cela nous avait manqué la saison passée, et également il y a deux ans à Cardiff. C’est très compliqué de faire un quart de finale à l’extérieur, comme on a pu le voir par la passé. Déjà que les matchs à domicile ne sont pas faciles…
Pour en revenir au match aller, est-ce que les Quins sont passés un peu à côté de leur match, ou bien est-ce le Stade qui les a fait déjouer ?
Je ne sais pas, c’est difficile à dire, et je ne connais pas assez bien les tactiques de jeu des Harlequins pour avoir des certitudes... Mais je sais que beaucoup d’équipes, contre nous, jouent en gardant au maximum le ballon, pour laisser Toulouse dans leur camp et chercher les fautes.
Je pense qu’ils avaient ça en tête, mais nous avons marqué très vite et mené dès le début. Et cela les a sans doute obligés à changer leur tactique. Mais en ce qui concerne le match qui arrive ce week-end, les Anglais seront obligés de jouer et d’attaquer pour gagner le match.
Vous vous attendez donc à un match beaucoup plus ouvert, ce qui pourrait vous libérer des espaces pour marquer ?
C’est en tout cas ce qui pourrait arriver… sur le papier. Mais les matchs sont toujours différents. La forme du jour, la météo, sont des choses que l’on ne peut pas anticiper, et on ne peut pas vraiment savoir ce qu’il va se passer. Mais encore une fois, je pense que les Harlequins sont obligés de venir pour attaquer, pour jouer.
La perspective de se qualifier après seulement quatre journées rajoute-t-elle de la pression ou est-ce que cela donne de la sérénité ?
L’objectif numéro 1 est de se qualifier. Si nous gagnons ce week-end, je pense que ce ne sera pas loin d’être fait. Cela libèrerait un petit peu les esprits, tout en restant concentrés sur les deux matchs à venir, contre le Connacht et Gloucester.
Il nous faudra aller chercher les points dont nous avons besoin pour avoir les quarts de finale à Toulouse. Il y aura toujours quelque chose à jouer en janvier lors des deux dernières journées. Il y aura toujours une motivation : celle d’avoir les points nécessaires pour jouer à la maison. On ne lâchera rien.
Globalement, on sent l’équipe assez sereine. As-tu déjà vu, depuis le temps que tu es au Stade Toulousain, un tel niveau de maitrise à cette période de la saison ?
Oui, c’était en 2009-2010, où tout allait bien jusqu’au mois de janvier... Après, on ne gagne plus, et on est obligés d’aller jouer les quarts de finale à l’extérieur, et on perd à Cardiff.
C’est donc bien d’être en place à cette période de l’année, mais le plus important reste toujours avril, mai et juin. Tout le monde est satisfait des bons résultats actuels, mais on sait que la période capitale se situe un peu plus loin dans la saison. La vérité du jour n’est pas forcément celle de demain, et il vaut mieux bien terminer que bien démarrer.
Penses-tu que le potentiel du club, cette saison, est vraiment très élevé ?
Oui, indiscutablement. Si on se réfère à la saison passée, nous étions déjà une bonne équipe et à l’arrivée, nous ne sommes pas loin de jouer la finale de H Cup, et on gagne le championnat.
Il y a eu un très bon recrutement cette année. Nous sommes plus forts et honnêtement, je pense que ça se voit. Ça, c’est une moitié des ingrédients qui font une rencontre. L’autre moitié, c’est l’adversaire. Quand on vient jouer contre le Stade Toulousain, ça donne beaucoup de motivation pour aller le battre.