Grégory, c’est un immense défi qui vous attend vendredi ?
C’est vrai que ça fait douze matchs que cette équipe des Harlequins est invaincue. Ils ont notamment mis une raclée à Gloucester en Coupe d’Europe, et ils sont allés gagner sur le terrain des Wasps le week-end dernier, alors qu’il y avait eu un roulement assez important. C’est une formation qui est réellement très compliquée à jouer.
C’est une équipe qui semble très complète ?
Oui, par exemple sur le jeu au sol, ils grattent beaucoup les ballons dans les rucks. Plus généralement, ils se nourrissent des turnovers de l’adversaire : dès que l’on fait une faute de main, ils récupèrent le ballon.
Ils ont une ligne d’attaque très performante, avec de très bons relanceurs. Dans ces conditions, il faudra être attentif et rester concentrés de la première minute à la dernière. C’est une équipe qui sait aussi improviser : elle n’a pas toujours de système préétabli. Lire leur jeu est très difficile, et la concentration sera d’autant plus importante.
Le réalisme sera sans doute l’une des clés du match ?
Absolument, il faudra marquer dans nos temps forts, quand on est dans leur camp. Il faut aussi que l’on soit très disciplinés. Si l’on prend un carton jaune après avoir fait trop de faute, on va « charger » immédiatement.
On remarque que dans des matchs comme celui-ci, ça se joue à pas grand-chose. Une pénalité, une touche perdue... ça va vite. Il faut être très discipliné parce que ça ne pardonne pas.
Le Stade Toulousain a néanmoins une expérience européenne suffisante pour aller s’imposer là-bas ?
Nous avons de l’expérience, c’est évident. Mais bon, ça ne veut pas nécessairement dire quelque chose. Dans la façon d’aborder ce match, il est certain que cela peut nous favoriser, car nous avons l'habitude de ce genre d'événements.
Mais sur le terrain, ce sont les joueurs qui décident du sort du match. On va en tout cas faire le maximum et essayer peut-être d’utiliser notre expérience dans nos moments forts.
Face à Toulon, nous avons vu une équipe toulousaine monter en puissance. Votre jeu a retrouvé quelques bases ?
On a eu un petit passage à vide et là, ça commence à revenir. Les internationaux sont bien rentrés dans le schéma de jeu de cette saison. On a vu également que les repères revenaient, que le réalisme et l’enthousiasme étaient également présents. Si nous avons vendredi les mêmes ingrédients que le week-end dernier, ce sera déjà un premier pas.
Le retour de Romain Millo-Chluski va vous permettre de souffler. C’est une bonne nouvelle pour le groupe et pour les deuxièmes lignes ?
Oui bien sûr. Cela va permettre de faire du coaching pendant le match, en faisant rentrer un deuxième ligne de métier. Pour l’équipe, c’est très bien également, le turnover va reprendre son cours. Ça ne sera que de bon augure pour la suite, même si, à titre individuel, plus on joue et plus on est content !
La défaite ne sera pas rédhibitoire, mais si vous ne gagnez pas ce week-end, c’est le joker qui s’envole ?
Oui, d’autant plus qu’ils sont allés gagner à Gloucester. Ça voudrait dire qu’il faudra absolument aller gagner là-bas aussi, ce qui sera loin d’être une chose aisée, comme nous l’avons vu lors de leur venue.
Il faut avant tout essayer de ramener quelque chose des Harlequins. Au moins un point de bonus. Ensuite, si on le sent et si ça se passe bien, la victoire serait la bienvenue. Mais quoi qu’il arrive vendredi, c’est une confrontation avec deux mi-temps de 80 minutes qui nous attend.
Préparez-vous cette rencontre comme un sommet ?
À l’heure actuelle, on peut parler de choc. Ensuite, en ce qui nous concerne, nous les voyons comme les favoris logiques, car ils sont invaincus cette saison, alors que de notre côté, nous avons quand même quelques défaites.
Pour nous, c’est donc un sommet, car nous rencontrons une équipe qui est en pleine bourre en ce moment. Après, je ne sais pas si eux le considèrent comme un choc, mais en tout cas, de notre côté, c’est le cas.
Cependant, pourriez-vous comprendre qu’avec le palmarès du Stade Toulousain, c’est vous qui vous déplacez avec le costume de favori ?
Le palmarès, c’est ce qui s’est arrivé dans le passé. Or, chaque saison est une nouvelle aventure. En Coupe d’Europe, on se rend compte qu’il y a constamment de nouveaux clubs qui apparaissent, comme le Connacht par exemple, qui est une très bonne équipe.
C’est une compétition qui, chaque année, remet les compteurs à zéro. Il ne faut pas se fier au passé. Mais au Stade, on sait pertinemment que chaque week-end, nous sommes attendu,, que ce soit aux Harlequins ou à Brive... Nous sommes l’équipe à battre, et nous y sommes habitués.