Vendredi, c'est le premier match couperet de la saison qui se profile ?
Oui, ça va nous permettre de faire une petite pause par rapport au championnat, de nous lancer dans un défi difficile. C'est un peu le même contexte que les phases finales de juin. Et, d'ailleurs, c’est une phase finale. Gloucester va également le prendre comme ça, malgré son élimination, connaissant l'état d'esprit de cette équipe... Pour que ce soit une rencontre de phase finale, il faut que les deux formations soient dans les mêmes dispositions. Et vendredi, ce sera le cas.
Vous avez l’habitude de gérer ce genre de match ?
C'est vrai, mais en même temps, il ne faut pas se reposer sur le passé : il faut continuellement aller de l’avant, remettre le couvert. C’est la compétition qui le veut, c’est comme ça qu’il faut le prendre.
On ne peut pas dire que l'on ait retenu la leçon de l'an passé, puisqu'on attend le dernier match pour savoir si on est qualifiés ou pas, si on reçoit ou si on ne reçoit pas. On n’a pas retenu la leçon, mais à nous, malgré tout, d’avoir le dernier mot.
La rivalité Franco-Anglaise rajoute-t-elle du piment en plus de l’enjeu de cette rencontre ?
Oui, car ils ont cette faculté à trouver les ressources supplémentaires, qui nous obligent à nous transcender. Cela nous a réussi parfois dans le passé, notamment contre Leicester en demi-finale de Coupe d'Europe, il y a quelques années, quand nous étions allés gagner chez eux. Mais ce n’est pas simple. Il faut vraiment aller très loin dans ce qu’on peut faire.
Vous étiez du match aller au Stadium, et ça s’était joué à rien ?
Oui, Clément marque juste à la fin. Ils auraient très bien pu gagner ici, comme ils auraient pu le faire chez les Harlequins. C’est une équipe qui est capable de gagner n’importe où, de battre n’importe qui. Ils ont des moyens, ils sont opportunistes, et vendredi ils auront l'envie de se faire plaisir sur le terrain.
C'est en quelque sorte une équipe anglaise type, dans le sens où elle multiplie les temps de jeu, et où les joueurs essayent de gagner les duels, de gagner le un contre un.
A titre personnel, tu n'as pas joué le week-end dernier. Tu pourras aborder ce match décisif en étant frais ?
Oui, mais comme tous les joueurs. Dans l’ensemble, tout le monde a plus ou moins tourné. Je ne pense pas que l'on ressente de la fatigue sur ce genre de match.
La saison passée, lors du dernier match chez les Wasps, le carton rouge infligé à Florian Fritz avait été décisif ?
C’est sûr que l’an dernier, le scénario avait été un peu compliqué. On avait pris un essai à la fin qui nous avait couté cher. La discipline sera donc l'un des mots d’ordre, mais tous les matchs de Coupe d’Europe se déroulent comme cela, car c’est encore plus dur que les rencontres de championnat.
Comment allez-vous vivre cette nouvelle période de doublons, qui arrive à grands pas ?
Je pense qu’on va se servir de tous les joueurs qui resteront là, et essayer de mobiliser les troupes. Ce sera difficile, comme pendant la Coupe du Monde où il nous manquait au moins 12 ou 13 joueurs, mais on s'en est relativement bien sorti. À nous de trouver encore des ressources nécessaires pour relever ce challenge.
Avec ton expérience, que penses-tu de ces périodes de doublons ?
On préfère avoir un effectif complet, forcément ! Après, on doit faire avec le calendrier depuis X années, et nous sommes donc habitués. Il faut prendre ça avec philosophie. Je suis plutôt sur la fin de ma carrière, et je me pose moins de questions, mais c’est vrai que quand on est en milieu de carrière et qu’on subit un peu les matchs... On aimerait bien qu’il y ait des dirigeants qui nous arrangent tout ça.