Guy, c’est évidemment un grand défi qui vous attend vendredi, contre une équipe actuellement irrésistible ?
Une équipe invaincue, invincible actuellement et qui s’est imposée sur tous les terrains anglais, notamment ceux de champions d’Europe ou d’Angleterre comme Leicester ou les Wasps, pour ne citer que les derniers.
Une équipe impressionnante par son jeu, sûre de ses qualités, et qui impose une forme de jeu très précise en tenant le ballon d’une manière spectaculaire, avec quinze, vingt temps de jeu consécutifs, jusqu’à faire exploser les adversaires.
Effectivement, c’est une formation qui est actuellement en pleine forme, en pleine confiance. Alors oui, c’est un énorme défi. C’est évidemment un moment intéressant de notre saison, car nous allons pouvoir nous évaluer par rapport à ce qui se fait de mieux actuellement en Angleterre.
Là-bas, il se dit que s’il y a une équipe capable de les battre, c’est le Stade Toulousain ?
Il n’y a pas que le Stade Toulousain qui peut se donner les moyens de les déstabiliser. Dans le championnat français, notamment, on trouve quelques équipes qui ont l’ambition d’aller le plus loin possible dans cette compétition.
Est-ce que c’est le meilleur moment pour nous ? Je ne crois pas. Nous sommes un peu en retard par rapport à nos objectifs, du moins au niveau du jeu, Coupe du Monde oblige. Nous avons aussi des soucis d’effectif à certains postes. Ça commence à être dramatique, que ce soit au poste de pilier gauche ou en seconde ligne.
La vérité d’aujourd’hui ne sera peut-être pas celle de demain, mais à l’heure actuelle, je ne suis pas sûr que le Stade Toulousain ait la totalité de ses moyens pour jouer contre ces fameux Harlequins. Mais sachez, pour répondre à votre question, que si jamais on peut leur donner raison, on ne s’en privera pas.
Etre les premiers à pouvoir faire chuter les Harlequins doit être une source de motivation pour vos joueurs ?
On s’adresse à des compétiteurs. Il s’agit surtout de leur faire prendre conscience qu’après Toulon, qui était déjà un défi assez conséquent, il faut être plus que concerné pour aller jouer les Harlequins, dont personne n’a réussi à leur faire mettre un genou à terre. C’est notre rôle de sensibiliser les joueurs, de les concentrer encore un peu plus.
Toulouse contre les Harlequins, certains observateurs parlent déjà de l’occasion de s’étalonner, de savoir qui a le meilleur championnat ?
On verra ce qu’est capable de faire le Stade Toulousain. De là à tirer des conclusions en fonction du résultat, d’un côté comme de l’autre, sur la qualité d’un championnat par rapport à l’autre… Je vais laisser aux personnes qui pensent ça le soin de le penser si ça leur fait plaisir. Ce n’est pas mon point de vue.
Quoi qu’il advienne vendredi, il restera le match retour ?
On sait tous que même si on gagne là-bas, on peut perdre à la maison. Les Anglais ne seront pas plus forts chez eux qu’au Stadium la semaine suivante. Ils seront aussi forts. Chaque match doit être pris avec le maximum de sérieux.
Si l’on perd là-bas avec un large écart, on se dira que le fossé est trop important et on risquera d’avoir un autre revers à Toulouse. Si le match se joue à peu de choses, d’un côté comme de l’autre, tout sera remis en question la semaine suivante.
Un mot sur Richie McCaw, qui a qualifié les joueurs français de violents et barbares. Qu’est-ce que ça vous inspire ?
Je pense que s’il dit ça aujourd’hui, alors que l’épisode Coupe du Monde est derrière, c’est qu’il a dû faire la bringue pendant plusieurs semaines et qu’il ne se réveille que maintenant.
Après, honnêtement, ça me fait sourire et ça me déçoit un peu. Je suis tellement admiratif de ce joueur… L’entendre dire ça après un titre de champion du Monde, alors que lui-même sait aussi très bien jouer avec la règle, ça déçoit. C’est un énorme joueur, et pour le coup, je ne sais pas si son image va être meilleure avec ce genre de propos.
Philipe Saint André prend officiellement les commandes du XV de France. Il présente son staff que vous connaissez bien. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
Il faut avancer ! On essaye d’avancer au niveau des clubs, et c’est la même chose au niveau de la Fédération. On pense ce que l’on veut du staff de l’équipe de France, mais en ce qui me concerne, il me paraît compétent, et il a démontré beaucoup de qualités de manière individuelle. C’est une association de personnes qui me paraissent intelligentes, capables d’apporter quelque chose d'intéressant. J’aurais tendance à être extrêmement optimiste sur la question.
Ces trois entraîneurs de club peuvent-ils faciliter la compréhension entre les besoins de l’équipe de France et ceux des clubs ?
Disons qu’ils connaissent les contraintes des clubs. Après, est ce qu’ils en tiendront compte à partir du moment où ils auront changé de casquette, l’avenir nous le dira. Pour le moment, en ce qui me concerne, je n’ai eu absolument aucun rapport avec Philipe Saint André, mis à part un « bonjour au revoir ». On verra la suite.