Guy, faut-il seulement retenir la victoire face à Bayonne ?
Je ne retiens pas uniquement les quatre points même si, évidemment, ils étaient indispensables. Il était capital de continuer sur notre lancée et de ne surtout pas perdre à la maison dans ce championnat très difficile.
Comme on a pu le voir, ce match était compliqué, le ballon était glissant, il était difficile d’enchaîner deux ou trois mouvements sans perdre le contrôle. On prenait le risque de se faire contrer.
C’est grâce à sa qualité sur les bases que l’équipe a fait la différence. Petit à petit, la mêlée, la touche, la conquête, les ballons au près, cette capacité à ne pas trop s'emballer, se sont mis en place. Le jeu au pied en première mi-temps n’a pas été terrible, car on leur a rendu trop de ballons. En seconde mi-temps, on a su rectifier le tir avec une équipe concentrée. Finalement, on n’a pas pris de plaisir en pratiquant le jeu que l’on aime, mais on a réussi à assurer l’essentiel.
Vous étiez affaiblis en première ligne, mais malgré un combat très âpre, cela ne vous a pas affaiblis ?
Nous n’étions pas affaiblis au coup d’envoi. Quand on démarre avec Jonhston, Servat et Poux, c’est compliqué de prétendre cela. Mais c’est vrai que pour le moment, nous n’avons pas de laxité, on ne peut pas permettre à des joueurs de se reposer.
Nous sommes vraiment justes à certains postes. Il faut avoir deux joueurs remplaçants en première ligne systématiquement à tous les matchs. Nous ne les avons pas en ce moment. C’est pourquoi nous faisons venir quelques jeunes, on essaye de s’en sortir.
Que faut-il souhaiter au Stade Toulousain en 2012 ?
Les vœux, ce n’est pas trop mon truc. A part la santé, car quand on a la chance de l’avoir, c’est déjà plus que bien. Après, nous allons continuer à bosser, et je crois que c’est ce qu’il faut souhaiter aussi à tout le monde. Sportivement, il faut qu’on continue à avoir cet état d’esprit, que l’on continue à avoir envie de prendre du plaisir sur le terrain, et dans ce club.
Vos joueurs arrivent-ils encore à vous surprendre ?
Je crois qu’ils vivent une passion, qu’ils pratiquent sur un terrain, avec des copains. Ils ne sont pas à plaindre. On peut évidemment les féliciter parce qu’ils sont appliqués, mais c’est quand même leur métier.
Le Stade Toulousain a montré face à Bayonne qu’il était capable de s’adapter ?
On sait que l’hiver, le jeu change. Ce que j’aime à dire, c’est que l’on est capables de s’adapter par tout temps, sur tout terrain. Vendredi soir, nous n’avons pas régalé notre public, qui est tellement habitué à de belles envolées, des passes de funambules…
Face à Bayonne, on n’a pas vu ce genre de mouvements. On a vu un Stade Toulousain solide sur les bases, solide sur les rucks, avec beaucoup de solidarité, beaucoup de technique dans ces phases de jeu. On est aussi capables de jouer un rugby de l’ombre, mais un rugby qui est très efficace.
Surtout avec un Lionel Beauxis qui va permettre à ce rugby de l’ombre de marquer beaucoup de points ?
Lionel, quand il marque des points, cela veut dire que l’équipe a mis l’adversaire en difficulté, notamment sur quelques mêlées performantes qui ont été pénalisées. Il a pu concrétiser le travail de huit mecs, et s’il a mis un drop dans un fauteuil, c’est parce qu’il y a eu un mouvement de qualité au préalable pour lui permettre de pouvoir être face aux poteaux.
Lionel fait son job, comme les piliers le font, et les autres joueurs aussi. Il est effectivement à un très haut niveau… Mais malheureusement pour nous, lorsque l’on met un joueur à un haut niveau, on va le perdre dans pas longtemps.
Il a retrouvé son niveau international ?
Je pense qu’il va être dans le groupe France. C’est mon petit doigt qui me le dit !
Giorgadze a fait du bon boulot, pour une première très accélérée ?
Encore une fois, je vais féliciter Jean-Michel Rancoule. Ça fait vingt ans que Jean-Mi travaille avec moi, vingt ans qu’il me trouve Cédric Desbrosse, Vincent Clerc, Florian Fritz, etc... Je ne vais pas tous vous les citer.
Mais là, nous étions en panique le soir du match de Montpellier, et deux heures après, nous avions déjà un certain espoir. Il nous disait de lui faire confiance, qu’il y croyait. Il ne faut pas non plus oublier Gary Botha, qui s’était tellement bien intégré… C’est vraiment dommage de le perdre maintenant. Mais le malheur des uns fait le bonheur des autres et Giorgadze, apparemment, prend aujourd’hui de plaisir au Stade Toulousain.
L’année 2011 aura été un bon cru pour Toulouse ?
Oui, c’est une magnifique année. Nous sommes champions en 2011, et on enchaîne ce titre avec un beau virage dans cette première partie de saison, en étant dans les quatre premiers. C’est très important. Il n’y a pas eu de baisse de régime, il y a toujours le même engouement, la même qualité de travail, la même concentration.
Le seul petit hic, c’est le départ de Yannick Bru en pleine saison. On ne s’était vraiment pas préparés à ça. Ça nous plombe un petit peu la tête et ça va sûrement nous coûter cher dans les semaines à venir. Mais il va falloir vivre avec et faire comme nous l’avons toujours fait : rebondir.
Vous gardez une image précise de 2011 ?
Je pense à cette demi-finale européenne perdue contre le Leinster, sur leur terrain, avec un magnifique match. Puis cette capacité à aller chercher ce titre de champion de France. Les joueurs avaient vraiment envie de décrocher quelque chose sur l’année.
L’image, c’est la rigueur, la capacité de tout un club, de ses dirigeants. La capacité de travailler, de servir l’autre, c’est ce qui se passe en permanence. Les joueurs, c’est la partie flottante de l’iceberg. Tout le reste, comme la partie administrative autour de Jean-Luc Brumont, toutes les secrétaires, tous ces mecs qui, dès qu’on leur demande quelque chose, le font en courant. C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles on a aussi des résultats.
Tu as pu couper un peu lors du réveillon ?
Oui, j’ai réveillonné chez Michel Lamolinairie. C’est l’un de mes dirigeants, qui est un type extraordinaire, et j’ai passé le réveillon avec une partie de ma famille, calmement, sereinement. Après avoir bossé, même si j’ai très peu de temps, il faut se laisser la possibilité de vivre 24 ou 48 heures dans de bonnes conditions.