Louis, ressentez-vous une certaine inquiétude avant d’aller défier une équipe invaincue cette saison ?
De l’inquiétude ? Non, je ne pense pas. Nous savons que cette double confrontation contre les Harlequins est capitale pour la suite de notre saison européenne. On est en train de mesurer l’importance de ces deux matchs, et nous nous sommes préparés en conséquence.
Il n’y a pas d’inquiétude, juste beaucoup d'excitation, et un peu de stress… Mais du bon stress. En tant que joueur, on apprécie de jouer une équipe d’un tel niveau, une équipe qui n’a pas perdu un seul match cette saison.
Avoir la possibilité d’être les premiers à les faire tomber, ça rajoute du piment ?
Franchement, c’est anecdotique en ce qui nous concerne… Mais cela démontre bien la qualité de cette équipe. On connaît le championnat anglais, on connaît la Coupe d’Europe, et on sait qu’il est difficile de ne pas perdre dans ces compétitions. Pour le moment, c’est ce qu’ils ont réussi à faire.
On a vu pas mal d’images sur eux. Ils ont un rugby complet, avec des individualités qui font énormément de différences.
C’est un sacré numéro 8, Nick Easter, que vous allez croiser sur le terrain ?
On ne le présente plus, et ça un petit moment qu’il est dans le circuit. Ça reste un très grand joueur. Il sera parmi tant d’autres individualités qu’ils ont dans leur effectif. Ça promet, c’est évident.
C’est une chance de jouer ce match « aller » en Angleterre ?
Une chance, je ne sais pas. Je pense qui si on les avait reçus en premier, on n’aurait pas imaginé une défaite. Et c’est d’ailleurs le cas aujourd’hui, même si on sait que ça va être difficile, et qu’il va falloir mettre beaucoup de choses pour inquiéter cette équipe et espérer l’emporter là-bas.
L’objectif principal, cette semaine, a été de bien se préparer pour arriver là-bas avec des certitudes et un maximum de confiance.
Guy Novès nous a présenté une équipe anglaise très mobile, qui multiplie les temps de jeu, qui sait tenir les ballons...
C’est vrai, cette formation porte énormément le ballon, le conserve très bien, ce qui la rend très dangereuse. Ils sont capables de tenir le ballon pendant de nombreux temps de jeu, jusqu’à ce que la défense adverse craque ou se mette à la faute. C’est là-dessus qu’il va falloir s’appliquer. Être agressif, mais tout en étant rigoureux sur la discipline.
On connaît l’arbitrage européen, qui permet peut-être plus de combat dans les phases de rucks, mais qui s’avère très rigoureux sur les hors-jeu et les plaquage dangereux.
Dans cette double confrontation, vous partez avec l’esprit qu’une défaite en terre anglaise ne sera pas rédhibitoire ?
Encore une fois, pour le moment, on ne pense pas à la défaite. On aura le temps de faire les calculs après. On ne pense pas défaite, mais on ne se dit pas non plus que l’on va gagner là-bas. Nous travaillons dans notre coin, en toute humilité, dans la seule perspective de bien préparer ce gros match.
A titre personnel, tu auras un rôle important dans ce match. Il faudra avancer sur chaque ballon ?
Oui, mais c’est aussi le rôle de toute l’équipe. On n’y va pas non plus avec l’objectif de défendre pendant 80 minutes et se contenter de miettes pour attaquer. Ce serait la meilleure des solutions pour se mettre en difficulté. On va nous aussi essayer de porter le ballon, d’imposer notre jeu, de jouer notre rugby et de ne pas les regarder.
Nous partons là-bas avec l’envie de jouer. C’est sûr qu’avec les ballons qu’on aura, il faudra être performants et rigoureux.
C’est le plus gros challenge proposé au Stade Toulousain depuis le début de la saison ?
La Coupe d’Europe est toujours différente du championnat, mais il suffit de regarder ce que font les Harlequins depuis le début de la saison pour savoir qu’ils sont l’une des références européennes. Cette équipe est invaincue à mi-saison, et c’est quelque chose qui est très difficilement réalisable, que ce soit en France ou en Angleterre.
Peut-on dire qu’à l’heure actuelle, avec son palmarès, le Stade Toulousain est le favori ?
C’est toujours plus facile de mettre le rôle de favori sur l’adversaire, pour s’enlever un petit peu de pression. Mais on ne part pas du tout en se considérant comme favoris. On y va pour rivaliser, pour faire un bon match de rugby. Et aujourd’hui, nous ne sommes pas invaincus, alors que eux le sont.