Avec le recul, comment analyses-tu le match livré face au Racing ?
Ça c’est plutôt bien passé. Avec ce type de rencontres, on ne sait jamais si nous allons gagner, seulement prendre un point de bonus, si on va perdre... Il n’est pas évident de trouver l’état d’esprit avec lequel aborder ces matchs. Si on regarde bien, quelques semaines auparavant, nous étions dans une situation similaire avant de nous déplacer à Montpellier, et ça c’était très bien terminé.
Au Racing, ce fut plus difficile, mais nous avons réussi à arracher la victoire dans les derniers moments. C’est très positif. On voit que dans ces moments-là, malgré les absences, on peut réaliser de bonnes choses.
Jouer libéré, c’est plus facile ?
C’est certain. Quand nous nous sommes déplacés au Racing ou à Montpellier, nous n’avions rien à perdre. Il y a sans doute des joueurs qui jouent moins souvent que d’autres et qui doivent avoir une pression supplémentaire, mais sinon, on parvient à jouer libérés. Et c’est peut-être la clef pour arracher des victoires chez les grosses cylindrées.
Au classement, l’avance du Stade sur ses poursuivants commence à devenir significative ?
Nous avons un matelas plutôt confortable, mais il ne faut pas oublier que Clermont est juste derrière. En première partie de championnat, nous sommes surtout allés gagner chez les équipes du bas de classement, alors que l’ASM est allée gagner chez les gros.
Il y a beaucoup d’absents en ce moment, mais également pas mal de jeunes qui poussent ?
C’est une période importante pour les jeunes, pour ceux qui ne jouent pas trop habituellement. Ils ont leurs cartes à jouer. Si tous les jeunes sont là, c’est qu’ils sont au niveau, ou du moins, très loin d’être à la rue. C’est important pour eux de se lâcher. Après, quand on ne joue pas trop, c’est peut-être un peu plus compliqué de jouer libéré. C’est là qu’il faut apprendre, et ça nous fait du bien de jouer dans des situations comme celles-là.
Ces jeunes, vous les aidez à s’intégrer dans l’équipe ?
C’est sûr. Personnellement, c’est seulement ma deuxième saison au club, et je me considère encore comme un nouveau. Il y a Jean-Marc Doussain, un jeune bien qu’international, Gillian Galan, qui a seulement une vingtaine d’années… Et d’autres qui sont jeunes mais déjà intégrés.
Il y a une très bonne ambiance dans les vestiaires. Je m’en suis aperçu dès mon arrivée l’an dernier. C’est ça qui est vraiment agréable à vivre, et la raison des résultats se trouve peut-être ici. Il y évidemment de bons joueurs, mais l’ambiance joue énormément.
C’est une période difficile pour le Stade. Absence de nombreux joueurs, d’un entraîneur, une semaine de coupure et aussi le froid qui se mêle à la partie. Comment gère-t-on tous ces paramètres ?
Je pense que tout le monde met les ingrédients nécessaires. Chacun met de la bonne volonté. Il y a des conditions plus compliquées que la semaine dernière, en raison du froid et de la neige. Les entraînements sont difficiles à mettre en place.
Mais contre le Racing, il manquait aussi beaucoup de joueurs, ainsi que Yannick à son poste d’entraîneur des avants, et on s'en est bien sortis. Bon, certains internationaux étaient revenus à la fin de la semaine, alors que cette fois-ci, ils ne reviennent pas du tout. On verra comment ça se passe. C’est à nous de gérer tout ça et que chacun prenne un peu la parole en disant vraiment ce qu’il en pense.
Pour la préparation du match face au BO, c’est une sorte d’autogestion ?
Oui et non. Il y a Jean-Baptiste Elissalde qui entraîne les trois-quarts, et qui prend le relais sur les avants. Au niveau des touches, Jean Bouilhou a une dizaine d’années d’ancienneté au club. Il est réglé à ce niveau-là. Pour les mêlées, les talonneurs, malgré leur faible expérience, prennent la parole, en plus de Daan Human et Census Jonhston.
A chaque poste, il y a des joueurs qui ont de l’expérience. Ils peuvent apporter leurs petits trucs. C’est peut-être pour ça que nous sommes allés gagner au Racing.
Vous arrivez donc, au niveau des entraînements, à vous en sortir ?
Pour l’instant. Nous savons que ce sera compliqué, et ce n’est évidemment pas pour rien s’il y a un entraîneur des avants en temps normal : s’il ne servait à rien, il ne serait pas là. Nous savons pertinemment que Yannick Bru est très important. Pour le moment, il n’est pas présent et on fait avec. Ça se passe plutôt bien, mais on se posera encore plus de questions si, malheureusement, ça se passe mal.
Biarritz est actuellement en position délicate dans le Top 14 ?
Les Biarrots sont en difficulté et ils ont absolument besoin de points. Est-ce qu’ils vont entrer sur le terrain avec une mauvaise ou une bonne pression, on ne peut pas le savoir. À nous d’y aller avec les mêmes ingrédients que ceux utilisés face au Racing.
Malgré son classement, il faut se méfier du BO ?
Évidemment. On connait les joueurs qui composent cette équipe, et c’est très surprenant qu’elle en soit là actuellement, au même titre que Bayonne ou Perpignan. Le Top 14 était auparavant beaucoup plus facile : aujourd’hui, tous les matchs sont importants, et le promu peut aller gagner chez le premier ou le deuxième. Il y a des surprises chaque week-end.
À nous de faire attention et de préparer les rencontres en fonction d’une multitude de paramètres. On sait ce que nous avons à faire. Actuellement, on bosse tous ensemble, on est solidaires, il y a une bonne ambiance. Il faut que ça continue.