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Yannick Bru : « J'ai souvent perdu à Montpellier »

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21/12/2011

Cinq jours après un match de H Cup, ce n’est évidemment pas un cadeau d’aller jouer à Montpellier ?

On avait déjà eu l’occasion de préparer un match comme celui-ci dans le passé. Mais c’est vrai que c’est compliqué. Nous sortons de deux matchs européens  intenses, et même si nous ne sommes pas satisfaits du résultat, ça a quand même été deux matchs de bon niveau, avec un temps de jeu effectif conséquent.

Nous avons des joueurs fatigués. On va jouer face à Montpellier, qui est dans une très bonne dynamique en ce moment, qui a lâché la coupe d’Europe pour se réserver à 100% pour le Top 14. On sait qu’il y aura des niveaux de fraîcheur un petit peu différents, mais c’est comme ça.

Y a-t-il eu un travail mental avec les joueurs pour qu’ils enlèvent de leur tête la Coupe d’Europe ?

Non. C’est sûr que l’on bascule d’une compétition à l’autre, mais on bosse avant tout sur nos contenus de match. Dans notre travail, nous avons l’occasion, la chance ou la malchance, d’être évalués toutes les semaines. La dernière évaluation n’a pas été très bonne en terme de résultat.

Donc, comme on le fait à chaque fois, que ce soit Coupe d’Europe ou Top 14, on analyse nos points faibles de la rencontre précédente en espérant faire un peu mieux. Mais pour Montpellier, on sait que ça va être difficile parce que potentiellement, l’équipe du MHR est en ce moment peut-être supérieure à celle des Harlequins.

Dans l’engagement, le challenge va être de se mettre au niveau ?

On sait que si nous ne nous mettons pas au niveau dans l’engagement physique, ça se complique. Leur jeu est basé essentiellement sur le franchissement, avec en particulier Gorgodze. Si on ne se met pas à ce niveau-là, on repartira battus de Montpellier, comme cela nous est souvent arrivé dans un passé récent.

Fabien Galthié a eu des propos plus qu’élogieux sur le Stade Toulousain. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Fabien, je le connais bien en tant qu’ancien Columérin, et je sais qu’il a toujours admiré le Stade Toulousain. Mais bon, il a certainement fait son interview avec des silences de trente secondes entre chaque question. Du grand Fabien !

C’est la première fois que vous les rencontrez depuis la dernière finale de Top14. C’est une équipe qui a changé de statut ?

Oui. On voit les performances qu’elle a enchaînées depuis le retour des mondialistes. C’est une équipe de premier plan, une équipe rafraîchissante aussi. Très franchement, ils jouent vraiment bien au rugby, ils ont une grosse qualité dans les duels, une capacité à jouer debout dans les contacts, à entretenir la vitesse de leurs mouvements.

Tout cela est servi par des joueurs de qualité, mais l’ensemble est vraiment homogène. En tout cas, sur le plan offensif, il faut bien reconnaître que Montpellier est certainement l’équipe qui met le plus de vitesse dans son jeu et qui a la plus grande fluidité dans ses mouvements.

Quelles sont les nouvelles de l’effectif à l’avant ?

En fait, Jean-Baptiste Poux est sur un seul moteur, et il a probablement aggravé sa blessure aux ischios. On ne saura que plus tard dans la semaine s’il peut participer. En ce qui concerne Daan Human, après plus de huit semaines d’inactivité, il lui faudra quand même un peu de temps avant de retrouver son niveau, et c’est normal.

Pour ce qui est de Steenkamp, nous ferons un point dans la semaine pour savoir s’il peut nous accompagner. Avec la blessure de Falefa Johnson et l’absence d’Albacete, je ne suis pas certain de rentrer réellement du monde à l’avant !

De plus, cinq jours après un rude match de H Cup, il faudra faire tourner l’effectif ?

Évidemment. En règle générale, il nous faut arbitrer entre les joueurs que l’on a à disposition. Aujourd’hui, il se trouve que certains ont a digérer un match de haut niveau effectué il y a quelques jours. De ce point de vue-là, c’est sûr qu’il y aura une rotation de l’effectif, mais comme nous le faisons tout le temps, que ce soit après une victoire ou une défaite.

Nous avions déjà changé sept joueurs entre notre victoire à Londres et le match retour au Stadium. Ça sera comme d’habitude face à Montpellier, pour garder tout le monde impliqué.

Comment vit-on les fêtes de fin d’année quand on est rugbymen et qu’on est obligé de jouer les 23 et 30 décembre ?

En fait, on ne les vit pas, tout simplement. On est concentrés sur les échéances. La course est toujours très serrée dans le Top 14, chaque match est important. On va faire une petite coupure les 24 et 25 décembre pour faire un petit repas en famille, et se remettre au travail dès le 26.

Ce sont des moments importants sur le plan affectif, mais ce sera très mesuré, car tous les joueurs sont professionnels et savent que leurs engagements et leurs devoirs sont avant tout d’être performants quand on fait appel à eux. Il n’y aura pas trop d’excès aux repas, du moins en ce qui me concerne !

C'est un regret ?

Nous sommes rentrés dans une logique déraisonnable, avec beaucoup de rencontres et très peu de récupération. Dans ce Top 14, nous sommes un peu comme dans une course de bobsleigh : ça ne s’arrête jamais, ça tourne tout le temps, il ne faut jamais se relâcher. Nous savons simplement que nous pouvons couper les batteries un petit peu au mois de juillet…

Comment les familles de joueurs, ou de l’entraîneur que vous êtes, le vivent ?

Ils sont habitués. Après, je crois qu’aujourd’hui, devant la conjoncture économique, il y a beaucoup de gens qui souffrent. On ne va pas se plaindre. Nous avons un statut particulier, privilégié, dans un environnement très envié.

Comme cadeau de Noël, on aurait pu avoir mieux que Montpellier ?

Ce n’est pas un beau cadeau. Il y aura beaucoup de fraîcheur, beaucoup d’appétit chez eux, sachant que c’est déjà une équipe qui n’en manque pas habituellement dans son jeu.

Il y aura certainement des niveaux d’implication un peu différents entre les deux équipes, et j’espère que nous arriverons à colmater les brèches et donner un beau visage du Stade Toulousain. Mais ça sera compliqué. Je suis un jeune entraîneur, mais j’ai souvent perdu à Montpellier.

Tu nous as parlé du joueur georgien de Montpellier, Gorgodze. Comment vois-tu ce joueur ?

Oh, il n’y a pas que lui ! Il y a JGenti, Gorgodze, Matadigo et j’en passe. Ce sont vraiment des joueurs qui sont très importants dans leur dispositif. Lui en particulier, parce que c’est vrai qu’il est robuste.

C’est un joueur attendu et redouté. Il avance tout le temps, mais il a également étoffé sa panoplie. Il fait des passes au contact, je l’ai même vu jouer au pied récemment ! Il est en confiance et c’est un élément moteur, important du groupe Montpelliérain.

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