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Corey Flynn : « Un Top 14 beaucoup plus physique »

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Quand es-tu arrivé à Toulouse et quelles ont été tes premières impressions ?

Je suis arrivé dimanche dernier et très franchement, ma première réaction en voyant la ville a été « wow » !  C'est actuellement l'hiver en Nouvelle-Zélande, quand j'en suis parti il ne faisait que trois degrés. J'ai pris l'avion, et trente heures plus tard il en faisait 29. C'était une superbe journée, je me suis dit que j'avais gagné le jackpot !

Je ne connaissais pas Toulouse. J'avais fait mes petites recherches sur internet quand j'ai signé pour venir au Stade, et je vais maintenant la découvrir un peu mieux.

Tu as joué treize ans dans le club néo-zélandais des Crusaders. Pourquoi as-tu décidé de rejoindre le Stade Toulousain ?

Ma carrière chez les Crusaders constitue une grande partie de ma vie, mais les choses évoluent. Beaucoup de jeunes joueurs émergent, et on m'a fait comprendre que mon temps était compté. Mais je n'étais pas prêt à arrêter de jouer, je me sens en bonne condition physique et mentale et apte à la compétition... J'ai envie de continuer à prendre du plaisir sur un terrain, tout simplement…

Le Stade Toulousain s'est montré intéressé. Avec son histoire et ses succès, ce club m'a semblé présenter de nombreuses similitudes avec les Crusaders : ses joueurs cadres, ses valeurs, cette envie de se dépasser pour quelque chose de plus grand que soi.

En Nouvelle-Zélande, lorsque l'on parle du rugby européen, le Stade Toulousain est le premier club qui vient à l'esprit. Si une équipe comme le Stade se dit intéressée, tu ne peux que considérer très sérieusement cette éventualité.

C'est la première fois que tu vas jouer en Top 14. Que sais-tu de ce nouveau championnat ?

De ce que j'ai pu voir, c'est vraiment très différent. Le Top 14 semble être beaucoup plus physique, les joueurs sont plus massifs. En Nouvelle-Zélande, le jeu est plus rapide, plus basé sur la course.

Je sais que le Stade aime jouer avec un style flamboyant, expansif, avec le French flair qui le caractérise, mais cela reste quand même un championnat où les impacts sont importants.

La mêlée est aussi différente. Dans le rugby français, elle ne sert pas à lancer le jeu comme nous le faisons en Nouvelle-Zélande. Cela implique de m'adapter à de nouvelles façons de faire.

Certains joueurs Rouge et Noir ne te sont pas complètement inconnus, tu retrouves quelques visages familiers dans ce nouvel environnement...

Quand je réfléchissais à venir jouer ici, j'ai pu en discuter avec Luke (McAlister), Hosea (Gear) et Gurthrö (Steenkamp). C'était une bonne chose d'avoir l'avis de personnes qui y étaient déjà et avaient déjà la connaissance du club et de la ville. Tous ont été unanimes : ils adorent la ville et le club.

Maintenant que je suis ici, je les retrouve en même temps que Census (Johnston) et Joe (Tekori), contre lesquels j'avais eu l'occasion de jouer. Cela rend mes premiers jours ici plus faciles.

Tu as joué la finale du Super 15 la saison passée avec les Crusaders, mais tu n’as pas réussi à quitter ton club de toujours sur un titre...

J'ai été chanceux de gagner plusieurs titres avec les Crusaders, le dernier était en 2008. Après des années difficiles, nous avons finalement eu l'opportunité de récidiver. Beaucoup de mes coéquipiers auraient aimé accrocher leur premier titre de champion et j'aurais voulu aller au bout pour qu'ils puissent vivre cette expérience. Mais nous n'y sommes pas arrivés.

Notre entame de match n'a pas été bonne, et nous avons bataillé pour revenir au score. Perdre dans les dernières minutes, ça a été difficile à accepter. Mais le rugby n'est pas un conte de fée : pour gagner, il faut être les meilleurs et à ce moment-là, nous ne l'étions pas.

Est-ce que tu te sens prêt à démarrer une nouvelle saison de championnat alors que tu viens à peine de terminer le Super 15 ?

J'ai eu deux semaines de vacances mais elles ont principalement consisté à préparer mon déménagement à Toulouse. J'ai quand même eu l'occasion d'aller aux Fidji avec ma famille. C'était rafraichissant, cela m'a permis de me reposer mentalement avant de repartir. Sur le plan physique, je ne suis pas plus fatigué que cela par la saison de Super 15, mon corps est habitué à ce rythme. La transition devrait bien se passer. Malgré ce peu de temps, nous restons des passionnés, et j'aime jouer. Deux semaines ont donc été suffisantes.

Comment se passe ton intégration dans le groupe, au-delà des joueurs que tu connaissais déjà ?

Des gars comme Imanol (Harinordoquy) et Yannick (Nyanga), que je viens tout juste de rencontrer, m'aident pour me familiariser avec l'alignement. J'avais déjà joué contre certains comme Thierry Dusautoir ou Toby Flood. Ce sont des gars que je suivais de loin et que j'ai toujours considéré comme de bons joueurs. Me retrouver dans la même équipe qu'eux aujourd'hui, c'est plutôt cool !

L'intégration se passe bien. Les gens savent que je suis un peu stressé, et si j'ai besoin de quoi que ce soit, ils m'ont fait savoir que je n'avais qu'à demander, ils sont prêts à m'aider. Cela pourrait être compliqué, mais les garçons rendent ça facile. Je compte aussi apprendre le français, ça ne pourra qu'être un plus.