Top 14 - 3ème Journée

Voyage à vide pour le Stade

Top 14 - 3ème Journée

A La Rochelle (Marcel Deflandre) - La Rochelle bat Stade Toulousain 37 à 25 (mi-temps : 17-16)
Temps couvert ; belle pelouse ; 15.000 spectateurs environ. Arbitrage de M. Lafon (Lyonnais).
Pour La Rochelle : 3 essais de Bobo (11), Alofa (64, 71) ; 6 pénalités de Audy (22, 26, 40, 51, 56, 59) ; 2 transformations de Audy (11, 71).
Pour le Stade Toulousain : 3 essais de Flynn (9), Tekori (17), McAlister (53) ; 2 pénalités de McAlister (30, 65) ; 2 transformations de McAlister (9, 17).

La Rochelle : Cestaro - Alofa, Barraque, Botia, Bobo - (o) Grant, (m) Audy - Goujon, Gourdon, Djebaili - Grobler, Eaton - Atonio, Forbes, Synaeghel.
Stade Toulousain : Médard - Clerc, David (puis Fickou, 50), Fritz, Matanavou (puis Palisson, 44) - (o) McAlister (puis Doussain, 71), (m) Bezy - Galan (puis Harinordoquy, 45), Dusautoir, Lamboley - Tekori, Maestri - Johnston (puis Tialata, 65), Flynn (puis Tolofua, 68), Pulu (puis Baille, 65).
Carton jaune : Flynn (55)

La saison passée, en championnat, le Stade avait dû attendre de nombreuses journées (exactement la 19ème) pour décrocher, enfin, leur première victoire de la saison, à Biarritz. Il faudra encore attendre cette saison, puisque les hommes de Novès se sont en effet inclinés sur le terrain de La Rochelle à l'occasion de leur premier voyage hexagonal.

 

Le réalisme toulousain 
 

Le premier ballon rochelais, après quelques secondes de jeu, donnait des sueurs froides au banc toulousain : Bobo réalisait un superbe numéro dans un petit périmètre et était projeté en touche, in extremis, à deux mètres de la ligne. 
La pression des Atlantiques ne se démentait pas par la suite et Clerc se trouvait dans une position bien inconfortable au moment de dégager, car en infériorité numérique, mais cela ne prêtait pas à conséquence grâce au renfort de ses avants.

Sur leurs quelques ballons d'attaque, les Rouge et Noir se montraient assez approximatifs, à l'image d'une mésentente entre Johnston et David, qui se regardaient tous deux sans saisir une passe pourtant anodine. Mais sur leur première véritable incursion dans le camp adverse, un maul se structurait et le ballon, bien gardé au chaud par Flynn, progressait d'une bonne dizaine de mètres. L'ASR se mettait à la faute et si, face au vent, la pénalité était trop lointaine pour être tentée, le Stade investissait les 22 opposés.
Et sur la pénal'touhe consécutive, on ne changeait pas une formule qui marche : le groupé-pénétrant avançait après la prise de balle de Maestri, et Flynn aplatissait, pour le premier essai de sa carrière en faveur de Toulouse.

Les visiteurs avaient marqué, contre le cours du jeu, mais ils n'allaient pas conserver cet avantage bien longtemps : dès le renvoi, La Rochelle égalisait, avec un essai du décidément insaisissable Bobo. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, les promus, après un premier ballon cafouillé en touche côté stadiste, se procuraient une belle opportunité, mais Botia la gâchait en laissant échapper le cuir de façon assez inexplicable.

On se régalait en tout cas à Marcel Deflandre, et le rythme que les deux équipes imprégnaient à la partie était asez impressionnant. Le Stade se procurait à son tour une belle occasion, avec une subtile passe au pied de... Lamboley à destination de Médard, lequel était devancé d'un rien. 
Mais ce n'était que partie remise : Bezy passait dans les 22 par un trou de souris, était repris, mais le ballon sortait finalement et Tekori marquait en force.  Les coéquipiers de McAlister faisaient preuve de réalisme et reprenaient les devants.

Très vite, Audy passait une pénalité et réduisait l'écart. Il y avait de quoi enrager, car sur ce coup, les Noir et Jaune avaient récupéré une mêlée après un renvoi aux 22 mal négocié par le duo McAlister-Fritz... 
Le rythme se calmait par la suite, mais cela n'empêchait pas certains gestes de grande classe, à l'image d'un crochet et d'une prise d'intervalle superbe de McAlister, mais dont le coup de pied consécutif ne trouvait pas preneur. 

La Rochelle allait revenir à un point à la 26ème, après une nouvelle pénalité d'Audy, obtenue une fois encore sur une mêlée. Les fautes stadistes, dans cette fin de première période, avaient d'ailleurs tendance à se répéter :  très (trop) vite, Dusautoir était sanctionné et Audy manquait cette fois de donner l'avantage aux siens, ce qui était tant mieux pour le Stade, mais cela ne masquait pas leurs insuffisances du moment...

Dans la continuité ou presque, Toulouse faisait parler son réalisme, après un maul conquérant. La pénalité était donnée par M.Lafon, et McAlister, de plus de cinquante mètres et contre le vent, passait son coup de pied (17-13, 31ème).
Le Stade, marquait peu avant la pause ce que l'on croyait être son troisième essai : Matanavou prenait le trou, tapait à suivre, trébuchait, mais Bezy était le plus prompt et aplatissait. Mais M.Lafon annulait la séquence suite à un en-avant préalable de Médard. Cela semblait logique au vu des images. 

Après une pénalité d'Audy (faute au sol de Bezy), le Stade menait 17-13 à la pause. Honnêtement, Toulouse ne pouvait pas s'en plaindre car globalement, les joueurs de Patrice Collazo avaient eu la main sur le ballon lors de ces quarante premières minutes.


 

McAlister redonne l'avantage 
 

Le début du deuxième acte n'était pas franchement à l'avantage des Toulousains, qui concédaient une pénalité, non tentée car lointaine, sur une mêlée. Quelques instants plus tard, Alofa réalisait un petit festival, et Grobler héritait du cuir à l'aile. L'essai semblait au bout, mais David, très présent depuis le coup d'envoi, sauvait les siens en projetant le deuxième ligne en touche. C'est sur cette action que Matanavou, sonné, devait céder sa place à Palisson.

Le Stade était en souffrance, et même Bezy, à son avantage cet après-midi, cafouillait un ballon et était croqué par Atonio. Peu de temps après, Galan, blessé, quittait à son tour l'aire de jeu. Harinordoquy, qui le remplaçait, s'illustrait quelques instants après, en plaquant Gourdon au moment où celui-ci allait marquer et empêchait un essai tout fait. 
Sur le coup, on craignait d'ailleurs le pire pour l'ancien Biarrot, qui semblait touché au genou sur la séquence, avant de reprendre sa place.

Les Rouge et Noir restaient devant, mais depuis le début du second acte, ils n'avaient pas eu le moindre ballon d'attaque à se mettre sous la dent. En mêlée, les choses ne s'arrangeaient pas, et une nouvelle pénalité permettait aux Rochelais d'occuper le terrain. Heureusement, les approximations et en-avants se multipliaient, mais à force de camper dans la moitié de terrain toulousaine, ils finissaient par prendre l'avantage, pour la première fois de la partie, suite à une pénalité (17-19, 53ème). 

 Le Stade réagissait, et après un superbe mouvement collectif sur lequel s'illustrait Harinordoquy, absolument impeccable, McAlister prenait le trou et filait derrière la ligne. En très peu de temps, Toulouse reprenait les devants au tableau d'affichage. 
Mais il était dit que rien ne serait simple : Flynn, coupable d'une obstruction sur un ballon à suivre, écopait d'un carton jaune. Et sur la pénalité, La Rochelle égalisait. 

Plus rien n'allait dans le bon sens côté toulousain : Harinordoquy commettait un en-avant et Fritz, coupable d'un geste de mauvaise humeur, transformait bien malgré lui la mêlée en pénalité. La Rochelle reprenait les devants, 25 à 22.
Clairement dans le dur, le Stade encaissait un essai de 70 mètres, avec à la conclusion Alofa, qui réceptionnait une chandelle dans l'en-but toulousain. Le promu avait huit points d'avance, et il restait à peine plus d'un quart d'heure à jouer. 

Très vite, McAlister, sur pénalité, remettait les siens dans le bonus défensif (25-30). Tout était encore possible, d'autant plus que l'infériorité numérique cessait. Mais la mêlée, décidément, rendait trop de munitions (et de points) à l'adversaire. Suite à un nouvel effort du pack atlantique, Audy manquait la cible, mais l'inquiétude était plus que jamais de mise. 

Cela était confirmé, avec un essai en coin, et son deuxième personnel, pour Alofa. La messe était dite, et les Rouge et Noir repartaient bredouilles. C'était évidemment très loin de leurs ambitions initiales.