Interview

Guy Novès : « Travailler pour rebondir »

Interview

Qu'est-ce qui vous gêne le plus dans cette défaite ?

D'abord, les points perdus au classement puisqu'au lieu de quatre points nous n'en prenons qu'un. Ensuite, nous avons trop subi en première mi-temps, nous sommes restés trop longtemps dans notre camp pour avoir la possibilité de l'emporter. Un essai nous est refusé, légitimement, mais si nous avions réussi à concrétiser ce temps fort, cela aurait changé la donne.

La première mi-temps manque d'intensité, on a l'impression que les joueurs sont crevés au bout d'un quart d'heure, alors que les vingt dernières minutes du match sont à notre avantage et la fraicheur n'empêche pas les joueurs de produire.

A-t-il été difficile pour vous de faire le choix de la pénalité à la fin du match plutôt que d'essayer d'aller chercher plus ?

Mon choix est logique dans la mesure où la pénalité est plus simple à prendre. Si Toby avait réussi la pénalité face aux poteaux juste avant, nous aurions joué à la main pour essayer de marquer. Dans la situation qui était la nôtre, il était cohérent de prendre les trois points, même si je comprends que les gens aient envie que nous jouions la gagne jusqu'au bout.

Le championnat qu'est le Top 14 se joue sur une longueur très importante et chaque point compte. Nous le savons que trop bien pour avoir laissé beaucoup de points en route, notamment à l'extérieur. Quand nous sommes sous une forme de pression, il faut prendre ses responsabilités et faire le bon choix. C'est, selon moi, ce que nous avons fait.

L'équipe en est à trois défaites d'affilées avec deux déplacements difficiles à venir. Ce n'est pas une situation habituelle pour le Stade Toulousain...

Les deux prochains déplacements sont les aléas du calendrier. Il arrivera un moment où nous recevrons. Ce début de championnat ne nous épargne pas, même si malgré ce résultat négatif nous avons répondu présents dans les secteurs où tout le monde s'attendait à nous voir exploser. Nous marquons les trois premiers points sur une mêlée face aux poteaux où l'adversaire se met à la faute malgré les joueurs internationaux. Dans cette défaite, c'est une forme de satisfaction dans nos problèmes actuels.

Y a-t-il une urgence à régler ces problèmes ?

Toute l'année, toutes les équipes oscillent entre différents soucis, dans des secteurs variables. Quand le secteur qui pose problème est récurrent, il est vrai qu'il faut s'y pencher d'une manière un peu plus sérieuse. Il faut dire qu'en une semaine, nous n'avons pas le temps de tout voir et un match est comme un bras de fer, peu de choses différencient une équipe de l'autre. La fin du match est vraiment intéressante de ce point de vue notamment lors de la dernière mêlée sous les poteaux où malheureusement nous ne jouons pas bien le ballon derrière notre jeune numéro 8. C'est tout de même une mêlée qui avance. Il y aura des jours meilleurs.

Comment expliquez-vous les difficultés physiques de certains joueurs en première période ?

Pour renverser cette équipe de Clermont-Ferrand, il faut effectivement jouer sur un rythme beaucoup plus élevé. Peut-être que nous n'avons pas su nous mettre dans ces conditions-là, notamment au début. Nous nous sommes réveillés un peu trop tard, bizarrement une fois que l'adversaire a marqué son essai. Nous avons alors commencé à jouer fréquemment chez eux, à dominer sur de longues périodes. C'est là-dessus que nous allons bâtir pour avancer.

Faut-il parler d'inquiétude après ces trois derniers matchs ?

Je crois qu'il faut être lucide, nous ne pouvons pas être gagnés par l'inquiétude quoi qu'il arrive. Nous avons un championnat, il faut s'y accrocher. Nous avons énormément de matchs à venir. De la même manière que Montpellier perd à domicile et va faire un résultat à l'extérieur, Clermont s'incline au Michelin puis vient faire quelque chose ici. Ce sont des équipes qui étaient demi-finalistes l'année dernière. Nous avons perdu devant l'une d'entre elles aujourd'hui, avec certaines difficultés actuelles qui concernent notre effectif.

Si à la fin nous marquons un essai, personne ne crie au scandale et nous décrochons le nul. Nous avons perdu avec le bonus défensif et le résultat est quand même mérité pour l'ASM, à nous de travailler pour rebondir. Maintenant, à savoir s'il faut être inquiet, une fois qu'on a dit que l'on est inquiet, qu'y a-t-il après ? Ça ne sert à rien.