Guy Novès

« J'ai confiance en notre groupe »

Guy Novès

La situation au Stade Toulousain est compliquée. C'est en quelque sorte inédit pour le club.

C'est toujours compliqué quand on ne gagne pas mais c'est bien aussi de savoir comment on peut réagir et comment on peut fonctionner dans les situations compliquées. Nous avons tellement connu de situations favorables, merveilleuses, qui ont quelques fois été interprétées comme des situations logiques. Aujourd'hui nous allons voir si, comme à l'époque quand il nous est arrivé d'avoir des coups de moins bien, nous sommes capables d'avoir un meilleur rendement quand les côtes seront moins dures.


Je me souviens d'une année où nous perdons lourdement contre les Wasps en H Cup, où tout le monde crie au cataclysme et pourtant nous réussissons la même année à être champions de France. Je ne suis pas là pour trouver des excuses mais nous travaillons pour améliorer ce qui peut l'être.

Nous sommes dans une période où nous avons perdu un match à la maison contre Clermont. Mais autour de ce match, il y a quatre matchs à l'extérieur. A un moment dans la saison, il y aura cinq matchs avec quatre à la maison et sans doute la donne sera-t-elle différente.

Est-ce qu'après tant d'années favorables, n'êtes-vous pas dans l'inconnu en découvrant cette position ?

Nous sommes dans la situation d'un boxeur qui a souvent gagné ses combats mais à qui on demande de continuer à gagner avec une main attachée dans le dos et l'autre dans le plâtre. C'est quand même compliqué d'avoir la même efficacité. Nous nous accrochons, malgré les secteurs dans lesquels nous sommes en difficulté, non sans raison.

D'un match à l'autre, différents secteurs de jeu font défaut. Est-ce que l'équipe a assez de leaders pour maintenir un cap ?

Il faut être pragmatique et regarder de manière plus concrète comment et pourquoi nous prenons des points. Ce week-end, nous avons pris un essai sur une mêlée puis un autre autour d'un ballon porté. Au delà de ces deux essais, l'adversaire a-t-il eu beaucoup de ballons ? Est-ce qu'il a été dangereux sur le terrain ? Je ne sais pas. Nous allons essayer d'améliorer ces secteurs-là et pour ce faire nous allons attendre d'avoir nos deux mains pour nous défendre.

Comment expliquer les fautes techniques, notamment des en-avants, qui ont ponctué le match au Racing ?

Nous nous l'expliquons comme toutes les équipes qui se disent que si elles avaient tombé trois ballons de moins, elles auraient été meilleures. Que ce soit au plus haut niveau, ou au plus bas, tout le monde tombe des ballons. Il n'y a pas d'explication à ça. Il y a des périodes positives, d'autres moins. Aujourd'hui nous sommes dans une période qui ne tourne pas en notre faveur. Il y aura des moments, je l'espère, plus favorables.

C'est une volonté de votre part de ne pas vous cacher derrière les blessures, mais la liste commence à être longue, notamment avec Yannick Nyanga forfait pour Bayonne.

Yannick est certes blessé mais il n'était pas prévu pour Bayonne puisqu'il sera en vacances. Je ne vais pas me réfugier derrière les blessés mais force est de constater que nous sommes en difficulté dans certains secteurs de jeu où justement il y a un grand nombre de joueurs absents pour différentes raisons : blessé ou au Four Nations.

Cela contribue à nos difficultés actuelles. Nous prendrions des essais dans tous les secteurs, il y aurait de quoi s'inquiéter. Nos difficultés sont sur des secteurs bien ciblés mais il y aura des jours meilleurs où ils seront comblés par les retours d'un certain nombre de joueurs. Il faut pour l'instant faire le dos rond et s'accrocher.

Les blessés sont une récurrence malgré les ajustements apportés cette saison.

Il n'y a pas de comparaison possible entre la blessure au biceps de Ferreira et celle de Kakovin qui revient d'une opération des ligaments croisés du genou. C'est un sport de combat collectif, les blessures n'ont rien à voir avec le système mis en place cette année.

C'est un système qui a mon sens est performant. Louis Picamoles est revenu malade de ses vacances, je ne pense pas que cela vienne du système. Imanol Harinordoquy, qui a fait les quatre premiers matchs, devait tourner un petit peu. Nous n'avons pas voulu prendre de risque avec lui parce qu'il avait un petit peu mal à l'épaule. Gillian Galan a une entorse. Encore une fois, ce n'est pas une affaire de système mais plutôt la faute à pas de chance.

Vous avez laissé entendre que le match le plus important serait celui contre le Stade Français ?

Ce sera un match particulier pour nous dans la mesure où nous le jouerons à domicile. Devant notre public, nous nous devons d'avoir une réaction après la défaite face à Clermont. La pression sera aussi à son comble parce que le Stade Français a déjà gagné à l'extérieur. Nous le savons, ils n'arrivent pas masqués. Nous savons qu'ils sont aptes à venir nous battre chez nous.

Pour ce qui est du match contre Bayonne, cela reste un déplacement et, à mon sens, la pression sera plus sur les locaux. La saison, même si elle est bien entamée, reste quand même très longue et encore une fois, après quatre matchs à l'extérieur, nous aurons quatre matchs à la maison.

Quelles sont les raisons d'espérer du mieux face à Bayonne ?

Ce que j'espère c'est surtout que nous soyons meilleurs dans les secteurs dans lesquels nous avons eu des lacunes ce week-end. Il y a énormément de situations sur lesquelles le Stade Toulousain aurait pu scorer au Racing. Nous prenons des essais à quasiment zéro passe, c'est un peu dommage. J'ai confiance au groupe, pas spécialement pour Bayonne même si il y aura une équipe compétitive.

Est-ce une possibilité que le Stade Toulousain joue le maintien cette saison ?

Nous entendons différentes choses chaque année quand le Stade Toulousain démarre la saison : « Il ne sera plus européen, il jouera le maintien...». On verra plus tard. J'ai confiance en nos leaders, en notre groupe, en notre club et je pense qu'il faut un peu de patience avant de parler de maintien.