Interview

Jean-Baptiste Elissalde : « Nous allons nous accrocher »

Interview

Dans le contexte actuel, comment préparez-vous le déplacement à Bayonne ?

Sans manquer de respect ou d'humilité, vu la conjoncture actuelle, nous ne nous attachons pas trop à Bayonne. Il y a évidemment eu un peu de travail stratégique sur leurs forces et leurs failles présumées mais cela ne prend pas une grosse partie de notre entraînement aujourd'hui.


Il y a beaucoup d'investissement du staff, des joueurs dans la recherche de nouveaux entraînements et de prise en charge par nos leaders. Je suis persuadé que ça finira par payer. Quand nous allons retrouver tous nos joueurs, notamment en première ligne, nous allons prendre un grand bol d'air. Le calendrier n'a pas été favorable, c'est une chose. Nous le savions avant de commencer la saison même si nous ne pensions pas nous faire un croc-en-jambe à domicile. Nous allons nous accrocher et être compétiteurs. Sincèrement, les joueurs donnent le meilleur et nous essayons de leur proposer la même chose en retour.

Est-ce que le dialogue est quelque chose sur lequel vous insistez un peu plus en ce moment ?

Nous l'avons toujours fait mais quand tout va bien, il n'y a pas de doute. Dans les périodes plus difficiles, on va remettre en cause le terrain, l'arbitrage... Et là il y a des discussions qui viennent se mettre au cœur de ces débats. Il faut donc les encadrer et de temps en temps laisser aux joueurs le moyen de faire du participatif. C'est tout le rôle du management et de notre manager de rentrer dans ce domaine-là.

Depuis quelques semaines maintenant, je vois beaucoup de nos leaders prendre des joueurs autour d'eux et essayer de faire ce que nous attendons d'eux : rassembler.

Que savez-vous de cette équipe de Bayonne version 2014-2015 ?

Elle a eu une contre-performance d'entrée qui aurait pu lui savonner la planche. Mais l'équipe a tout de suite réagi face à Oyonnax. Ils se sont accrochés partout, notamment à Paris grâce à une mêlée forte et une bonne défense, de même à Grenoble après quinze minutes très compliquées pour eux. Ils ont refait surface à travers leur défense et leur conquête.

Je ne me fais pas d'illusions quant à la préparation de leur match mais est-il bien pertinent de s'intéresser à Bayonne aujourd'hui quand on est entraîneur adjoint des trois-quarts du Stade Toulousain ? Pas forcément, ou 10% de mon temps. Nous avons tellement de choses à régler avant.

Où en est l'infirmerie toulousaine ?

Camara, Galan, McAlister ont rejoint l'entraînement. Ce sont des discussions qui ne sont pas simples. Ils sont aptes à jouer mais pensons-nous au court terme en les faisant rentrer maintenant, ou misons-nous plutôt sur le moyen et long terme pour les avoir tout le reste de la saison. Ce sont des questions difficiles.

Millo-Chlusky est forfait pour une blessure à la cuisse et Poitrenaud est toujours absent à cause de son pied. Yoann Huget et Yannick Nyanga seront en vacances.

Les secteurs de la touche et de la mêlée posent encore des problèmes.

Je n'ai jamais vu les avants autant travailler. Il y a même le doute qui s'installe à savoir si nous n'en faisons pas trop. Bien entendu, ils travaillent ces secteurs-là. J'ai vu aujourd'hui des joueurs se regrouper entre eux, parler de ce qu'ils vont faire ce week-end, de ce qu'ils ont fait le week-end dernier. Tout le monde y met du sien pour que ça fonctionne mieux. Et je suis persuadé que ça va rentrer dans l'ordre avec le retour de certains joueurs. Il n'y a que le travail qui paye. J'ai toujours fonctionné comme ça. Puis quand on est moins costaud et dominateur, ce qui a été mon cas une grande partie de ma carrière, il faut être un petit peu plus intelligent et coquin.

Nous avons vu Maxime Médard très marqué par les dernières défaites.

Comme d'autres joueurs, il se pose beaucoup de questions sur ses performances individuelles et celles de l'équipe. Je suis plus que touché de voir un joueur avec les larmes aux yeux deux fois d'affilées après un match, même si c'est notre métier, que nous vivons des désillusions et qu'il y a des choses dans la vie qui donnent plus facilement les larmes aux yeux qu'un match de rugby.

Maintenant il faut remettre le bleu de chauffe comme il le fait et se montrer compétiteur avec l'envie de manger son vis-à-vis. Il doit garder l'envie d'être le plus efficace possible pour l'équipe. C'est là toute la démarche pédagogique ou du moins l'accompagnement que nous faisons avec des joueurs comme Max, dans ces moments compliqués.

Le fait qu'il n'ait pas été appelé en équipe de France est-il un poids supplémentaire ?

Il y a deux façons de voir les choses : se dire que ce n'est pas de sa faute ou alors qu'il y a un problème. Il faut donc analyser sa performance et ce qui est fait au quotidien en essayant d'agir pour que les choses aillent mieux. Ça a été mon cas, j'ai eu trente cinq sélections en dix ans, il y a donc eu des hauts et des bas.

C'est le lot de tout joueur, sinon il y en aurait beaucoup avec cent sélections nationales par carrière. C'est à chacun de mettre toutes les chances de son côté pour être le plus performant et bien centrer les problèmes. Pour Maxime ou les autres, ils peuvent compter sur moi pour être à l'écoute mais pas pour tout entendre non plus.