Bayonne-Stade Toulousain

Trop de vents contraires

Bayonne-Stade Toulousain

 

A Bayonne (Jean Dauger) - Bayonne bat Stade Toulousain 35 à 19 (mi-temps : 25-13 )
Temps beau et agréable ; belle pelouse ; 16.000 spectateurs environ. Arbitrage de M.Minery (Périgord Agenais).
Pour Bayonne : 4 essais de Rokocoko (20), Etrillard (25), Ollivon (34), de pénalité (76) ; 3 pénalités de Stewart (10, 40, 51) ; 3 transformations de Stewart (25, 34, 76).
Pour le Stade Toulousain : 1 essai de Palisson (3); 4 pénalités de McAlister (8, 29, 48, 53) ; 1 transformation de McAlister (2). 
Bayonne : Spedding ; Bustos Moyano, Rokocoko, Ugalde, O'Connor ; (o) Stewart, (m) Rouet ; Haare, Ollivon, Chisholm ; Faaoso, Senekal ; Muller, Etrillard, Iguiniz.
Stade Toulousain : Palisson (puis Fritz, 62) ; Clerc, David, Fickou, Médard ; (o) McAlister, (m) Doussain (puis Bezy, 77) ; Harinordoquy (puis Maka, 77), Galan (puis Tolofua, 27, puis Baille, 75), Dusautoir (puis Camara, 69) ; Albacete (puis Tekori, 62), Maestri ; Tialata (puis Pulu, 62, puis Tialata, 74), Flynn, Baille (puis Neti, 44).
Carton jaune : Maestri (10)
Carton rouge : Flynn (22)

Il est temps que ça s'arrête. Après quatre revers d'affilée en Top 14, le Stade n'a pas su mettre un terme à cette série (noire) en s'inclinant à Bayonne, vendredi. Cette défaite, sans refaire l'histoire, est intervenue après une succession de décisions que l'on qualifiera pudiquement de contestables et qui ont incontestablement pesé lourd.  Il faut maintenant impérativement renouer avec la victoire, dans une semaine contre le Stade Français
 

Avalanche de cartons 
 

Le début de match commençait comme dans un rêve pour les Stadistes : ils monopolisaient le ballon, multipliaient les temps de jeu, très proprement, et après plusieurs charges tonitruantes, le cuir parvenait à l'aile, où Palisson marquait en force le premier essai de sa carrière toulousaine. McAlister transformait, et après 120 secondes de jeu, le Stade menait 7-0.

Poussé par son public, Bayonne réagissait, et se heurtait à une défense féroce, illustrée par des plaquages incroyables de Dusautoir et McAlister. Ce dernier, impeccable au pied, occupait efficacement le terrain, et Toulouse confirmait qu'il était remarquablement entré dans la partie. 
A la 8ème, une faute au sol sur Dusautoir offrait à McAlister l'opportunité de faire passer la marque à 10-0. 

L'Aviron, lui, avait du mal à entrer dans son match, à l'image d'un plaquage dangereux et à retardement de Senekal sur Doussain. Avec l'aide de l'arbitrage vidéo, M. Minéry donnait un carton jaune à... Maestri, qui était venu défendre son coéquipier. une décision incompréhensible, inique et qui changeait surtout la donne. 

Stewart réduisait le score, et les visiteurs se retrouvaient à quatorze. On tremblait sur la première mêlée de la partie, mais Iguiniz, face à Tialata, se mettait à la faute. Les Rouge et Noir gagnaient ainsi du terrain et du temps, et un nouveau jeu au pied millimétré de McAlister permettait de se donner de l'air. 
Mais, hélas, cela ne durait pas. Mise à mal sur un maul, la défense toulousaine reculait, et à force de souffrir, encaissait un essai en coin, par Rokocoko. Stewart manquait la transformation, mais Bayonne était revenu à deux points (8-10).

Le retour en jeu de Maestri, et ce n'était pas une coïncidence, permettait au Stade de repartir de l'avant. Après une touche bien négociée dans les 22 adverses, Toulouse bénéficiait d'une pénalité, annulée par un stamping de Flynn, qui avait eu le tort de marcher sur un joueur hors-jeu. M. Minery sortait sans hésiter un carton... rouge, et inutile de préciser les conséquences de cette décision. 

En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, Etrillard marquait de près sur un temps fort de son équipe. L'arbitrage vidéo était une nouvelle fois de mise, mais il était en faveur de Bayonne, qui repassait devant. En très peu de temps, la rencontre avait viré au cauchemar...
Malgré les vents contraires, le Stade n'abdiquait pas. L'équipe bénéficiait d'une pénalité suite à un bel effort en mêlée, et McAlister ramenait les siens à deux points (18-20). Une minute plus tard, la même cause (c'était cette fois Muller qui était sanctionné) ne produisait pas les mêmes effets, car McAlister, en position très défavorable, connaissait son premier échec. 

En face, Bayonne se montrait réaliste : Spedding transperçait le rideau défensif adverse et servait Ollivon dans un fauteuil, qui filait entre les poteaux. Les choses se compliquaient pour les Toulousains, qui payaient cash chacune de leurs erreurs. 
Soulignons tout de même que l'énième arbitrage vidéo, cette fois pour une charge  sans ballon de Rokocoko sur Palisson, débouchait sur... rien. Si on n'était pas paranoïaque, il y avait de quoi le devenir. 

Juste avant la pause, les Basques obtenaient une pénalité logique sur une mêlée, et Stewart faisait passer la marge de manoeuvre des siens à 12 points (25-13).

 

Le Stade en résistance 
 

Mis sous pression dès le coup d'envoi du deuxième acte, le Stade passait le plus clair de son temps à défendre et souffrait. Une interminable séquence s'achevait par un en-avant de Stewart, mais la physionomie de la rencontre n'incitait pas à l'optimisme. 
Sur les quelques ballons qu'ils avaient à négocier, les hommes de Novès commettaient quelques maladresses et rendaient trop de ballons, et trop rapidement, aux Ciel et Blanc.

Malgré toutes les difficultés rencontrées, les Rouge et Noir avaient l'immense mérite de ne ren lâcher, à l'image d'un ballon gratté au sol par Tolofua. McAlister, en position très délicate, exploitait au pied la toute première opportunité de sa formation, faisant passer la marque à 16-25 (48ème).
Trois minutes plus tard, après une faute inexistante de Fickou, Stewart ajoutait trois points, juste avant que McAlister, impeccable, n'en fasse de même. 

Les échanges de pénalité se poursuivaient, et cette fois, Stewart, à deux reprises, manquait la cible. L'écart ne bougeait pas, mais malgré ces petits coups de pouce, le Stade ne semblait pas en mesure de renverser la tendance, même si, encore une fois, le courage des uns et des autres faisait plaisir à voir. 
Si l'ensemble était désordonné, les coéquipiers de Thierry Dusautoir faisaient tout leur possible pour emballer la fin de partie, face à une équipe qui, imperceptiblement, semblait gagnée par le doute. 

A dix minutes du coup de sifflet final, Rokocoko passait la ligne adverse, servait Spedding et seul un retour inespéré de McAlister permettait d'éviter l'essai. Sur une succession de mêlées à cinq mètres, le pack de la ville rose souffrait, souffrait, était pénalisé à plusieurs reprises, pour un essai de pénalité accordé sans la moindre contestation possible. Bayonne empochait le bonus offensif et avait su exploiter les circonstances de la rencontre, malgré un essai de Clerc à la sirène, refusé par un arbitrage vidéo qui n'aura fait aucun cadeau aux Toulousains.