Top 14 - 9ème Journée

Le Stade abat le champion !

Top 14 - 9ème Journée

A Toulouse (Ernest Wallon) - Stade Toulousain bat Toulon 21 à 10 (mi-temps : 16-0 )
Temps agréable ; belle pelouse ; 18.700 spectateurs environ. Arbitrage de M. Lacey (Irlande).
Pour le Stade Toulousain : 2 essais de Fickou (7), Huget (46) ; 3 pénalités de McAlister (10, 24, 27) ; 1 transformation de McAlister (7).
Pour Toulon : 1 essai de Habana (54) ; 1 pénalité de O'Connor (68) ; 1 transformation de Halfpenny (54).
Stade Toulousain : Médard (puis Ramos, 75)- Clerc, Fritz, Fickou, Huget - (o) McAlister (puis Vermaak, 73), (m) Doussain - Dusautoir, Harinordoquy (puis Lamboley, 75), Camara (puis Maka, 64) - Albacete, Maestri (puis Tekori, 59) - Tialata (puis Pulu, 53), Flynn (puis Marchand, 78), Steenkamp (puis Baille, 73.
Toulon : Halfpenny - Mitchell, Wulf, Mermoz, Habana - (o) O’ Connor, (m) Tillous-Borde - Masoe, Fernandez-Lobbe, Smith - Suta, Botha - Castrogiovanni, Burden, Menini.
Carton jaune : Botha (30)

Les premières minutes, c'est le moins que l'on puisse dire, étaient vivantes. D'abord parce que les deux équipes imprégnaient un rythme d'enfer à la rencontre, ensuite car plusieurs claques partaient entre les protagonistes, Maestri et Botha en tête. Mais le Stade, grâce à la justesse de son jeu au pied, occupait efficacement le terrain et dominait territorialement.

Une chandelle de McAlister, suite à un maul superbement conquérant, était récupérée par Fickou juste devant l'en-but. L'essai était au bout, et après la transformation de McAlister, Toulouse prenait les devants. L'entame était satisfaisante, et l'ardeur avec laquelle les locaux s'acharnaient à défendre dès le coup de pied de renvoi faisait plaisir à voir.

Les groupés-pénétrant, en tout cas, constituaient l'une des grandes forces stadistes en ce début de partie : déjà décisifs sur l'essai, ils permettaient par la suite d'obtenir une pénalité, convertie par McAlister, pourtant en position délicate. Le score passait à 10-0 (10ème).
Bousculés, acculés dans leur camp, les Toulonnais souffraient, et sur un mouvement de toute beauté, ils pouvaient pousser un ouf de soulagement quand Clerc ajustait mal sa passe en bout de ligne.

C'est au quart d'heure de jeu que les Varois connaissaient leur premier véritable temps fort, finalement contenu par des Toulousains appliqués et généreux. Et après avoir résisté, ils repartaient à l'attaque et obtenaient une pénalité, convertie par McAlister. L'écart (13 points) commençait à prendre des proportions intéressantes. D'autant plus que très vite, McAlister, en état de grâce, passait une pénalité de 55 mètres !

Il y avait bien longtemps que le RCT n'avait plus mis la main sur le ballon. Un nouveau maul contraignait Botha à se mettre à la faute, et ce dernier écopait d'un carton jaune, alors que McAlister manquait son premier coup de pied de la soirée et voyait sa pénalité passer à droite.
Mais cela, au moins dans un premier temps, ne prêtait pas à conséquence : Médard, dans ses 22, trouvait Huget au pied (!) et ce dernier traversait presque tout le terrain, pour finalement être projeté en touche par Halfpenny.

On en restait là à la pause, et Toulouse menait de seize points, ce qui était globalement mérité...


Passe d'Imanol, essai d'Huget

 

La reprise ne pouvait pas mieux débuter pour le Stade : une pénalité rapidement jouée prenait de vitesse la défense varoise. Harinordoquy, en bout de ligne, ajustait une incroyable passe volleyée à Huget, qui marquait en force malgré les retours de deux adversaires. Il y avait désormais 21-0.
Impuissants, les Toulonnais tentaient de réagir, mais après avoir buté de longs instants sur la ligne défensive toulousaine, ils finissaient par perdre la balle.

Mais un coup du sort allait remettre le RCT en course : le Stade était très près de marquer un nouvel essai, mais le ballon était finalement cafouillé, récupéré par Habana, qui tapait au pied pour lui-même, devançait Clerc et filait entre les barres.
Voilà qui aurait pu semer le trouble dans les esprits toulousains, d'autant plus que McAlister, dans la foulée ou presque, manquait une pénalité.

Cette fois, Toulon était dans le match et monopolisait le ballon. Certes, le danger n'était pas omniprésent, mais incontestablement, la physionomie de la rencontre avait changé. Heureusement, sur une pénalité en faveur des siens, O'Connor choisissait de trouver la touche et, trop gourmand, voyait le cuir finir en ballon mort. Le genre de détails qui, à ce moment précis, pouvait peser lourd.

Les visiteurs continuaient de dominer, mais en face, l'équipe toulousaine, clairement dans un temps faible, ne lâchait rien. A force de défendre bec et ongles, la défense récupérait quelques ballons brûlants alors que le chronomètre, évidemment, tournait faveur du Stade. O'Connor, à la 68ème, passait une pénalité, mais on pouvait presque dire que les joueurs de la ville rose s'en tiraient à bon compte.

Mais il y avait néanmoins clairement danger. Les Stadistes multipliaient les fautes bêtes et les pertes de balle. Sur l'une d'elles, un contre, copie conforme de celui qui avait amené l'essai de Habana, se développait. Mais cette fois, Doussain, revenu du diable vauvert, sauvait la mise.
Cette fois, et malgré des dernières minutes toujours à l'avantage du champion de France, Toulouse tenait sa victoire. Inutile de dire qu'elle aura des bienfaits, tant au classement que dans les têtes.