Interview

Imanol Harinordoquy : « Le travail n'est pas fini »

Interview

Guy Novès s'est dit surpris par la performance de l'équipe à Lyon, vous vous attendiez à faire un coup pareil face au LOU ?

Dans un premier temps, le bonus offensif n'était pas un objectif. Nous étions dans l'optique d'aller à Lyon avec de l'ambition sachant qu'ils étaient invaincus depuis un an et demi à domicile. Nous savions que ça n'allait pas être facile et nous nous sommes préparés en conséquence.


Sur le match, tout le monde a joué pour l'équipe et nous sommes restés dans les schémas que nous avions travaillés. Notre bonne défense nous a permis, notamment sur l'entame, de bien rentrer dans le match.

Peut-on qualifier ce dernier match de référence pour l'avenir, et notamment à l'extérieur ?

Cela faisait longtemps que le Stade Toulousain n'était pas allé gagner à l'extérieur en Top 14. Nous étions quand même dans l'obligation d'aller chercher un résultat, ne serait-ce que pour compenser le match perdu à domicile contre Clermont-Ferrand.

Effectivement, si nous voulons regarder vers le haut du classement, il faut que nous réalisions de nouveau ce genre de performance à l'extérieur, tout en gardant dans un coin de la tête de ne plus perdre de matchs à domicile. Tous les points vont compter. Nous sommes encore en milieu de tableau, le travail n'est pas fini.

Après cinq défaites consécutives, le groupe en est à sa cinquième victoire d'affilée toutes compétitions confondues. Quel est le véritable visage du Stade Toulousain ?

Il est un peu entre les deux. Nous sommes capables de faire de belles choses mais nous pouvons aussi retomber dans nos travers. Nous devons continuer à travailler même si sur cinq matchs totalement différents, nous comptons cinq victoires.

Il nous faut encore grandir pour devenir une équipe difficile à battre. Pour cela il nous faut renforcer nos points forts, à savoir la défense, être infranchissables même si c'est difficile, et perfectionner notre conquête. Si nous y rajoutons quelques turn-overs et des envolées comme nos trois-quarts ont pu en faire samedi pour exprimer leur talent, nous ne serons pas loin du compte.

Est-ce que les défaites de septembre vous ont finalement permis d'apprendre et d'avancer ?

Certainement. Aujourd'hui, il y a un peu plus de confiance dans l'équipe. Il y a eu des retours aussi même si l'équipe n'est pas au complet. En septembre, nous étions dans une phase de travail, nous avions besoin de nous remobiliser. Nous étions sur cinq défaites mais tout n'était pas mauvais. Il nous manquait juste un peu plus d'efficacité dans la zone de marque. Nous réussissons maintenant à construire un peu plus, à tenir le ballon en tout cas un peu plus longtemps. Nous avons encore besoin de travailler dans ce domaine.

Aller jouer Bordeaux-Bègles dans son stade de Chaban-Delmas, c'est un grand défi qui vous attend ?

Cela fait deux ans que Bordeaux-Bègles est difficile à jouer. C'est une équipe qui est en pleine confiance. Ils ont su renforcer les domaines où ils pêchaient un peu, à savoir la défense et la conquête. Ils se montrent maintenant très performants sur ces points-là. Cela leur permet de récupérer des ballons en turn-over. Les avants jouent très bien debout, il y a une volonté de faire vivre le ballon et forcément, la défense adverse a souvent un temps de retard. C'est ce qui permet à l'UBB de marquer beaucoup d'essais, notamment à domicile. Nous connaissons la difficulté qui nous attend.

Est-ce que cependant, vous sentez qu'il est possible de réaliser quelque chose à Bordeaux ?

Personnellement, je joue tous les matchs pour les gagner. Nous ne rentrons pas sur un terrain pour perdre. Nous savons qu'il va falloir déjà être très costauds défensivement, très disciplinés aussi. Chacun doit apporter son savoir-faire à l'équipe et aller à Bordeaux pour essayer d'enrayer la machine.

Beaucoup de personnes commencent à parler de toi pour l'équipe de France, la Coupe du Monde approchant. Tu comptes 82 sélections en bleu, on imagine que tu auras un oeil sur le match contre les Fidji ?

Je me poserai la question et je répondrai sur le sujet quand il y aura lieu. Pour l'instant, il n'en est pas question. Mais je vais forcément regarder le match de l'équipe de France attentivement parce que je suis supporter.

A ma connaissance, jamais un joueur n'a contacté le staff pour être sélectionné ou se sélectionner tout seul... Ça pourrait être une première mais ce n'est pas le cas (rires) ! J'ai été dix ans en équipe de France, avec des hauts et des bas. Quand on joue en bleu, c'est ce qu'il y a de mieux et c'est une fierté de pouvoir représenter son pays. C'est la concrétisation de tout un travail au quotidien, au sein du club.