Interview Décalée

Emile Ntamack : Souvenirs, souvenirs

Interview Décalée

Ce qui suit est un court extrait de l'interview décalée d'Emile Ntamack. Retrouvez l'intégralité de l'entretien dans votre programme digital de Stade Toulousain-Grenoble

Le joueur le plus fort avec lequel tu aies joué ?

C’est difficile de ne retenir qu’un seul joueur, car chacun a ses qualités, et elles peuvent être très différentes d’un individu à l’autre. Philippe Sella était un exemple sur le comportement au quotidien, il avait une véritable exigence vis-à-vis du travail à fournir. J'aimais ce côté précis, sérieux, qui est sans aucun doute un exemple à suivre.
A l'inverse, Jean-Luc Sadourny était un phénomène dans la facilité : tout semblait tellement simple avec lui. Il était doté d'un talent fou, en travaillant un peu… mais pas trop (sourire) ! C'était un joueur d'une grande qualité, mais pas seulement sur un terrain : sur le plan humain, c’est également une personne exceptionnelle.

 

Le joueur le plus drôle ?

Christian Califano, qui a longtemps été notre clown. Le problème avec « Cali », c'est qu'il nous faisait rire tous les jours, et à n’importe quel moment. Y compris sur le terrain ! Au-delà de ses qualités rugbystiques, exceptionnelles, c’était un élément essentiel du vestiaire, capable de fédérer un groupe et de rassembler tout le monde. C'est une personne extraordinaire à vivre au quotidien.

La scène de vestiaire la plus mémorable ?

 Je me souviens d’un quart de finale de championnat de France. C’était en 1995, contre Agen, et la rencontre se jouait à Pau (N.D.L.R : le Stade s’était qualifié 19 à 6, grâce notamment à un essai… d’Emile Ntamack). 

Comme cela nous arrivait parfois, sans que l’on sache vraiment pourquoi, nous avions la connerie juste avant de sortir du vestiaire. Philippe Carbonneau s'était mis des bouts de crampon dans le nez, il faisait l'andouille. A ce moment-là, Claude Portolan se faisait masser sur une table pliable, et en voyant « Carbo » il a explosé de rire et la table s'est refermée sur lui.
Tout le vestiaire était plié en deux… Quand l'arbitre est venu nous chercher pour rentrer sur le terrain, il a dû nous prendre pour des fous. Et Carbonneau, sur le terrain, en rajoutait une couche et nous remémorait la scène…

C'était une autre façon de vivre le rugby. Mais sur la pelouse, nous savions ce qu’il y avait à faire. Et si de l’extérieur, nous paraissions décontractés, je peux vous assurer qu’intérieurement, nous savions nous mettre la pression. Mais on avait des tranches de vie, de rire. Il y avait un temps pour tout.