Avant Stade-Grenoble

Alexis Palisson : « Une nouvelle chance »

Avant Stade-Grenoble

Le match contre Bordeaux-Bègles, au-delà du résultat, a été une bonne opération pour toi puisqu'il t'a permis de t'exprimer sur le terrain. Tu as même été décisif sur l'essai de Clément Poitrenaud. Tu en es forcément satisfait ?

Cela m'a fait du bien de rejouer avant la trêve, sinon cela n'aurait pas vraiment été des vacances. Cela faisait un petit moment que je n'avais pas foulé les terrains avec l'équipe première. J'étais assez content de ma prestation, ce qui est plutôt rare.

J'avais entre temps fait quelques matchs avec les Espoirs pour garder le rythme, retoucher des ballons. Mon plaisir est de jouer au rugby, ce n'est pas de faire du physique et rester dans la salle à partir du jeudi (rires) !

Il est vrai que finir ce début de championnat avec une belle victoire puis être appelé avec les Barbarians et revoir les copains avant de partir en vacances, tout cela m'a fait beaucoup de bien.

Est-ce que l'adaptation à Toulouse est plus difficile que ce que tu pensais ?

J'avais aussi eu un petit temps d'adaptation quand j'étais parti de Brive pour Toulon. Je m'attendais de toute façon à ce qu'il y ait beaucoup de concurrence ici aussi. C'est une bonne chose, elle permet de rehausser le niveau de l'équipe. Nous en avions besoin dans les moments difficiles. Mais l'adaptation s'est plutôt bien passée pour moi même si elle a pu être plus rapide pour d'autres, je pense par exemple à Imanol qui a fait un super début de saison.

Chacun avance différemment. Je reste néanmoins sûr de mes compétences et de ce que je sais faire sur le terrain, je n'ai aucun doute. Dès que l'on comptera sur moi, je serai présent.

Tu étais resté sur la série de cinq défaites avec l'équipe, vous en êtes maintenant à six victoires de suite. On imagine que l'ambiance ne peut être que plus agréable ?

C'est forcément très positif. Mais nous ne sommes pas encore dans les six et nous jouons ce week-end une équipe de Grenoble qui se situe devant nous au classement. Il y a eu beaucoup d'abnégation pendant ces derniers mois, parce que le travail se compte en mois.

Nous sommes partis en vacances mais personne n'est hors de forme, tout le monde a fait les efforts nécessaires pour attaquer cette semaine du bon pied. La préparation a été très studieuse malgré des conditions nouvelles. La pluie nous avait épargnés jusqu'à présent. Nous sommes très concentrés pour ce match qui nous permettrait d'intégrer le Top 6 et continuer à sortir la tête de l'eau en surfant sur le regain de confiance.

Quel moment fort retiendras-tu de ce début de saison au Stade Toulousain ?

Je dirai l'enchaînement des trois victoires à l'extérieur parce qu'elles ont véritablement fini de souder le groupe. Pendant le retour de Lyon et celui de Bordeaux-Bègles, beaucoup de choses ont été échangées. Cela fait du bien de repartir d'un déplacement avec des points.

Pendant la période où tu as moins joué, est-ce que tu as pu échanger avec les coachs ?

Guy m'a reproché une erreur de jeu au pied et de défense à Bayonne, j'ai eu quelques semaines pour y réfléchir. Il m'a demandé de jouer en Espoirs une première fois et j'ai essayé de le rassurer sur ces points-là. Puis j'ai demandé à y rejouer une deuxième fois.

Le staff était dans une période de doute et ils ont sûrement préféré s'appuyer sur des joueurs qu'ils connaissent bien. Je tiens à remercier les entraîneurs et même les joueurs qui m'ont permis de me relancer parce que c'est grâce à eux que j'ai pu avoir une nouvelle chance et faire un bon match à Bordeaux.

Avant la trêve, tu as été appelé chez les Barbarians. Quel souvenir en garderas-tu ?

C'était la deuxième fois que j'avais l'occasion de jouer avec cette sélection. C'est un sacré souvenir. D'autant plus que le match contre la Namibie avait lieu à Mayol. J'y ai retrouvé pas mal d'amis même si Tillous-Borde était en sélection. Les Baabaas, c'est une super ambiance.

Avant le match contre Bordeaux-Bègles, Imanol Harinordoquy avait dit que la défense, l'un de vos points forts, devait être encore un peu plus renforcée pour devenir une équipe difficile à battre. Est-ce que cela a été un axe de travail privilégié de votre préparation ?

Nous avons travaillé la défense en début de semaine. Nous avons plutôt mis l'accent sur le changement des conditions et comment nous pouvions adapter notre jeu au mieux par rapport à l'adversaire. Mais c'est évident que nous allons nous appuyer sur notre défense, elle est un des facteurs de notre réussite ces derniers temps.

Est-ce que dans votre jeu, il y a une volonté de proposer une construction plus stricte qui laisserait moins de place à l'improvisation ?

Peut-être, mais c'était de toute façon une volonté de tendre vers cela depuis le début de la saison. Il reste quand même une part à l'improvisation, à l'adaptation en fonction de ce qu'il se passe en face. Cela commence peut-être à bien fonctionner maintenant que des automatismes se mettent en place.

Est-ce que redémarrer à domicile est un avantage pour repartir dans la bonne dynamique sur laquelle vous étiez après l'UBB ?

Je ne me suis pas senti en danger en allant à Bordeaux après deux mois sans trop avoir joué. Ce sera sûrement plus rassurant d'aborder cette reprise à Ernest Wallon mais autant que faire ce peu, j'essaye de faire abstraction de cet élément. Cela reste un plaisir de jouer au rugby, il ne faut pas se focaliser sur l'adversaire ou le lieu du match.

Tu étais titulaire lors de la dernière Coupe du Monde. Dans moins d'un an aura lieu la prochaine. Est-ce que jouer en Bleu reste dans un coin de ta tête ?

Toujours, surtout lorsqu'on a vécu de bons moments en sélection nationale. Mais comme je l'ai déjà dit, cela passe par de bonnes performances avec mon club. Je pense avoir été à un bon niveau contre l'UBB, maintenant il me faut y rester et enchaîner les matchs. Il est évident que ce serait un honneur de reporter le maillot bleu et de représenter mon pays.