Top 14 - J13

Le Stade échoue de peu

Top 14 - J13

A Montpellier (Altrad Stadium) - Montpellier bat Stade Toulousain 23 à 20 (mi-temps :  13-10)
Beau temps ; belle pelouse. Arbitrage de M. Gaüzère (Côte Basque-Landes).
Pour Montpellier : 2 essais de Olivier (33), de pénalité (52) ; 3 pénalités de Paillaugue (5, 18) et Iribaren (78) ; 2 transformations de Paillaugue (33, 52).
Pour le Stade Toulousain : 2 essais de Clerc (40, 42) ; 2 pénalités de McAlister (23, 60) ; 2 transformations de McAlister (40, 42).
Montpellier : Berard - Fall, Tuitavake, Olivier, Artru - (o) Pélissié, (m) Paillaugue - Bias, Tulou, Ouedraogo (cap) - Tchale-Watchou, Donnelly - Mas, Geli, Nariashvili.
Stade Toulousain : Médard - Clerc, Fritz (puis Flood, 65), David, Palisson - (o) McAlister, (m) Bézy (puis Vermaak, 71)- Harinordoquy, Picamoles (puis Lamboley, 71), Nyanga - Albacete, Millo-Chluski (puis Tekori, 50) - Pulu, Flynn (puis Tolofua, 61), Steenkamp.
Cartons jaunes : Kakovin (38), Pulu (50)

En début de match, les deux équipes se signalaient avant tout par quelques maladresses. A la 5ème minute, Pulu était pénalisé en mêlée et Paillaugue, dans une position loin d'être évidente, ouvrait le score. Mais en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, Montpellier se mettait à son tour à la faute mais Bezy, à la différence de ce qu'il avait montré en Coupe d'Europe, échouait. 

Dans la foulée, les locaux connaissaient leur premier véritable temps fort, initié par une percée impressionnante de Ouedraogo, seulement rattrapé par MCalister au bout de quarante mètres. La très longue séquence s'achevait finalement par une faute héraultaise, et Toulouse pouvait ainsi se dégager. Globalement, les Toulousains ne parvenaient pas à conserver le ballon, et certains ballons récupérés étaient trop facilement rendus à l'adversaire.

Peu avant le quart d'heure de jeu, Montpellier, toujours à l'attaque, créait une nouvelle fois le danger, avec un subtil jeu au pied de Pélissié jusque dans l'en-but, mais heureusement, Clerc se montrait le plus prompt pour aplatir. Assez passifs dans l'ensemble, les coéquipiers de Yannick Nyanga passaient le plus clair de leur temps à défendre, mais à l'image de ce qu'ils avaient montré le week-end précédent, ils le faisaient bien.

A la 18ème, Paillaugue, sur pénalité, concrétisait l'emprise des siens sur le débat et portait le score à 6-0. C'était mérité. Il fallait finalement attendre la 23ème minute pour voir les Rouge et noir pénétrer ballon en mains dans les 22 adverses. Ceci dit, ils ne le faisaient pas pour rien, car suite à une faute montpelliéraine, McAlister réduisait l'écart (3-6).
Soixante secondes plus tard, Géli s'échappait et était repris de justesse par McAlister, à cinq mètres de l'en-but. Mas récupérait le cuir mais heureusement, il était retourné au moment d'aplatir. Puis, suite à la mêlée, Tulou croyait marquer, mais McAlister, une fois de plus, sauvait les siens en tapant au pied dans le ballon au moment où celui allait toucher le sol. 

Les mêlées à cinq mètres se succédaient, et le Stade était sanctionné à plusieurs reprises. Pulu sortait en catastrophe et Kakovin entrait en jeu, alors que l'essai de pénalité, de l'aveu même de M. Gaüzère, était tout proche. Mais à force de dominer, le MHR marquait, après une mêlée une nouvelle fois dominatrice : le ballon sortait pour les trois-quarts, et Olivier prenait le trou pour aplatir. Montpellier se détachait, 13 à 3, avec en plus un carton jaune pour Kakovin, pour fautes répétées en mêlée. 
On pensait qu'on allait en rester là, mais à la sirène, le Stade jouait rapidement une pénalité dans ses 22. Suivait un essai de 80 mètres, où s'illustrait notamment McAlister, auteur de deux passes exceptionnelles : l'une au pied, l'autre à la main, pour une réalisation finale de Clerc. Toulouse revenait à 10-13 et ne pouvait pas se plaindre de rester dans le coup. 

Les Stadistes attaquaient le deuxième acte comme ils avaient terminé le premier : tambour battant. Une superbe séquence, notamment marquée par une percée de Bezy et la vista de McAlister, aboutissait au deuxième essai de Clerc, entre les barres. Les Rouge et Noir menaient 17 à 13, après avoir marqué deux essais en infériorité numérique. 

Les choses prenaient une tournure bienvenue, mais le MHR, malgré ces coups du sort, ne baissait pas la garde. Le club de l'Hérault repartait de l'avant et bénéficiait rapidement d'une pénalité, qu'il choisissait de ne pas tenter pour demander une mêlée, un secteur dans lequel il s'était montré clairement dominateur jusque-là. Les affrontements se succédaient, et le pack toulousain souffrait, concédait encore des pénalités, et c'était cette fois Pulu qui écopait d'un carton jaune.
On jouait maintenant depuis plus de dix minutes dans les cinq mètres toulousains, et Montpellier n'avait toujours pas marqué. Mais l'essai de pénalité, après une énième mêlée, venait justement récompenser les efforts des hommes de Fabien Galthié. Le Stade était mené 20-17, était en infériorité numérique, et allait devoir cravacher pour inverser à nouveau la tendance. 

Mais si la mêlée était en souffrance, la touche ne montrait pas ses garanties habituelles. Les rares munitions étaient ainsi rarement exploitées, mais à l'heure de jeu, le réalisme stadiste faisait encore parler de lui : pour la première incursion dans le camp adverse depuis l'essai de Clerc, une pénalité était obtenue et réussie par McAlister. Les deux équipes étaient dos à dos. 

Il restait un quart d'heure à jouer, et l'essentiel du jeu se déroulait au milieu de terrain. Un rien pouvait maintenant décider de l'identité du vainqueur. Montpellier mettait la pression à la 66ème, progressait dans les 22 toulousains avec une succession de charges, mais un superbe contest de Nyanga venait éteindre le feu naissant. 
Puis, c'était au tour de Toulouse de connaître un temps fort et de s'installer dans les quarante mètres opposés. Un drop très lointain de McAlister ne trouvait pas la cible, puis, dans la foulée, sur une très difficile pénalité, il voyait le ballon passer à droite. 
A cinq minutes de la fin, une touche qui aurait permis au Stade d'occuper le terrain dans les 22 adverses n'était pas trouvée. Le genre de détails, dans une fin de partie au couteau, qui pouvait coûter cher. D'autant plus que dans la continuité, un plaquage haut, à la 78ème, donnait à Iribaren l'occasion de donner un avantage définitif aux siens. 
Montpellier n'avait pas usurpé sa victoire, mais le Stade pouvait nourrir des regrets d'avoir abandonné les deux points du match nul si près du coup de sifflet final.