Top 14 - 15ème Journée

Le Stade n'a rien pu faire

Top 14 - 15ème Journée

A Clermont-Ferrand (Michelin) - ASM bat Stade Toulousain 24 à 6 (mi-temps : 13-3 )
Temps agréable ; pelouse parfaite. Arbitrage de M. Berdos (Armagnac-Bigorre).
Pour Clermont : 2 essais de Rougerie (37) et Fofana (77) ; 4 pénalités de Lopez (16, 40, 48, 53) ; 1 transformations de Lopez (37).
Pour le Stade Toulousain : 2 pénalités de Flood (34) et McAlister (58).
Clermont : Abendanon ; Nakaitaci, Rougerie, Fofana, Guildford ; (o) Lopez, (m) Parra ; Bonnaire, Lee, Chouly ; Vahaamahina, Cudmore ; Zirakashvili, Kayser, Domingo.
Stade Toulousain : Médard ; Matanavou, David, Fickou, Palisson ; (o) Flood (puis McAlister, 36-40, 50), (m) Doussain (puis Vermaak, 72) ; Nyanga (puis Camara, 50), Picamoles (puis Galan, 62), Dusautoir (cap.) ; Maestri, Tekori (puis Albacete, 50) ; Johnston (puis Pulu, 50), Marchand (puis Tolofua, 50), Kakovin (puis Steenkamp, 41).

En moins d'une minute, le Stade, en position défensive, concédait une première pénalité, suite à une position de hors-jeu de Dusautoir. Et en moins de temps qu'il n'en fat pour le dire, Lopez tenait une occasion d'ouvrir le score, ce qu'il ne faisait pas, car son coup de pied passait assez nettement sur la gauche des poteaux. 
Les locaux venaient de manquer une belle occasion, mais leur domination ne souffrait d'aucune contestation. Les Toulousains tenaient bon, à l'image d'un plaquage efficace de Picamoles sur Lee, mais ils passaient le plus clair de leur temps à défendre...

Très vite, c'était au tour de Julien Marchand d'être pénalisé pour un ballon gardé au sol. Mais Lopez, visiblement pas en confiance, échouait une nouvelle fois, et de beaucoup. La première escarmouche stadiste venait de Matanavou, qui, parti de ses 22, éliminait dans son style caractéristique plusieurs adversaires avant de donner à Fickou pour une passe signalée en-avant. 
Les munitions, on l'aura compris, étaient pour le moment rares, et on regrettait d'autant plus cette touche intéressante non maîtrisée côté rouge et noir, de même que les quelques pertes de balle. 

Peu après la dixième minute, et alors que le rythme était endiablé et la rencontre agréable à suivre, l'ASM produisait une séquence de grande qualité, seulement sauvée par un contest très bienvenu de Flood. Dans la continuité, une nouvelle touche en bonne position était perdue par les Toulousains, et la conquête connaissait ainsi quelques ratés. 

A la 16ème, sur une mêlée, Johnston perdait son duel avec Domingo et cette fois, face aux barres et à courte distance, Lopez n'avait aucun mal à placer son équipe sur de bons rails. Clermont menait 3-0. 
La physionomie de la partie ne changeait pas par la suite : la possession était très nettement en faveur des Jaunards, mais ces derniers faisaient montre d'une maladresse assez inhabituelle et égaraient quelques ballons. 

Mais la domination était telle pour les Asémistes qu'ils obtenaient inexorablement des pénalités. Et sur l'une d'elles, Parra, en position lointaine, trouvait la barre horizontale. Les visiteurs s'en sortaient bien, car les Clermontois avaient déjà gâché neuf points. 
C'est à partir de ce moment-là que les coéquipiers de Yannick Nyanga connaissaient leur premier temps fort. Certes, aucune occasion d'essai n'était à signaler, mais pour la première fois, ils parvenaient à enchaîner les temps de jeu, face à une défense qui avait seulement été trompée à quatre reprises au Michelin depuis l'entame de la saison. Et après la demi-heure de jeu, les efforts stadistes étaient récompensés, par l'entremise d'une pénalité de Flood. Les deux équipes étaient à égalité (3-3). 

Hélas, cela ne durait pas, et en raison d'un coup du sort : un dégagement de Doussain dans ses 22, contré, mettait Flood en mauvaise posture. L'Anglais perdait le ballon, et une passe plus tard, Rougerie marquait le premier essai de la partie. Sur le coup, Flood, sonné, cédait sa place à McAlister.  Après la transformation de Lopez, la marque passait à 10-3, puis à 10-3 (pénalité de Lopez après une faute de Nyanga) et c'était avec ce retard de dix points que les Stadistes regagnaient les vestiaires. 

La seconde période débutait par une nouvelle munition perdue en touche côté toulousain. Cela ne prêtait pas à conséquence, et rapidement, Toulouse bénéficiait d'une pénalité, que Flood (revenu sur le terrain après le protocole commotion) manquait nettement. 
Lopez, dans la continuité et après une nouvelle faute stadiste en mêlée, avait plus de réussite et creusait un peu plus l'écart. Globalement, et si certains secteurs, comme la défense, donnaient satisfaction, les petites maladresses, combinées aux soucis en conquête, ne permettaient pas aux hommes de Novès de rivaliser. Dommage, car en face, si la domination des Auvergnats ne souffrait d'aucune contestation, ils n'étaient peut-être pas dans la forme de leur vie. 

Les minutes défilaient, et le Stade ne semblait plus en mesure d'inverser la tendance. Nyanga, auteur d'un plaquage haut, donnait à Lopez l'opportunité d'ajouter trois points de plus. Le score était désormais de 19 à 3, et l'espoir s'amenuisait. 
Pour autant, les Toulousains n'abdiquaient pas, mais leurs velléités offensives se heurtaient à la muraille jaune et bleue, remarquablement organisée. Et si le jeu au pied de Flood, dans le dos de la défense, ne manquait pas de finesse, il sonnait malgré tout comme un aveu d'impuissance. 

Seul McAlister, à peine entré en jeu, parvenait à franchir la première ligne défensive adverse, et si cela ressemblait à une première occasion, la passe du Néo-zélandais à David était interceptée. Peu avant l'heure de jeu, l'écart était réduit, grâce à la botte de McAlister, qui récompensait un bel effort de son pack en mêlée. 

Malheureusement, cette embellie était de courte durée : l'ASM repassait la marche avant, et suite à un nouveau ballon cafouillé en touche, il s'en fallait d'un rien pour que Davies n'aplatisse dans l'en-but, juste avant un dégagement en catastrophe de Médard
Par la suite, Clermont obtenait plusieurs pénalités, et, peut-être un peu gourmand, ne les tentait pas. C'était d'ailleurs au tour de la défense stadiste de s'illustrer en repoussant inlassablement les assauts adverses. 

L'écart restait ainsi inchangé, ce qui ne faisait évidemment pas les affaires des Toulousains. Les efforts des ces derniers, avec notamment l'entrée très remarquée de McAlister, restaient vains dans les dix dernières minutes, et c'était au contraire Fofana, à la 77ème, qui se débarrassait de Palisson pour clore les débats. Le Stade s'inclinait 24-6 et repartait bredouille du Michelin. Malheureusement, et ce n'est pas la première fois que le constat pouvait être fait, il y avait de quoi nourrir quelques regrets.