Réaction

Guy Novès : « Une petite victoire »

Réaction

Comment avez-vous vécu cette minute de silence avant le match ?

Tout le monde a montré que nous étions complètement concernés. Cela nous permet de trouver dérisoire ce que l’on a vu derrière. Cette minute de silence nous rappelle que des familles pleurent parce que certains sont partis, tués lâchement. C’est ainsi que je l’ai vécu. Je fais partie d’une génération où la liberté s’exprimait d’une autre manière. Aujourd’hui, j’ai l’impression que le monde change et cela fait peur pour nos enfants et petit-enfants.

Sur le match, il y a eu des choses très positives, notamment le début de seconde période. Quelle explication peut-il y avoir au relâchement qui a suivi ?

La première mi-temps a été relativement faible dans l’engagement. Nous avons beaucoup travaillé cette semaine, de manière à bien préparer ce match et déjà essayer d’avoir la tête un peu en Coupe d’Europe, avec les éléments que nous connaissons et qui ont perturbé l’état d’esprit. J’ai trouvé les joueurs fatigués aujourd’hui, dépassés dans les zones de ruck par la vitesse des Rochelais. Les visiteurs ont été très agressifs, ils ont bloqué et récupéré certains ballons. Cette première mi-temps s'est quand même soldée par quelques points d’avance.

Nous avons pourtant vu une réaction intéressante de la part de l’équipe au retour des vestiaires…

Evidemment, il y a une petite remise en question à la mi-temps qui débouche sur une forte réaction de l’ensemble de l’équipe. Nous surprenons peut-être les Rochelais à ce moment-là. Cela nous permet aussi de marquer deux nouveaux essais, ce qui n’est pas mal. Mais il est vrai que par la suite, la fatigue aidant, les blessures des uns et des autres, la bravoure et la qualité individuelle et collective de l’équipe de La Rochelle font que nous prenons un essai rapidement. Cela a pour effet de remobiliser l’adversaire et de nous fragiliser à ce moment-là et nous n’arrivons plus à repartir de l’avant. Les gars sont fatigués.

Cela fait un match gagné mais il est un peu dommage de ne pas avoir pu plus jouer comme en début de seconde mi-temps… Même si cela aurait été très difficile au vu du rythme qui était particulièrement intense. Il y a eu des séquences très intéressantes puis des séquences très faibles. C’est un match qui va nous permettre de travailler.

Vous avez évoqué les blessures, pouvez-vous dresser un bilan provisoire ?

Sébastien Bezy a pris un coup au niveau du sternum, peut-être une luxation. Et Imanol se plaint d’un ischio-jambier, une déchirure est donc à craindre. C’est forcément embêtant puisque les prochains jours vont être importants : après cette petite victoire nous revenons dans la Coupe d’Europe jouer notre tête. Il va nous falloir gagner au moins un match sur les deux à venir.

Gillian se plaignait un peu de son ancienne déchirure à la mi-temps. Il voulait revenir sur le terrain mais nous avons pris la décision de ne pas le faire jouer en seconde période. Nous n’avons pas voulu prendre de risque, j’espère que nous ne l’avons pas perdu. Pour ce qui est de Vincent, il ressentait une certaine fatigue au niveau d’une cuisse sur les derniers entraînements. Il a quand même participé à l’entraînement d’hier en prenant des précautions. Il s’est énormément échauffé durant l’avant match mais il lui semblait que quand il accélérait, il ressentait encore cette fatigue. Nous avons donc demandé à Timoci de prendre sa place au dernier moment, même s’il était déjà mobilisé pour ce match.