Coupe d'Europe

Bath tient sa revanche

Coupe d'Europe

A Toulouse (Ernest Wallon) - Bath bat Stade Toulousain 35 à 18  (mi-temps : 25-15)
Temps froid ; bonne pelouse ; 16.000 spectateurs environ. Arbitrage de M. Clancy (Irl).
Pour le Stade Toulousain : 2 essais de Maestri (14), Huget (38) ; 2 pénalités de Flood (40, 48) ; 1 transformation de Flood (14).
Pour Bath : 4 essais de Banahan (9), Cook (25), Joseph (27), Louw (72) ; 2 pénalités de Ford (2, 80) ; 3 transformations de Ford (9, 27, 72).
Stade Toulousain : Médard ; Clerc, David (puis Poitrenaud, 45), McAlister, Huget ; (o) Flood (puis Vermaak, 65), (m) Doussain ; Dusautoir (cap.), Picamoles (puis Galan, 65), Nyanga (puis Lamboley, 73) ; Maestri, Tekori (puis Albacete, 54) ; Johnston (puis Pulu, 65), Flynn (puis Marchand, 76), Steenkamp (puis Kakovin, 65).
Bath : Watson ; Agulla, Joseph, Eastmond, Banahan ; (o) ford, (m) Cook ; Louw, houston, Garvey ; Attwood, Day ; Wilson, Webber, James (cap).

 La rencontre débutait difficilement pour le Stade, avec un dégagement de McAlister qui ne trouvait pas la touche et atterrissait au contraire dans les bras de Agulla, qui réalisait un véritable festival jusqu'aux cinq mètres. L'essai n'était pas au bout, mais Bath récupérait au passage une pénalité, convertie par Ford.
Le Stade réagissait rapidement, avec une échappée de Huget consécutive à une mêlée. L'ailier était repris, mais le ballon vivait toujours, filait au large où, malheureusement, Flynn le laissait échapper. Toulouse allait rapidement regretter cette occasion manquée, car par la suite, Banahan se trouvait à la conclusion d'un mouvement d'école pour inscrire le premier essai de la partie. En deux offensives, Bath avait scoré deux fois, et la facilité avec laquelle les joueurs anglais franchissaient le rideau défensif adverse n'augurait rien de bon.

Pourtant, les Rouge et Noir réagissaient : ils faisaient souffrir Bath sur un premier maul, obtenaient une pénalité, et choisissaient la touche. Un choix de prime abord étonnant, mais pourtant calculé. Sur celle-ci, un autre groupe-pénétrant se formait, progressait et allait dans l'en-but. La vidéo était demandée, et l'essai accordé à Maestri. Flood transformait, et le Stade revenait dans le match.

Les débats s'équilibraient par la suite, même si l'occupation était plutôt en faveur des visiteurs. Toulouse se montrait capable de mouvements intéressants susceptibles de déstabiliser la défense anglaise, mais une maladresse venait trop souvent ruiner leurs intentions. Bath marquait son deuxième essai sur une bonne opportunité toulousaine, quand Cook, dans ses vingt mètres, interceptait une passe de Doussain pour filer seul à l'essai, malgré le retour désespéré de Clerc...

Dans la continuité ou presque, et sur un ballon de récupération, Banahan réalisait une passe après contact superbe malgré un double plaquage, et Joseph aplatissait dans un fauteuil. L'essai était superbe, et il fallait souligner le formidable travail préalable de Eastmond, qui mettait le feu sur chacune de ses prises de balle.

Le calvaire rouge et noir n'allait pas s'arrêter là. Sur un ballon à priori anodin dans ses 22, Bath relançait et parcourait l'intégralité du terrain en quelques passes et secondes. Seul un impensable pêché de gourmandise empêchait la formation britannique d'aller derrière la ligne, mais il n'y avait pas de quoi être rassuré, d'autant plus que sur une mêlée, le pack toulousain se mettait à la faute et Ford creusait un peu plus l'écart (7-25, 34ème).

En grande difficulté, les hommes de Novès ne capitulaient pas, et Huget, encore après une mêlée, se faufilait entre plusieurs adversaires et marquait. L'espoir demeurait... A quelques secondes de la pause, un maul stadiste faisait encore des dégâts, et Bath n'avait d'autre choix que de se mettre à la faute. Flood ramenait les siens à dix points, au moment où M. Clancy renvoyait les deux équipes aux vestiaires.

La reprise intervenait avec une énorme occasion en faveur de Bath, mais Médard puis Picamoles intervenaient en dernier recours. Toulouse respirait, mais un en-avant de Flood remettait immédiatement la pression sur son équipe. Le Stade s'en sortait finalement, et la pression montait d'un cran sur la pelouse, avec le début de quelques échauffourées.

Comme depuis le début de la partie, c'est via des mauls que le Stade créait le danger. Une fois encore, Bath se mettait à la faute sur cette phase de jeu, et Flood ramenait les siens à sept points.
Au niveau de l'engagement et du rythme, on assistait à une rencontre de très haut niveau, et si Bath créait le danger sur quasiment chacun de ses ballons d'attaque, le bateau toulousain tanguait, mais ne flanchait pas.

Et Doussain, à la 54ème, ramassait un ballon cafouillé, se faufilait dans un trou de souris, était repris aux cinq mètres, mais donnait à Nyanga, qui plaqué, tombait dans l'en-but. La video-arbitrage, cette fois, ne validait pas l'essai mais donnait mêlée à cinq mètres, sur laquelle Bath récupérait le ballon. Une énorme occasion venait de s'envoler, et on espérait que ce n'était pas au tournant du match auquel on venait d'assister.

Mais encore une fois, les coéquipiers de Thierry Dusautoir n'abdiquaient pas. Ils contraient une touche et développaient une attaque, qui se heurtait à une défense bien en place. Le ballon était finalement perdu suite à un en-avant d'Huget, et tout était à refaire.
Dans ce match assez exceptionnel à suivre, Picamoles, dans ses 22, interceptait une passe, partait pour être repris cinquante mètres, mais délivrait une passe au pied, sur laquelle se formait un ruck. Toulouse héritait d'une mêlée à cinq mètres, mais comme un peu plus tôt dans le match, perdait le ballon sur cette phase de jeu...

On entrait dans les dix dernières minutes, et le Stade ne parvenait pas à se montrer dangereux. Doussain, très actif, prenait un trou et était sévèrement rattrapé par un plaquage haut, mais ce la débouchait sur une simple pénalité, trop lointaine pour être tentée. Et Joseph, à la 71ème, scellait l'issue de la partie : certes, il ne marquait pas, mais il se jouait à lui seul de toute la défense adverse pour un essai de Louw.

La messe était dite, et Toulouse s'inclinait logiquement.