Le débrief de Stade-Bath

Guy Novès : « Réfléchir à des solutions »

Le débrief de Stade-Bath

Vous aviez fait de la rencontre contre Bath une priorité ces dernières semaines. On imagine que vous aviez prévu une autre issue pour ce match ?

Je n'imaginais pas que nous pourrions lâcher autant de ballons en première mi-temps, ces mêmes ballons qui nous ont coûté très cher. Sur les cinq ballons lâchés, il y a eu deux ballons arrachés dans nos mains, deux en-avants, une interception même si je pense que le joueur qui intercepte est largement hors-jeu, sur une touche déviée. Ce n'est pas possible qu'il se retrouve là. Cinq ballons échappés, c'est beaucoup trop pour exister. Et lors des 40 premières minutes, nous n'existons pas.

La fin de la première mi-temps nous est favorable, nous réussissons à revenir. Les gars ne lâchent pas, nous pouvons les en féliciter. Jusqu'aux dix dernières minutes, nous pouvons revenir à match nul et l'affaire est réglée. Mais nous n'avons pas trouvé les solutions, l'adversaire s'est accroché à ses dix points d'avance. La victoire est largement méritée pour cette équipe anglaise.

Est-ce que le point de bonus offensif marqué par Bath remet complètement en question la hiérarchie de la poule ?

Nous étions conscients de cette possibilité depuis le début. Nous savions très bien qu'en perdant les deux derniers matchs nous avions de large chance de sortir de la compétition, même si nous avions fait un parcours admirable jusqu'ici : quatre matchs, quatre victoires. Il faut réaliser que nous avons gagné chez eux. Cela met en perspective l'exploit que nous avions réalisé, tout comme la victoire à Glasgow.

Mais nous savions que cette rencontre serait très dure. Et nous leur avons donné le bâton pour se faire battre. Même si nous avons vu des joueurs explosifs, rapides, spectaculaires, nous avons de notre côté fait trop de fautes en nous consommant dans les rucks notamment dans leur camp, ce qui leur a permis de faire des contre-attaques.

Ce résultat contre Bath ramène de l'incertitude quant à la qualification en quart de finale. Comment allez-vous appréhender cette semaine avant de vous rendre à Montpellier ?

Toutes les semaines sont différentes et tous les matchs sont différents. Aujourd'hui, nous allons faire ce que nous faisons quand nous perdons un match : réfléchir à des solutions, aux éléments qui ont fait que nous avons perdu. Nous allons nous demander aussi si nous avons les capacités pour pouvoir rebondir et si nous n'allons pas faire comme les autres : lâcher la Coupe d'Europe pour se concentrer sur le championnat. Nous verrons cela dans la semaine.

Vous avez toujours votre sort en main après cette cinquième journée de Coupe d'Europe puisque le Stade Toulousain est toujours premier de la poule.

C'est quelque chose que nous savions en début de match puisque nous avions six points d'avance sur Bath et eux ne pouvaient en marquer que six. En revanche, en ne marquant aucun point de notre côté, nous nous sommes compliqués la tâche. Et je ne peux pas imaginer que Montpellier la semaine prochaine rentrera sur le terrain sans intention de gagner. Cela n'existe pas, nulle part.

Vous parliez des ballons perdus sur le match, voyez-vous une autre explication aux difficultés de l'équipe face à Bath ?

Corey Flynn commet un en-avant, quelques minutes après, c'est Census Johnston qui se fait arracher le ballon, puis de nouveau il lâche un ballon en arrivant dans la ligne comme un boulet. Yann David se fait aussi arracher un ballon et puis Bath finit par nous intercepter alors que nous sommes dans leurs 15 mètres. Je ne suis pas déçu des joueurs. A la limite, nous avons le droit de tomber un ballon. Mais si cinq joueurs commencent à faire cette faute, cela fait trop sur nos temps forts. Et par la suite, nous sommes immédiatement châtiés. Ce qui me déçoit c'est que nous avons trop donné des occasions à l'adversaire et nous nous sommes fait fouetter sans avoir d'argument à leur opposer.

Nous ne trouvions pas la touche sur les premiers ballons dégagés de nos vingt-deux, et nous prenions des séances de jeu. Lorsqu'en fin de première mi-temps, nous y sommes parvenus, nous avons réussi à marquer. Il ne fallait pas donner de cartouches supplémentaires à ces Anglais qui avaient des pattes, ce que nous savions dès le match aller. Nous avons fait quelques petites fautes, les uns et les autres. Les points se sont additionnés et le résultat est logique.

Le coaching n'a pas apporté les solutions nécessaires pour revenir mais il semble vous avoir permis de pallier certaines blessures.

Nous n'avons pas trop fait de coaching. Celui de Louis Picamoles par Gillian Galan est dû au fait que Louis avait mal à la cuisse suite à une percée assez importante. Et quand Gillian rentre, il y a cette mêlée sur laquelle nous récupérons l'introduction. C'est une bonne chose mais la récupération est suivie d'un petit en-avant de Lamboley. Je crois que les joueurs qui sont entrés en cours de jeu ont donné le meilleur. En première ligne, cela a été plus compliqué. Nous avons vu qu'à l'heure actuelle nous avons peu de possibilités dans ce secteur.

Census a été blessé toute la semaine dernière. Il était grippé, il n'a rien pu faire. Et quand il est revenu, il avait un petit problème au genou. Il a joué malgré tout, en étant en grosse difficulté. Il a fait un gros match jusqu'aux deux dernières mêlées où il est pénalisé parce qu'il n'en peut plus. Yann David est sorti à cause d'une douleur à la cuisse, je pense qu'il y a blessure.