Stade-MHR

La victoire qu'il fallait

Stade-MHR

A Toulouse (Ernest Wallon) - Stade Toulousain bat Montpellier 18 à 13 (mi-temps : 6-6)
Temps frais et pluvieux ; pelouse grasse ; 14.000 spectateurs environ. Arbitrage de M. Berdos (Armagnac Bigorre)
Pour le Stade Toulousain : 2 essais de Clerc (59, 67) ; 2 pénalités de McAlister (24, 35) ; 1 transformation de McAlister (67) .
Pour Montpellier : 1 essai de Nagusa (70) ; 2 pénalités de Paillaugue (5) et Lucas (15) ; 1 transformation de Lucas (70).
Stade Toulousain : Poitrenaud (puis Clerc, 41) ; Médard, David, Fritz (puis Doussain, 73), Matanavou ; (o) McAlister, (m) Bézy ; Harinordoquy, Picamoles, Camara (puis Nyanga, 61) ; Lamboley (puis Maka, 75), Tekori ; Tialata (puis Johnston, 58), Flynn (puis Tolofua, 71), Steenkamp (puis Ferreira, 60).
Carton jaune : Tekori (5)
Montpellier : Nagusa ; Ranger, Tuitavake, Ebersohn, Dupont ; (o) Lucas, (m) Paillaugue ; Battut, Qera, Mowen ; Privat (cap), Tchale-Watchou ; Cilliers, Geli, Watremez.

C'est tambour battant que la partie débutait : Fritz, après un petit coup de pied à suivre dans les 22 adverses, était à deux doigts de récupérer le cuir et d'inscrire le premier essai de la rencontre, alors que l'on jouait depuis une poignée de secondes. Mais dans la continuité, sur la contre-attaque, c'était au tour du MHR de se montrer dangereux. Les visiteurs récupéraient d'ailleurs une pénalité, suite à une faute de Tekori, et Paillaugue, pourtant en position favorable, ne trouvait pas la cible.

L'enjeu, pourtant très important pour les deux équipes, ne tuait pas le jeu : on tentait, on relançait depuis ses 22. Mais un premier fait marquant intervenait à la cinquième minute : coupable d'une deuxième faute en très peu de temps, Tekori écopait d'un carton jaune, alors que Paillaugue, cette fois, débloquait le compteur des siens (0-3).

En supériorité numérique, le MHR se montrait rapidement menaçant : à l'issue d'une pénal'touche, Nagusa recevait un bon ballon sur l'aile, mais la séquence était annulée par un plaquage tonitruant de Médard. Puis Dupont se faisait la belle au milieu de plusieurs joueurs et marquait un essai, finalement refusé pour une obstruction de... M. Berdos ! Le Stade avait eu chaud, et n'avait d'autre choix que de faire le dos rond.

Au quart d'heure de jeu, et alors que les Rouge et Noir perdaient de précieuses munitions en touche, Lucas doublait la mise sur pénalité. Cela faisait un bout de temps que les locaux n'avaient pas passé la ligne médiane ballon en mains et l'affaire, lentement mais sûrement, commençait à prendre mauvaise tournure.
Cela était confirmé quelques instants plus tard, avec une faute de la mêlée. Lucas, de 25 mètres face aux barres, manquait totalement son coup de pied. Le score restait de 6-0, et c'était un petit miracle.

Le premier mouvement d'envergure stadiste allait être récompensé à la 22ème, via une pénalité de McAlister, conséquence d'une jolie attaque menée par le duo Camara-Bézy. Mais l'embellie allait être de courte durée : en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, Tuitavake transperçait le rideau défensif toulousain, et servait Ranger, qui marquait en coin. Après arbitrage-vidéo, l'essai n'était pas validé... Encore une fois, le couperet n'était pas passé loin.

Le jeu s'équilibrait par la suite, mais suite à un bel effort en mêlée, Toulouse récupérait une pénalité, réussie par McAlister. Les deux équipes étaient à égalité (6-6), et le score n'allait plus évoluer jusqu'à la pause. Les coéquipiers de Florian Fritz s'en sortaient bien...

Dès la reprise, Clerc entrait en jeu à la place de Poitrenaud. Ce dernier s'était en fait blessé sur la dernière action de la première période, et c'est soutenu par deux membres du staff qu'il avait quitté la pelouse, de toute évidence sérieusement touché.
Rapidement, les Stadistes récupéraient une pénalité en mêlée et occupaient le camp adverse. Leurs efforts, un peu désordonnés, ne donnaient rien, et une longue séquence s'achevait par une passe au pied de McAlister récupérée par Nagusa.

Puis, peu à peu, la partie sombrait dans l'à-peu-près, et plus grand-chose n'était à signaler. Territorialement, la domination était dans l'ensemble héraultaise, même si les visiteurs ne se procuraient guère d'opportunités. Sur leurs possessions, les Rouge et Noir commettaient trop de maladresses et n'exploitaient pas les ballons récupérés par une mêlée dans l'ensemble dominatrice.
A dire vrai, l'essai toulousain allait intervenir à un moment où on ne s'y attendait pas. Sur un ballon à suivre anodin de McAlister, Ranger se trouait complètement et Clerc, venu du diable vauvert, aplatissait au nez à la barbe de son adversaire. Voilà qui tombait à point nommé...

Le Stade était devant, 11 à 6, et il restait vingt minutes à jouer. Et sur une chandelle bien tapée par McAlister, Clerc, encore lui, subtilisait le ballon à Ranger (encore lui) pour inscrire son deuxième essai personnel. Le score était désormais de 18 à 6.
Toulouse était sur les bons rails, mais il fallait rester vigilant. Rapidement, le MHR marquait un essai, suite à une percée de Ranger et un relais de Nagusa. Pour la troisième fois, cette action montpelliéraine était soumise à l'arbitrage vidéo, mais cette fois, l'essai était accordé. Le MHR revenait à 18-13.

Il y avait danger, mais les Toulousains avaient les ressources pour dominer la dernière ligne droite de la partie et ne pas concéder d'opportunités à leur adversaire. La victoire était au bout, au terme d'une rencontre bien mieux terminée qu'elle n'avait débuté.