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Maïlys Traoré : « Un beau parcours »

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Six Toulousaines avec l'équipe de France féminine des moins de 20 ans pour affronter l'Angleterre samedi, c'est un record ! Maïlys Traoré, stadiste et capitaine de la sélection, évoque cette rencontre et fait le point sur la saison du STRF.


Tu es capitaine de l'équipe de France des moins de 20 ans et tu prépares en ce moment même le prochain match contre l'Angleterre. Comment se passent ces test-matchs jusqu'à présent ?

Nous avons trois rencontres en tout, une contre la Belgique et deux matchs contre l'Angleterre. Cela se passe très bien pour le moment. Nous envisageons le troisième match avec beaucoup de rigueur puisque nous nous déplaçons en Angleterre, ce ne sera pas la même chose que lorsque nous les avons reçues à Bordeaux [N.D.L.R : le match avait été remporté par les jeunes tricolores 25 à 0].

Comment décrirais-tu cette équipe anglaise ?

C'est une équipe que nous continuons à craindre malgré le fait que nous comptons aujourd'hui huit victoires d'affilées contre elles. C'est un éternel recommencement : à chaque fois que nous repartons sur un match, il nous faut donner le meilleur pour le gagner. Ces Anglaises sont plus physiques que nous, plus massives. Elles ont tendance à beaucoup jouer devant. A Bordeaux, elles étaient peut-être moins techniques mais elles ne nous ont pas facilité la tâche.

On ne peut pas dire que tu es en terrain inconnu dans cette équipe de France puisque cinq coéquipières t'y accompagnent : Axelle Alaux, Mélanie Combebias, Gäelle Hermet, Laurie Laborie et Prune Pegot.

C'est toujours positif d'avoir ses amies avec soi. Ce sont des filles que je côtoie en club et avec qui j'ai tissé beaucoup de liens. Je suis contente d'avoir la chance de vivre une expérience pareille avec elles.

Toulouse est le club le plus représenté dans cette sélection alors que vous n'êtes qu'en deuxième division. Est-ce une exception ou d'autres joueuses viennent aussi du championnat Armelle Auclair ?

Le groupe est partagé entre Top 8 et Armelle Auclair. D'autres joueuses viennent de la deuxième division, notamment une de Nérac, deux autres de Bordeaux. Mais il est vrai que nous, les Toulousaines, sommes les seules à être aussi nombreuses.

Ton club est le Stade Toulousain Rugby Féminin qui signe un beau parcours en championnat cette année : vous êtes première de la seconde poule. Peux-tu nous parler de cette aventure rouge et noire qui a commencé cette saison ?

David Gérard était déjà notre entraîneur dans notre ancien club à Fonsorbes. Il nous avait déjà parlé de son projet de monter une section féminine au Stade Toulousain. Nous sommes toutes très contentes de pouvoir porter le maillot rouge et noir. Fonsorbes, c'est avant tout une bande de copines et se retrouver toutes sous ces nouvelles couleurs et rencontrer d'autres joueuses, c'est un beau parcours.

Cela change des choses sur notre préparation aussi. Nous avons une salle de musculation à disposition et bénéficions de l'expertise de certains professionnels qui viennent nous entraîner ponctuellement. Toby Flood est intervenu auprès des buteuses, Timoci Matanavou avec les trois-quarts et Gillian Galan pour les avants. C'est enrichissant pour le rugby féminin.

David Gérard l'avait dit dans une interview en début d'année : cette saison est historique puisque c'est la première fois de l'histoire du club que des filles portent le maillot du Stade. Comment est-ce que tu vis cela ?

Personnellement, c'est une grande fierté même si je ne pratique pas le rugby depuis très longtemps et n'ai pas été élevée dans cette culture. Pour la plupart de mes coéquipières, c'est un rêve de gamine qui se réalise parce que le Stade est une institution, respectée partout en Europe. Le ST sur le maillot, tout le monde le voulait. Maintenant nous l'avons et tous les week-ends, nous voulons y faire honneur.

Le STRF est premier de sa poule alors qu'elle contient des pointures et pas des moindres comme Bordeaux ou encore Bayonne. Qu'est-ce qui vous a permis de faire la différence sur le terrain face à ces écuries ?

Je pense que cela s'est vraiment joué à l'envie. Nous avons été très courageuses sur ces rencontres. Contre Bordeaux, chez elle, nous avons passé les cinq dernières minutes sur nos cinq mètres. Mais nous n'avons pas lâché et elles n'ont pas pu marquer. Ce qui a fait la différence : l'envie et le courage.

Mis à par ces quelques équipes qui sortent du lot, les matchs ne sont pas tellement relevés tant le niveau est inégal. N'est-ce pas un peu frustrant ou de nature à rendre la motivation difficile week-end après week-end ?

Ce n'est pas du tout frustrant. Nous pouvons nous faire surprendre à chaque match. Rien n'est acquis ! Ce n'est pas parce que nous sommes premières que la victoire est automatique. Dans toutes les situations, il faut respecter l'adversaire et le prendre au sérieux. Se croire arrivées est dangereux et improductif. Notre seule défaite de la saison a eu lieu à Gaillac. C'est un match que nous aurions pu gagner mais elles ont été beaucoup plus vaillantes et réalistes.

La prochaine et dernière échéance de la phase régulière pour les Toulousaines aura lieu le 29 mars contre Lons. Ce match aura une saveur un peu spéciale puisque pour la première fois, vous jouerez sur la pelouse du stade Ernest-Wallon. Est-ce que cela apporte un peu de pression en plus ou au contraire de la motivation ?

C'est une grande motivation parce que nous avons envie de bien faire. Jouer dans Ernest Wallon nous met un peu de pression mais nous aurons surtout à cœur de montrer ce que nous savons faire.
Lons vient jouer la qualification chez nous après avoir battu Bordeaux, c'est un match à enjeux. Nous voulons nous servir de ce dernier match de poule pour bien aborder les phases finales.

On sait que la première division est un tout autre monde, mais est-ce qu'on ne peut pas se permettre de viser la montée ?

Nous prenons les choses étapes par étapes. Nous ne sommes pas encore championnes et le match de barrage n'est pas encore gagné ! Notre équipe est très jeune et monter cette année serait peut-être un peu tôt. Mais il est sûr que ce serait une belle récompense vu notre saison jusqu'ici. Disons que le Top 8 est un objectif à moyen terme auquel j'aimerai participer.

Quelles sont tes activités à côté du rugby ? N'est-ce pas difficile de tout concilier ?

Je suis étudiante en D.U.T. Gestion des entreprises et des organisations. Comme tous les sportifs, il faut faire des concessions et s'organiser au mieux. Je bénéficie du statut sportif de haut niveau qui me permet de passer mon diplôme en trois ans au lieu de deux. Pouvoir aménager nos études aide beaucoup. Mais le jeu en vaut forcément la chandelle.