Toulon-Stade Toulousain

Guy Novès : « La plus belle des évaluations »

Toulon-Stade Toulousain

Le Tournoi des VI Nations vient de s'achever, quelle est la situation des joueurs internationaux ?

Yoann Huget, Thierry Dusautoir et Yoann Maestri sont en vacances après avoir été sous pression pendant presque deux mois. Gaël Fickou ne fait pas partie de ceux qui ont joué tous les matchs du Tournoi, il s'est donc entraîné ce matin.

La succession des matchs et l'obligation de rester concentrés demandent une énergie physique et mentale importante. A la fin de ce genre d'échéance, les joueurs ont besoin de récupérer pour pouvoir recharger avant de se remobiliser pour la Coupe du Monde.

Dans la dernière ligne droite du championnat, ce sont des joueurs dont vous auriez pourtant besoin ?

Si on tire la corde de joueurs qui sont déjà épuisés, je ne suis pas certain qu'ils soient à leur meilleur niveau. Il paraît donc logique et cohérent de laisser ces joueurs-là récupérer pour pouvoir, je l'espère, voir le meilleur de leur comportement plus tard.

Toby Flood n'a pas pris part à l'entraînement avec le groupe ce matin. Sera-t-il des vôtres ce week-end ?

Il va bien mais nous prendrons une décision plus tard dans la semaine. On nous avait dit d'attendre un petit peu, nous préférons donc prendre des précautions. Cela rentre dans les trois semaines protocolaires suite à une commotion.

Le Stade a perdu Clément Poitrenaud sur le dernier match contre Montpellier, quelle solution sera privilégiée pour ce poste d'arrière ?

Nous avions dit que nous ne prendrions un joker que si vraiment il y en avait un de pertinent disponible. Sachant que toutes les compétitions se jouent à l'heure actuelle, il est très compliqué d'avoir un joueur de haut niveau à disposition.

Nous avons dans la formation de jeunes joueurs à ce poste qui ont la capacité de pouvoir nous rendre service. Thomas Ramos ou Arthur Bonneval sont deux joueurs dynamiques qui peuvent nous filer un coup de main. Thomas Ramos a pris un coup sur le dernier match du Tournoi avec les moins de 20 ans. Nous le protégeons lui aussi et nous verrons par la suite. Mais il n'est pas éliminé pour le week-end.

Quelles sont vos ambitions pour le prochain match contre Toulon ?

L'ambition est de faire le meilleur match possible avec les joueurs qu'il reste. Mais nous ne sommes pas naïfs. Nous connaissons la compétition, nous savons que nous allons jouer contre une équipe de Toulon qui prépare son quart de finale européen. Ils n'ont pas joué le week-end dernier, ils vont donc aligner leur meilleure équipe. Ce sera pour nous la plus belle des évaluations en attendant la fin de saison.

Vous évoquez ce quart de finale que Toulon s'apprête à jouer début avril. Pour avoir bien connu cette situation, est-il possible que le RCT soit dans une phase de relâchement avant son rendez-vous de Coupe d'Europe ?

Si les Toulonnais avaient joué le week-end dernier, on aurait pu penser qu'ils auraient lever le pied la veille du match pour revenir ensuite sur leur quart de finale. Mais à partir du moment où ils ont besoin de trouver des repères quelques jours avant un match capital pour eux, nous pouvons nous attendre à avoir une très belle équipe de Toulon en face.

Est-ce que la rencontre entre Toulon et le Stade reste un match au sommet de la phase régulière ?

Pour nous, cela n'a jamais été le cas. Ce match compte pour un et les points en jeu restent les mêmes contre cette équipe ou contre une autre. Ce n'est pas un sommet, c'est un gros match. Certains en font peut-être un sommet puisque matériellement le fait de joueur au Vélodrome procure une autre sensation. Nous le faisions à l'époque lorsque nous nous déplacions au Stadium quand il était à notre disposition. C'est un petit peu pour cela que ce match représente quelque chose de différent.

Est-ce que le calendrier entrecoupé de week-end sans match change quelque chose dans la gestion de l'effectif ?

Nous construisons, nous préparons et donnons des vacances aussi. Puis nous appuyons sur l'accélérateur par moment. Nous n'avons pas connu cette situation ces dernières années mais cela nous permet quand même de bien gérer les entraînements et de planifier sur quinze jours au lieu de le faire sur une semaine.

On imagine que vous n'avez pas raté le dernier match du Tournoi entre l'Angleterre et la France, qu'en retenez-vous ?

Nous avons vu que l'équipe de France a été suffisamment critiquée ces dernières semaines. Alors si l'on regarde le score sans avoir vu le match, on peut se dire que cela a dû être dur pour les Français. Mais quand on regarde le contenu, j'imagine que l'on peut avoir des prétentions pour la suite et se dire qu'on peut bâtir sur les fondations qui m'ont parues intéressantes. Les coachs vont sûrement se servir de ces moments forts mais aussi des moments où on a un petit peu balbutié notamment en défense. C'est une base de travail.

Qu'avez-vous pensé de Gaël Fickou qui est revenu avec les Bleus sur ce match ?

Que ce soit pour lui ou pour Jules Plisson qui est aussi un jeune joueur, il est difficile de rentrer sur le terrain pour prouver sans se mettre de pression, en se libérant. On voudrait tout : le beurre, l'argent du beurre et la crémière. Gaël réussit son match, il joue régulièrement avec nous. On le fait tourner parce que c'est un joueur qui a besoin de récupérer.

Il est dans la progression normale d'un jeune joueur qui continue son chemin et qui n'a pas perdu son temps en club. C'est rare d'avoir des joueurs qui démarrent jeune en équipe première, ce n'était pas le cas avant. Avoir un joueur qui arrive à s'imposer à 18 ans, dans un groupe professionnel, cela ouvre les portes d'un avenir certain.