Réception de Bayonne

Yoann Maestri : « Des allures de piège »

Réception de Bayonne

Tu avais écopé d'un carton jaune au match aller contre Bayonne. Est-ce que cette rencontre t'a laissé un souvenir particulier ?

Honnêtement, ce match ne m'a pas plus marqué qu'un autre. Je me souviens tout de même de la tournure que le match avait prise. Beaucoup de rencontres se sont déroulées depuis et nous sommes passés à autre chose. Mais ce que nous devons retenir du match aller : la discipline.

Les circonstances depuis ont complètement changé puisque le Stade est aujourd'hui sur une bonne dynamique contrairement au mois de septembre...

Tout cela est très aléatoire. Avant la rencontre au Vélodrome, personne n'avait prédit que le Stade pourrait l'emporter contre Toulon. Ce championnat est un peu fou, avec beaucoup de résultats inattendus. Il faudra être très appliqués et ne pas se reposer sur le fait que nous jouons à domicile, ni sur le fait que nous sortons d'une bonne période. Dans ce championnat compliqué et serré, cela n'a que très peu de valeur.

De retour de vacances après avoir été mobilisé pour le Tournoi, tu n'avais plus joué avec le Stade depuis le mois de janvier. Est-ce qu'il est difficile de jongler avec ces changements de rythme ?

C'est particulier mais c'est le cas depuis quelques temps maintenant. Quand on a la chance de monter en équipe de France, nous sommes un peu entre deux eaux. Je suis très heureux de revenir au club mais c'est vrai que nous essayons de ne pas nous focaliser uniquement sur le maillot. Nous faisons en sorte d'être performants et de tout donner pour l'équipe dans laquelle nous évoluons. Je n'avais pas réalisé que je n'avais plus joué avec le Stade depuis tant de temps, sûrement parce que je suis souvent en contact avec mes coéquipiers, nous passons beaucoup de temps ensemble.

On imagine qu'il est plutôt agréable de revenir dans le groupe après la victoire contre Toulon. Comment as-tu trouvé tes coéquipiers ?

On peut dire que c'était un match étonnant ! Ils ont fait preuve d'abnégation et d'envie mais surtout de solidarité puisqu'ils n'ont rien lâché. C'est la force de notre équipe.

Nous avons pas mal été critiqué cette saison. Avec le recul, on se rend compte que c'est un championnat très compliqué, sinueux pour tout le monde. Nous avons perdu des matchs importants à domicile en début de championnat mais d'autres équipes vivent maintenant les mêmes situations. Les choses s'équilibrent et nous réalisons que nous ne faisons pas un si mauvais parcours. C'est une preuve que le Top 14 est très compétitif.

Est-ce que la quatrième place du classement peut être un objectif ?

Bien-sûr. Il ne faut pas se fixer de limite. C'est un lieu commun mais il est important de le rappeler : il faut prendre les matchs les uns après les autres. Tout en restant vigilants, nous devons garder notre appétit sur cette fin de saison. Nous ne savons pas ce qu'il peut se passer en termes de résultat pour les autres équipes. Il faut donc se focaliser sur nos futures rencontres.

Jean-Baptiste Elissalde disait que tu avais beaucoup gagné en maturité et que tu étais appelé à devenir un cadre pour le pack toulousain. Quel regard portes-tu sur ton évolution ?

Je parle pas mal avec mes coéquipiers et avec les gens qui me sont proches. Je m'exprime un peu moins dans les médias. Il n'empêche que j'ai de très bonnes relations avec tout le monde au Stade. Pour ce qui est d'être un cadre ou non, c'est quelque chose qui doit venir naturellement. Il n'y a pas de statut à aller chercher ou à exiger. On prend de la maturité petit à petit, de l'âge aussi ! Et notre place au sein de l'équipe évolue. La mienne à ce jour me convient et correspond à mes années passées au Stade et à ma jeune carrière. Chaque chose en son temps.

Nous avons une équipe avec quelques jeunes joueurs, d'autres de mon âge et certains plus confirmés, plus « vieux », même s'ils n'aimeront pas ce terme (sourire). Il y a un équilibre à trouver et celui qui est en place aujourd'hui est très bien.

Tu le disais, avec le recul on se rend compte que le Stade ne fait pas un mauvais parcours. Néanmoins, est-ce que le match contre Bayonne n'est pas le moment pour vous de viser une certaine constance pour cette fin de saison ?

Il faudrait que ce soit le cas. Mais la constance est difficile à atteindre vu la physionomie du championnat. On le voit au travers de nos résultats mais de ceux aussi qui sont devant nous au classement. Clermont-Ferrand, par exemple, réalise un énorme match en Coupe d'Europe le week-end dernier mais a pris quarante points au Stade Français lors de la précédente journée de Top 14. Il est très compliqué dans le rugby actuel d'exiger de la constance.

Sachant cela, il s'agira pour nous, au-delà de la constance, de rester très vigilants par rapport à ce match qui a des allures de piège. Nous savons que les Bayonnais vont tout faire pour venir chercher des points ici. Ils sont dans une position qui ne les assure pas encore le maintien.

La déception passée, est-ce que le temps libéré par la Coupe d'Europe n'est pas pour vous un avantage pour la fin du championnat ?

La Coupe d'Europe est un vecteur puissant de travail, d'enthousiasme et d'envie. Elle provoque des émotions qui peuvent procurer une certaine émulation au sein d'un groupe. Nous ne le vivons pas cette année mais nous savons très bien que c'est un moment fort. Il est certain que de ne pas jouer ces phases finales européennes nous préserve physiquement. L'avenir nous dira s'il s'agit d'un atout ou non.