Vainqueur à Jean Bouin

Le Stade roi des voyages !

A Paris (Jean Bouin) - Stade Toulousain bat Stade Français 21 à 12 (mi-temps : 9-8)
Temps pluvieux ; pelouse grasse. Arbitrage de M. Ruiz.
Pour le Stade Français : 4 pénalités de Plisson (3, 7, 18) et Steyn (55).
Pour le Stade Toulousain : 2 essais de Médard (22) et Nyanga (76) ; 3 pénalités de Doussain (5) et Flood (61, 65) ; 1 transformation de Flood (76).
Stade Français : Camara - Waisea, Doumayrou, Danty, Arias - (o) Plisson, (m) Tomas - Lakafia, Parisse, Burban - Flanquart, Pyle - Slimani, Sempéré, Van der Merwe
Carton rouge : Danty (35)
Stade Toulousain : Médard (puis Matanavou, 78) ; Clerc, Fritz (puis David, 64), Flood, Huget ; (o) Doussain (puis McAlister, 48), (m) Bezy ; Dusautoir (cap), Picamoles, Nyanga ; Maestri, Tekori (puis Albacete, 55) ; Tialata (puis Ferreira, 41), Flynn (puis Marchand, 69), Steenkamp (puis Johnston, 55).
Carton jaune : Clerc (35)

Dans un début de match tout feu tout flamme, où les deux équipes cherchaient à produire un maximum de jeu, c'est le Stade Français qui bénéficiait de la première pénalité, après une faute en touche de Picamoles. Si Plisson ouvrait le score, son équipe concédait à son tour une pénalité, que Doussain exploitait. Le score était de parité.

Mais pas pour longtemps. La première mêlée de la rencontre tournait nettement à l'avantage des locaux, et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, Plisson faisait passer le score à 6-3. Toulouse, ballon en mains, réagissait dans la foulée, et une belle échappée de Nyanga semblait prometteuse. Hélas, la passe de ce dernier à destination de Picamoles s'achevait par un en-avant de ce dernier.

Par la suite, le domination se faisait parisienne. Les Toulousains peinaient à conserver le ballon, et dans les rucks, la mainmise était pour les joueurs de la capitale. La troisième pénalité de Plisson, qui permettait au Stade Français de mener 9-3, était dès lors conforme à la physionomie des débats.
Mais dans la foulée, les Rouge et Noir développaient leur première véritable action dans les 22 adverses. Et ce n'était pas pour rien : Médard, en bout de ligne et décalé par Flynn, inscrivait le premier essai de la rencontre. Si Doussain manquait la transformation, voilà qui était bon à prendre : les joueurs de la ville rose revenaient à un point (8-9).

Tout était ouvert dans ce "clasico", mais les visiteurs, incontestablement, se montraient trop indisciplinés. Plisson récoltait ainsi une pénalité facile, mais connaissait assez inexplicablement son premier échec de la soirée. Toulouse pliait, mais ne rompait pas, à l'image d'un très précieux ballon récupéré par Nyanga sur un ruck brûlant.
Puis, peu après la demi-heure de jeu, une chandelle dans l'en-but toulousain n'était pas capté par Huget. Le ballon trainait dangereusement, mais Doussain se sacrifiait et se jetait pour aplatir, malgré la pression de Camara.

Le premier tournant intervenait peu de temps après : Bezy prenait le trou, traversait le terrain et aplatissait. Mais rapidement, il était clair que plusieurs faits de jeu étaient intervenus au préalable. Avec l'aide de la vidéo, M. Ruiz jugeait que c'était le cas. Il annulait l'essai, donnait un carton jaune à Clerc, et un rouge à Danty.

La tension était à son comble dans les dernières minutes. A quelques secondes de la pause, le Stade obtenait une pénalité, suite à une belle action du duo Picamoles-Médard. Le long de la ligne de touche, Flood voyait son ballon passer de très peu à côté. Toulouse était mené, 9 à 8, au moment de revenir aux vestiaires, mais allait pouvoir jouer une grande partie du deuxième acte en supériorité numérique.

A la reprise, les Parisiens investissaient le camp toulousain, mais se heurtaient à une défense bien en place. Les Stadistes parvenaient à ne pas encaisser de points au moment où Clerc rentrait en jeu. Il restait 35 minutes, à 15 contre 14, pour prendre les devants.
Mais pour le moment, c'étaient bien les locaux qui continuaient à dominer. Deux drops manqués de Steyn ne récompensaient pas ce temps fort, mais les Rouge et Noir devaient à tout prix inverser la tendance.

Par intermittence, les derniers nommés mettaient la main sur le ballon. S'ils parvenaient dans les 22 opposés, cela se terminait par des pertes de balle aussi fréquentes que rageantes. Et en face, le Stade Français pouvait compter sur sa mêlée pour récupérer des munitions.
Sur un maul, une autre arme performante et fréquemment utilisée par les joueurs de Quesada, une pénalité était obtenue. Steyn, après deux drops sans réussite, passait cette fois son coup de pied. Le Stade Français menait 12 à 8, et il n'y avait rien à redire.

Depuis la reprise, les joueurs de la ville rose n'avaient que des miettes à se mettre entre les mains. Ils passaient le plus clair de leur temps à défendre, jusqu'à la 58ème minute : enfin, ils multipliaient les temps de jeu dans ales 22 adverses et récoltaient une pénalité, réussie par Flood. A nouveau, l'écart n'était plus que de un point.

Cette fois, les pensionnaires de Jean Bouin étaient en difficulté. Une percée plein champ de Johnston créait d'énormes dégâts, mais n'allait pas au bout. Très vite, les Stadistes obtenaient une nouvelle pénalité, et Flood donnait l'avantage aux siens (14-12).
Rien n'était joué cependant : le Stade Français, dans un sursaut d'orgueil, se montrait une nouvelle fois menaçant dans les 22 toulousains. Mais Dusautoir, encore et toujours, récupérait le cuir sur un ruck.

Le Stade repartait de l'avant, et une dédoublement Huget-Médard était tout proche d'aller à dame, mais ce dernier était projeté en touche. Peu importe, Bezy s'échappait, et après des charges infructueuses de Picamoles et Albacete, Nyanga marquait le deuxième essai des siens. Cette fois, la victoire était au bout.