INTERVIEW

Y. Nyanga : « L'heure n'est pas aux bilans »

INTERVIEW

Yannick, tu seras capitaine de touche face à Oyonnax. Est-ce que cela représente une pression supplémentaire ?

Oyonnax a une belle conquête, c'est incontestable. Je peux dire que j'ai passé pas mal d'heures à essayer de trouver des failles... Le constat est simple : des failles, il n'y en a pas beaucoup (sourire). Il y a déjà trois sauteurs attitrés, qui culminent à quasiment deux mètres. Et on ne peut pas faire d'individuelle, que ce soit en touche complète ou touche réduite, sur autant de sauteurs.
Ceci dit, c'est un challenge qui est d'autant plus motivant. Ne dit-on pas qu'à vaincre sans péril...
Nous sommes en barrage, et il ne peut pas y avoir de surprise. Notre adversaire, quel que soit son nom, est forcément de très haut niveau. Et entendre  qu'Oyonnax ne mérite pas forcément d'être là, c'est une belle bêtise.

Si elle n'a tenu qu'à un fil, la présence de l'USO en phase finale n'est donc pas usurpée ?

Il suffit d'analyser l'ensemble de leurs performances d'un bout à l'autre de la saison. Et nous sommes bien placés pour le savoir. A domicile notamment, l'USO aurait dû s'imposer à Ernest Wallon. Et nous nous sommes inclinés chez eux, comme tant d'autres. A l'extérieur, ils ont souvent fait tourner, mais ils n'ont pourtant jamais subi de grosses déconvenues.
Cela veut dire qu'au sein de ce club, il y a une trentaine de joueurs de très haut niveau, qui sont conquérants et ne font aucun complexe. Leur entraîneur, de toute évidence, sait où il va, et cela se ressent dans la façon de jouer de l'équipe.

Y a-t-il un joueur que vous redoutez plus qu'un autre à Oyonnax ?

Très franchement, c'est une formation qui est tellement bien organisée que le danger vient avant tout du collectif. Chaque joueur a quelque chose à apporter. Vouloir mettre un joueur en évidence plutôt qu'un autre serait certainement une erreur. Il faudra faire attention à tut le monde.

Mais pour entrer dans le détail, la première ligne, par exemple, a prouvé à chaque rencontre qu'elle faisait partie des toutes meilleurs du championnat.
La deuxième ligne est complémentaire, la troisième parvient à associer énormément de puissance et de mobilité, avec un abattage impressionnant, notamment en défense. En 10, il y a l'un des meilleurs buteurs du Top 14 (N.D.L.R : Urdapilletta), et au centre, c'est très solide, avec Hansell-Pune. Et Florian Denos est un super arrière.

Tu devrais débuter ce barrage. En phase finale, cela n'a pas toujours été le cas ?

C'est certain, ça fait longtemps. Mais débuter une rencontre n'est pas forcément une fin en soi. Une fois que l'on est en match éliminatoire, il n'y a qu'un seul objectif : accéder au tour suivant. Et que l'on soit titulaire ou remplaçant, la joie ou la déception sera la même à l'issue de la rencontre.
S'il y a un bilan à faire, on le fera à la fin de la saison. Mais je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour que le parcours du Stade Toulousain ne s'arrête pas ce week-end.

Tu étais venu au Stade pour gagner des titres. A l'heure du bilan, on imagine que tu es satisfait ?

On n'est jamais assez comblé. Si on avait pu gagner des titres chaque saison... Mais encore une fois, l'heure, en ce qui me concerne, n'est pas aux bilans. Le bilan, c'est se retourner en arrière, alors que je suis au contraire 100% focalisé sur ce qui nous attend. Mon aventure avec le Stade n'est pas terminée, et j'entends bien la prolonger le plus longtemps possible.