Top 14 - J9

U. Mola : "Nous avons montré du caractère"

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Que retenez-vous d’un match complètement fou comme celui-ci ?

Les quatre points. Nous sommes passés par tous les états. Nous avons la quasi-satisfaction de faire une entame idéale au cours de laquelle nous marquons vingt-quatre points en seize minutes. A ce moment-là, notre rugby avait du sens et il y avait une capacité à être performants quand tout le monde joue à l’unisson. Il y a ensuite vingt minutes de jeu où nous encaissons trente-quatre points. A cet instant en revanche, tout déraille. C’est presque trop gros pour être vrai. Cette équipe bordelaise a cette capacité à jouer les coups quand ils se présentent avec beaucoup de vitesse et d’enthousiasme. Je ne vais pas faire la fine bouche de n’avoir pris que quatre points sur ce match. Je sais aussi, même si nous ne sortons pas de nulle part car cela fait cinq mois que nous travaillons beaucoup, que l’UBB mérite aujourd’hui de revenir avec plus qu’un point de Toulouse. Nous avons montré beaucoup de caractère malgré ces imperfections et ce trou d’air qui nous met à la course tout au long du match. La seconde mi-temps se joue sur une interception de Cheslin Kolbe, heureusement qu’il était là aujourd’hui, et sur la capacité de l’ensemble de l’équipe à cravacher. Thomas Ramos a également réussi un 100 % au pied. Vous savez, cela fait deux ans et demi que je suis à la tête de ce club sur le plan du coaching et cela faisait deux ans et demi que cette réussite nous fuyait. Tant mieux si le destin tourne un peu et s’il y a ce soir un coup du sort qui permet au Stade de gagner et non à l’UBB de l’emporter.

En tant que coach, cela a-t-il été une angoisse de vivre un match comme celui-ci avec un scénario en trois temps ?

C’est terrible, mais c’est le job qui implique de pouvoir passer par tous les sentiments. Il y a eu à un moment la culpabilité de ne pas être capable de rendre notre performance meilleure en démarrant le match de cette façon. Il n’y a que nous pour prêter le flanc et passer de ce talent indiscutable à ces errements catastrophiques. Inscrire trente-quatre points en vingt minutes au Stade Toulousain, ce n’est pas possible. L’UBB nous a prouvé le contraire, mais ce n’est pas possible. Cela ne nous arrivera plus et cela ne doit plus nous arriver. Au final, nous avons certes un sentiment de satisfaction, mais également celui de donner trop de points facilement à une équipe qui est venue se reconstituer et jouer les coups avec un jeune groupe et des garçons brillants à certains postes. Mais c’est une victoire.       

L’UBB est souvent parvenue à faire la différence sur les mauls…

Au regard du nombre de mètres parcourus par les Bordelais sur ballons portés, on s’aperçoit que l’UBB a une force à ce niveau-là. C’est une équipe très équilibrée avec de la masse devant et des garçons capables de porter le ballon, à l’image de Ravai, Houston et Marais en première mi-temps. Et puis, l’UBB a cet enthousiasme derrière avec de la vitesse sur deux ou trois coups. De notre côté, nous ne circulons pas trop et nous nous faisons battre assez aisément. Notre indiscipline nous met en difficulté, notamment entre la vingtième et la trentième minute de jeu. Nous gagnons ce match sans vraiment savoir comment car beaucoup d’éléments nous ont été contraires. Nous prenons un carton jaune sur un plaquage haut (Sofiane Guitoune à la 36ème minute) et un autre aurait pu être sifflé. Les Bordelais passent en tête au score grâce à un essai et nous revenons sur un passage à vide adverse. Tout était contraire pour nous hormis les vingt premières minutes et la quatre-vingt-deuxième minute.

Compte-tenu du calendrier qui arrive, avec des déplacements à Montpellier et à Lyon, la victoire d’aujourd’hui était capitale ?

Oui, mais nous sommes seulement à la neuvième journée du championnat. Aujourd’hui, nous avons eu de la chance. Nous sommes actuellement, comme l’UBB, dans une période de doublons avec des garçons qui ont quitté le groupe. Nous ne sommes pas les seuls à être impactés et c’est tant mieux. J’espère simplement que nous ne répéterons pas les mêmes erreurs qu’aujourd’hui car je le redis, prendre trente-quatre en vingt minutes, ce n’est pas possible. Nous avons eu du mal à encaisser ce total à La Rochelle sur un match entier et nous réussissons à le prendre en vingt minutes aujourd’hui.

Comment les joueurs ont-ils réagi par rapport à ce trou d’air contre les Bordelais ?

A la mi-temps, nous avons senti qu’ils étaient désœuvrés car ils ne comprennent pas. Mais nous avons les clés qui se résument dans le fait que nous ne montions plus et ne les agressions plus. Lors des vingt minutes au cours desquelles nous les avons agressés et sommes allés les chercher, il n’y a pas eu photo. C’est d’ailleurs ce qui permet de marquer des essais en seconde mi-temps. Aujourd’hui, nous marquons cinq essais en étant nuls. Nous avons été nuls pendant soixante minutes car il y avait une bonne UBB en face, qui nous a mis le doute. Nous allons maintenant essayer de construire sur les vingt premières minutes du match qui étaient plutôt abouties.