Mag du Stade | CLERMONT - page 10-11

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STADE TOULOUSAIN
VS CLERMONT AUVERGNE
STADE TOULOUSAIN
VS CLERMONT AUVERGNE
Le départ de Vern Cotter, en juin dernier, peut-il être assimilé à une
révolution du côté de Clermont ?
J’évoquerais plutôt une transition, dans la mesure où Franck (Azéma) était
déjà présent les saisons précédentes. On ne peut pas dire que c’est un
nouveau venu. Il donne dorénavant ses directives globales sur l’attaque et
la défense, étant donné qu’il a endossé le rôle d’entraîneur en chef. Jono
Gibbes amène quant à lui sa culture de la gagne, qu’il avait déjà apportée
au Leinster en tant que coach ou aux Chiefs lorsqu’il était joueur. Il y a
eu des changements, c’est certain, mais le travail qui est fait aujourd’hui
s’inscrit dans la continuité de ce qui était entrepris auparavant.
Beaucoup d’éléments d’expérience sont partis en fin de saison
dernière. Cette expérience peut-elle manquer aujourd’hui et amène-t-
elle des joueurs comme toi à prendre plus de poids, sur le terrain et
dans le vestiaire ?
Je ne pense pas que cela puisse nous porter préjudice. Nous avons
encore beaucoup de joueurs d’expérience dans le groupe, dont Aurélien
Rougerie et Julien Bonnaire, pour ne citer qu’eux. Tous nos joueurs
chevronnés ne sont pas partis.
Forcément, des éléments comme Morgan (Parra), comme moi, avec nos
26 ans et notre vécu, avons pour objectif d’apporter un peu plus que ce
que nous apportions jusqu’à présent, que ce soit aux jeunes ou au groupe
en général. On part avec l’envie d’écrire une nouvelle page de l’histoire du
club, de reprendre le flambeau.
Tout le monde a parlé de la fin d’une ère avec le départ de Vern Cotter.
En quoi les choses ont-elles changé avec Franck Azéma ?
Je ne vais pas dévoiler tout ce qu’il nous amène (
rires
) ! D’un point de
vue humain, Franck est un peu plus proche des joueurs, davantage dans
le contact. Sur le terrain, on le savait déjà, il prône un comportement
plus agressif, et il veut que cela se traduise lors des matchs. C’est ce qui
prédomine dans son caractère.
C’est peut-être la fin d’un cycle, mais nous avons en tout cas la volonté,
avec le groupe, de repartir sur de nouvelles bases, en espérant faire mieux
que l’année dernière. Il y a de nouveaux systèmes, de nouvelles manières
de s’entraîner. On peut parler d’un véritable changement, mais cela ne
nous perturbe pas plus que ça.
Jusqu’ici, les résultats de l’ASM sont un peu en dents de scie…
Nous savions bien que tout n’allait pas être fluide du jour au lendemain,
comme par enchantement. Nos résultats ne sont pour l’instant pas
catastrophiques, mais quoi qu’il en soit, nous devons nous servir de nos
échecs pour rebondir. Il n’y a pas d’affolement, nous n’en sommes encore
qu’au début de la saison.
Une chose saute aux yeux au vu des statistiques
clermontoises lors des premiers matchs : vous êtes
extrêmement pénalisés…
Effectivement, c’est une donnée que nous avons ciblée et
qui n’est pas normale. Nous n’avons pas envie de tomber
dans ce défaut-là. Les grandes équipes ne font pas autant
de fautes, c’est donc un paramètre que nous devons
rectifier très vite si nous voulons prétendre à quelque
chose cette saison.
Une défaite à domicile n’est jamais anodine en Top 14.
Comment le groupe a-t-il réagi après celle survenue
contre Montpellier ?
Nous étions forcément un peu frustrés et déçus, à la fois
par le résultat et le contenu du match. Mais nous allons
relever la tête et réagir. Il faut nous servir de ce faux pas
pour être encore plus forts et plus attentifs. D’autant plus
que maintenant, on peut s’attendre à ce que nos futurs
adversaires viennent chez nous pour essayer de jouer des
coups.
On a parlé pendant des années, semaine après semaine, de
l’invincibilité de l’ASM à domicile. Comment expliquer que le
club reste sur deux défaites en quatre matchs au Michelin,
après 77 victoires de rang ?
L’année dernière, c’était un peu le challenge pour les équipes :
venir ici et faire cesser cette invincibilité, ce qui est finalement
survenu en barrage. Et quelque part, quand nous avons entamé
cette nouvelle saison, nous n’avions plus à nous préoccuper de
cela en jouant au Michelin.
Aujourd’hui, les équipes ne vont pas hésiter à venir essayer de
nous battre ici. D’un point de vue comptable, nous avons gagné
à Brive, nous avons perdu chez nous, on va dire que c’est un mal
pour un bien.
Quelle image, globalement, as-tu du Stade Toulousain ?
C’est évidemment un grand club, avec de grands joueurs.
Quelqu’un qui ne connaît pas forcément grand-chose au rugby
connaît en revanche le Stade Toulousain. Il fait partie des grandes
équipes du championnat, et plus généralement du monde du
rugby.
L’année passée n’a pas changé ce que j’en pense, il faudra un peu
de temps pour entacher l’image du Stade Toulousain. N’importe
quelle équipe qui l’affronte reste sur ses gardes et sait qu’il ne
s’agit pas d’un match comme les autres.
Tu es proche de pasmal de joueurs toulousains que tu côtoies
en équipe de France. Comment se passent généralement les
jours qui précèdent le match ?
Chacun reste dans sa bulle et respecte l’espace des autres.
On peut s’écrire quelques jours avant la rencontre, mais nous
respectons que l’autre ait envie de se concentrer pour la prochaine
échéance.
Sur le strict plan des statistiques, tu as été moins efficace la
saison passée…
Les joueurs défendent très bien sur moi et je trouve moins
d’espace. Cela m’oblige à m’améliorer et à élever mon jeu pour
essayer d’y remédier. J’ai l’ambition d’apporter le maximum à
l’équipe, et pour cela, il n’y a pas de miracle : il faut continuer à
travailler.
Beaucoup résument la hiérarchie actuelle du Top 14 comme
étant « Toulon et les autres ». Partages-tu ce sentiment et
comment vois-tu cette saison 2014-2015 ?
Nous espérons que ce ne sera pas le cas. On ne va pas se le
cacher, le RCT rassemble de très bons joueurs, physiquement
et techniquement. L’année dernière, les Toulonnais ont un
peu survolé les deux compétitions dans lesquelles ils étaient
engagés… Mais on évite quand même de se dire qu’ils vont tout
manger sur leur passage (
rires
) !
De notre côté, nous allons essayer de faire notre petit bout de
chemin sans trop regarder ce qu’il se passe ailleurs. Il faudra tirer
notre épingle du jeu quand ce sera possible, et surtout au bon
moment.
L’INTERVIEW
del’ asm
Wesley
fofana :
« Reprendre le flambeau »
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