Mag | Grenoble - page 18-19

18
19
STADE TOULOUSAIN
vs
grenoble
STADE TOULOUSAIN
vs
grenoble
L’INTERVIEWdécalée
Emile
Ntamack
Si tu ne devais retenir qu’une seule de tes 46 sélections en
équipe de France ?
C’est difficile à dire…Mais c’est certainement la première, lors du
Tournoi des V Nations en 1994. C’était face au Pays de Galles.
Nous avions perdu, mais une première cape, c’est la récompense
de tout un travail et un grand plaisir à partager.
Quelle est la première chose à laquelle tu as pensé quand tu
as été appelé chez les Bleus?
J’ai pensé à tous ceux qui m’avaient permis d’en arriver là. Cette
première sélection, je la dédie à tous les éducateurs qui m’ont
encadré lorsque j’étais jeune, à mes parents qui n’ont jamais
rechigné pour m’emmener à l’entraînement... J’ai pensé à toutes
ces personnes qui ont cru en moi, qui m’ont fait passer les étapes
les unes après les autres et qui m’ont toujours dit de ne pas lâcher,
de m’accrocher et que peut-être, un jour, en travaillant bien...
Ce sont des choses auxquelles tu ne penses pas forcément
tous les jours, mais quand arrive un événement aussi important
qu’une première sélection, tu as envie de leur dire merci. Je me
revois au moment des hymnes, je pensais à eux.
Le joueur le plus fort avec lequel tu aies joué ?
C’est difficile de ne retenir qu’un seul joueur, car chacun a ses
qualités, et elles peuvent être très différentes d’un individu à
l’autre. Philippe Sella était un exemple sur le comportement au
quotidien, il avait une véritable exigence vis-à-vis du travail à
fournir. J’aimais ce côté précis, sérieux, qui est sans aucun doute
un exemple à suivre.
A l’inverse, Jean-Luc Sadourny était un phénomène dans la
facilité : tout semblait tellement simple avec lui. Il était doté
d’un talent fou, en travaillant un peu… mais pas trop (
sourire
) !
C’était un joueur d’une grande qualité, mais pas seulement sur
un terrain : sur le plan humain, c’est également une personne
exceptionnelle.
Le joueur le plus drôle ?
Christian Califano, qui a longtemps été notre clown. Le problème
avec «
Cali
», c’est qu’il nous faisait rire tous les jours, et à
n’importe quel moment. Y compris sur le terrain ! Au-delà de
ses qualités rugbystiques, exceptionnelles, c’était un élément
essentiel du vestiaire, capable de fédérer un groupe et de
rassembler tout le monde. C’est une personne extraordinaire à
vivre au quotidien.
Quel était celui qu’il ne fallait pas contrarier ?
Il ne faut pas le dire trop fort, car ce sont des gens qui sont
encore présents au club et dans son entourage… Mais à
l’époque, notre seconde ligne était composée de Franck Belot
et Hugues Miorin, deux joueurs auxquels il pouvait arriver d’être
parfois
(il cherche ses mots
)… soupe au lait. Bon, disons qu’ils
étaient souvent grognons ! Et dans ces cas-là, la sanction était
immédiate : c’était des coups de pied dans les tibias. Ce n’était
pas très agréable, mais nous étions prévenus : comme nous,
les trois-quarts, étions plus rapides, ils ne nous attrapaient pas
toujours (
rires)
!
Plus sérieusement, ce sont deux personnes agréables et très
gentilles dans la vie de tous les jours. Il faut simplement faire
attention à ce que l’on dit, car avec eux, un retour de manivelle
est toujours possible.
La scène de vestiaire la plus mémorable ?
Je me souviens d’un quart de finale de championnat de France.
C’était en 1995, contre Agen, et la rencontre se jouait à Pau
(N.D.L.R : le Stade s’était qualifié 19 à 6, grâce notamment à un
essai… d’Emile Ntamack).
Comme cela nous arrivait parfois, sans que l’on sache vraiment
pourquoi, nous avions la connerie juste avant de sortir du
vestiaire. Philippe Carbonneau s’était mis des bouts de crampon
dans le nez, il faisait l’andouille. A ce moment-là, Claude Portolan
se faisait masser sur une table pliable, et en voyant «
Carbo
» il
a explosé de rire et la table s’est refermée sur lui.
Tout le vestiaire était plié en deux… Quand l’arbitre est venu
nous chercher pour rentrer sur le terrain, il a dû nous prendre
pour des fous. Et Carbonneau, sur le terrain, en rajoutait une
couche et nous remémorait la scène…
C’était une autre façon de vivre le rugby. Mais sur la pelouse, nous
savions ce qu’il y avait à faire. Et si de l’extérieur, nous paraissions
décontractés, je peux vous assurer qu’intérieurement, nous
savions nous mettre la pression. Mais on avait des tranches de
vie, de rire. Il y avait un temps pour tout.
Quel est ton dernier achat ?
Les courses alimentaires pour toute la famille ! C’est le quotidien
(
sourire
).
Ton dernier long voyage ?
Je reviens de Tahiti, c’est une île où absolument tout est beau.
Et je repars bientôt en Guadeloupe !
Un livre qui t’a marqué ?
Je ne suis pas un Toulousain de souche mais je suis très attaché
à ma ville d’adoption. J’aime la culture et l’histoire toulousaine,
et notamment tout ce qui est lié aux Cathares. Je citerais donc
« Le Dernier Templier » de Raymond Khoury.
La dernière musique que tu as écoutée ?
Dans la voiture tout à l’heure, j’ai découvert
« We are
beautiful »
de Panzer Flower.
Ton film culte ?
J’ai été bercé par les Star Wars, et depuis, je suis très fan de
science-fiction. Mais je dirais surtout la saga des Matrix, qui était
révolutionnaire dans le monde du cinéma. C’était une pensée
différente de ce qu’on avait l’habitude de voir.
1,2-3,4-5,6-7,8-9,10-11,12-13,14-15,16-17 20-21,22-23,24
Powered by FlippingBook