Mag | Montpellier - page 12-13

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STADE TOULOUSAIN
vs
Montpellier
STADE TOULOUSAIN
vs
Montpellier
L’INTERVIEW
Dumhr
antoine
battut :
Tu es arrivé à Montpellier à l’intersaison en provenance du
Racing Metro où tu évoluais depuis 4 ans. Qu’est-ce qui t’a
décidé à quitter les Hauts-de-Seine ?
C’est un sujet sensible…Pour ma part, j’aurais souhaité rester au
Racing mais je n’ai pas été conservé. Avec le recul, je pense que
mon départ a été bénéfique. Comme on dit, les voyages forment
la jeunesse. Et à 31 ans, je me sens encore tout jeune (
rires
) !
Se remettre en question, cela fait toujours évoluer, progresser...
Cela, au final, ne peut être que profitable.
Pourquoi avoir choisi de faire le voyage jusqu’à Montpellier ?
C’était une équipe qui avait un jeu assez atypique et qui,
offensivement, était assez séduisante. Ce sont des choses
que j’avais envie de découvrir. Ces caractéristiques ont
forcément évolué puisque nous avons aujourd’hui un nouveau
staff technique. Mais je me suis aperçu que je ne trouvais pas
forcément mon compte dans la défense pratiquée par l’entraîneur
précédent. Je suis bien plus à l’aise avec le système actuel.
Après neuf mois à Montpellier, quel bilan fais-tu de cette
nouvelle aventure sur un plan personnel ?
J’avais fini fort avec le Racing, et je me sentais réellement épanoui
au sein de mon ancienne équipe. J’ai eu quelques difficultés
d’adaptation par la suite, qu’il s’agisse de mon nouveau cadre de
vie ou du système de jeu propre à Montpellier. J’ai indéniablement
connu un début de saison en dents de scie. Je n’ai pas bénéficié
d’une constance au niveau du temps de jeu et des titularisations.
En revanche, je vois l’arrivée de Jake White comme un vrai
tournant. Depuis qu’il nous a testés en Coupe d’Europe àGlasgow,
j’ai la chance de pouvoir m’épanouir pleinement. J’essaye de ne
pas me laisser déstabiliser par les aléas du haut niveau qui font
que l’on ne joue pas toujours. Ce qui est sûr, c’est qu’avoir du
temps de jeu fait toujours beaucoup de bien.
Le MHR a connu quelques bouleversements en cours de
saison qui ont débouché, comme tu l’as évoqué, sur un
changement d’entraîneur. Quels impacts ces événements
ont-ils eu sur le groupe ?
Le changement de manager a remobilisé les joueurs de manière
significative. Même si cela ne se voit pas encore au niveau des
résultats, cela se traduit déjà dans nos performances. Je ne
suis au MHR que depuis peu et cela reste mon avis, mais j’ai la
sensation que nous travaillons dans un cadre qui convient un peu
mieux au groupe.
Tu as été formé à l’école toulousaine, quels souvenirs as-tu
de ces jeunes années ?
J’ai de très bons souvenirs du Centre de Formation. A l’époque,
je faisais la route entre l’INSA et les Sept Deniers, entre 17 et 22
ans. Je suis arrivé en Crabos et j’ai eu la joie de participer à des
matchs à Ernest Wallon avec l’équipe professionnelle, qui était à
l’époque quasi-intouchable.
J’ai connu Yoann Huget et Maxime Médard en Espoirs, j’étais
leur capitaine. Je me souviens que Yoann avait tendance à se
disperser, c’était mon rôle de le recentrer de temps en temps
(
rires
). A cet âge-là, il n’y a que de bons souvenirs de vestiaires.
Tu es revenu de nombreuses fois jouer à Ernest Wallon, mais
est-ce que cela reste un déplacement particulier?
Toujours, c’est comme quand vous revenez à l’école. Nous en
profitons aussi pour faire un grand week-end familial : voir mes
parents et ma belle famille qui vivent dans la région.
Les équipes font plutôt profil bas avant de venir jouer à
Toulouse, mais en raison de sa position au classement,
est-ce que le MHR n’est pas dans l’optique de jouer chaque
match comme une finale pour prétendre à une qualification ?
Nous ne sommes pas dans une position qui nous permet de
fanfaronner. On se déplace avec la plus grande des modesties
en raison de notre classement. Ce n’est pas très glorieux. Et
en même temps, si nous voulons voir plus haut, nous sommes
effectivement obligés de tout donner à chaque match pour espérer
ramener quelques points.
Quel regard portes-tu sur la saison du Stade
Toulousain qui a eu jusqu’ici des résultats plutôt en
dents de scie ?
Même si je ne suis pas la saison stadiste de la même
façon que lorsque j’étais au Centre de Formation, en
tant que Toulousain de cœur, j’en ai forcément entendu
parler. Je trouve qu’ils sont admirables dans la difficulté,
car malgré tous les soucis que l’on peut prêter au club,
il répond malgré tout présent et reste dans le haut du
classement.
Tu es vice-président de Provale. Qu’est-ce qui t’a
donné envie de t’investir dans ce syndicat ? Quels
sont selon toi les chantiers les plus urgents ?
Ce qui m’a motivé est de pouvoir partager des ressentis,
des vécus avec les collègues du comité directeur et
de pouvoir avancer sur beaucoup de sujets. Nous
sommes professionnels et en étant élus à Provale,
nous avons la chance de pouvoir être les acteurs de ce
professionnalisme.
En ce qui concerne les dossiers en cours, je pense qu’il
faut faire une place au rugby féminin. Actuellement, nous
travaillons à la mise en place d’un statut de joueuse. La
santé est également un sujet important.
Ce qui me tient surtout à cœur, ce sont les centres de
formation, notre jeunesse. Il y a selon moi beaucoup de
travail à ce niveau-là. Il est très important d’encadrer au
mieux tous ces rugbymen en devenir, parce que tous
n’auront pas la chance de devenir professionnels. Il est
important que tout le monde l’entende et que chacun
envisage une carrière dans le rugby, mais également
en dehors.
Tu es diplômé de l’INSAet tu as récemment suivi une
formation de manager. On imagine que tu penses
déjà à ce que tu feras à l’issue de ta carrière ?
J’y ai toujours pensé. La formation de management
que j’ai suivie avec Provale tourne autour de la gestion
d’entreprise, avec des notions de comptabilité et de
marketing. J’ai d’ailleurs lancé récemment avec deux
amis une société de négoce en vin spécialisée dans le
Bourgogne, Myeasywines.
« Pas en position
de fanfaronner »
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