Mag du Stade | OYONNAX - page 10-11

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STADE TOULOUSAIN
VS OYONNAX
STADE TOULOUSAIN
VS OYONNAX
L’INTERVIEW
DE L’ USO
Damien
LAGRANGE :
L’année passée, en tant que promu, Oyonnax ne pouvait viser autre
chose que le maintien. La donne a-t-elle changé aujourd’hui ?
Il faut rester humbles, on va encore viser le maintien cette année. Les
grosses équipes comme Clermont ou Toulouse ont perdu beaucoup de
temps en début de championnat, temps qu’elles pensaient rattraper sur la
fin, ce qui n’a finalement pas été le cas. On s’attend à ce que tout le monde
démarre fort. Notre championnat sera cette saison encore un championnat
du bas, mais nous y sommes préparés.
On dit souvent que pour un promu qui parvient à se maintenir, la
deuxième année est souvent plus difficile. Est-ce quelque chose que
vous redoutez ?
Nous partions un peu dans l’inconnu l’an dernier, puisque c’était la première
fois que le club montait en Top 14. Nous savons aujourd’hui comment cela
se passe. Quand on voit les deux équipes qui rejoignent le championnat,
Lyon et la Rochelle, qui sont préparées depuis un moment à monter, on
se dit que ça va être très dur, même si on ne l’appréhende pas plus que
l’année dernière. Nous avons la même optique que l’an passé à la même
époque : se maintenir en Top 14.
Est-il possible que cette saison, Oyonnax soit plus attendu, et que
des équipes que vous êtes parvenus à battre à domicile (Toulon,
Clermont, Castres…) soient désormais davantage sur leurs gardes ?
Lors de nos matchs à domicile, les équipes vont sûrement arriver plus
déterminées. C’est une chose dont nous avons conscience, à nous
maintenant d’élever notre niveau. En revanche, à l’extérieur, nous
n’avons pas été très performants l’année dernière, et nous allons essayer
d’améliorer nos prestations. Avec quelques points de plus, nous aurions
pu assurer notre maintien plus tôt dans la saison.
Une saison réussie n’est pas incompatible avec des changements.
Votre ancien capitaine, Joe El Abd, est devenu entraîneur des
avants. Comment s’est déroulée la transition et que vous apporte-t-il
concrètement ?
L’an dernier, Joe était capitaine mais il avait déjà endossé un rôle
d’entraîneur du fait de ses blessures. Il avait une autorité naturelle et se
comportait commeun leader. Il avait déjà l’âmed’unentraîneur. Finalement,
ça n’a pas été un grand changement. La transition a commencé l’année
dernière, même si nous ne savions pas qu’il allait arrêter sa carrière de
joueur, et s’est faite en douceur.
Christophe Urios prend un peu de recul mais continue de chapeauter tout
ça. Joe apporte un œil nouveau, il a sa rigueur et une influence un peu
anglo-saxonne malgré sa carrière en France. Il a envie de nous apprendre,
il est très à l’écoute. On sent qu’il est fait pour ça.
On décrit souvent Oyonnax comme un club à part dans le
rugby ultra pro qu’est devenu le Top 14 ?
Notre staff est très professionnel, mais c’est un club un peu
à part. Nous sommes très famille, on se retrouve souvent, on
mange ensemble, c’est une atmosphère différente de ce que j’ai
pu connaître jusqu’à présent. C’est une petite ville où il n’y a pas
forcément beaucoup de choses à faire. Notre club est à ce titre un
élément fédérateur. C’est un fonctionnement assez atypique dans
ce monde professionnel, c’est vrai.
On associe souvent le club à son formidable public. Et cette
saison, les 6.000 abonnements mis en vente ont tous trouvé
preneurs en un temps record. Plus que jamais c’est toute une
ville qui pousse derrière vous ?
Nous n’avons pas l’impression d’être le club d’une ville, mais
véritablement le club d’une région. Il y a des gens du Jura qui
viennent nous supporter et même des Suisses qui commencent
à s’intéresser à nous. Oyonnax est une petite ville comparée aux
autres places fortes du Top 14, mais tout le monde se retrouve à
travers ce club. Jusqu’ici, les gens se reconnaissent à travers nous,
parce que nous sommes à l’image d’une région où les habitants
travaillent beaucoup et font des sacrifices.
La reprise du championnat est désormais très proche. On
n’est jamais au top dès les premières journées, mais quelles
sont tes sensations, au niveau du groupe, à la veille de votre
déplacement à Toulouse ?
Le groupe est meilleur que l’an dernier, même si nous n’avons pas
été très bons sur nos matchs amicaux. On se déplace à Toulouse,
qui est quand même une référence malgré la saison passée et
qui a repris les entraînements plus tôt cette année… On imagine
qu’ils seront en forme dès le mois d’août. Ils doivent nous attendre
de pied ferme. Et comme je l’évoquais précédemment, nos points
faibles étaient les déplacements la saison dernière… Nous nous
attendons donc à une reprise musclée.
On ne le dit jamais ouvertement, mais n’est-il pas préférable
d’affronter le Stade en tout début de championnat, quand il
est encore en rodage ?
J’aurais dit ça s’ils avaient été champions de France (
rires
) ! Mais
ils se sont arrêtés plus tôt et ont repris dès le mois de juin. Je
pense que le Stade, avec ses internationaux à tous les postes,
reste le Stade, que ce soit au début ou en milieu de saison. On
va se comparer à ce qui se fait de mieux en France, même s’ils
sortent d’une saison moyenne.
Ça reste quand même le club référence, avec Toulon et Clermont.
Le palmarès toulousain reste le plus fourni de l’hexagone, et nous
savons très bien que cela va être une rencontre difficile… Mais
nous allons nous accrocher et tout donner.
Globalement, quelle image as-tu du Stade Toulousain et
comment as-tu perçu le coup de moins bien survenu la saison
passée ?
La saison passée n’a pas tellement affecté l’image que j’en ai.
Ils ont fait un recrutement ciblé et pris des joueurs d’expérience,
comme Imanol Harinordoquy, qui va leur apporter quelque chose.
Il y a quand même des noms, un effectif. Lorsqu’on fait une saison
moyenne, on se donne les moyens de gagner quelque chose
l’exercice suivant. Il n’y a pas de doute : le Stade Toulousain sera
au rendez-vous.
A titre personnel, quel bilan fais-tu de ta saison passée ?
Sur le papier, c’est en tout cas celle où tu as été le plus
régulier…
Je n’avais pas joué depuis un an et demi. L’année passée,
j’ai fait quasiment toute la saison même si je n’ai pas toujours
été titulaire. Je suis plutôt satisfait, mais c’est maintenant à
moi de continuer à travailler pour réussir à gagner ma place.
A 27 ans, tu es encore jeune pour un deuxième ligne.
Quels sont tes objectifs dans le futur, et l’aventure avec
Oyonnax est-elle amenée à se poursuivre ?
J’ai été pas mal blessé dans ma carrière et j’évite désormais
de me projeter dans le futur. Je vis un peu au jour le jour mais
c’est vrai que le club d’Oyonnax est en train de se construire
et ça donne envie. Après, on verra ce qui se passera. Je ne
me projette plus, je prends ce qu’il y a à prendre, sans trop
me poser de questions.
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