Mag | Racing Metro 92 - page 24-25

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STADE TOULOUSAIN
vs
RACING METRO 92
STADE TOULOUSAIN
vs
RACING METRO 92
L’INTERVIEWdécalée
Luke
McAlister
Quel est le haka dont tu te souviendras toute ta vie ?
Il y en a deux. Le premier était avant de jouer contre l’Afrique
du Sud, en 2005. C’était la toute première fois que l’on faisait
le Kapa o Pango, un moment très important pour moi et mes
coéquipiers de l’époque. Il nous a fallu beaucoup d’entraînement
avant de pouvoir le réaliser, environ trois ou quatre semaines.
On ne s’en rend pas forcément compte de l’extérieur, mais ce
n’est pas si facile à faire.
Ce haka a été créé avec les joueurs et représente la culture
Pacifique : la Nouvelle-Zélande, mais aussi les îles Samoa,
Fidji... Les joueurs se sont interrogés sur ce que cela voulait
dire d’être un All Black. Et le Kapa o Pango a ouvert un nouveau
chapitre dans l’histoire de l’équipe.
Le second était lors de ma première sélection dans l’équipe des
Maoris de Nouvelle-Zélande. C’est un haka un peu différent,
spécifique aux Maoris. C’était très spécial pour ma famille et
moi-même. J’étais plus nerveux pour le haka que pour le match
(
rires
) !
Connais-tu quelques mots en maori ?
Tout le monde ne le parle pas, et aujourd’hui l’anglais s’est
généralisé. Je peux dire « kia ora », cela veut dire bonjour et
« ka kite » pour au revoir. La Nouvelle-Zélande se dit « Aotearoa ».
Te souviens-tu du moment où tu as été appelé chez les
Blacks pour la première fois ?
J’étais avec mes parents devant la télévision, au moment où la
sélection devait être dévoilée pour partir en tournée au Royaume-
Uni. Et mon nom a été cité. Ça a été un gros choc. Je n’avais
que 21 ans, je n’en revenais pas ! Mais j’étais déjà impatient de
rejoindre les Blacks pour cette aventure. C’était mon but depuis
gamin. Ma famille était très fière et ma mère avait même ouvert
une bouteille de champagne.
Mais cette première convocation a été un peu particulière. Ma
fille est née la nuit où nous étions supposés partir en Europe.
J’étais donc là pour sa naissance et je suis parti le lendemain
pour quatre semaines. Ça a été très dur d’être partagé entre deux
événements aussi importants.
Quel est le joueur le plus fort avec lequel tu as joué ?
Ma’a Nonu est probablement le joueur le plus coriace que j’ai
croisé dans ma carrière. Mais il y en a eu d’autres. Depuis
trois ans que je joue avec lui, j’ai pu me rendre compte à quel
point Yann David est très fort. Sa puissance ballon en mains
est incroyable.
Dans un autre registre, Dan Carter a été le joueur le plus
serein avec lequel j’ai évolué. C’est assez impressionnant, il
ne panique jamais.
Et puis, il y a Tana Umaga. J’ai joué avec lui lors de ma première
cape chez les All Blacks. Ce joueur est une légende. Il a été
un modèle, une référence vers laquelle je me suis tourné en
grandissant.
Le joueur le plus drôle ?
Il y a toujours des leaders dans ce domaine au sein d’une équipe.
Ma’a Nonu est plutôt drôle. De mes coéquipiers toulousains,
impossible de ne pas citer Yoann Huget et Maxime Médard. Ils
sont toujours les premiers pour chambrer et balancer quelques
blagues.
Un souvenir de troisième mi-temps ?
Je me souviens de mon premier titre avec le Stade Toulousain,
en 2012. C’était plutôt mouvementé ! J’avais déjà remporté des
tournois avec les Blacks mais jamais de championnat après une
saison en club.
C’était la première fois avec le Stade. Revenir à Toulouse après
le match et partager ça avec tous les supporters a constitué une
expérience inoubliable. Nous avons fêté le titre pendant trois ou
quatre jours.
Une différence frappante entre la vie en Nouvelle-Zélande
et la vie en France ?
Les jours fériés (
rires)
! C’est incroyable, je n’ai jamais vu un
pays qui en comporte autant. Il y en a toujours un ou deux par
mois.
Evidemment, la nourriture est différente. C’est un plaisir de
découvrir la diversité de la cuisine française. Et il y a aussi la
culture de la sieste. Ce n’est pas commun en Nouvelle-Zélande
d’avoir deux heures pour la pause entre le matin et l’après-
midi. Nous ne prenons qu’une demi-heure ou une heure pour
déjeuner et reprenons le travail jusqu’en fin de journée.
La scène de vestiaire la plus mémorable ?
Ce n’est pas tellement une scène drôle, mais plutôt un moment
qui m’a marqué. C’était après mon premier test-match joué
avec les All Blacks. Les conditions de ma sélection avaient
été particulières. En 2005, alors que j’étais supposé être sur le
banc, un joueur s’est blessé la veille du match contre les Lions
Britanniques. On m’a demandé si j’étais prêt à jouer pour la
première fois avec l’équipe. Evidemment j’ai répondu oui. J’ai
donc joué à l’Eden Park, devant toute ma famille, tout mon
pays. Pour un premier match, je ne m’en suis pas trop mal sorti.
Après la rencontre, je me suis retrouvé dans les vestiaires à
penser à tout le chemin que j’avais parcouru pour en arriver
là. J’étais content de ce que j’avais réussi à accomplir. C’était
complètement fou d’être entouré de si grands joueurs que
j’avais pris comme exemple en étant plus jeune. C’était comme
un rêve, je n’en revenais pas d’être là, à côté d’eux.
Dans le vestiaire toulousain, quel est le joueur le plus
râleur ?
«
Flo
» (Fritz) ! Il essaye toujours de coincer les joueurs pour leur
distribuer des amendes parce qu’ils ne portent pas les bonnes
tenues ou arrivent en retard. Il a une liste sur laquelle il note
tout. Florian surveille tout le monde, mais en revanche, s’il lui
arrive d’être en retard, il parlemente toujours pour échapper à la
sanction ! C’est en quelque sorte le chef de la police (
sourires
).
Le joueur qui fait le plus attention à son apparence ?
«
La Huge
» (Yoann Huget) est toujours soigné, propre sur
lui. Vincent (Clerc) est plutôt le beau gosse quant à Clément
(Poitrenaud), il fait sa starlette.
Le joueur qui, au contraire, est le moins à la mode ?
Je peux mettre quelqu’un dans l’embarras (rires) ! Census
(Johnston). Il pense qu’il a un look de star mais à titre personnel,
ce n’est pas vraiment mon avis.
La dernière musique que tu as écoutée ?
Aucune idée. J’écoute surtout des mixs hip-hop, R’n’B avec des
morceaux de Jay-Z, Kanye West ou Lupe Fiasco par exemple.
Ton film culte ?
Forrest Gump. Sans hésitation.
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