Mag | Stade Français - page 10-11

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STADE TOULOUSAIN
VS STADE FRANçAIS
STADE TOULOUSAIN
VS STADE FRANçAIS
La saison passée, le Stade Français a montré deux visages
radicalement différents : très performant durant la première partie,
avant de lâcher prise dans la seconde. Quelles leçons avez-vous
tiré d’un parcours qui, on l’imagine, a dû être au final terriblement
frustrant ?
Ça a été frustrant, effectivement. Nous avons eu beaucoup de joueurs
sélectionnés en équipe de France, dont Plisson, Bonneval et Burban.
Ils n’étaient pas censés l’être, ça nous a perturbés sur la fin de saison
et notamment après le Tournoi des VI Nations, d’où ils sont rentrés un peu
fatigués, la tête dans le seau. C’est justement à ce moment-là que nous
avons rencontré le Stade Toulousain et que nous avons fait match nul
à domicile.
Le bilan de cette expérience est que nous essayons de faire plus de
roulement pour tenter de contrecarrer le problème. Il va bientôt y avoir les
tests de novembre, puis le Tournoi… Et avec la préparation de la Coupe
du Monde, pas mal de joueurs internationaux auront la tête ailleurs. Nous
essayons d’instaurer davantage de concurrence pour leur donner assez
de repos et pouvoir bien finir la saison.
On a entendu à l’intersaison que le recrutement avait été assez light
au Stade Français. Mais miser sur la jeunesse et la stabilité, c’était
un choix assumé ?
Tout à fait. Nous avions déjà un effectif conséquent. Nous avons apporté
du renfort à certains postes, là où nous en avions besoin. En dehors de
ça, nous prenons en compte la montée en puissance des jeunes : ils sont
prometteurs, ont des qualités, il faut donc s’appuyer sur eux aussi.
Mais ça ne veut pas dire pour autant que le recrutement a été light,
au contraire. Des joueurs intéressants nous ont rejoints parmi lesquels
Lakafia, Tomas, Pyle... Pour le reste, nous verrons dans les années
à venir.
Jusqu’ici, si tout n’a pas été toujours parfait en terme de jeu, quel
bilan provisoire fais-tu, ne serait-ce que sur le plan comptable ?
Nous en sommes à deux victoires à l’extérieur. Sur le plan comptable,
c’est forcément très bien. Sur les matchs à domicile, nous avons réussi
à avoir un point de bonus offensif. Ce que nous n’avions pas eu l’année
dernière.
Pour ce qui est du jeu, nous espérons et aspirons à ce que les joueurs
jouent mieux et tendent plus vers ce que nous envisageons. Mais ce n’est
tout de même pas si mal, même si je pense que nous étions plus en place
l’année dernière au niveau du collectif. Mais depuis, nous avons gagné
en maturité, nous avons progressé dans la gestion des matchs. J’espère
donc voir rapidement des progrès.
L’année dernière, le Stade Français avait gagné
trois fois à l’extérieur, mais chez les équipes
promues ou qui ont été reléguées en fin de
saison. Gagner tour à tour chez le vice-champion
de France puis chez le champion d’Europe et de
France en titre ne peut pas être un hasard ?
Il ne faut surtout pas dire que c’est un hasard, c’est sûr.
Nous sommes très satisfaits de ces résultats. Pour le
premier match, nous avons bénéficié de la délocalisation
à Béziers contre Castres. Et ce dernier nous avait peut-
être pris un peu de haut par rapport à la composition de
son équipe.
A Toulon, ils avaient beaucoup de blessés et ont perdu
d’autres joueurs pendant le match. Ils ont ensuite eu une
faille au niveau des buteurs, que nous avons su exploiter
et c’est tant mieux. Les circonstances ont été avec nous,
c’est indéniable, mais il faut quand même féliciter nos
joueurs parce que ce n’est pas évident de gagner chez
ces clubs-là.
Le Stade Français, un peu malgré lui, va jouer cette
saison la « petite » Coupe d’Europe. Dans quel état
d’esprit allez-vous disputer cette compétition ?
Nous allons en profiter pour voir tous ces jeunes qui ont pas
mal joué en Espoirs et qui ont des qualités. Je pense à Paul
Gabrillagues ou Matthieu Ugena qui étaient entrés face à Castres.
Nous allons les intégrer dans cette Coupe d’Europe pour leur
donner la chance de faire leurs preuves, tout en étant encadrés
par des joueurs d’expérience.
Ça nous permettra aussi de reposer les internationaux, qui sont
sous le coup de la règle des 30 matchs. Ce sera peut-être une
chance pour nous de ne pas miser sur les deux tableaux comme
nous l’avions fait l’année dernière.
Tu as connu les grandes heures des rivalités entre le
Stade Français et le Stade Toulousain. Cette affiche a-t-elle
aujourd’hui perdu de son piquant ?
Je crois que la rivalité est plus forte entre le Racing et le Stade
Toulousain, par rapport à leur recrutement et leurs ambitions. Les
rencontres Stade Toulousain-Stade Français, c’est beaucoup plus
gentillet qu’avant. Du temps où je jouais, il y avait du respect,
certes, mais aussi de l’animosité. Maintenant, ce n’est plus le cas.
Finalement, ça devient peut-être un match comme un autre.
Le Stade Toulousain traverse une passe délicate et
inhabituelle. De l’extérieur, comment analyses-tu cette
période difficile ?
De la même façon que l’analysent les entraîneurs toulousains : ils
ont beaucoup de blessés, notamment en première ligne. Ce n’est
pas évident d’être compétitifs dans ces circonstances. Je ne m’en
fais pas trop pour le Stade, je pense que le staff va en récupérer
quelques-uns bientôt... Et j’ai bien peur que cela soit au moment
de nous affronter
(rires)
 !
Tu as joué au Stade Toulousain entre 2004 et 2007. Un
déplacement à Toulouse reste-t-il particulier pour toi ?
Je suis toujours ravi de revenir à Ernest Wallon. L’année dernière,
j’étais très heureux. Nous avions pris trente points, mais ça ne m’a
pas empêché de faire la soirée avec les copains toulousains. C’est
un plaisir parce que je garde de bons souvenirs et je pense en
avoir laissés aussi, que ce soit au club ou aux supporters.
A titre perso, quel match face au Stade Français
retiendrais-tu de ton aventure toulousaine ? La finale
européenne de 2005 où tu disputes la prolongation ?
Ou la demi-finale de 2006, à Lyon, où tu claques le drop
de la gagne ?
Le drop de 2006 permet d’aller en finale mais derrière, nous ne
sommes pas champions. En 2005, je rentre à deux minutes de
la fin du temps règlementaire, les prolongations se passent bien
pour moi et là aussi, je tente un drop, mais le rate. C’est un regret.
Le meilleur souvenir reste tout de même cette finale de Coupe
d’Europe. On n’en gagne pas tous les ans !
L’INTERVIEW
Parisienne
Jeff
Dubois :
« Je ne m’en fais pas trop
pour le Stade »
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