Le principal trait de mon caractère
Ambitieux


La qualité que je préfère chez les hommes
Le respect


La qualité que je préfère chez les femmes
L’humour


Mon principal défaut
Râleur


Ma principale qualité
Râleur


Ce que j'apprécie le plus chez mes amis
Leur simplicité


Mon occupation préférée
M’occuper de ma fille


Mon rêve de bonheur
Que le Stade Toulousain gagne un nouveau titre


Quel serait mon plus grand malheur ?
Qu’il arrive quelque chose à quelqu’un de ma famille ou à l’un de mes amis


A part moi-même, qui voudrais-je être ?
Mon frère


Le pays où j'aimerais vivre
Le Brésil ou les Etats-Unis


Mes héros dans la fiction
Wolverine


Mes héros dans la vie réelle
Ovalion



Ce que je déteste le plus
L’injustice


Le personnage historique que je déteste le plus
Mark Zuckerberg


Le don de la nature que je voudrais avoir
L’immortalité


Comment j'aimerais mourir
En dormant


Mon état d’esprit actuel
Revanchard


La faute qui m'inspire le plus d'indulgence
Les gens qui disent « pain au chocolat » ! (sourires)


Lors de la 10ème journée du dernier Top 14, sous une pluie battante, les Toulousains s’imposaient d’un fil devant le Castres Olympique, 16 à 15.

A Toulouse (Ernest Wallon) - Stade Toulousain bat Castres 16 à 15 (mi-temps : 3-12)
Temps pluvieux ; pelouse grasse ; 14.417 spectateurs. Arbitrage de M. Gaüzere (Côte Basque-Landes)

Pour le Stade : 1 essai de Ghiraldini (57) ; 1 transformation et 3 pénalités de Marques (19, 47, 78)

Pour Castres : 5 pénalités de Kockott (7, 10, 14, 25, 65)

Evolution du score : 0-3, 0-6, 0-9, 3-9, 3-12/ 6-12, 13-12, 13-15, 16-15

STADE TOULOUSAIN : Mc Alister (Palisson, 55); Kunatani, Fritz, David, Palisson (Perez, 55) (o) Flood, (m) Marques; Cros, T.Gray (Axtens, 71), Dusautoir (cap.); Tekori (Maka, 74), R. Gray; Johnston (Aldegheri, 66), Ghiraldini (Marchand, 66), Steenkamp (Kakovin, 48)

Carton jaune : Flood (13, plaquage dangereux)

CASTRES : Palis; Caminati, Taumoepeau, Vilalelle, Smith (o) Dumora (Urdapilleta, 61), (m) Kockott (Dupont, 74); Mafi, Tulou, Babillot (Caballero, 67); Capo Ortega (cap.) (Moreaux, 62), Lassalle (Jacquet, 55); Kotze (Tussac, 78), Jenneker (Rallier, 67), Tichit (Lazar, 65)

Carton jaune : Caminati (31, plaquage haut)

La dernière victoire en date de Castres en terre toulousaine remonte à 1978. Mais entendons-nous bien : il a fallu un petit miracle pour que le CO ne reparte pas victorieux d’Ernest Wallon lors du match au programme de la 10ème journée du précédent Top 14.
En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, les Rouge et Noir, dans les premières minutes, égaraient des ballons en touche, étaient dominés en mêlée et se retrouvaient en infériorité numérique, suite au carton jaune infligé à Toby Flood.
Il n’en fallait pas plus pour que Kockott permette aux visiteurs de creuser un premier écart significatif, et la pause était atteinte sur le score 12-3.

Si le Stade frôlait le pire au retour des vestiaires (un essai était refusé à Mafi après recours à la vidéo), il prenait peu à peu les affaires en mains. Marques, auteur d’un 100% au pied ce jour-là, jouait un grand rôle dans la remontée stadiste, au même titre que Ghiraldini, auteur du seul essai de la rencontre.
Kockott, lui, à la 68ème minute, manquait un coup de pied face aux barres qui aurait donné cinq points d’avance aux siens. Le tournant de la partie ? Sans aucun doute, car à 120 secondes du coup de sifflet final, Marques ne faisait pas montre de la même mansuétude et donnait l’avantage à Toulouse, d’un tout petit point.
Un avantage qui était conservé jusqu’au coup de sifflet final, et c’est peu dire que le soulagement était de mise dans les rangs toulousains.

« Les Castrais ont eu des opportunités de marquer. Rory Kockott tente une pénalité en face des poteaux qu’il rate, alors que nous, en revanche, on a été plus réalistes. Quand on était dans la zone de marque, surtout en 2ème mi-temps, on est repartis avec des points. C’est certain que ce n’est pas le match de l’année, mais je ne pense pas non plus qu’ils soient venus pour jouer énormément. Ils étaient venus pour gagner et c’est finalement nous qui remportons cette victoire. C’est franchement super, déjà au point de vue comptable mais également pour l’état d’esprit, » admettait Thierry Dusautoir au coup de sifflet final.

Sous l’œil bienveillant de son père, auteur de la carrière que l’on connaît sous le maillot rouge et noir, Romain Ntamack gravit les échelons avec précocité et assurance. Portrait d’un jeune stadiste à l’avenir prometteur.

Cette saison se trouve dans les rangs stadistes un jeune joueur à la trajectoire fulgurante. Son nom : Romain Ntamack. Un nom de famille qui rappelle de beaux souvenirs aux supporters stadistes.

Après être entré à l’école de rugby du Stade Toulousain à l’âge de 5 ans, le fils d’Emile, trois-quarts stadiste de 1988 à 2005 et vainqueur notamment de six Boucliers de Brennus sous le maillot rouge et noir, évolue à l’ouverture. Un poste qui sied idéalement à son profil et le différencie de son père, comme l’affirme le joueur de 18 ans :

« J'ai toujours aimé diriger le jeu, toucher le maximum de ballons. 10, c'est le poste qui me convenait le mieux. Cela évite le jeu des comparaisons même s'il y en a toujours un petit peu, mais je n'ai pas choisi de ne pas jouer au même poste que lui. J'ai peut-être des qualités qu'il n'avait pas et lui a des qualités que je n'ai pas. »

Des caractéristiques différentes mais une complicité et une volonté de transmission d’expérience intactes entre les deux hommes, comme le précise Romain :

« C’est mon père avant tout mais aussi mon coach. On débriefe beaucoup de matches. On parle beaucoup technique et tactique. Heureusement qu’il m’aide à m’enlever de la pression que j’ai au poste de demi d’ouverture… » 

La pression est en effet bien gérée par l’ancien pensionnaire du Lycée Jolimont, en témoigne sa capacité à gravir les échelons avec une précocité remarquable. Surclassé parmi les sélections internationales de jeunes, Romain Ntamack débute avec l’équipe de France des moins de 20 ans à seulement 17 ans et 9 mois. Face à l’Ecosse à Grenoble le 10 février dernier (36-8), le jeune stadiste crève l’écran grâce à la justesse de son jeu. A l’issue de la rencontre, les propos de Didier Faugeron, l’entraîneur des trois-quarts des Bleuets, confirment cette impression :

« Il a tout le bagage technique et la froideur nécessaire à son poste, » appréciait-il. « On dirait qu’il a déjà pas mal de bouteille. Il a su gérer le jeu sous pression. Malgré son âge, Romain fait preuve d’une maturité assez impressionnante. » 




Après cette première expérience internationale, Romain Ntamack participe en juin 2017 à la Coupe du Monde des moins de 20 ans en tant que titulaire. C’est à cette période que le jeune ouvreur apprend qu’il figure parmi la Liste Elite réunissant 45 joueurs protégés pour le XV de France. Un choix justifié par les attentes importantes placées en lui par le sélectionneur national, Guy Novès :

« On essaie surtout de trouver des solutions au problème actuel de notre sport, le rugby, et d'essayer de rattraper un peu de temps, » déclare celui qui fut l’entraîneur principal des Rouge et Noir entre 1988 et 2015. « Même si le temps perdu ne se rattrape jamais. Alors on essaie de faire en sorte de permettre à un jeune qui a du talent, c'est défini, c'est clair et net, d'y arriver. Il a deux ans. Si jamais il peut basculer dans une dimension supérieure, ce sera très bien. Et s'il ne bascule pas, peut-être qu'il basculera avec deux ou trois ans de plus. Mais il me semble que lorsque l'on nous permet d'avoir une liste de 45 joueurs, c'était de notre devoir de permettre à l'un d'entre eux d'être très jeune. »

Si tout s’enchaîne très vite pour lui, Romain Ntamack devra cependant attendre le 30 septembre 2017 pour disputer sa première rencontre avec l’équipe professionnelle du Stade Toulousain. Entré à la 38ème minute face à Agen lors de la 6ème journée de Top 14 (30-10), le jeune Stadiste réalise une prestation convaincante. Il manque notamment de peu d'aplatir sur une action personnelle, mais celle-ci débouchera ensuite sur un essai de Gaël Fickou au temps de jeu suivant (39ème). Après la partie, son père Emile revenait avec enthousiasme sur sa performance du jour : 

« Je suis satisfait pour lui, pour le travail qu'il a accompli, car c'était aussi son envie, » confiait l’homme aux 46 sélections en équipe de France, entre 1994 et 2000. « Il y a encore du travail, individuel comme collectif, mais il a livré un match avec de l'envie et de la détermination. Sur les choses qu'il doit maîtriser, il a su faire et c'est plutôt bien. Deux ou trois choix sont critiquables mais il n’a pas été timide. C’est une bonne première. »

Un point de vue partagé par Ugo Mola, qui rappelait que ce match inaugural devait s’inscrire dans un processus nécessaire à la progression du joueur :

« La prestation de Romain est plutôt intéressante sur un match pas évident, » déclarait l’entraîneur en chef toulousain. « Mais c'est un très, très jeune joueur. Nous allons lui laisser le temps d'encaisser, d'enchaîner, de travailler. C’est certes un garçon talentueux qui a toutes les qualités pour s’imposer, mais il doit continuer à s’aguerrir. »

Trois semaines plus tard, Romain Ntamack eut à nouveau l’opportunité de s’illustrer avec les Rouge et Noir. A Ernest Wallon contre les Cardiff Blues, dans le cadre de la 2ème journée de Challenge Cup (15-17), il inscrit son premier essai chez les pros à la 28ème minute. Après ces débuts prometteurs, nul doute que l’ouvreur de 18 ans devrait rapidement être reconduit sous le maillot toulousain. L’occasion pour lui de poursuivre son impressionnante ascension.

Cela fait 29 ans que le Castres Olympique n’est pas parvenu à s’imposer à Toulouse. La dernière victoire tarnaise remonte en effet au 17 décembre 1978, sur le score de 15 à 12. Malgré des points inscrits au pied par Gabernet, Martinez et Rancoule, les Rouge et Noir de Novès, alors ailier, s’inclinaient face à leurs voisins.

Après avoir choisi de conserver l’ossature de son effectif, le Castres Olympique est déterminé à tirer son épingle du jeu en Top 14. Malgré des résultats jusqu’ici en dents de scie, il semble cependant avoir retrouvé dernièrement ce qui a fait sa force.

Pas de révolution dans le Tarn, mais plutôt la poursuite d’un cycle. Le Castres Olympique a misé cette saison sur la stabilité, tant au niveau de l’encadrement que de l’effectif, afin de franchir un cap dans ses résultats. Après s’être incliné en barrages lors des deux derniers exercices en Top 14, les dirigeants tarnais ont fait confiance pour la troisième année consécutive au trio formé par Christophe Urios et ses deux assistants, Joe El Abd et Frédéric Charrier. Satisfait du travail entrepris jusqu’ici par son staff, le président Pierre-Yves Revol souhaite que le champion de France 2013 reste fidèle à son identité afin d’assouvir ses ambitions :

« Les évolutions mises en place par Christophe Urios à son arrivée se sont traduites par une optimisation, » déclare-t-il. « Le club continue donc, avec des moyens inférieurs aux gros clubs, à les inquiéter. C’est ça qui m’intéresse. Sur la dernière décennie, je pense que le CO est très certainement l’équipe de Top 14 qui possède le meilleur ratio budget/résultats sportifs. En deux ans, le coach a constitué son staff comme il le voulait, et je pense qu’il ne s’est pas trompé. »




Pour renforcer le groupe, les arrivées de sept recrues sont à noter, parmi lesquelles celles de l’ailier canadien Taylor Paris, en provenance d’Agen, et du demi de mêlée Ludovic Radosavljevic, récemment sacré champion de France avec Clermont. Si Castres n’a pas fait de folie sur le marché des transferts, cela se justifie par son désir de donner sa chance à la jeunesse :

« Nous avons complété notre effectif et concentré nos efforts sur les joueurs que nous souhaitions garder, » poursuit Pierre-Yves Revol. « Nous misons sur un mélange sportif atypique : quelques joueurs confirmés, quelques joueurs revanchards et quelques jeunes à révéler. Un club comme le nôtre doit savoir prendre des risques et parier sur des jeunes. A la différence de certains de nos adversaires qui ne recrutent que des joueurs expérimentés, nous devons donner du temps de jeu à nos jeunes. C’est à la fois une volonté et une nécessité qui nous a permis, depuis quelques années, de révéler quelques joueurs et j’espère que cela va continuer. »

Malgré cette ossature bien définie, le Castres Olympique réalise pour le moment un début de saison mitigé. S’il se classe septième au classement du Top 14, avec un bilan de cinq victoires pour cinq défaites, le club tarnais a cependant réussi dernièrement une série de trois victoires consécutives, contre Agen, à Oyonnax et face à La Rochelle.

Le succès en terre oyonnaxienne lors de la 9ème journée de championnat (19-32) a notamment été le fruit de la performance du buteur castrais Benjamin Urdapilleta. L’ouvreur argentin, meilleur buteur du championnat après dix journées avec 109 points inscrits au pied, a en effet été l’auteur d’un sans-faute face aux perches au stade Charles-Mathon, avec six pénalités et deux transformations réussies. La combativité des joueurs de Christophe Urios leur a permis de remporter leur première victoire en déplacement dans cet exercice 2017/2018. Egalement très en vue depuis le début du championnat, Julien Dumora saluait l’esprit de sacrifice affiché par son équipe dans l’Ain :

« Cette victoire marque une étape importante, » soulignait l’arrière tarnais, déjà marqueur de sept essais cette saison après dix journées de Top 14. « En venant à Oyonnax nous nous étions dit que nous gagnerions avec notre défense. C’est exactement ce qui s’est passé. Oyonnax a beaucoup tenté, nous a mis sous pression à cinq mètres de notre ligne sur de longues séquences, mais nous avons tenu. C’est le genre de match qui peut marquer un tournant. »

Le match face à La Rochelle au stade Pierre-Fabre lors de la journée suivante (31-15) a confirmé les bonnes impressions démontrées une semaine plus tôt à Oyonnax. Les Castrais ont prouvé qu’ils avaient retrouvé l’efficacité de leur défense, qui fut la meilleure du Top 14 à l’issue de l’exercice précédent avec seulement 39 essais encaissés. Une prestation appréciée par l’entraîneur en chef du CO Christophe Urios :

« Ce résultat valide le travail effectué jusqu’ici et la montée en puissance après un début de saison laborieux, » déclarait-t-il. « A mon sens, les progrès effectués ces dernières semaines nous ont permis de rester connectés défensivement quand les Rochelais étaient en surnombre et revenaient dans la partie. »  

Au-delà de l’aspect défensif, les Tarnais se sont illustrés par une excellente entame de match. En première mi-temps, ils sont parvenus à imposer leur puissance physique à leurs adversaires et ont inscrit deux essais lors des dix premières minutes de jeu, grâce à Julien Dumora (2ème) et David Smith (8ème). Les mots du deuxième ligne Christophe Samson à l’issue de la rencontre confirmait les fermes intentions castraises face aux Maritimes



« On ne pouvait pas se permettre de laisser cette équipe jouer, » confiait l’ancien toulonnais. « Tôt dans la semaine, nous avions compris qu’il fallait plaquer très bas, et les stopper le plus rapidement possible. Le positif, c’est que nous nous sommes tenus à cette consigne tout le match et avons ainsi pu rivaliser. Je suis aussi heureux de voir que personne n’a baissé les bras chez nous. Notre force, c’est le collectif. Ici il n’y a pas de star, juste un groupe. »

Après ces belles performances, le Castres Olympique est lancé au moment de défier les Rouge et Noir. Au stade Ernest-Wallon, il aura sans aucun doute à cœur de rester fidèle à sa réputation d’équipe accrocheuse.

TOP 14 02/12/2017
LA COMPOSITION DE L'ÉQUIPE
VOUS EST PRÉSENTÉE PAR
POINTUD 1
GHIRALDINI 2
FAUMUINA 3
MAESTRI 4
TEKORI 5
GRAY 6
CROS 7
GALAN 8
DUPONT 9
HOLMES 10
HUGET 11
DAVID 12
FRITZ 13
KOLBE 14
RAMOS 15
remplaçants
MARCHAND
MIENIE
VERHAEGHE
ELSTADT
KUNATANI
BEZY
GUITOUNE
ALDEGHERI

Présent depuis 2009 dans l’effectif du Castres Olympique, Yannick Caballero évoque le début de saison de son club, où la jeunesse prend une importance particulière. Le troisième ligne de 34 ans aborde avec une détermination certaine la prochaine rencontre face aux Rouge et Noir.

Pour évoquer l’actualité récente du Castres Olympique, vous restez sur une belle victoire face au Stade Rochelais (31-15), avec pas moins de quatre essais inscrits. Est-ce une satisfaction ?

Oui, c’est une belle satisfaction, nous avions tout mis en œuvre pour gagner. Nous avons réalisé une bonne première mi-temps avant de pêcher au niveau de la discipline en seconde période. Nous nous sommes donc rendus le match un peu plus compliqué car nous avons été en infériorité numérique. On a pu voir que l’équipe avait des ressources, elle n’a rien lâché et au final, nous avons battu cette belle équipe de La Rochelle.

Vous avez remporté vos trois derniers matchs : est-ce le signe qu’après un début de saison contrasté, vous avez trouvé votre rythme de croisière et une certaine régularité ?

On l’espère car il est vrai que depuis le début de la saison, nos résultats à domicile sont corrects hormis celui face à Montpellier (défaite 17-22 lors de la 3ème journée de Top 14). Nous arrivions à faire de gros matchs au stade Pierre-Fabre et nous passions un peu à côté à l’extérieur. On faisait des « bouts de matchs », puis on sortait du « cadre » et on se relâchait. Cela nous était fatal, mais ces trois récentes victoires nous font énormément du bien. C’est sûr qu’on est plus à l’aise dans les victoires. Nous sommes actuellement dans une bonne dynamique. Mais si nous voulons atteindre les demi-finales en fin de saison, il faut éviter de trop perdre à domicile.  

La défense, qui a été régulièrement l’un de vos points forts par le passé, semble également redevenir très performante ?

Oui, même si nous avons des hauts et des bas dans ce domaine également. Nous sommes vraiment passés à côté de notre match à Leicester en Coupe d’Europe (défaite 54-29 lors de la 2ème journée) et avons encaissé beaucoup d’essais. Comme je l’ai dit précédemment, nous avons pêché au niveau de la discipline et nous nous sommes compliqué la tâche. Il est vrai que nous attachons de l’importance à notre défense qui est quand même assez performante. Nous essayons aussi d’envoyer du jeu.

Vous avez écopé de trois cartons jaunes face à La Rochelle. La discipline est-elle un facteur que vous devez encore corriger ?

Oui, encore et toujours. C’est sûr qu’avec notre défense, nous sommes amenés à faire des fautes. Notre système nous conduit parfois à la limite et nous savons que cela peut nous jouer des tours. Nous essayons de nous corriger match après match afin d’effacer tous ces points négatifs qui noircissent un peu le tableau lors de nos matchs.

Nous n'en sommes évidemment pas à l’heure des bilans, mais comment analyses-tu globalement le début de saison de ton équipe ?

Pas trop mal, même si nous avons laissé beaucoup de points en route. C’est sûr qu’avec des « si », on irait loin.

Mais je pense par exemple que le premier match de la saison sur le terrain du Racing 92 (défaite 25-21) n’a pas été assez bien maîtrisé. Nous étions allés là-bas pour gagner, la victoire nous tendait les bras. En raison encore une fois de la discipline mais aussi du banc du Racing, nos adversaires ont réussi à revenir dans le match et à l’emporter. Lors du match contre Montpellier à domicile (défaite 17-22), nous avons également laissé des points en route. Cela s’est joué à peu de choses, c’était une rencontre très équilibrée que nous avons malheureusement perdue. Je pense que ce match nous a fait beaucoup de mal.

Castres a fait le pari de la stabilité à l’intersaison, ce qui n’a pas payé dans un premier temps au vu de votre entame de Top 14. Comment expliques-tu ce retard à l’allumage ?

C’est vrai que nous n’avons pas beaucoup fait évoluer les troupes à l’intersaison. Nous restions sur une bonne fin de saison même si nous nous sommes inclinés en barrages (défaite à Toulon, 26-22). Tout le monde était globalement satisfait de notre jeu. C’est vrai que nous pensions être plus réguliers, plus huilés. On voit que le Top 14 évolue d’année en année et qu’il faut s’adapter, les saisons ne se ressemblent pas. Cette année, nous avons peut-être eu un début d’exercice difficile mais nous essayons de nous corriger au fil des matchs. Nous espérons toujours rester au niveau du wagon de tête afin de prétendre aux phases finales.

 

Vous avez disputé les barrages la saison dernière et on imagine que les ambitions sont encore plus hautes cette année. Quels sont réellement vos objectifs pour cette saison de Top 14 ?

Nous voulons atteindre au minimum les résultats de la saison dernière. Nous avons vu que l’an dernier, au regard de nos points laissés « à droite et à gauche », nous aurions pu disputer un barrage au stade Pierre-Fabre. Ce serait bien que cette saison, nous fassions le nécessaire afin de jouer un barrage à domicile.

Cette saison, vous disputez la Coupe d’Europe, dans une poule extrêmement relevée avec le Racing 92, Leicester et le Munster. Après une défaite et un nul, avez-vous encore la volonté de jouer cette épreuve à fond ?

Bien sûr, nous savons que notre avenir en Coupe d’Europe se jouera lors des deux rencontres face au Racing 92 (lors des 5ème et 6ème journée). Nous avons toujours un espoir et allons nous livrer à fond. Nous avons réalisé un gros match contre le Munster (17-17) au cours duquel nous avons été frustrés car il y a eu des décisions arbitrales peu favorables à notre encontre. Nous avions cependant produit un gros match et été satisfaits de notre prestation. Nous avons ensuite pris une « rouste » contre Leicester (défaite 54-29). On sait que le niveau de la compétition va encore monter et comme je l’ai dit, ce sont les deux matchs face au Racing 92 qui vont déterminer la finalité de notre campagne européenne.  

Vous faites aujourd’hui partie des « anciens » du CO. A l’intersaison, de nombreux jeunes joueurs, notamment issus de votre formation, ont rejoint les rangs de l’équipe première. Comment la cohabitation se passe-t-elle ?

Très bien, puisque ces joueurs, comme les jeunes de façon générale, ont « faim ». Ils amènent leur fougue, leur énergie. Nous, les anciens, sommes là pour les canaliser un peu car cela part parfois dans tous les sens. Il faut trouver un juste milieu en ayant beaucoup d’envie mais en l’utilisant à bon escient. Je trouve que l’alchimie entre les anciens et les jeunes se passe bien, il y a un très bon rapport entre nous. Pourvu que ça dure.

 

Ce pari de la formation, c’est de toute façon la solution pour que Castres puisse rivaliser avec les grosses écuries du Top 14 ?

Oui, bien sûr. On voit que le club réussit à sortir de jeunes joueurs français et nous sommes très fiers de cela. De plus, ce sont des joueurs issus de notre bassin régional. Castres est une ville un peu enclavée mais il y a beaucoup de petits clubs autour qui forment de bons jeunes. C’est très bien de leur donner leur chance. C’est le cas d’Anthony Jelonch, d’Antoine Dupont qui est maintenant à Toulouse mais qui a fait ses classes chez nous. Nous sommes contents que cela reste des jeunes français. Je n’ai rien contre les étrangers mais on voit que l’on est parfois en mal de trouver des joueurs pour l’équipe de France. C’est dommage d’aller chercher des étrangers alors que nous avons un gros vivier de joueurs qu’il faut exploiter. 

A 34 ans, vous entamez votre neuvième saison avec les Castrais. Qu’est-ce qui vous donne encore envie de « courir » ?

Ce qui me donne envie de « courir », c’est la peur d’arrêter. Je profite de ces moments car on sait qu’une carrière rugbystique peuvent se terminer à n’importe quel moment. J’essaie de savourer tous ces matchs car on ne peut plus revenir dans ce milieu-là une fois que c’est terminé. C’est donc important de profiter de tous ces avantages : du coin du vestiaire, des moments de rigolade… Quand on va se retrouver devant la télévision, cela va être frustrant de regarder les autres. Il y a néanmoins une fin à tout et il faudra bien que j’y arrive un jour. Pour l’instant, j’essaie juste de profiter au maximum. 

 

Vous vous déplacez à Toulouse lors de la 12ème journée de championnat. Dans quel état d’esprit aborderez-vous ce derby ?

Nous avions décidé de prendre ce bloc de gros matchs face à La Rochelle, Toulon puis le Stade Toulousain étape par étape. Nous n’allons pas nous projeter, nous allons juste voir ce qui ressort de ces rencontres et déterminer ce que nous devrons faire en fonction de nos résultats. Il est certain que nous nous déplacerons à Toulouse avec une équipe compétitive. Nous aurons l’intention de produire notre meilleur rugby afin de réaliser le meilleur match possible et ramener quelques points.  

Les derbys entre le Stade Toulousain et le Castres Olympique ont toujours marqué les esprits. Peut-il aujourd’hui être toujours considéré comme un match à part ?

Je trouve qu’aujourd’hui, c’est un peu moins un match différent. Avant, c’était plutôt les joueurs du Stade Toulousain qui venaient jouer à castres et maintenant, il y a beaucoup d’anciens castrais qui sont partis jouer à Toulouse ou qui y sont actuellement. On va dire que c’est un derby du point de vue géographique. Ce sont nos voisins et cela reste nos amis. Une fois sur le terrain, c’est un match de rugby et il n’y a plus trop de copains. Mais nous nous retrouverons pour boire des bières tous ensemble après le match.

Comment percevez-vous le Stade Toulousain aujourd’hui ?

Je trouve que le Stade Toulousain réalise un très bon début de championnat malgré quelques années difficiles, notamment la saison dernière. Il revient très bien et c’est une équipe dont il va falloir se méfier. Je pense qu’il va falloir compter sur Toulouse dans le haut du tableau. Nous prenons cet adversaire comme un concurrent.  

Ils sont quatre, dans l’effectif toulousain, à avoir porté les couleurs de Castres dans le passé. Richie Gray, Joe Tekori et Piula Faasalele ont en effet tous joué au CO, mais étaient déjà Stadistes la saison passée. Le dernier transfuge n’est autre qu’Antoine Dupont, qui a rallié les bords de la Garonne en juillet dernier.




Après être passé par le FC Auch, Anthony Jelonch rejoint le Castres Olympique en 2014, suivant le même chemin que son ami Antoine Dupont. Après avoir débuté au sein de la catégorie Espoirs, il participe à sa première rencontre avec l’équipe professionnelle le 10 septembre 2016 face au Stade Français. En plus de sa découverte du haut niveau, l’exercice 2016/2017 marque son éclosion, puisque Jelonch fut titularisé à 16 reprises en 22 rencontres disputées toutes compétitions confondues avec le club tarnais. Ses performances ne laissent pas insensible le staff du XV de France, qui le convoque pour la première fois en juin 2017 pour la tournée en Afrique du Sud.

La saison actuelle fait figure de confirmation pour Anthony Jelonch qui, lors de ses huit matchs de Top 14 avec le CO, s’est distingué par un doublé face à Agen. Troisième ligne puissant en touche et dans les duels, efficace dans la portée du ballon, il est selon son entraîneur à Castres Christophe Urios « le numéro 7 de l’équipe de France ». De nouveau retenu par Guy Novès au sein du groupe tricolore, le Gersois a honoré sa première cape internationale le 11 novembre dernier contre les All Blacks au Stade de France. Au regard de sa progression continue, nul doute que cette sélection en appellera d’autres.

Pos Équipe Pts J G N P Diff B Off B Déf
1
Montpellier 37 11 8 0 3 85 5 0
2
La Rochelle 35 11 8 0 3 114 3 0
3
LOU 33 11 7 0 4 85 4 1
4
Racing 92 33 11 7 0 4 75 2 3
5
Stade Toulousain 32 11 7 1 3 52 1 1
6
Castres 29 11 6 0 5 17 2 3
7
Bordeaux-Bègles 29 11 6 1 4 34 2 1
8
Toulon 26 11 5 0 6 13 2 4
9
Clermont 25 11 5 1 5 49 2 1
10
Pau 23 11 5 0 6 -13 0 3
11
Stade Français 18 11 4 0 7 -81 0 2
12
Agen 14 11 3 0 8 -84 0 2
13
CA Brive 11 11 2 1 8 -176 0 1
14
Oyonnax 10 11 1 2 8 -170 0 2






Battu nettement à Castres il y a quinze jours, La Rochelle ne s’est pas laissée enfermer dans une spirale négative. Les hommes de Collazo ont en effet immédiatement réagi en disposant de Pau à Marcel Deflandre. Pour le club maritime, ce deuxième match consécutif à domicile, face à un concurrent direct dans la course à la qualification, est une belle occasion de consolider sa place dans les hauteurs du classement.

Après trois succès consécutifs, Montpellier a vu sa série s’interrompre sur la pelouse du Racing. Malgré ce léger coup d'arrêt, les Héraultais n'en restent pas moins dans une position enviable. Depuis le coup d’envoi de la saison, ils se sont déjà imposés à deux reprises en déplacement, pour trois défaites concédées.  

 





Malgré le spectaculaire et prometteur match nul ramené de la pelouse de Bordeaux-Bègles, Brive ne parvient pas à s’extirper des profondeurs du classement. Les deux dernières rencontres, disputées à l’extérieur, ont débouché sur autant de défaites, tant et si bien qu’après onze journées, le CAB ne compte que deux petites victoires au compteur.
Il va sans dire que la rencontre de ce week-end, face à un adversaire qui lutte également pour sa survie, revêt une importance déjà capitale.

Pour Oyonnax, lanterne rouge du classement, le constat est à peu près le même. Avec un seul succès à se mettre sous la dent, le promu ne peut pas se permettre de prendre du temps avant de réagir. La dernière prestation des Oyomen en déplacement, sur la pelouse du Stade Français, s’était traduite par une défaite encourageante (35-39), assortie du point de bonus défensif.





Toujours dans le ventre mou du classement, Pau reste sur une défaite bien pardonnable à l’extérieur, sur le terrain de La Rochelle. La Section a déjà perdu à deux reprises sur ses terres, devant le Stade Français et Montpellier, ce qui fait déjà beaucoup pour un prétendant aux phases finales.

Décimé par les blessures en première ligne, amoindri par l’absence de plusieurs internationaux, Bordeaux-Bègles a fait preuve de caractère pour rester invaincu lors de ses deux derniers rendez-vous, tous disputés à domicile.
Les Girondins sont toujours dans le Top 6 et une victoire ce week-end soulignerait ses ambitions. La saison dernière, l’UBB avait signé un joli coup en s’imposant au Hameau, 30 à 28.





Toulon traverse une passe délicate, matérialisée par trois défaites de rang, devant Agen, le Racing et Castres. Le RCT n’est pas aujourd’hui parmi les qualifiés virtuels pour les phases finales, et une réaction semble nécessaire. Depuis la première journée, les Varois comptent quatre victoires pour une défaite à Mayol. Cette dernière est intervenue face au Racing 92, pour ce qui reste la dernière apparition des Rouge et Noir à Mayol.

Après deux défaites d’affilée, dont l’une à domicile, le LOU n’a pas réussi à inverser la tendance en s’inclinant devant le Stade Toulousain pour le compte de la dernière journée. Cela a fait perdre au club rhodanien une place au classement, et Pierre Mignoni, à l’heure de retrouver son ancien club, ne fera certainement pas le déplacement sans ambition. En 2016-2017, Lyon n’avait pas existé en terre toulonnaise, avec à la clé une sévère défaite, 31 à 17.







Malgré l’épidémie de blessures qui s’est abattue sur le club, et notamment à la charnière, Clermont tient le cap et reste sur deux matchs sans défaite. Un temps à la peine au classement, le club remonte lentement mais sûrement la pente pour se rapprocher des places qualificatives. Un succès ce week-end, qui semble sur le papier largement à sa portée, confirmerait cette embellie.

Si Agen semble promis à une saison délicate, il n’entend certainement pas lâcher le morceau. Le SUA est aujourd’hui en dehors de la zone rouge, et sa victoire face au Stade Français, pour le compte de la dernière journée, s’apparente à une énorme bouffée d’oxygène. A l’extérieur, le parcours du club lot-et-garonnais tourne pour le moment au cauchemar absolu, avec cinq défaites en autant de matchs et un seul point de bonus défensif amassé.







Battu sur la pelouse d’Agen il y a quelques jours, le Stade Français a perdu une opportunité de prendre ses distances avec les deux dernières places. Si l’heure n’est pas à l’urgence au vu de la situation du club au classement, il convient de rester vigilant. Les Parisiens, qui ont prouvé qu’ils savaient faire preuve de caractère cette saison, devront le démontrer une nouvelle fois à l’occasion de cette rencontre forcément particulière.

Huitième au soir de la septième journée, le Racing a depuis engrangé quatre victoires consécutives et s’est positionné tout en haut du classement. Les récentes performances sur la pelouse de Toulon puis à domicile contre Montpellier ont sans doute permis au club francilien d’engranger un maximum de confiance, ce qui sera sans doute utile avant ce derby. La saison dernière, lors de la 25ème journée et dans un contexte de fusion avortée, les Ciel et Blanc étaient repartis battus de Jean Bouin, 23 à 27.

26 septembre 2006. En marge d’un Stade Toulousain-Castres disputé à Ernest Wallon, Cédric Heymans reçoit le trophée de joueur du mois, organisé conjointement par Provale et la Ligue Nationale de Rugby.

Après s’être affirmé comme joueur de renom au Stade Toulousain et en équipe de France, Pierre Villepreux a réussi une brillante carrière d’entraîneur. L’ancien ouvreur revient sur son riche parcours et apporte son éclairage sur le rugby actuel.

Vous avez débuté votre carrière internationale à Brive avant de rejoindre le Stade en 1965 où vous avez évolué pendant dix ans. Pouvez-vous nous rappeler les circonstances de votre arrivée ?

C’était très simple, j’étais étudiant en éducation physique et j’ai réalisé ma première année de formation à Toulouse. Je me suis dit que si je voulais être professeur d’éducation physique, comme le cursus durait quatre années, je devais signer au Stade Toulousain. Pour réussir mes études, je ne pouvais pas me permettre d’effectuer des déplacements à Brive tous les week-ends.

Pourquoi avez-vous choisi la Ville Rose pour vous épanouir rugbystiquement ?

J’ai trouvé à Toulouse tout ce qui me convenait pour jouer au rugby. J’y ai été nommé pour passer mon Cap S, à l’Université Paul Sabatier. Avec ma profession, je me devais de rester à Toulouse. La seconde raison est que j’avais trouvé au Stade Toulousain une ambiance et des dirigeants remarquables. Il y avait une équipe qui commençait progressivement à tenir la route. Toutes ces raisons ne me donnaient aucune raison de quitter Toulouse.

Vous étiez considéré comme l’un des plus grands arrières du monde. Avec cet accomplissement en tant que joueur, vous sentiez-vous « intouchable » ?

Je ne me sentais pas intouchable. Ce qui animait ma vie de rugbyman, c’est la passion que j’avais pour le jeu, que ce soit en équipe de France ou au Stade Toulousain.

J’ai toujours pensé que si le plaisir n’était pas présent, ce n’était pas la peine de jouer. L’équipe du Stade me convenait très bien, tout d’abord à travers le jeu qu’elle pratiquait, basé sur du mouvement et qui laissait beaucoup de liberté aux joueurs et la possibilité de prendre des initiatives. D’autre part, en équipe de France, nous n’avions pas d’entraîneur à l’époque, c’était nous qui appelions les joueurs, nous faisions donc un peu ce que nous voulions. C’était toujours le plaisir qui primait.

Vous étiez également connu et reconnu pour votre coup de pied, qui vous permettait de buter à plus de cinquante mètres des perches. Etait-ce le résultat d’un travail régulier ou était-ce simplement un don ?

J’ai joué au football jusqu’à l’âge de seize ans car il n’y avait pas d’école de rugby. Je suis ensuite parti au lycée à Brive où j’ai commencé à jouer au rugby. J’avais des capacités pour frapper dans un ballon qui étaient liées à la pratique du football. Quand j’ai débuté le rugby, on m’a dit qu’il fallait frapper avec la pointe du pied. J’ai donc commencé avec cette méthode mais cela ne me convenait pas. Je me suis donc mis à frapper le ballon sur le côté. J’ai inventé ce coup de pied. Je ne l’ai pas vraiment travaillé car j’avais déjà cette qualité, acquise grâce au football. Ensuite, comme tout le monde, je m’entraînais à frapper dans le ballon mais beaucoup moins souvent que ne le font les joueurs aujourd’hui. Nous nous entraînions deux fois par semaine.

Vous avez connu l’avant-professionnalisme… Que pensez-vous du rugby d’aujourd’hui ?

Le rugby actuel est redevenu très physique. C’est lié au fait qu’à un moment, nous avons pensé que nous avions un retard au niveau physique par rapport aux grandes nations. En raison justement du professionnalisme et du temps imparti pour se préparer, le travail des joueurs a été beaucoup plus axé sur la préparation physique, avec les effets pervers que cela a engendré. Nous y avons perdu notre créativité et notre excellence dans le jeu en mouvement, ce qui faisait partie de nos forces reconnues par les étrangers. C’est même devenu leurs forces au fur et à mesure que nous les perdions.

Quel est ton plus beau souvenir en tant que joueur ?

C’est toujours une question difficile car j’ai plusieurs souvenirs en tête. Je me souviens de défaites en équipe de France où nous avions tellement bien joué que c’est comme si nous avions gagné. Je pense notamment à une rencontre au Pays de Galles en 1971 et à un match contre les All Blacks à Auckland au cours duquel nous avions inscrit plus d’essais que nos adversaires, nous nous en étions vus refuser deux sur des en-avants discutables. L’anecdote est qu’à l’époque les arbitres étaient néo-zélandais. Si nous avions eu la vidéo, je pense que nous aurions gagné le match. Ces matchs sont pour moi plus marquants que le Grand Chelem de 1968 par exemple, auquel j’ai participé mais lors duquel le jeu n’était pas extraordinaire.
Au Stade Toulousain, la finale de Championnat de France en 1969 perdue face à Bègles (11-9) me vient particulièrement à l’esprit.

Ce match n’est pas du tout un bon souvenir mais tout ce qui s’était passé avant, en l’occurrence le parcours du Stade, en est un. Notre équipe n’était pas forcément attendue à ce stade de la compétition et était composée de jeunes joueurs qui s’étaient bien exprimés durant la saison. Jusqu’en 1974, nous avions une très belle équipe de rugby.

Les joueurs de l’époque mettent énormément en avant l’amitié qui existait au sein du groupe dans ces années-là. Etait-ce quelque chose de fort ?

Oui, car l’amitié se construit au fil du temps. Cela était plus facile quand les joueurs restaient tout le temps dans le club. Personnellement, j’ai très peu changé de partenaires car nous ne quittions pas le club. Aujourd’hui, les joueurs vont là où ils ont le plus d’argent : plus on vous offre, plus vous êtes tenté de partir. Ce n’était pas du tout le cas à l’époque. La connaissance des joueurs au travers du jeu se transformait en une amitié. Nous avons aujourd’hui encore de bonnes relations, nous nous voyons de temps en temps. Il reste quelque chose de fort.
Je ne suis néanmoins pas quelqu’un de « rétro ». Je suis toujours resté en contact avec le rugby puisque j’ai été Directeur Technique National au sein de la FFR, j’ai travaillé pendant cinq ans à l’IRB. Je ne suis pas du tout un nostalgique de ce qui se faisait avant. Je regrette cependant que nous ayons progressivement perdu toutes les qualités, toute cette culture du jeu que nous avions. Elle serait pourtant encore d’actualité aujourd’hui. Le rugby actuel est encore capable de produire un jeu qui va intéresser le public et notamment les jeunes. Quand on voit jouer certaines nations, il est évident que cela donne envie de pratiquer ce sport. Je n’ai pas d’états d’âme par rapport à cela.

A l’issue de votre carrière professionnelle, vous avez décidé de vous orienter très rapidement vers le poste d’entraîneur. Est-ce quelque chose que vous avez toujours ambitionné ?

A l’origine, j’étais professeur d’éducation physique et j’enseignais le rugby à l’université. Lorsque j’ai quitté le Stade Toulousain en 1974, je me suis dit que si je devais arrêter le rugby, je devais m’en aller. Je suis donc parti à Tahiti pendant trois ans. Je l’ai fait car je savais que là-bas, personne ne m’embêterait pour me demander de jouer. (rires) Quand je suis revenu en France, la fédération italienne est venue me voir pour me demander de m’occuper des entraînements de leur équipe nationale et d’assurer en même temps le développement du rugby en Italie. Cela m’a intéressé et je suis parti pendant trois ans à Rome. Cela me permettait d’avoir un certain détachement puisque je ne quittais pas mes fonctions de professeur d’éducation physique en France, mais j’étais à la disposition de la fédération italienne. Cela me convenait très bien.

J’ai choisi d’entraîner car c’était pour moi un moyen de rester en contact avec le rugby. Par la suite, lorsque je suis rentré d’Italie, Jean Fabre, qui était président du Stade Toulousain, m’a demandé si je voulais entraîner l’équipe première. J’ai accepté avec plaisir et j’ai ainsi été pendant dix ans entraîneur du Stade Toulousain, de 1981 à 1991.  

Vous avez remporté trois titres avec le Stade Toulousain en tant qu’entraîneur. Quelles sont les différences avec les sensations de victoire comme joueur ?

C’est mieux de gagner sur le terrain même si en tant qu’entraîneur, il y a aussi un plaisir qui est de voir que le jeu que l’on essaie de mettre en place se réalise et est gagnant. C’est cela qui est intéressant.

Seriez-vous prêt à échanger l’un de ces trois titres contre un Bouclier en tant que joueur ?

Je ne me pose pas la question de cette façon car ce ne sont pas les mêmes objectifs, ni les mêmes valeurs. Je n’échangerais rien. Il y a un constat qui est que je n’ai pas été champion comme joueur, mais tant pis. Nous avons perdu un match que l’on aurait dû gagner, c’est de notre faute et non pas de celle de l’entraîneur.

Vous avez connu 34 sélections avec le XV de France et remporté un Grand Chelem en 1968. N’avez-vous que des bons souvenirs de cette période ?

Oui, car comme je vous l’ai dit, la composition de l’équipe de France n’était pas faite par les joueurs, contrairement à tout ce qui relevait de l’entraînement et de la préparation. C’était beaucoup plus décontracté, il n’y avait pas un environnement médiatique aussi lourd qu’aujourd’hui. Il y avait trois ou quatre journalistes qui nous suivaient et qui sont devenus des amis au fil du temps. C’était totalement différent et pour moi, l’équipe de France reste un très bon souvenir.

Quel regard portez-vous sur l’équipe de France d’aujourd’hui ?

Cette équipe a surtout besoin de gagner. Les résultats actuels ne sont pas favorables au développement du jeu choisi, pas seulement par Guy Novès, mais également par ses prédécesseurs. Le jeu est mis en échec. Cela pose ipso facto plusieurs problèmes qui deviennent récurrents : la visibilité et la qualité du jeu proposé qui est en difficulté, l’implication des médias qui n’est pas toujours intéressante ni porteuse de confiance…

Quand on veut jouer un jeu ambitieux comme le souhaite Novès, il faut bien que les résultats suivent à un moment donné. Autrement, cela signifie que le jeu que l’on essaie de mettre en place n’est pas performant. Si j’écoute ce que dit Guy Novès, le jeu qu’il souhaite installer est tout à fait réalisable. Pour avoir essayé de le mettre en place au Stade Toulousain, en équipe de France, ou même avec la sélection italienne, cela a pu fonctionner. Le problème est peut-être dans l’appropriation de ce jeu par les joueurs. Certains n’y sont pas forcément préparés, en raison d’une compétition de Top 14 qui est basé sur les résultats, au détriment parfois de la performance. Cela dessert ainsi la mise en place d’une identité de jeu.  

Vous avez vous-même été sélectionneur national, en amenant d’ailleurs le XV de France en finale de la Coupe du Monde en 1999. Quelles sont les difficultés lorsque l’on endosse ce rôle ? Quels souvenirs gardez-vous de cette expérience ?

Sur mes trois années en tant que sélectionneur national, j’ai eu la chance de remporter deux Grands Chelems et de participer à une finale de Coupe du Monde. Ce n’est pas pour autant que tout a été rose. Il y a eu des difficultés avec les joueurs sur le jeu à produire car entraîner en club et en équipe de France sont deux choses différentes. On a affaire à des personnalités différentes, avec des personnes qui n’adhèrent pas forcément au jeu que vous souhaitez mettre en place. Certains disent y adhérer mais ne le font pas et « traînent des pieds ». Tout cela fait que c’est très difficile. Ce qui nous a aidé avec Jean-Claude Skrela, c’est que nous avons eu des résultats corrects. Mais si nous avons encaissé une ou deux fois des « volées » mémorables, cela nous a servi pour rebondir. De plus, nous avons rarement perdu plus de deux fois consécutivement. Cette dynamique-là a permis d’avoir des résultats. Je pense que nous aurions pu réaliser de meilleures performances si nous avions obtenu l’adhésion de l’ensemble des joueurs.

Néanmoins, je n’ai pas lâché car je n’en avais rien à faire. Je n’allais pas céder sous la pression et j’étais fidèle à mes convictions.

Votre destin a souvent été lié à celui de Jean-Claude Skrela : entraîneur du Stade Toulousain, sélectionneur du XV de France, jusqu’à ce que ce dernier vous succède au poste de Directeur Technique National. Avez-vous un mot à transmettre à votre camarade de toujours ?

J’ai également joué avec Jean-Claude car il est venu au Stade Toulousain lorsque j’étais joueur. J’ai bien sûr apprécié le sportif, ainsi que Jean-Pierre Rives pour leurs carrières en équipe de France. Par la suite, quand je suis arrivé entraîneur au Stade Toulousain, il était encore joueur et il a fait une année lorsque j’entraînais avec Robert Bru. Quand Jean-Claude a mis un terme à sa carrière en 1983, nous nous sommes dit que nous ne pouvions pas le laisser partir et qu’il fallait lui laisser des responsabilités au sein du club. Nous l’avons donc pris avec nous. Robert Bru est devenu directeur sportif du Stade, et Jean-Claude et moi avons pris en charge l’entraînement. J’ai continué ma mission au Stade Toulousain en ayant beaucoup de problèmes avec la fédération en place, en particulier avec le président Albert Ferrasse. Le Stade Toulousain était un club novateur sous la férule de son président Jean Fabre. Avec beaucoup de fougue et de passion, nous nous sommes largement opposés à la Fédération. Cela m’a poursuivi. A un moment, même si j’étais a priori un entraîneur correct, il n’était pas question que l’on fasse appel à moi pour entraîner l’équipe de France. Jean-Claude (Skrela) a ensuite été appelé à la tête des Bleus. Il est resté un an seul en place puis a demandé à ce que je vienne le rejoindre. J’ai accepté avec plaisir mais je n’envisageais pas forcément de continuer au-delà des trois années de mandat, cela me suffisait. Cela a été plaisant car nous avons beaucoup plus gagné que perdu.

Par la suite, la Fédération m’a proposé le poste de Directeur Technique National. Je l’ai pris avant de partir quatre ans plus tard car je n’étais pas d’accord avec la politique de la Fédération. Je ne m’entendais pas forcément bien avec le président Bernard Lapasset. Je n’avais pas besoin de la Fédération pour vivre, donc je suis parti.

On sait que vous avez énormément voyagé dans votre vie : la Polynésie, l’Angleterre, l’Italie… Ces voyages vous ont-ils permis de découvrir et d’appréhender le rugby différemment ?

Bien sûr, car on est confronté à des cultures différentes et à des méthodes d’enseignement du rugby distinctes. Les joueurs ont également des profils différents. On se rend compte que si l’on veut être efficace dans ce contexte, il ne faut pas arriver avec ses idées mais plutôt essayer de les amener progressivement afin de se les faire approprier par les « gens du coin ». Toutes ces cultures m’ont beaucoup enrichi et aidé. Mon passage en Italie a été pour moi un moment très fort. Quand je suis parti vivre à Tahiti, j’en ai profité pour aller en Nouvelle-Zélande, c’était à cinq heures d’avion. Cela m’a permis de connaître des gens, comme les deux entraîneurs des All Blacks, dont un, Wayne Smith, qui est venu au Stade Toulousain pour voir comment on s’entraînait. Toutes ces connaissances issues de différentes cultures m’ont permis de diffuser la méthodologie d’enseignement que j’ai essentiellement pratiqué au Stade Toulousain. Si je l’ai importé à Toulouse, c’est également parce que je l’avais testé ailleurs.

Dans votre carrière, quel était le joueur le plus guerrier, qu’il valait mieux avoir avec que contre soi ?

Claude Labatut était un joueur qui n’avait pas toutes les qualités physiques et techniques mais qui compensait cela avec de la volonté, de l’envie et de la passion.

Quel joueur vous a le plus impressionné par son talent ?

Dans ma carrière de joueur, j’avais une excellente relation de jeu avec Jean-Louis Bérot, nous nous comprenions sans rien nous dire.

Au Stade, quel était le joueur le plus drôle dans le vestiaire ?

C’était sans aucun doute le pilier Noël Brousse, qui était plein d’humour, avait toujours le mot juste, les paroles marrantes. C’était un brillant compagnon à la fois dans le rugby et en dehors.

Le plus râleur ?

J’aurais tendance à dire Claude Labatut également (rires). 

Parmi toutes les troisièmes mi-temps à fêter les victoires, laquelle vous laisse un souvenir mémorable ?

Toutes sans exception. Néanmoins, il y en a une en équipe de France après avoir gagné contre l’Angleterre. J’étais « monté » à Paris avec ma voiture que j’avais dans la soirée près de la boîte de nuit où nous étions allés. Le lendemain matin, après être rentré à mon hôtel, je ne savais plus où était ma voiture, j’étais incapable de savoir où je l’avais mise. Cela veut dire que j’avais bien fait la fête. J’ai eu l’obligation d’aller voir la police qui a tourné avec moi dans les quartiers pour la retrouver.

Que faites-vous aujourd’hui ?

Je suis retraité de l’Education Nationale et élu au Comité Editorial du Limousin, dont je suis le vice-président. Je suis également engagé dans la liste d’opposition pour la Nouvelle-Aquitaine en vue de l’élection qui aura lieu le 9 décembre. Je continue toujours de m’occuper du rugby en répondant aux demandes de formation qui me sont envoyées dans le monde entier. Je m’en vais par exemple bientôt à Madagascar, je vais en Italie ce week-end.

Le mot de la fin ?

J’aimerais que le Stade retrouve ce goût du jeu qui lui a appartenu pendant de nombreuses années. Je souhaite également que le public reste fidèle à ce jeu-là, conduisant au chemin du succès.