Le principal trait de mon caractère
Réservé


Mon principal défaut
Râleur


Ma principale qualité
Réfléchi


Ce que j'apprécie le plus chez mes amis
Leur bonne humeur


Mon occupation préférée
Passer du temps avec mes amis et ma famille


Mon rêve de bonheur
Rester proche de ceux qui me sont chers


Quel serait mon plus grand malheur ?
M’éloigner de ceux qui me sont chers


Le pays où j'aimerais vivre
Le Canada


Un héros dans la fiction
Harry Potter


Mes héros dans l’histoire
Nelson Mandela


Personnage historique que je déteste le plus
Hitler


Le don de la nature que je voudrais avoir
L’oreille absolue


Comment j'aimerais mourir
Sans regret


Mon état d’esprit actuel
Impatient


La faute qui m'inspire le plus d'indulgence
Le retard


Ma devise
Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait, rien ne se perdrait

Dominateurs, les Toulousains s’adjugeaient logiquement le choc des Stades la saison dernière (23-19). Mais les Parisiens, malgré l’expulsion de Sergio Parisse, n’ont jamais renoncé et sont restés menaçants jusqu’à la dernière seconde.

A Toulouse (Ernest Wallon) - Stade Toulousain bat Stade Français 23 à 18 (mi-temps : 9-3)

Pour le Stade Toulousain : 2 essais de Palisson (47) et Dusautoir (63) ; 2 transformations de Bezy (47) et Flood (63) ; 3 pénalités (8, 29, 38) de Bezy.
Pour le Stade Français : 2 essais de Papé (58) et Arias (80) ; 1 transformation de Bosman (80) ; 2 pénalités (6, 49) de Dupuy.

Evolution du score : 0-3, 3-3, 6-3, 9-3, 16-3, 16-6, 16-11, 23-11, 23-18

Stade Toulousain : Médard ; Huget, Fickou (Fritz, 68), Flood, Palisson (Kunatani, 68) ; (o) Doussain (m) S. Bezy ; Faasalele (Tekori, 68), Galan, Dusautoir (cap) ; Gray, Maestri (Lamboley, 56) ; Aldegheri (Van Dyk, 55), Marchand (Tolofua, 47), Baille (Steenkamp, 55).
Carton jaune : Bezy (55)

STADE FRANCAIS : Sinzelle ; Arias, Millet, Williams, Qadiri (Macalou, 45) ; (o) Bosman (m) Dupuy (Daguin, 64) ; Lakafia (Burban, 53), Parisse (cap), Ross ; Papé (Mostert, 60), Gabrillagues (De Giovanni, 73) ; Slimani (Taulafo, 63), Bonfils (Sempere, 60), Van der Merwe (Zhvania, 63).
Carton rouge : Parisse (37)

Un Classico, c’est bien connu, n’est pas une rencontre comme les autres, et ce cru 2016-2017 n’a pas fait exception à la règle, avec son lot de suspense et de rebondissements. D’entrée de jeu, les Rouge et Noir prenaient le jeu à leur compte et investissaient le camp parisien. Si Dupuy, contre le cours du jeu, ouvrait le score, Bezy répliquait dans la foulée et, très vite, les locaux prenaient l’avantage.
Mais si la physionomie de la partie était à l’avantage des Toulousains, ils ne parvenaient pas à franchir la ligne, malgré deux occasions assez franches, à mettre au crédit de Palisson. Sur la première, l’ailier laissait échapper le ballon au moment d’aplatir, et sur la deuxième, il était in extremis projeté en touche.

L’un des tournants intervenait juste avant la pause : le capitaine parisien, Sergio Parisse, était expulsé pour un plaquage dangereux sur Galan. Les joueurs de la capitale allaient devoir évoluer en infériorité numérique durant plus d’une mi-temps.

Cela se traduisait logiquement dès la reprise. Cette fois, Palisson allait à dame après avoir tapé intelligemment pour lui-même et redonnait aux siens une confortable avance (16-3, 46ème).  L’affaire, pourtant, était loin d’être conclue car Papé, pour le dernier match de sa carrière en terre stadiste, profitait d’une pénal’touche pour aplatir à son tour. Heureusement, un autre vétéran, Thierry Dusautoir, lui donnait la plus belle des répliques en s’extrayant d’un groupé-pénétrant pour inscrire le deuxième essai des siens.

A 23-11, la messe était dite, mais le Stade Français ne lâchait pas le morceau pour autant. Leur abnégation était récompensée par un essai de Julien Arias sur la sirène, synonyme de bonus défensif. Un scénario qui, au final, semblait satisfaire les deux clubs.

« On a vu qu’il y avait encore quelques doutes sur ce match-là. On a tombé des ballons, mais nous avons retrouvé notre rythme et un peu de notre jeu. Il y a encore beaucoup de choses à revoir, mais ça fait du bien. Quand tu gagnes, tu travailles plus sereinement à l’entraînement. Tu as la confiance qui revient et c’est vraiment très important, » admettait Maxime Médard à l’issue de la rencontre.

Le champion du monde néo-zélandais Charlie Faumuina est l’une des recrues-phares du Stade cette saison. Portrait d’un joueur au physique hors-norme prêt à séduire le public toulousain.

Le Stade Toulousain tient cette saison l’une des références mondiales au poste de pilier. Son nom : Charlie Faumuina. Avec son mètre 85 et ses 125 kg, le Néo-Zélandais devrait mettre au service du pack rouge et noir ses qualités de solidité, de puissance et de lecture du jeu. Comme l’expliquait Fabien Pelous au moment de l’officialisation de son recrutement, Faumuina possède le profil pour s’adapter facilement au jeu toulousain et aux spécificités du Top 14 :

 

« Charlie possède cette capacité d’être fort sur les phases de conquête, grâce à un physique impressionnant, tout en étant disponible pour le jeu en mouvement, » affirme l’homme aux 118 sélections sous le maillot tricolore. « Associé à une technique individuelle très aboutie, il viendra compléter un groupe de première ligne toulousain tourné vers le jeu de mouvement. Je crois que Charlie va se plaire dans ce Top 14, qui est un championnat qui mettra en valeur ses qualités. »

Ses aptitudes, Faumuina les a façonnées à travers une grande expérience du haut niveau. Il compte 86 rencontres de Super Rugby disputées avec la province néo-zélandaise des Blues mais a surtout été un joueur majeur des All Blacks au cours des dernières années. Avec le XV à la fougère, le joueur à la longue barbe a totalisé 50 sélections entre 2012 et 2017, a remporté à quatre reprises le Rugby Championship et disputé six matchs lors de la dernière Coupe du Monde, dont la finale victorieuse face aux Wallabies (34-17). Lorsqu’il évoque son expérience avec les Blacks, Charlie Faumuina s’exprime sans équivoque et ne retient que du positif :

 

« Si je devais dire une chose au sujet des All Blacks, c’est qu’il s’agit sans doute de l’équipe de rugby la mieux préparée que l’on puisse affronter, » confie-t-il. « Tout ce que les All Blacks entreprennent, c’est avec un objectif bien précis en tête. Les joueurs travaillent toujours extrêmement dur mais en dehors du terrain, ils savent aussi s’amuser et passer du bon temps. Le parcours lors de la dernière Coupe du Monde, qui nous a menés jusqu’à la victoire finale face à l’Australie, a été un souvenir fantastique. J’ai passé de très bons moments lorsque je portais ce maillot. »


Voilà donc un renfort de premier plan dans les rangs toulousains, qui pourra épauler la jeunesse de la première ligne stadiste, incarnée par Dorian Aldegheri, Cyril Baille et Julien Marchand. A 30 ans, Charlie Faumuina a su se laisser séduire par le projet du club toulousain :

« Venir dans cette partie du Monde qui a une grande influence dans le rugby représente beaucoup pour moi, » explique le joueur. « Etre approché par un club qui a une riche histoire avec de nombreux championnats remportés et qui est situé dans une ville avec de beaux endroits à voir et à visiter était une opportunité très intéressante. Je n’ai entendu que des compliments sur le club de la part de ceux qui ont eu la chance d’y évoluer. J’apprécie énormément le jeu à la toulousaine, et je suis persuadé qu’il me correspondra. Je sais que le club est ambitieux et qu’il aspire à gagner des titres. »

Celui qui remplace numériquement Census Johnston, double champion de France avec les Stadistes, a rendu hommage à son prédécesseur lors de son arrivée au club et est désormais conscient de la mission qui l’attend :

« J’ai parlé de lui avec mon coach chez les Blues et il m’a dit qu’il était un joueur très important du Stade Toulousain et une personne très appréciée. Je le respecte beaucoup, notamment pour ce qu’il a accompli sous le maillot toulousain. Je fais essayer de poursuivre son travail pour le club lors des saisons à venir. »



C’est le nombre de défaites concédées par le Stade Toulousain face à son rival historique, sur les dix dernières rencontres disputées dans la Ville Rose. Le meilleur résultat obtenu par les Parisiens dans ce laps de temps est un match nul en 2009-2010, lors d’un match vierge de tout essai (9-9).

Après une fin de saison dernière prometteuse, le Stade Français entame ce nouvel exercice avec de nombreux bouleversements au sein de son organisation mais avec un projet clairement défini.

Lors d’une conférence de presse organisée le 14 juin dernier, le nouveau président du Stade Français, Hans-Peter Wild, avait fait part de son ambition pour son club à long terme : figurer dans le Top 6, voire le Top 3. A long terme oui, car cette saison est selon lui une période de transition.
Des paroles compréhensibles car le club parisien se situe actuellement aux prémices de sa mutation : en plus de la prise de fonction du milliardaire allemand à la place de Thomas Savare, le Stade Français a opéré quelques changements dans son organigramme, avec les arrivées de Fabien Grobon comme directeur général et de Robert Mohr en tant que directeur sportif.

Ce dernier aura la charge de rendre le secteur sportif, de l’école de rugby jusqu’à l’équipe professionnelle, performant. Dans cette optique, la formation joue un rôle essentiel dans le projet parisien selon Mohr : « On souhaite développer les liens avec l’association pour attirer encore plus de joueurs au niveau de l’école de rugby, » confie-t-il. « On doit faire rêver les gamins pour qu’ils aient envie de venir chez nous. Je ne trouve pas normal qu’il y ait autant de joueurs parisiens dans les clubs de province, ils devraient être ici. »

Le club de la capitale souhaite donc s’appuyer sur le vivier de joueurs issus de la région parisienne afin de retrouver son attractivité d’antan en remplissant régulièrement son stade Jean-Bouin : « L’idée est de redevenir une entreprise de spectacle comme le Stade Français pouvait l’être avec Max Guazzini, » affirme Robert Mohr. « Mais on se doit de fidéliser les spectateurs en supporters ou en partenaires. Partager de la passion et des émotions. Ça passe par un stade plein. Et pour cela, il faut un beau jeu porté vers l’offensive et, si possible, des résultats positifs. »



Au niveau du jeu, la fin de saison dernière avait laissé entrevoir de belles promesses. Le Stade Français avait fini la saison en trombe en remportant la Challenge Cup et en terminant septième du championnat, manquant de peu la qualification pour les barrages après avoir lutté pour le maintien en début de saison.

Les soldats roses veulent donc surfer sur cette dynamique qui leur avait permis de devenir la cinquième équipe du Top 14 au classement des marqueurs d’essais (65). Les capacités offensives parisiennes sont donc bien réelles, comme le justifie Robert Mohr : « Nous avons la volonté de tourner le projet sportif vers l’offensif. L’an passé, l’équipe a été l’une de celles qui ont marqué le plus d’essais en contre-attaque. On veut renforcer cette identité et la formaliser. Et développer cette identité au sein de toutes les équipes du club. »

Cette saison, la lecture de jeu prônée par Greg Cooper, qui remplace Gonzalo Quesada au poste de manager, sera un aspect déterminant dans le jeu du Stade Français. L’ancien entraîneur des Highlanders, arrivé au club un an plus tôt, avait su se faire apprécier de l’effectif grâce à cette philosophie : « Ma priorité, c’est la vitesse,» affirme-t-il. « Ce jeu doit être joué avec intensité. Il faut être prêt physiquement et il faut aussi les compétences techniques. J’aime que les joueurs sachent réagir à ce que leur oppose l’adversaire. (…) On aime attaquer et on va rester sur cette philosophie. Je dis oui au jeu, mais nous avons aussi des fondamentaux à assurer. On doit construire chaque étage de la fusée pour bien utiliser le ballon. »

Avec le départ de joueurs-clés comme Geoffrey Doumayrou, Raphaël Lakafia, Hugo Bonneval ou encore Rabah Slimani, le Stade Français pourra compter sur un effectif jeune, avec de nombreux éléments formés au club. Le groupe sera renforcé par des recrues sur toutes les lignes, parmi lesquelles les ailiers Romain Martial et Marvin O’Connor, arrivés respectivement de Bayonne et de Montpellier. Après de bonnes performances en fin de saison dernière avec le club parisien, l’arrière Djibril Camara sera l’un des atouts majeurs du Stade Français lors de cet exercice 2017/2018 et tentera de mettre en avant ses facultés sur les ballons hauts et son flair sur les relances.

Avec tous ces éléments, le Stade Français dispose des fondations pour mettre en place sa nouvelle politique.



TOP 14 16/09/2017
LA COMPOSITION DE L'ÉQUIPE
VOUS EST PRÉSENTÉE PAR
VS
POINTUD 1
GHIRALDINI 2
FAUMUINA 3
MAESTRI 4
TEKORI 5
GRAY 6
MADAULE 7
AXTENS 8
DUPONT 9
HOLMES 10
KOLBE 11
DAVID 12
POI 13
HUGET 14
RAMOS 15
remplaçants
ROUMIEU
MIENIE
FAASALELE
GALAN
FICKOU
DOUSSAIN
MEDARD
VAN DYK

Présent depuis 2004 dans l’effectif du Stade Français, Julien Arias a traversé les époques avec son club de cœur. Avant le Classico entre les deux Stades, le trois-quarts aile revient sur son parcours parisien.

Au Stade Français, les présidents passent, les joueurs passent, mais Julien Arias reste ! Qu’est-ce qui te fait encore courir aujourd’hui ?

Je me rapproche de la fin de ma carrière et je ressens le besoin de continuer à m’amuser. Le rugby est pour moi une grande passion : tant qu’elle perdure et que j’ai la chance de pouvoir continuer, j’en profite.

Durant toutes ces années, l’opportunité de porter un autre maillot a dû se présenter. Pourquoi es-tu resté fidèle au Stade Français ?

Pour beaucoup de raisons. Tout d’abord car j’adore ce club, aucun challenge ne m’a davantage tenté que celui du Stade Français. C’est un club particulier, j’ai toujours eu la chance de pouvoir y rester. C’est vraiment une fierté de pouvoir être ici depuis tant d’années. Il y a eu tellement de bouleversements depuis que je suis arrivé que j’ai souvent eu l’impression de découvrir un nouveau club, notamment en raison des changements de présidents et d’entraîneurs. Cela permet de ne pas s’installer dans une certaine routine. Il y a eu également l’arrivée du nouveau Jean-Bouin. Tout cela fait qu’on n’a pas l’impression d’être resté dans le même club depuis si longtemps. Tout passe même assez vite finalement.

Dans quel état d’esprit abordez-vous cette nouvelle saison ? Quels sont les objectifs du staff et de vous, joueurs, pour ce nouvel exercice ?

Nous sommes tous des compétiteurs, l’objectif est donc simple : gagner de nombreux matchs pour atteindre les phases finales. Il y a beaucoup d’évolutions cette saison avec pas mal de nouveaux joueurs et des changements structurels. Il faut que tout le monde assimile cela petit à petit.

Vous avez la particularité d’avoir reçu à domicile lors des deux premières journées du championnat. Le bilan est plutôt mitigé avec une victoire et une défaite… Votre contre-performance face au LOU a-t-elle servi d’électrochoc ?

Je l’espère. Même si le LOU est une très belle équipe, nous attendions beaucoup de ce premier rendez-vous et nous avons pris une grosse claque. Heureusement, le match suivant, face à La Rochelle, a rassuré tout le monde au club, en particulier les joueurs. Il va maintenant falloir essayer de construire sur ce match afin de continuer à progresser pour engranger des points.

Le club a connu de nombreux changements à l’intersaison. Est-ce que cela peut expliquer votre mise en route délicate ?

On ne va pas se cacher derrière des excuses mais avec autant de changements, il y a forcément un certain nombre de choses à assimiler. Il y a eu beaucoup de nouveaux joueurs, la préparation n’a pas été optimale car il y a eu pas mal de blessés et également quelques problèmes extra-sportifs. Forcément, ça joue un peu. Sur le match de Lyon, on a fait une grosse entame avec vingt minutes à très haute intensité et avec de la qualité. On a ensuite baissé un peu de pied. Les Lyonnais étaient aussi bien préparés et cela a été une douche froide. Mais ce match est désormais derrière nous.

Tu as connu l’époque des grandes rivalités entre les deux Stades, avec beaucoup de tensions et de déclarations d’avant-match. Comment vivais-tu ces matchs-là ?

Cela faisait partie du jeu et de l’histoire des deux clubs, mais cela s’est un peu essoufflé lors des dernières années. A l’époque, tout ce qui était autour du match était assez exacerbé afin de faire parler dans les médias. C’étaient toujours de super matchs avec une grande qualité, et au-delà de ce qu’il pouvait se dire ou s’écrire avant, c’était le plus important.

Aujourd’hui, un Stade Toulousain-Stade Français est-il devenu un match comme les autres ?

C’est moins un match à part actuellement en raison du classement des deux équipes, qui sont moins souveraines en championnat. Il y a quelques années, c’étaient deux clubs qui jouaient le haut du tableau toutes les saisons. On se retrouvait souvent en phases finales, il y avait donc un peu plus de tension et une plus grande rivalité. L’émergence d’autres équipes, comme Clermont, Toulon ou Montpellier, a changé la donne. Aujourd’hui, tous les clubs évoluent à un certain niveau. Il n’y a plus uniquement le Stade Français et le Stade Toulousain, il y a des gros matchs tous les week-ends. Cette rivalité s’est donc un peu atténuée, même si cela reste toujours des rendez-vous importants pour les deux clubs à chaque fois que l’on se rencontre.

Y a-t-il un match entre les deux Stades qui t’a particulièrement marqué ?

Il y en a eu beaucoup, je n’en ai pas un spécifiquement. Tous les Classicos auxquels j’ai participé étaient importants, ce sont des matchs que tout le monde voulait jouer. Je pourrais néanmoins citer la demi-finale de championnat à Bordeaux en 2005. C’était mon premier match de phase finale, on avait perdu la finale de Coupe d’Europe face aux Toulousains deux semaines plus tôt. C’est un grand souvenir mais il y en a eu tellement que je peux difficilement en sortir un. Je retiens davantage toutes ces années où ces matchs-là étaient compliqués et passionnants.

Tu étais joueur parisien lors des années Guazzini, et c’était sans doute totalement différent d’aujourd’hui. Sans verser dans le cliché du « c’était mieux avant », quel regard portes-tu sur l’évolution du rugby ?

Il est vrai que notre sport a pas mal changé. Et je ne parle pas uniquement du Stade Français. C’est surtout le rugby en général qui a évolué, avec l’émergence et la confirmation de nombreux clubs qui se sont renforcés et qui ont progressé. Le niveau du Top 14 s’est ainsi considérablement élevé, il n’y a plus de « petites » équipes, les matchs sont compliqués tous les week-ends. Le niveau des joueurs est également monté. Cela n’a plus rien à voir avec il y a quelques années et c’est donc plus difficile aujourd’hui.

C’est aujourd’hui loin derrière toi, mais on imagine que toi, le joueur fidèle au Stade Français par excellence, tu avais un avis assez mitigé sur le projet de fusion ?

Oui forcément, c’était quelque chose auquel nous, en tant que joueurs du Stade Français mais aussi une grande partie de l’effectif du Racing 92, n’étions pas d’accord. Tout cela appartient aujourd’hui au passé. On est parti sur un nouveau cycle et c’est le plus important. Cela fera obligatoirement partie de l’histoire des deux clubs, mais nous sommes focalisés sur ce qui arrive, avec les prochains matchs de cette saison. Le passé, on y pense mais on ne s’attarde pas dessus.

Cette fusion, ou plutôt cette non-fusion, a-t-elle malgré tout eu l’effet de vous souder et de vous permettre de réaliser cette deuxième moitié de saison exceptionnelle ?

Oui, il y a eu le titre en Challenge Cup, on finit septième du Top 14 et on ne se qualifie pas pour les phases finales pour un ou deux points. Cela nous a permis de prendre nos responsabilités pendant cet épisode et par la suite, nous sommes parvenus à assumer en tant que groupe et cela nous a donné un surplus de motivation pour la fin de saison.

Vous vous déplacez à Toulouse lors de la prochaine journée. Quelles vont être vos motivations ? Comment perçois-tu le Stade Toulousain ?

Comme pour tous les matchs, nous allons essayer de proposer une grosse opposition, de nous améliorer dans notre jeu et également sur le plan mental.

On sait que les Toulousains sont repartis sur de bonnes bases cette saison, et eux aussi vont vouloir continuer à progresser et gagner chez eux. Comme je l’ai dit précédemment, il n’y a pas de matchs faciles. Les Toulousains seront à la maison, ils sont en train de chercher un nouvel élan. Cette confrontation sera donc intéressante et nous sommes très heureux de disputer cette affiche face à une grosse équipe.

Il faudra être prêt car on sait que le Stade Toulousain sera un gros morceau cette année. C’est un grand club avec de grands joueurs. Les Toulousains ont raté la saison dernière mais je ne pense pas qu’ils en rateront beaucoup derrière. Eux aussi connaissent des changements structurels, au niveau des dirigeants mais aussi des joueurs, car il y en a pas mal qui ont arrêté ou sont partis. Le club connaît un renouvellement important, et il faut que tout le monde assimile progressivement ces changements. Néanmoins, je ne me fais pas trop de souci pour eux, vu la qualité des joueurs qui composent l’effectif. A n’en pas douter, le Stade Toulousain devrait être à la bagarre pour entrer dans le Top 6 en fin de saison.

Le futur proche, comment le vois-tu ? Toujours joueur ? Imagines-tu garder un rôle dans ton club de toujours ?

Pour l’instant, je suis encore joueur, je suis donc focalisé sur le fait d’être performant, de rester en forme, de bien m’entraîner au quotidien afin d’être efficace et disponible pour l’équipe. Je n’ai pas encore vraiment réfléchi à la suite. On verra lorsque j’aurai décidé d’arrêter ma carrière si je peux être utile au club. Mais pour le moment, je suis encore joueur dans ma tête.

Les années passent, la rivalité reste. C’est en tout cas une façon d’interpréter le nombre de cartons jaunes et rouges (14 + 1) distribués de part et d’autre lors des dix précédents Classicos en terre toulousaine. La moyenne de 1,5 par match témoigne ainsi de l’âpreté des débats entre les deux Stades.


Formé au Stade Français, Jules Plisson n’a porté qu’un seul maillot tout au long de sa carrière. Ses débuts en Top 14 remontent à la saison 2010-2011, tant et si bien que malgré son jeune âge, il est aujourd’hui un joueur expérimenté et aguerri, qui totalise plus de 110 matchs au plus haut niveau.
Excellent demi d’ouverture au coup de pied précis, meneur d’hommes, il est également le buteur de son équipe (un rôle qu’il n’a assumé que depuis la saison 2014-2015).

En équipe de France, où il compte 15 sélections, son bilan est plus mitigé : il a ainsi manqué la Coupe du Monde 2015 en raison d’une blessure à l’épaule contractée face au… Stade Toulousain. Appelé depuis par intermittence, il était en revanche de la dernière tournée estivale, où il n’a pas réussi à surnager lors des lourdes défaites concédées en Afrique du Sud.
Particulièrement attendu cette saison, Jules Plisson, en fin de contrat en juin prochain, pourrait également animer le marché des transferts : très courtisé par plusieurs pointures du championnat, quittera-t-il son club de toujours ?

Pos Équipe Pts J G N P Diff B Off B Déf
1
Montpellier 14 3 3 0 0 65 2 0
2
Racing 92 10 3 2 0 1 19 1 1
3
La Rochelle 9 3 2 0 1 29 1 0
4
Toulon 9 3 2 0 1 26 0 1
5
Bordeaux-Bègles 8 3 2 0 1 13 0 0
6
LOU 8 3 2 0 1 8 0 0
7
Castres 7 3 1 0 2 5 1 2
8
Stade Toulousain 7 3 1 1 1 0 0 1
9
Oyonnax 6 3 1 1 1 -29 0 0
10
Pau 5 3 1 0 2 -15 0 1
11
Agen 5 3 1 0 2 -27 0 1
12
Stade Français 4 3 1 0 2 -18 0 0
13
Clermont 4 3 1 0 2 -33 0 0
14
CA Brive 0 3 0 0 3 -43 0 0






Les deux déplacements d’Agen, depuis le début du Top 14, se sont soldés par autant de défaites. Dès lors, les prestations du promu à domicile sont d’autant plus capitales. Le SUA, pour sa seule sortie de la saison à Armandie, avait frappé un joli coup en disposant du Racing 92, 23-19. Alors que le club lot-et-garonnais recevra une deuxième fois la semaine prochaine avec la venue de la Section Paloise, il tient une belle occasion de lancer sa saison.

Avec deux succès en trois matchs, La Rochelle a réussi son début de saison et bien négocié un calendrier plutôt délicat, avec deux rencontres à l’extérieur de rang. Si le déplacement à Brive avait été convaincant, celui au Stade Français, où les hommes de Collazo ont encaissé 35 points, l’était beaucoup moins. Mais le succès éclatant obtenu à Marcel Deflandre sur le champion en titre, Clermont, a rappelé il y a quelques jours que le demi-finaliste du dernier championnat était là et bien là.





Si le calendrier de l’ASM n’avait rien d’une sinécure en ce début de championnat, les faits sont là : avec deux revers en trois rencontres, le détenteur du Bouclier de Brennus connaît une entame poussive. Dès lors, la réception de son voisin briviste revêt déjà une importance certaine. Clermont, qui a mordu la poussière au Michelin à deux reprises en 2016-2017, sait donc à quoi s’en tenir.

Après deux matchs inauguraux qui avaient débouché sur autant de défaites, dont l’une à domicile contre La Rochelle, Brive s’est enfoncé au classement en étant battu à Amédée Domenech face au Racing lors de la troisième journée. Cette défaite constitue un sacré handicap, même si rien n’est encore irrémédiable, loin s’en faut. Le CAB se déplace ce week-end sur une pelouse où il avait créé une petite sensation il y a quelques mois, en s’imposant 26-21 lors du derby disputé en Auvergne.





Si Montpellier a connu des débuts de Top 14 idylliques, avec deux succès bonifiés de rang, ils ont été obtenus face aux deux promus de la saison, Agen et Oyonnax. Mais le premier test, disputé le week-end dernier sur le terrain de Castres, s’est également traduit par une victoire. Cette deuxième affiche consécutive, cette fois à l’Altrad Stadium, sera donc pour les Héraultais l’occasion de confirmer leur statut non officiel de prétendant au titre suprême.

Toulon a dans l’ensemble réussi son début de championnat, avec deux succès sur ses terres et une défaite bonifiée ramenée de Clermont. La saison dernière, le RCT était passé tout près d’un exploit sur la pelouse de son adversaire du jour, en s’inclinant de justesse, 29 à 33, au terme d’une rencontre échevelée.





Après des débuts plus que convaincants et deux succès consécutifs face au Stade Français et Brive, le LOU a connu un petit coup d’arrêt à l’occasion de la troisième journée, en s’inclinant sur le terrain de Pau. Pour confirmer son statut d’outsider crédible aux phases finales, le club rhodanien doit aujourd’hui rebondir à domicile, là où il affichait des statistiques très honorables lors du précédent exercice (10 victoires et un nul en treize rendez-vous). Méfiance toutefois, car face à l’UBB, Lyon s’en était sorti d’extrême justesse (19-16).

Très convaincant à domicile, avec des performances face au Stade Français et Clermont, Bordeaux-Bègles a vu son unique déplacement de la saison se traduire par une assez lourde défaite à Castres. Pour prétendre accrocher une place en phase finale au printemps prochain, un objectif qui lui échappe depuis sa remontée en Top 14, le club grenat doit maintenant exporter son savoir-faire, ce qu’il avait réussi à trois reprises la saison passée.







Le calendrier n’a pas été tendre avec Pau, qui a dû négocier d’entrée deux déplacements, avec à l’arrivée deux défaites et un seul point de bonus récolté. Le premier match à domicile de la saison, disputé la semaine dernière contre le LOU, était du coup plus qu’important et a été bien négocié par les Béarnais. A l’occasion de ce deuxième match consécutif au Hameau, la Section a l’occasion d’équilibrer son bilan et de se positionner en milieu de tableau.

 

Avec une victoire en trois matchs et malgré la septième place actuellement occupée au classement, Castres réussit un début de championnat cahin-caha. Une première victoire à l’extérieur permettrait d’infirmer cette tendance, et de façon générale, le CO devra montrer des progrès loin de ses bases par rapport à ce qu’il avait montré l’année passée, avec seulement deux succès en treize déplacements.







Une seule défaite, certes décevante à Agen, pour deux succès, voilà pour le moment le bilan du Racing, récent vainqueur à Brive. Un bilan qui permet à l’ambitieux club francilien d’occuper la deuxième place du classement, et d’envisager la suite avec quelques certitudes.
Il peut pour cela s’appuyer sur des statistiques à domicile habituellement très solides : avec une seule défaite sur ses terres tout au long du dernier exercice, le club d’Île de France avait fait partie des bons élèves du Top 14 en 2016-2017.

Oyonnax a mis à profit la réception de l’autre promu, Agen, pour engranger son premier succès de la saison, à domicile. Ce résultat va incontestablement permettre aux joueurs du Haut-Bugey de faire le plein de confiance, même si, évidemment, c’est un tout autre challenge qui leur est proposé ce week-end. Cette saison, le seul déplacement de l’USO a également eu lieu chez l’un des gros bras du championnat, Montpellier, et cela avait débouché sur une défaite sans appel, 37 à 6.

3 novembre 2007
A l’issue de la victoire toulousaine sur le Stade Français (28 à 9) au Stadium de Toulouse, Daan Human, Thierry Dusautoir et Jean Bouilhou se retrouvent dans le vestiaire des Rouge et Noir.

Arrivé en tant que joker médical au Stade Toulousain en 2004, Daan Human a su se faire une place au sein du club rouge et noir. Joueur aux qualités indéniables, il a finalement évolué huit saisons dans la Ville Rose et remporté cinq titres sous les couleurs toulousaines.

Tu as gagné cinq titres majeurs avec le Stade : 3 Boucliers et 2 H Cup. Le premier a-t-il, comme on le dit souvent, une saveur particulière ?

Oui, je m’en rappelle très bien. C’était une finale de H Cup face au Stade Français, en 2005 à Edimbourg. Je me souviens que cette rencontre avait duré 100 minutes, car il y avait eu des prolongations. Cela reste un très bon souvenir, même si cela a été en même temps très difficile. On a eu un peu plus de chance que le Stade Français sur ce coup-là. En revanche, après ce titre, nous perdons la demi-finale de championnat face à cette même équipe parisienne. Ce sont deux sentiments différents, pas évidents à gérer.

Natif d’Afrique du Sud, tu as rejoint le Stade après avoir pourtant signé au Castres Olympique. Te souviens-tu des circonstances de ton arrivée ? Pourquoi ce retournement de situation ?

A l’époque, le Castres Olympique souhaitait que je rejoigne l’équipe au 1er septembre pour pouvoir notamment prendre part aux premiers matchs européens. Cependant, j’avais toujours mon contrat au Cap avec les Stormers jusqu’à fin octobre. A cette même période, nous nous sommes d’ailleurs qualifiés en demi-finale et logiquement, ils ne voulaient pas me laisser partir pour rejoindre le CO.

Le club castrais a ainsi choisi de faire signer Kees Meeuws à ma place, et finalement, je pense que c’était pour eux, comme pour moi, un très bon choix. A l’issue de mon contrat avec les Stormers, j’étais à la ferme familiale au milieu de l’Afrique du Sud. J’ai demandé à mon père si je pouvais travailler avec lui car je pensais que le rugby était fini pour moi. Quelques semaines plus tard, j’ai croisé mon agent qui m’a demandé si j’avais encore envie de jouer au rugby. J’ai évidemment répondu « Pourquoi pas ». Il m’a alors annoncé que le Stade Toulousain était intéressé par mon profil. L’aventure a donc commencé dans la Ville Rose, en tant que joker médical.

Je me souviens avoir été inquiet car le jour où je suis arrivé là-bas, il y avait très peu de joueurs dans le vestiaire… J’ai appelé mon père en lui disant :
« Ecoute, il y a un problème ! Il y a très peu de joueurs ici, je ne sais pas comment on va jouer comme ça ! » En fait, il y avait une quinzaine d’internationaux retenus avec leurs nations respectives à ce moment-là ! Guy Novès est venu me l’expliquer, et j’ai immédiatement été soulagé et beaucoup plus calme ! (sourires)

Le vestiaire toulousain était réputé pour compter de grosses personnalités à l’époque. A-t-il été difficile d’y trouver ta place ?

Dès le début, j’ai été bien accueilli. Il y avait les deux frères Maka, Trevor Brennan, William Servat… Ils m’ont accueilli comme si j’étais chez moi, à la ferme. Ça a été vraiment très facile d’intégrer cette équipe. Il n’y avait que des joueurs « normaux », humains… J’ai beaucoup apprécié !

Une carrière n’est pas faite que de bons moments. Quel est pour toi le pire souvenir de ta carrière professionnelle ?

Ce n’est pas une question facile. Mon plus mauvais souvenir reste peut-être la finale de H Cup face au Munster. La rencontre se disputait à Cardiff, en 2008. Le stade était complétement rouge, rempli de Toulousains et de Munstermen. On a perdu ce match et avec du recul, je me dis que je fais certainement l’un de mes meilleurs matchs pour le Stade Toulousain ce jour-là. On a perdu 16 à 13 et la défaite était difficile à comprendre et à admettre… Quelques semaines plus tard, on a battu Clermont en finale en championnat… Finalement, cette année 2008 n’était pas si mauvaise.

As-tu un regret au vu de ta carrière, ou a-t-elle été suffisamment bien remplie pour ne pas en avoir ?

Beaucoup de monde me pose cette question mais vous savez, j’ai beaucoup de bons souvenirs avec le Stade Toulousain. J’étais forcément un peu triste à la fin de mon aventure avec le club. J’ai quitté ma maison, mes 3 enfants sont nés à Toulouse et en regardant en arrière, je me disais que j’aurais peut-être dû rester en France, pour eux. Avec ma femme, nous avons également le passeport français.

Mais pour le rugby, il n’y a pas de regrets. Comme je l’ai expliqué à Guy Novès à l’époque, je ne pouvais pas continuer car mon père n’était pas très en forme et il avait besoin de moi à ce moment-là en Afrique du Sud.

Tu as été titulaire à 100 reprises en Top 14, après avoir évolué deux ans chez les Stormers. Y-a-t-il d’après toi de nombreuses différences entre le championnat français et le Super Rugby ?

Oui, le Super Rugby va plus vite ! En France, on se concentrait plus sur les phases statiques : les mêlées, les touches, les mauls… C’était beaucoup plus important. Dès que tu fais une faute en Super Rugby, il y a sept points derrière... C’est pour moi la plus grande différence.

Au Stade Toulousain, il y a aujourd’hui quelques Sud-Africains (Mienie, Kolbe, Van Dyk,…). Les connais-tu et peux-tu nous donner ton avis sur ces joueurs ?

Je les connais bien, car j’étais leur entraîneur ici avec les Cheetahs. Je suis aujourd’hui consultant de ce club sur les deux compétitions qu’il dispute : la Guinness Pro 14 et la Currie Cup. Maks Van Dyk et Daniel Mienie ont joué ici, ce sont deux garçons que j’apprécie beaucoup. Je pense qu’ils ont les bonnes qualités. Maks n’a pas beaucoup joué la saison dernière, car ça prend pas mal de temps d’intégrer la façon dont on travaille en France, notamment en mêlée. C’est complétement différent de ce que l’on fait en Afrique du Sud.

En ce qui concerne Cheslin Kolbe, on s’est déjà vu à plusieurs reprises, notamment la saison dernière quand nous avons réalisé un stage avec les Stormers ou quand nous les avons affrontés en Super Rugby. Il était venu me voir. Cheslin est un très bon joueur. Il va certainement rester longtemps ! C’est l’un des meilleurs recrutements que le Stade Toulousain ait fait cette année. Ce n’est pas un joueur très costaud mais c’est un mec très professionnel ! Il fait son boulot, il fait ce qu’on lui demande de faire. C’est un très bon joueur. Je ne comprends d’ailleurs pas comment il n’a pas joué avec les Springboks.

Dans ta carrière, tu as été sélectionné à quatre reprises avec les Springboks. Tu as ensuite décidé d’évoluer en France, ce qui t’a empêché de connaître plus de sélections. Est-ce un regret ?

Absolument pas ! Je n’ai aucun regret de ne pas avoir joué davantage avec les Springboks. Ma famille et moi, nous avons tout donné pour ce club. On a essayé de tout faire pour s’intégrer rapidement et facilement à la grande famille du Stade Toulousain. Quand on a quitté le club, je me souviens très bien, nous avons pleuré avec ma femme ! C’était mon club de cœur, c’était mon club. Ils m’ont accepté comme si j’étais français. Non, je n’ai aucun regret ! C’est juste dommage que je n’ai pas pu jouer 100 matchs de plus pour les Rouge et Noir ! (sourires)

Tu as été désigné meilleur pilier du Top 14 par le Midi Olympique lors de la saison 2007-2008. Etait-ce une vraie reconnaissance à ce moment-là ?

Non, pas du tout, j’étais plus un mec concentré sur le collectif. Le reste, je m’en fous.

Ce titre du Midi Olympique est survenu à l’issue de l’année dont je parlais tout à l’heure avec la défaite face au Munster et la victoire face à l’ASM. En conquête, nous avions réalisé des matchs énormes, mais c’est l’ensemble du pack qui méritait des honneurs ! Ce titre de meilleur pilier ne représente rien au final.

Quelle était l’équipe du Stade Toulousain la plus forte avec laquelle tu as évolué ?

En 2007-2008 ! A chaque poste, il y avait de la concurrence. Peu importe qui débutait la rencontre, il y avait de la qualité aux quatre coins du terrain.

Dans toute ta carrière, quel était le joueur le plus guerrier, qu’il valait mieux avoir avec que contre soi ?

William Servat, sans hésiter. Sûr et certain. Dans son jeu, dans sa conquête… J’ai joué plus de 200 matchs à côté de lui, je peux donc dire que je le connais bien. Je sais qu’il était capable de « dépoutrailler » n’importe qui en face de lui ! Vous comprenez ce mot ? Mon vocabulaire français revient petit à petit ! (sourires) C’est évident que je préférais l’avoir avec plutôt que contre moi…
Fabien Pelous était également proche de moi sur le terrain, derrière, mais vous pourrez lui dire que c’est dommage qu’il n’ait pas poussé lors de chaque mêlée ! (sourires) Je plaisante, évidemment, car lui aussi était un immense joueur.

Quel est pour toi le plus grand joueur avec lequel tu as évolué au Stade ?

Le meilleur joueur avec lequel j’ai joué dans ma vie reste certainement Rupeni Caucaunibuca.
C’était quelqu’un de très spécial. A cette époque, Yannick Jauzion était lui aussi l’un des meilleurs joueurs dans le Monde à son poste. Je l’appréciais beaucoup car « Jauzy » était capable de casser la ligne de défense très facilement : quand il le voulait, au moment où il en avait envie. En 2008 ou en 2009, Caucaunibuca et Jauzion étaient associés au centre, avec Florian Fritz également. Des phénomènes !

Au Stade, quel était le joueur le plus drôle dans le vestiaire ?

A cette époque-là, j’étais très copain avec Shaun Sowerby. Il était très drôle, même si tout le monde ne comprenait pas toujours notre humour ! (sourires) Nous sommes toujours très amis aujourd’hui. C’est un très bon mec.
Après, tout le monde était drôle dans le vestiaire. Il y avait toujours une bonne ambiance. Je n’ai que des bons souvenirs du Stade Toulousain, même si à la fin, je n’ai malheureusement presque pas joué. C’était triste pour moi. Je me suis cassé le bras puis le tendon de mon biceps… Après 5 mois et demi de coupure, je reviens sur le terrain, et je reçois un coup de poing d’un joueur de Montpellier. Il me fait sortir un autre mois des terrains pour m’avoir cassé un os au niveau du nez. Cette partie-là est évidemment beaucoup moins drôle !

Trois Boucliers et deux H Cup, ce sont également cinq soirées à fêter les titres. Laquelle a été la plus mémorable ?

Le premier titre était pas mal ! Nos familles et nos amis étaient présents. Guy Novès m’avait rassuré en me disant qu’il n’y avait pas de soucis… Le staff a réussi à faire venir mes deux frères avec lesquels je suis très proche. Cette soirée-là restera mémorable. On est arrivé à 2h du matin à Toulouse et on a ensuite terminé la nuit très tard…

Le plus râleur ?

Greg Lamboley. C’était un bon râleur ! J’étais aussi très copain avec lui, mais qu’est-ce qu’il pouvait râler ! ;-) C’est quelqu’un qui a toujours tout donné pour le Stade Toulousain.

Le mot de la fin ?

Je souhaite d’abord dire un grand merci à l’ensemble des supporters du Stade pour tout ce qu’ils ont fait pour moi et ma famille lors de mon passage à Toulouse. Ça a été notre maison et on a envie de revenir au Stade Toulousain ou à Toulouse un jour !
Après, je souhaite évidemment que les Rouge et Noir reviennent rapidement dans le top européen comme ils l’ont été il y a quelques années.