Le principal trait de mon caractère
Organisé


La qualité que je préfère chez les hommes
L’honnêteté


La qualité que je préfère chez les femmes
L’honnêteté


Mon principal défaut
Râleur


Ma principale qualité
Compétiteur


Ce que j'apprécie le plus chez mes amis
Leur bonne humeur



Mon rêve de bonheur
Fonder une famille


Quel serait mon plus grand malheur ?
Mourir demain


A part moi-même, qui voudrais-je être ?
Mon père


Le pays où j'aimerais vivre
Dans une petite maison au sud du Portugal



Un héros dans la vie réelle
Mes grands-pères pour leur savoir-faire



Ce que je déteste le plus
Etre pris pour un con


Personnage historique que je déteste le plus
Hitler


Le don de la nature que je voudrais avoir
Mentaliste


Comment j'aimerais mourir
Dans mon sommeil


Mon état d’esprit actuel
Epanoui


La faute qui m'inspire le plus d'indulgence
Un en-avant


Lors de la 17ème journée du précédent Top 14, les Toulousains, pourtant largement dominateurs, se heurtaient au réalisme de la Section Paloise et s’inclinaient à Ernest Wallon.

A Toulouse (Ernest Wallon) - Section Paloise bat Stade Toulousain 20 à 10 (mi-temps : 17-7)
Pour le Stade Toulousain : 1 essai de Perez (21) ; 1 transformation et 1 pénalité (43) de Flood.
Pour Pau :
2 essais de Bianchin (3) et Fumat (25) ; 2 transformations et 2 pénalités (40, 78) de Slade.
Evolution du score :   7-0, 7-7, 14-7, 17-7/17-10, 20-10

Stade Toulousain : Médard ; Bonneval, Perez, Fritz, Kunatani ; (o) Flood (Mc Alister, 66), (m) Marques (Bezy, 50) ; Faasalele (Camara, 50), Galan (T. Gray, 67), Dusautoir (cap) ; Tekori, Lamboley ; Johnston (Van Dyk, 64), Ghiraldini (Marchand, 50), Steenkamp (Kakovin, 50).

Section Paloise : Malié ; Dupichot, Fumat, Votu, Ratuvou ; (o) Slade, (m) Daubagna ; Dougall (Coughlan, 64), S. Armitage, Mowen (Butler, 50) ; Pierre (cap), Tutaia (Metz, 50) ; Hamadache (Charlet, 60), Bianchin (Lespiaucq, 17), Mackintosh (Hurou, 61).

Une semaine après une qualification convaincante pour les quarts de finale de la Champions Cup, les Toulousains n’ont pu éviter le piège tendu par la Section Paloise lors de la 17ème journée du Top 14.
Dès le coup d’envoi ou presque, il était clair que les Haut-Garonnais n’étaient pas dans un grand jour : un en-avant sur le coup d’envoi, un dégagement contré et à la troisième minute, déjà, les Stadistes étaient contraints de courir après le score.
Un essai de Perez, après environ vingt minutes de jeu, venait cependant récompenser l’ardeur des joueurs, qui dominaient outrageusement. Mais ces sept points inscrits n’étaient en fait qu’une pâle récompense face aux innombrables occasions d’essai, parfois non concrétisées pour une poignée de centimètres.

Face à cette relative inefficacité, les visiteurs, au contraire, se montraient d’un réalisme à toute épreuve : chaque incursion dans la moitié de terrain toulousaine (on exagère à peine) se traduisait par une évolution du score. La réalisation de Fumat redonnait l’avantage aux coéquipiers du capitaine Julien Pierre, et cette fois, ils n’allaient plus être rejoints.


Malgré une possession sans partage (65% en faveur du Stade), les Rouge et Noir ne parvenaient pas à refaire leur retard au cours du deuxième acte. Encore une fois, leur abnégation ne souffrait d’aucune contestation, mais ils ne parvenaient pas à trouver de réelles brèches au sein d’une défense béarnaise bien en place et décidée à ne pas lâcher un centimètre de terrain (plus de 150 plaquages au total).

« Ce résultat casse clairement notre dynamique du mois de janvier… On voulait terminer une période plutôt positive de la meilleure des manières et malheureusement, ce n’est pas le cas. Les Palois font deux incursions dans notre camp en première période pour quatorze points. Et nous concernant, on compte 5,6,7 occasions à quelques mètres de la ligne, et on ne marque pas. On les laisse forcément espérer. C’est une très belle équipe qui avait préparé le coup parfaitement. On s’est fait prendre ce soir malgré la volonté de bien terminer ce mois. Je suis désolé pour le travail qui a été effectué par l’ensemble des joueurs »,
regrettait Ugo Mola à l’issue de la rencontre.

Après s’être illustré l’an passé dans le Super Rugby avec la province des Stormers, Cheslin Kolbe sera l’une des attractions de cette nouvelle saison de Top 14. La nouvelle recrue toulousaine, réputée pour ses qualités de vitesse, devrait représenter un atout de poids dans les rangs toulousains.

Voici un joueur qui devrait concentrer l’attention des spectateurs du Top 14. A 24 ans, Cheslin Kolbe était déjà depuis plusieurs années l’un des joueurs phares du Super Rugby. Joueur spectaculaire, ultra-rapide et imprévisible, il a régulièrement affolé les défenses de la compétition. La saison 2016-2017 lui a offert l’opportunité d’être décisif, puisqu’il a inscrit 9 essais en 14 matchs disputés avec la province des Stormers dans la compétition de l’Hémisphère Sud, et notamment un triplé lors d’une rencontre face aux Cheetahs qui a impressionné la planète rugby. Ses crochets déroutants et dévastateurs sont devenus sa marque de fabrique et l’ont rendu capable de miracles dans de petits espaces. Avant ses débuts sous le maillot toulousain, le joueur plantait le décor :

« S’il n’y a pas de ligne de défense en face de moi, je m’engage pleinement. Ainsi, j’espère mettre à profit ma vitesse. »

Malgré un gabarit relativement modeste (1,70 m, 69 kg), Cheslin Kolbe présente l’avantage de pouvoir jouer à l’arrière et à l’aile. La polyvalence est clairement l’un de ses points forts. De plus, ses qualités au but et dans la récupération aérienne pourront être précieuses pour le Stade Toulousain.   

« J’ai commencé au poste d’ouvreur lorsque j’évoluais dans les catégories jeunes, en moins de 16 ans et moins de 18 ans, » confie le joueur. « J’aimais bien ce poste mais entre ailier et arrière, je n’ai pas vraiment de préférence. Peu importe où je joue, je veux juste faire de mon mieux pour l’équipe et prendre du plaisir. »

Ses aptitudes, Cheslin Kolbe les a construites à travers la pratique du rugby à 7. Au cours de cette expérience, il est apparu à 46 reprises sous le maillot des Springboks et a décroché la médaille de bronze avec la délégation sud-africaine lors des derniers Jeux Olympiques de Rio. Comme il le dit, il doit beaucoup à la pratique de cette discipline :

« Le rugby à 7 permet d’apprendre beaucoup en termes d’espace, de vision sur le terrain et sur la capacité à prendre des décisions pendant le jeu, car tu ne disposes pas de beaucoup de temps. Cette discipline m’a servi de tremplin dans ma carrière professionnelle. Je suis très heureux d’avoir connu cette expérience. »  


Sa relation avec le Stade Toulousain ne date pas d’hier, puisque le Sud-Africain avait séduit les dirigeants rouge et noir lors de matchs disputés à La Rochelle à l’occasion de la Coupe du Monde junior en 2013 :

« Le Stade Toulousain m’avait contacté suite à cette compétition », raconte-t-il. « J’avais 19 ans et je voulais d’abord rester dans mon pays car j’étais très jeune. Après avoir passé plusieurs saisons chez moi, j’ai pensé que c’était le bon choix de rejoindre le Stade Toulousain, notamment en raison de la tradition du club, de son histoire, des grands joueurs qui sont dans cette équipe, de la ville de Toulouse… Certains joueurs sud-africains ont déjà porté le maillot toulousain, comme Gurthrö Steenkamp ou Jano Vermaak. J’ai eu l’occasion de parler avec eux et ils m’ont dit de profiter de cette opportunité car c’est une ville magnifique et une super équipe pour laquelle j’allais jouer. »

Fort de ses multiples expériences, Cheslin Kolbe vient compléter l'effectif rouge et noir dans un rôle de finisseur de fond de terrain. Nul doute que l’ensemble de ses qualités seront des atouts majeurs cette saison dans le jeu de mouvement du club. 



Sur les dix dernières saisons, le Stade ne s’est jamais loupé lors de ses premières à domicile, en restant invaincu sur cette période. La plus large victoire remonte à la saison 2009-2010, sur le score sans appel de 38-0 face à Brive. Le score le plus étriqué date de 2012, avec un succès par la plus petite des marges, 23-22, contre Castres.

Avec la rénovation de son stade et des recrues de qualité, la Section Paloise donne de la cohérence à son projet. Fort de son identité de jeu bien définie, le club vert et blanc entend se donner les moyens de concrétiser ses ambitions.

A l’aube de cette saison 2017-2018, la Section Paloise s’apprête à changer de dimension. En effet, les travaux de rénovation et d’agrandissement de son historique Stade du Hameau vont bientôt permettre au club des Pyrénées-Atlantiques de disposer d’une enceinte flambant neuve qui comptera 19 000 places assises, l’une des plus belles structures visibles en Top 14. L’enjeu pour les hommes de Simon Mannix sera maintenant de se montrer à la hauteur des moyens mis à leur disposition et le technicien néo-zélandais en est conscient :

 

« Un immense défi nous attend, staff et joueurs : remplir régulièrement cette nouvelle enceinte », affirme-t-il. « C’est peut-être la saison la plus difficile qui nous attend. Ces nouvelles responsabilités qui pèsent sur nous doivent être une chance. »   

 

Pour concrétiser leurs ambitions, les dirigeants palois misent sur la colonie néo-zélandaise présente au sein de leur effectif. Les deux stars Conrad Smith et Colin Slade ont chacun prolongé leur contrat avec le club vert et blanc, et la Section pourra compter sur des renforts de poids estampillés All Blacks. Le trois-quarts centre Benson Stanley, qui compte 3 sélections avec le quinze de la fougère, arrive de Clermont, ainsi que l’ailier Franck Halai en provenance des Wasps (1 sélection). Parmi les autres recrues, on note également l’arrivée de l’ailier Adrien Planté et du pilier Thomas Domingo, qui quittent chacun le champion de France clermontois.

Ces arrivées s’inscrivent dans la logique d’un club qui se distingue par son influence irlando-néo-zélandaise. Une inspiration perceptible tant au niveau des nationalités dans le groupe palois (les Irlandais Butler, Dougall, Coughlan et Foley font équipe avec les Néo-Zélandais Slade, Smith et Taylor, sous la direction de Simon Mannix) que dans le style de jeu mis en place par la Section Paloise. En effet, le club des Pyrénées-Atlantiques favorise le jeu à la main et le déplacement du ballon. La culture du jeu debout se distingue chez cette équipe qui, pour preuve, était celle qui jouait le moins au pied en Top 14 la saison dernière avec seulement 358 ballons. Dans le même esprit, la Section comptait le troisième score le plus élevé en termes de passes effectuées parmi les clubs du championnat (3547).

Sur le plan comptable, si la première partie du précédent exercice a été délicate pour les Palois qui pointaient à une 12ème place à la mi-saison, les coéquipiers de Julien Pierre sont parvenus à rectifier le tir avec brio, grâce à une série de huit matches sans défaite entre le 3 décembre et le 11 mars. La Section a ensuite achevé la saison à la neuvième place du championnat.

L’objectif pour les Béarnais sera maintenant de se montrer plus pragmatiques sur l’ensemble de la saison car si le jeu déployé était souvent séduisant, la Section pointait seulement à la onzième place au classement des meilleurs attaques du Top 14, avec 566 points marqués. Comme l’affirme le vice-président du club vert et blanc Yannick Le Garrérès, les ambitions doivent se développer d’année en année :

« Bien sûr que notre objectif est d'être dans la progression », déclare-t-il. « Néanmoins, nous devons nous appliquer à poser de solides fondations afin de nous installer durablement dans ce championnat, avant de viser un Top 6 ou un Top 4. » 

Une motivation confirmée par le nouveau deuxième ligne palois David Foley, arrivé du Munster à l’intersaison, qui voit déjà grand pour sa nouvelle équipe : « Certains pensent qu’il est trop ambitieux pour un club qui a fini neuvième de dire qu’il veut remporter un titre dans les deux ans à venir, mais c’est ce qui doit nous tirer vers le haut ».

A la Section de se montrer désormais à la hauteur de ses nouvelles responsabilités.

TOP 14 02/09/2017
LA COMPOSITION DE L'ÉQUIPE
VOUS EST PRÉSENTÉE PAR
VS
POINTUD 1
GHIRALDINI 2
FAUMUINA 3
MAESTRI 4
TEKORI 5
AXTENS 6
MADAULE 7
GRAY 8
BEZY 9
HOLMES 10
MEDARD 11
DAVID 12
POI 13
KOLBE 14
RAMOS 15
remplaçants
ROUMIEU
NETI
VERHAEGHE
GALAN
KUNATANI
DOUSSAIN
HUGET
ALDEGHERI

Après deux saisons sous les couleurs de Clermont, l’ailier Adrien Planté vient de rejoindre la Section Paloise. Il se livre sur ses premiers pas au sein de son nouveau club et sur ses ambitions pour la saison à venir.

Tu as rejoint la Section Paloise cette saison, après une expérience clermontoise. Question rituelle : pourquoi as-tu choisi ce nouveau défi ?

Déjà parce que les dirigeants palois me l’ont proposé (rires). C’est la première chose, et on a vu la saison dernière que la Section proposait un jeu attrayant, comme le faisait également Clermont. C’est un jeu basé sur la vitesse, sur l’évitement et cela me plaît beaucoup. J’ai pris vraiment beaucoup de plaisir à jouer pendant mes deux saisons clermontoises et je voulais retrouver cette culture proche de l’Hémisphère Sud que Simon Mannix a amené à Pau. D’autre part, j’ai 32 ans et ça représente certainement mon dernier challenge. Pau, un club qui évolue au plus haut niveau, me convient très bien.

Un nouveau stade, un recrutement ambitieux, des saisons de plus en plus abouties… On a l’impression que petit à petit, Pau se structure ?

Bien sûr, le club fait peu de bruit mais chaque année, les dirigeants essaient d’amener une plus-value. Les travaux du stade seront terminés en décembre, il est déjà très impressionnant. J’y suis allé et je ne m’attendais pas à tout à ce que j’ai vu. Cela sera une très belle enceinte et ensuite, à travers les recrues, les joueurs qui prolongent, le club est en train de se structurer. Pau avait l’habitude de faire l’ascenseur entre la Pro D2 et le Top 14, mais il va essayer aujourd’hui de s’ancrer dans l’élite et pourquoi pas de prétendre à d’autres objectifs. Il faut tenter de conserver la dynamique actuelle : une grosse saison a déjà été faite l’année passée, il a certainement manqué quelque chose dans la dernière ligne droite du championnat. Le but est maintenant d’apprendre des différentes saisons afin de se rapprocher au maximum du peloton de tête.

Avec l’ASM, tu as remporté le Bouclier de Brennus, mais sans participer aux phases finales. Quel a été au final ton ressenti ?

Lorsqu’on ne participe pas aux phases finales, il y a toujours un petit goût d’amertume. Mais c’était le choix de l’entraîneur et j’ai également été blessé. J’ai malgré tout disputé entre 15 et 20 matchs l’année dernière, j’ai donc eu du temps de jeu, y compris jusqu’en finale de Champions Cup. Il n’y avait pas de titulaires désignés, c’était vraiment un groupe de trente joueurs, et cela a souvent été répété. Cela permet de mieux faire passer la pilule individuellement. Je me sens champion comme les autres joueurs.

Tu as débuté ta carrière de rugbyman professionnel avec l’USAP, club avec lequel tu as remporté ton premier titre de champion de France. Quel regard portes-tu aujourd’hui sur tes années passées à Perpignan ?

Mes années perpignanaises étaient certainement les plus belles car j’évoluais avec un groupe de copains. On jouait ensemble depuis les Crabos. Nous étions entre 5 et 10 joueurs à être tous les jours ensemble, c’était complètement différent. Aujourd’hui, avec le professionnalisme, le rugby est davantage tourné vers les entreprises. Cela a évolué, le jeu va aussi beaucoup plus vite. Mais je ne garde que des bons souvenirs de Perpignan.

Quels sont tes objectifs personnels pour cet exercice 2017-18 ?

Personnellement, je veux avoir du temps de jeu. J’ai toujours essayé de ne pas trop me mettre de pression et de prendre du plaisir sur le terrain. C’est vraiment mon leitmotiv. En prenant du plaisir, il arrive beaucoup de choses. Avec Pau, se qualifier dans les six, ça serait énorme. Je ne sais pas s’il y a beaucoup de monde qui nous voit réaliser ce challenge. Si collectivement, on aspire à remporter des titres, il y aura beaucoup de travail. Dans la continuité de ce que j’ai pu faire à Clermont, j’espère pouvoir apporter à l’équipe et trouver petit à petit le niveau que je peux avoir pour aider les autres.

Tu as connu le XV de France lors de deux sélections en 2012-2013. On peut dire que tu as su choisir tes adversaires, puisque c’était pour affronter à deux reprises la Nouvelle Zélande. Malgré les défaites, quels souvenirs gardes-tu de ces deux rencontres ?

Je garde un sentiment un peu mitigé. Cela a été d’abord un énorme souvenir car affronter deux fois les All Blacks pour mes deux sélections, c’était incroyable. Cela vaut peut-être dix capes (rires). Cette tournée en Nouvelle-Zélande avec le match à Auckland, j’en ai beaucoup de bons souvenirs. Je m’étais très bien débrouillé personnellement pendant le premier match mais lors du second, on a sombré collectivement face au jeu des Blacks. Mais malgré les résultats, j’ai beaucoup apprécié d’être en équipe de France.

Dans quel état d’esprit abordez-vous cette nouvelle saison ? Quels sont les objectifs du staff palois et de vous, joueurs, pour ce nouvel exercice ?

Nous sommes dans la continuité de ce qui s’est fait la saison dernière. Le club a placé la barre assez haut, les joueurs ont beaucoup travaillé. Si on reste au niveau de la saison passée en apportant avec les recrues quelques détails en défense et en attaque, nous pourrons réaliser une bonne saison. L’objectif principal est aujourd’hui d’être classé le mieux possible, en réalisant déjà un bon début de saison. Ensuite, si on peut accrocher les six premières places… On ne va pas se cacher en se disant qu’on joue le maintien.

Vous êtes trois anciens Clermontois à rejoindre les bancs de la Section. Est-ce une facilité pour s’intégrer au groupe ?

C’est toujours mieux que d’arriver seul. Nous avons été très bien accueillis, l’encadrement a mis en place des journées d’intégration. Il y a déjà un noyau très fort dans le groupe de la Section. Pour n’importe quel nouvel arrivant, qu’il soit seul ou accompagné, il n’y a vraiment aucune difficulté pour s’intégrer dans ce collectif.

Justement, d’un point de vue sportif, comment s’est passée la préparation avec tes nouveaux coéquipiers ?

Très bien. J’ai eu un petit pépin physique qui m’a éloigné dix jours des terrains mais sinon, il n’y a eu aucun souci. Cela a été dur, car le groupe a eu trois semaines de préparation de plus que les recrues. Il fallait donc rattraper ce retard.

Si je dois retenir quelque chose, c’est l’intensité du travail effectué. On espère être prêt pour le début du championnat. On verra ce que ça donne avec ces deux matchs à l’extérieur pour commencer, qui nous permettront de juger notre niveau et la qualité de la préparation. Si on arrive à accrocher des points sur ces deux déplacements initiaux, ce sera de bon augure pour la suite.

Le début de championnat s’annonce justement délicat sur le papier avec ces deux déplacements lors des deux premières journées. Comment l’appréhendez-vous ? Craignez-vous une spirale négative ?

Il ne faut surtout pas tomber dans un tel état d’esprit car c’est le meilleur moyen de mal débuter le championnat. Si on se dit qu’on va à Toulon, puis à Toulouse et qu’on peut éventuellement perdre les deux matchs, on peut se mettre le feu lorsque l’on va recevoir… Il ne faut surtout pas raisonner comme cela. Il faut au contraire positiver et se dire que si on arrive à accrocher quelques points sur ces deux déplacements et qu’ensuite on gagne à la maison, ce sera très positif.
On le sait tous, le championnat est très long, très serré et nous aurons des opportunités. Je pense qu’on a fait du très bon boulot cet été durant la préparation. A nous de valider ça sur le terrain.

Vous vous déplacez à Toulouse lors de la 2ème journée. Quelles vont être vos motivations ? Comment perçois-tu le Stade Toulousain ?

Il faudra gommer les imperfections entrevues face à Toulon et essayer de passer un cap en élevant notre niveau à chaque rencontre car en début de saison, on sait bien que toutes les équipes vont un peu plafonner.

Pour les formations qui atteignent le haut niveau d’entrée, tout est plus simple : c’est ce que j’ai vécu à Clermont l’année passée lorsque nous avions fait deux ou trois déplacements d’affilée en restant invaincus. Il faut donc essayer de monter le curseur pour être performants très rapidement.
On va affronter le Stade, c’est une équipe qui a été assez discrète cet été, dont on n’a pas beaucoup entendu parler. A mon avis, ils se sont très bien préparés, ils vont être revanchards car la place des Toulousains n’est pas du tout celle à laquelle ils se situaient la saison dernière. Il va donc falloir être prêt le plus rapidement possible, surtout qu’il s’agit du premier match à domicile pour eux. On devra faire attention à cette équipe qui est pleine de qualité.
Le Stade Toulousain est une bête blessée, c’est un club qui a tout gagné, une équipe qui a tellement souvent été en haut de l’affiche et a connu des résultats exceptionnels pendant tant d’années. La saison passée, le club a eu un coup de moins bien, tout le monde a essayé de les enfoncer. Je suis admiratif de ces clubs-là qui ont tout gagné. Il faut faire attention à cette équipe qui risque d’être dangereuse cette année. Elle a connu des moments compliqués et ne fera certainement pas deux fois les mêmes erreurs.

A 32 ans, tu entames une nouvelle partie de ta vie sportive à Pau. Souhaites-tu ou envisages-tu d’y terminer ta carrière professionnelle ?

Je ne sais pas encore, on verra. C’est en tout cas une très belle région que je ne connaissais pas beaucoup, c’est très sympa. On verra en fonction des opportunités qui se présentent par la suite, mais je suis pour l’instant focalisé sur cette première année.

La saison passée, la Section avait plutôt brillé en déplacement tout au long du championnat, en parvenant à s’imposer à trois reprises loin du Hameau. En plus de sa victoire à Ernest Wallon, Pau avait tiré son épingle du jeu sur les pelouses de Bordeaux-Bègles et Grenoble.


Double vainqueur de la Coupe du Monde en 2011 et 2015, Conrad Smith est l’un des meilleurs trois-quarts centre de la planète rugby quand il pose ses valises à Pau en début de saison passée. Si ses plus belles années sont derrière lui, il ne tarde pas à s’imposer au sein du XV béarnais comme l’un des régulateurs de son équipe. Loin d’être venu en France en préretraite, Smith séduit son club par son implication et son rôle auprès des jeunes.
C’est en toute logique que son contrat a été renouvelé jusqu’en juin 2018. Il aura alors presque 37 ans.

La première partie de la saison 2016-2017 a été idyllique pour le All Black, toujours titulaire à la Section. La seconde moitié de l’exercice a en revanche été gâchée par deux blessures, l’une à la cheville et l’autre à la pommette, qui lui ont notamment fait manquer la dernière ligne droite du Top 14. Il est aisé d’y voir un lien de cause à effet avec le coup de moins bien du club lors des ultimes journées, qui lui a coûté une place en phase finale.

Pos Équipe Pts J G N P Diff B Off B Déf
1
Montpellier 5 1 1 0 0 29 1 0
2
Toulon 4 1 1 0 0 27 0 0
3
La Rochelle 4 1 1 0 0 9 0 0
4
LOU 4 1 1 0 0 9 0 0
5
Bordeaux-Bègles 4 1 1 0 0 7 0 0
6
Racing 92 4 1 1 0 0 4 0 0
7
Stade Toulousain 2 1 0 1 0 0 0 0
8
Oyonnax 2 1 0 1 0 0 0 0
9
Castres 1 1 0 0 1 -4 0 1
10
Clermont 0 1 0 0 1 -7 0 0
11
CA Brive 0 1 0 0 1 -9 0 0
12
Stade Français 0 1 0 0 1 -9 0 0
13
Pau 0 1 0 0 1 -27 0 0
14
Agen 0 1 0 0 1 -29 0 0






Logiquement battu à Montpellier pour son grand retour en Top 14, Agen voudra lancer sa saison à l’occasion de ce premier match à Armandie. On connaît l’importance des performances à domicile dans l’optique du maintien, et le SUA, malgré le prestige de l’adversaire, fera tout pour ne pas commettre de faux pas. Attention toutefois, car la saison passée, en Pro D2, les Agenais avaient concédé deux défaites et un match nul dans le Lot-et-Garonne.

Stoppé en demi-finale en juin dernier, le Racing a abandonné le Bouclier de Brennus si chèrement acquis un an plus tôt. L’heure est à la reconquête pour les Ciel et Blanc, qui ont plutôt bien négocié leur premier rendez-vous de la saison en venant à bout de Castres. En 2016-2017, les Franciliens avaient souvent été à la peine loin de leur base, amassant en tout et pour tout deux victoires en treize matchs.





Après un parcours remarquable la saison dernière qui l’a laissé entrevoir les phases finales, le LOU doit maintenant poursuivre sur sa lancée. La victoire obtenue d’entrée de jeu sur la pelouse du Stade Français a placé dans cette optique le club sur les bons rails, même si, évidemment, elle mérite confirmation. L’année dernière, pour l’ouverture du Top 14, Lyon avait concédé le match nul (15-15) face à son adversaire du week-end.

Battu par La Rochelle à domicile la semaine passée, Brive a manqué son entame de championnat. Il faut déjà penser à rattraper les points perdus à l’extérieur, et lors du précédent championnat, le CAB avait été capable de quelques coups retentissants en déplacement, comme de s’imposer à Toulon (25-21) en début d’exercice.





Battu en barrage par Toulon la saison dernière, Castres n’a pas réussi à tirer son épingle du jeu contre le Racing 92 pour l’ouverture du championnat. Le CO, à n’en pas douter, ne voudra pas attendre plus longtemps pour engranger son premier succès de la saison. L’an dernier, à Pierre Antoine, le duel entre les deux équipes avait été superbe et ponctué de six essais, pour une victoire de justesse des locaux (33-26).

Bordeaux-Bègles a frappé un grand coup dès l’ouverture du championnat, en triomphant sur ses terres du champion de France en titre, Clermont. Pour l’UBB, les données sont inlassablement les mêmes depuis plusieurs saisons : les premières moitiés de saison sont extrêmement positives, et les secondes décevantes.
En 2016-2017, les Grenats avaient fait partie des bons élèves du championnat lors des déplacements, se classant au final à la sixième place de ce classement particulier.





Montpellier, vainqueur sur ses terres d’Agen pour le compte de la première journée, reçoit une semaine plus tard l’autre promu. Un calendrier idéal sur le papier qui pourrait placer le MHR dans d’excellentes dispositions pour la suite. Fort d’un recrutement haut de gamme, le club héraultais, barragiste en juin dernier, ne cache pas ses ambitions pour les mois à venir. En 2016-2017, les coéquipiers de Fulgence Ouedraogo avaient été les plus performants du Top 14 à domicile, avec douze victoires pour une seule défaite.

Pour son retour dans l’élite du rugby français après une année de pénitence, Oyonnax n’a pas démérité en obtenant sur ses terres le partage des points face au Stade Toulousain, confirmant qu’il n’était jamais aisé de venir s’imposer à Charles Mathon.
C’est sans grande pression que le promu se déplacera à Montpellier : s’il avait à maintes reprises tiré son épingle du jeu la saison dernière, avec cinq victoires, c’était à l’échelon inférieur… Le challenge, cette fois, s’annonce plus ardu pour l’USO.







Après une fin d’exercice dernier en boulet de canon, récompensé par un titre en Challenge Cup, le Stade Français a tourné une page de son histoire en changeant à la fois de propriétaire et d’entraîneur. Un bouleversement qui a été accompagné par une défaite à domicile dès la première journée, face au LOU.
Le rendez-vous programmé ce week-end s’annonce tout aussi délicat à négocier, face au dernier demi-finaliste du Top 14. La saison passée, les Parisiens avaient signé une belle performance en s’imposant face à La Rochelle, 31 à 26.

Révélation de la saison précédente, leader du classement au soir de la 26ème journée, La Rochelle a épaté le monde du rugby durant des mois, avant d’échouer de justesse en demi-finale. Le plus difficile commence maintenant pour les Maritimes, qui seront cette fois attendus au tournant et devront confirmer.
Le recrutement opéré à l’intersaison pourrait leur permettre de tenir le choc, et pour leur entrée dans la compétition, les Rochelais, vainqueurs sur la pelouse de Brive, ont fait savoir qu’il faudrait une nouvelle fois compter avec eux.







Dès la deuxième journée de championnat, le calendrier nous propose un remake de la dernière finale, pour un choc aux allures de revanche. Les champions de France en titre, qui ont eu une préparation forcément écourtée, ont trébuché d’entrée à Bordeaux, tant et si bien que cette première apparition de la saison au Michelin s’accompagne déjà d’une certaine pression.
La saison passée, si le bilan à domicile des Jaunards n’avait rien de déshonorant, ils s’étaient tout de même inclinés à deux reprises sur leurs terres.

Toulon n’a pas manqué son départ en disposant de la Section Paloise il y a quelques jours. Cela demande aujourd’hui confirmation à l’extérieur, un exercice où les Varois avaient été plutôt à l’aise tout au long des 26 journées qui avaient jalonné le précédent exercice, en cumulant trois victoires et deux nuls.
Une statistique flatteuse au regard de leur prestation à Clermont, où les Rouge et Noir avaient été balayés sur le score sévère de 30 à 6.

4 août 2017
Ce n’était qu’un match de préparation, mais ce 4 août, c’était la première fois que Louis-Benoît Madaule, transfuge de l’UBB, portait officiellement le maillot du Stade. Une première qui, n’en doutons pas, en appellera beaucoup d’autres.

Clément Poitrenaud, accompagné d’une génération dorée, a disputé 16 saisons professionnelles au Stade Toulousain et y a remporté sept titres. Il revient sur son épopée en rouge et noir.

Tu as gagné sept titres majeurs avec le Stade : 4 Boucliers et 3 H Cup. Le premier a-t-il, comme on le dit souvent, une saveur particulière ?

Quand on me demande quel titre m’a le plus marqué, c’est souvent le premier qui revient sur le tapis, tout simplement parce que j’étais jeune, insouciant, j’étais avec mes potes. Je jouais avec d’anciennes gloires toulousaines que j’avais l’habitude de regarder à la télévision, depuis les tribunes ou même de croiser quand je venais m’entraîner. C’était donc assez particulier et mémorable.

Tu as soulevé le Bouclier de Brennus très jeune en 2001, avec l’éclosion d’une très jeune génération à tes côtés (Michalak, Jeanjean…). Pouvais-tu imaginer qu’il faudrait attendre sept ans avant de retoucher le bout de bois ?

Non, parce que tout nous réussissait à cette époque. On pensait naïvement que ce serait « facile » et il s’est avéré que ça ne l’était pas. Entre temps, il y a quand même eu deux Coupes d’Europe sur trois finales européennes disputées, une finale de Championnat de France perdue… On était donc quand même dans le coup mais cela a été dur de le regagner.

Natif de Castres, tu as rejoint le Stade très jeune. Te souviens-tu des circonstances de ton arrivée ?

Je suis né à Castres mais je n’y suis pas resté longtemps. Ma famille est partie vivre à Tarbes lorsque j’avais seulement quelques mois et jusqu’à mes cinq ans. On a ensuite déménagé à Toulouse, j’avais envie de jouer au rugby et d’être au Stade Toulousain.

C’était un concours de circonstances assez particulier. J’avais vu les phases finales en 1989 avec mon père, j’étais dans le stade pour la demi-finale et j’avais regardé la finale à la télévision.
C’est à ce moment-là que j’ai décidé de jouer au rugby et je voulais le faire au Stade Toulousain. C’est moi qui ait demandé à intégrer le club, et j’ai commencé à l’école de rugby lorsque j’avais 6 ou 7 ans.

Le vestiaire toulousain était réputé pour compter de grosses personnalités à l’époque. A-t-il été difficile d’y trouver ta place ?

Non, car je n’étais pas tout seul, on était une petite bande de jeunes joueurs. On parle souvent de Frédéric (Michalak) et Nicolas (Jeanjean), mais il y avait aussi Jean (Bouilhou), William (Servat)… Xavier (Garbajosa) n’était pas bien vieux non plus… C’était vraiment un changement de génération, une sorte de transition. Je pense que les anciens étaient plutôt contents de nous voir débarquer. Comme cela faisait longtemps qu’on était au club, ils nous connaissaient aussi. Cela a été donc assez facile et comme je l’ai dit, on était insouciants. Peut-être qu’on ne se rendait pas compte de ce qu’il nous arrivait.
En même temps, on a aussi été éduqués par ces anciens à certaines valeurs, à un état d’esprit. C’est ce qui nous a permis de nous construire en tant que joueurs mais aussi en tant qu’hommes. Ces deux-trois années de transition ont été bénéfiques pour la suite de notre carrière.

Pour trouver notre place, cela s’est fait assez naturellement, à partir du moment où on faisait le job sur le terrain, où on s’investissait : on a prouvé qu’on méritait une place dans ce vestiaire malgré notre jeune âge. C’est à mon sens le plus important. On a passé des bons moments, on passait beaucoup de temps au club ensemble, on échangeait beaucoup. Il n’y avait pas de téléphones portables, pas de réseaux sociaux… On mangeait ensemble après chaque match, c’était cool. Aujourd’hui, c’est bien aussi, c’est juste un peu différent, il ne faut pas être nostalgique et vivre dans le passé.

En jouant aussi longtemps au Stade, tu as connu plusieurs générations différentes. Quelle est selon toi l’équipe la plus forte, ou la plus complète, avec laquelle tu as joué ?

Peut-être en 2011, quand on bat Montpellier en finale du championnat. Je jouais au centre, il y avait Cédric Heymans à l’arrière, il y avait Vincent (Clerc), Maxime (Médard), Rupeni Caucaunibuca… Il y avait encore Yannick Jauzion, Florian Fritz était au top, il y avait aussi David Skrela, Jean-Marc (Doussain) qui arrivait. Patricio Albacete et Thierry Dusautoir étaient au top, Census (Johnston), Byron (Kelleher)… On avait quelques-uns des meilleurs joueurs de la planète dans notre groupe. Je pense que c’est l’équipe la plus complète avec laquelle j’ai pu jouer. Dans ma génération, on arrivait tous à maturité, on avait entre 27 et 30 ans, on était encore en pleine forme, avec de l’expérience. C’était le point d’orgue de notre génération. D’ailleurs, on a été champions d’Europe en 2010, champions de France en 2011 et en 2012. Cela s’est vu dans les résultats.

En 16 saisons, tu as disputé 369 matchs sous le maillot toulousain, toutes compétitions confondues. Pourquoi ce choix de rester Stadiste ? On imagine que tu as reçu à de nombreuses reprises d’autres opportunités…

Oui, j’en ai eu quelques-unes, mais j’ai toujours signé des contrats de longue durée, d’environ trois ou quatre ans. En tout et pour tout, j’ai eu trois renouvellements de contrat, c’est assez peu. Je n’ai donc pas trop connu de renégociations. L’aspect sportif a toujours primé sur le financier, même si les écarts de salaire étaient moindres par rapport à aujourd’hui. Il n’y avait pas la surenchère qu’il y a actuellement sur les joueurs de haut niveau. J’ai toujours privilégié mes résultats sportifs et la vie du groupe. Je n’avais pas de raison de partir, on gagnait des titres presque tous les ans. J’ai fait onze finales en seize ans, je n’avais pas vraiment d’intérêt sportif à partir et puis humainement, on avait un groupe tellement uni et soudé que partir n’aurait pas été judicieux. J’étais évidemment attaché au maillot mais cela vient aussi de l’aventure humaine et des résultats. Je n’ai jamais aimé perdre, et j’étais dans une équipe qui me donnait l’opportunité de gagner. Cela me correspondait.

Une carrière n’est pas faite que de bons moments. Quel est pour toi le pire souvenir de ta carrière professionnelle ?

La finale de Coupe d’Europe en 2004. Je suis obligé d’en parler même si honnêtement, ce n’est pas mon pire souvenir. Cela reste un moment assez douloureux, même si j’en ai tiré finalement beaucoup de force et de choses positives au bout du compte. C’est vrai que sur le coup, perdre une finale de cette manière, ce n’est jamais évident, surtout que c’était un match assez incroyable.
Mais le pire souvenir, c’est de ne pas avoir été sélectionné pour la Coupe du Monde en 2011. Cela a été pour moi un gros échec parce que je pense que j’avais fait les efforts nécessaires pour y être. J’étais dans la short-list et cela s’est décidé vraiment au dernier moment. En dehors de cela, j’ai eu beaucoup de chance car j’ai vécu plus de bons que de mauvais moments.

Tu comptabilises 47 sélections en équipe nationale. Quels souvenirs gardes-tu de ton expérience avec les Bleus ?

Je garde de très bons moments, j’ai participé à deux Grands Chelems, j’ai fait deux Coupes du Monde, et notamment une en 2003 en Australie à une période où le rugby n’était pas médiatisé comme il l’est aujourd’hui. Comme je le disais auparavant même si ça fait un peu « vieux con » (rires), il n’y avait pas de réseaux sociaux et on avait un peu l’impression de partir au bout du Monde, à l’aventure. Je me rappelle qu’on achetait des cartes prépayées pour appeler notre famille. J’ai dû appeler deux fois mes parents en deux mois. C’était assez rigolo, on était un peu entre nous.

J’ai aussi eu la chance d’être dans le groupe pour la Coupe du Monde en France en 2007 qui a été un super événement. J’ai été dirigé par Bernard Laporte pendant huit ans, cela a été une vraie plus-value car c’est quelqu’un qui était hyper compétent et qui savait transcender les joueurs. Et j’ai aussi rencontré des garçons formidables, que j’avais l’habitude d’affronter tous les week-ends. C’est là qu’on s’aperçoit que ce sont aussi des bons mecs et on a vécu des bons moments. On a démarré au niveau international très jeune, à 19 ans, avec les Rougerie, Traille, Harinordoquy. On était toute une génération de jeunes joueurs qui démarrait un nouveau cycle international et on a joué ensemble pendant presque dix ans en équipe de France. Il y a eu des hauts et des bas mais c’était plus ou moins toujours les mêmes mecs. C’était donc une super aventure.

Tu as terminé ta carrière chez les Sharks en Afrique du Sud. Quel bilan tires-tu de ton expérience ? Qu’est-ce qu’il te manquait le plus là-bas ? Et à l’inverse, que te manque-t-il le plus ici ?

Ma famille est venue me voir en Afrique du Sud, cela n’a pas paru si long que ça finalement. Mes amis m’ont manqué, du bon pain au quotidien aussi (rires) même si l’on mange bien là-bas, du bon fromage… C’est là que tu t’aperçois qu’au niveau gastronomique, on est assez bons en France.
En dehors de ça, j’ai vécu une super aventure et je n’ai pas eu de manque particulier.

Rugbystiquement, c’est la meilleure idée que j’ai pu avoir. Sur la fin de ma carrière et dans la perspective d’entraîner ensuite, j’ai découvert un autre monde. C’était une façon différente de penser et de travailler et puis un autre système aussi, orienté de manière complètement différente. Trois mois de préparation pour cinq mois de compétition avec quinze matchs de très haut niveau, c’est quasiment comme si tu jouais quinze matchs internationaux. Aujourd’hui, je comprends mieux pourquoi c’était aussi dur quand on partait en tournée avec l’équipe de France en juin, et pourquoi c’était toujours compliqué d’enchaîner les matchs de haut niveau face à des grandes nations pendant les Coupes du Monde. Ce sont des choses que j’imaginais, auxquelles j’avais déjà pensé, mais cela n’a fait que le confirmer. Je n’ai pas été surpris des résultats de l’équipe de France au mois de juin parce que, pour l’avoir vécu de l’intérieur, c’est compliqué de lutter avec ce niveau de préparation et de jeu au quotidien.

Sur ce qui me manque le plus, je dirais le soleil. J’ai vécu dix mois sans hiver, dans un pays où il ne faisait jamais moins de 20°C. Il y a aussi l’océan, les gens et la vie là-bas. Malgré tous les problèmes qui existent en Afrique du Sud, il y a une atmosphère à part que j’ai beaucoup appréciée. J’y retournerai certainement et je me sens un peu chez moi là-bas maintenant.

A l’issue de ta carrière professionnelle, tu es aujourd’hui de retour au Stade Toulousain. Quel est aujourd’hui ton rôle chez les Rouge et Noir ?

Je travaille avec le Centre de Formation sur de la technique individuelle, sur ce que l’on appelle des « skills » dans l’Hémisphère Sud.

Cela vise à amener l’expérience que j’ai eu là-bas, où l’on s’aperçoit que les joueurs ne sont pas forcément meilleurs mais qu’ils travaillent différemment, en insistant sur leur technique individuelle quotidiennement. Je pense que c’est important, pour les jeunes en tout cas, d’en passer par là. Je me tiens aussi à disposition de l’équipe première en cas de besoin pour du travail individuel.

Dans toute ta carrière, quel était le joueur le plus guerrier, qu’il valait mieux avoir avec que contre soi ?

Trevor Brennan, en raison de sa mentalité. C’était quelqu’un qui ne reculait jamais sur le terrain, quitte à y laisser parfois la santé.

Quel est pour toi le plus grand joueur avec lequel tu as évolué au Stade ?

Yannick Jauzion. Même si ce n’était pas toujours flagrant, était quelqu’un qui rendait les autres joueurs meilleurs.

Au Stade, quel était le joueur le plus drôle dans le vestiaire ?

Christian Califano, c’était vraiment un rigolo. On l’a vu parfois à moto dans le vestiaire… Entre lui et Franck Tournaire, il y avait un bon niveau de conneries (rires). Je me suis aussi toujours bien marré avec Yann Delaigue et Cédric Desbrosse, qui avaient un humour assez particulier.

Tu étais connu pour faire les 400 coups avec un certain Fred Michalak… As-tu un souvenir en particulier à nous raconter ?

Un jour, on avait l’intention de piéger William (Servat) et Jean (Bouilhou) avec une grosse poche d’eau. On se baladait dans les couloirs d’un hôtel à 1 heure du matin et au détour d’un couloir, on croise Guy Novès qui nous dit « Qu’est-ce que vous faites ? Frédéric, qu’est-ce que tu fais avec cette poche d’eau ? » Fred était pris au dépourvu et il avait répondu pour sa défense : « J’avais soif, donc je suis allé remplir une poche d’eau ». Guy savait très bien que c’était pour le jeter sur la tête de quelqu’un. Cela m’a fait beaucoup rire sur le coup. On a été consignés, on était jeunes, on avait 18 ans. Cela m’a toujours fait marrer.
Après, il y en a eu d’autres. On a fini avec la voiture en embuscade au milieu du terrain d’entraînement, obligés de se replier à pied par la rocade. On était venu nous chercher sur la bande d’arrêt d’urgence. On est revenu l’après-midi pour s’entraîner et il y avait les gamins qui jouaient au rugby autour de la voiture.

Quatre Boucliers et trois H Cup, ce sont également sept soirées à fêter les titres. Laquelle a été la plus mémorable ?

La plus longue et la plus dure physiquement, c’était la première, avec tous les anciens, qui étaient quand même très entraînés à fêter les titres. Cela a donc été très long, très intense, cela a commencé le samedi soir et cela avait duré plus d’une semaine, jusqu’au lundi. Il y avait aussi plus de vacances, les conditions étaient un peu différentes.
Aujourd’hui, tu as à peine un mois de vacances, les internationaux s’en vont en tournée... Tu fêtes le titre mais cela dure un peu moins longtemps.

On était restés jusqu’au vendredi à Toulouse, puis on était partis à Biarritz jusqu’au lundi. Tout cela avec le Bouclier… Moi j’étais le plus jeune, je devais donc tout le temps le porter. C’était assez lourd et épuisant. Et puis, j’ai eu la « chance » de ne pas partir en tournée car je m’étais blessé à l’épaule le jour de la finale. Nico (Jeanjean) était en tournée avec l’équipe de France et Fred (Michalak) était en Coupe du Monde avec les internationaux -21. Moi, j’étais resté et j’avais tout fait de A à Z. Je vivais encore chez mes parents et le mardi, je m’étais endormi dans un café. Didier Lacroix m’avait chargé dans la voiture et m’avait jeté sur le paillasson de la maison de mes parents. Il avait ensuite sonné et était parti en courant.

Le plus râleur ? On nous a souvent répondu ton nom ! Quelque chose à redire ? ;-)

C’est vrai que je râlais beaucoup, c’était sûrement assez désagréable pour les autres. Mais Grégory Lamboley avait aussi un très gros niveau.

Le plus ingérable ?

Fred (Michalak) et moi dans nos jeunes années. On a toujours été respectueux mais on était quand même chiants. On s’est toujours entraîné et on avait des principes auxquels on se tenait. Mais on avait un peu de caractère…

Le mot de la fin ?

En quittant le club, je n’ai pas eu l’occasion de remercier l’ensemble des supporters, j’en profite donc pour leur dire un grand merci pour toutes ces années. Je souhaite qu’à l’avenir, on retrouve le chemin de la victoire. Pour cela, on aura besoin des supporters.