Le principal trait de mon caractère
La gentillesse


La qualité que je préfère chez les hommes
L’honnêteté


La qualité que je préfère chez les femmes
L’honnêteté


Mon principal défaut
La mauvaise foi


Ma principale qualité
Toujours présent pour les gens que j’aime


Ce que j'apprécie le plus chez mes amis
Je peux toujours compter sur eux


Mon occupation préférée
Jouer (cartes, jeux vidéos, rugby, pétanque) !



Mon rêve de bonheur
Fonder une famille et être heureux


Quel serait mon plus grand malheur ?
Perdre mes proches


A part moi-même, qui voudrais-je être ?
Mon grand-père


Le pays où j'aimerais vivre
Montauban ! (sourires)


Un héros dans la fiction
Hulk… parce qu’il est vert !


Un héros dans la vie réelle
Mon père



Mes héros dans l’histoire
Gandhi


Ce que je déteste le plus
L’inégalité


Personnage historique que je déteste le plus
Franco


Le don de la nature que je voudrais avoir
Me téléporter


Comment j'aimerais mourir
Heureux


Mon état d’esprit actuel
Confiant


La faute qui m'inspire le plus d'indulgence
L’oubli


Ma devise
Pour vivre heureux, vivons cachés

Rapidement lancés par des essais précoces de Bezy et Fickou, les Toulousains ne connaissaient aucune difficulté pour battre le SU Agen, lors d’un match qui marquait les adieux de Clément Poitrenaud à Ernest Wallon.

A Toulouse (stade Ernest-Wallon), Toulouse bat Agen 52 à 19 (mi-temps : 33-7)
Temps couvert ; Bon terrain ; 12.576 spectateurs. Arbitre : Laurent Cardona

Pour le Stade Toulousain : 8 essais de Bezy (4), Fickou (14, 39), Clerc (22), Picamoles (36), Flynn (58), Galan (65, 73) ; 6 transformations de Bezy (4, 14, 36, 39) et Mélé (65, 73) 

Pour Agen : 3 essais de Sadie (26), Mchedlidze (62), Tagotago (70) ; 2 transformations de Francis (26) et Bouvier (70)

Stade Toulousain : Poitrenaud (79, non remplacé) ; Clerc (Médard, 74), David (Fritz, 59), Fickou, Perez ; (o) McAlister, (m) Bézy (Mélé, 57) ; Cros, Picamoles (Tolofua, 55), Dusautoir (cap.) (Galan, 52) ; Tekori (Lamboley, 68), Maestri ; Johnston (Aldegheri, 44), Flynn, Baille (Steenkamp, 44)

Agen : Nakosi (Mchedlidze, 52) ; Tagotago, Sadie, Mazars (cap.), Tilsley ; (o) Francis (Bouvier, 66), (m) Abadie (Darbo, 41) ; Erbani (Vaquin, 59), Baget, Tau ; Ratuniyarawa, Kotze (Braendlin, 59) ; Joly (Ryan, 41), Tadjer (Narjissi, 41), Afatia (Nnomo, 41)

Vainqueur à l’extérieur sur le terrain de Toulon une semaine plus tôt, le Stade avait clairement le vent dans le dos avant cette rencontre au programme de la 23ème journée du Top 14. En face, Agen, quasiment condamné à la Pro D2, n’était pas vraiment dans les mêmes dispositions. Pour les Toulousains, il s’agissait donc de mettre les bons ingrédients dans la partie pour se prémunir de toute mauvaise surprise. Le début de match, très rapidement, indiquait que les Rouge et Noir ne prenaient pas de haut leurs adversaires et entendaient mettre toute l’implication nécessaire aux rencontres de haut niveau. En moins d’un quart d’heure, Sébastien Bezy et Gaël Fickou envoyaient le SUA dans les cordes, imités très rapidement par Clerc. Un large écart était ainsi creusé, et si la réduction du score par Sadie permettait aux visiteurs de recoller quelque peu, cela n’était pas de nature à inquiéter réellement les supporters toulousains.

Largement dominateurs, plus puissants, inspirés, les Stadistes récitaient leur rugby jusqu’à la pause, avec en prime une réalisation de Picamoles. Après quarante minutes de jeu, déjà, la messe était dite, ce qui explique sans doute un deuxième acte moins maitrisé, qui ne prêtait pas à conséquence.

Le véritable enjeu de la fin de rencontre, finalement, était la sortie du terrain de Clément Poitrenaud, qui disputait à cette occasion les ultimes minutes de sa longue carrière à Ernest Wallon. L’ovation réservée à l’enfant des Sept Deniers résonnait alors comme la conclusion parfaite d’une très belle après-midi.

« Il n'y a pas de casse, on prend cinq points, contrat rempli. Valider la performance de Toulon passait par ne pas galvauder ce match et prendre le maximum de points, c'est chose faite. Tout n’a pas été parfait, notamment en seconde période, mais il est néanmoins compliqué de faire la fine bouche. Nous sommes dans une belle dynamique, à nous de la conserver à l’approche des phases finales, » expliquait Ugo Mola à l’issue de la rencontre.

Après trois saisons à Castres qui ont marqué son éclosion au plus haut niveau, le demi de mêlée Antoine Dupont vient de rejoindre les rangs stadistes. Portrait d’une belle promesse pour le futur des Rouge et Noir… et du rugby français.

Voilà un joueur qui incarne l’avenir du rugby français. Son nom : Antoine Dupont. Le nouveau demi de mêlée des Rouge et Noir a débuté le rugby dès l’âge de 4 ans dans un village des Hautes-Pyrénées, où la décision de pratiquer ce sport apparaissait comme une évidence :

« Dès que j’ai commencé à marcher, j’avais déjà un ballon de rugby près de moi, » confie-t-il. « J’ai débuté chez moi, à Castelnau-Manoac. C’était le sport du village et dans ma famille, tant du côté de mon père que de ma mère, beaucoup de personnes jouaient déjà au rugby. C’était ce qui me plaisait le plus dès mon plus jeune âge. »


Dès lors, la progression d’Antoine Dupont est fulgurante. Après avoir été formé à Auch, le natif de Lannemezan s’engage auprès du Castres Olympique en 2014. Le 26 octobre de cette même année, il dispute avant même ses 18 ans son premier match professionnel sous les couleurs castraises en Champions Cup face au Leinster. Par la suite, Dupont enchaîne les rencontres, notamment en tant que titulaire, malgré la concurrence de Rory Kockott à son poste. Le jeune Bigourdan compte déjà une solide expérience du haut niveau pour son âge (20 ans), avec 49 matchs disputés en Top 14 en Coupe d’Europe. Pour cette raison, il reste très reconnaissant envers son ancien club :

« J’ai passé trois ans à Castres, j’en garde beaucoup de bons souvenirs. J’y ai découvert le milieu professionnel que je ne connaissais pas du tout puisque je jouais encore dans les catégories jeunes lorsque je suis arrivé là-bas. C’était vraiment une période de découverte, c’est ce club qui m’a permis d’éclore et d’arriver là où je suis aujourd’hui. Je peux donc le remercier. »


Les performances d’Antoine Dupont avec le CO ne laissent pas insensible les observateurs et notamment le staff du XV de France. Le gabarit de poche (1,74 m, 82 kg) connaît sa première sélection sous le maillot tricolore à l’occasion du match Italie-France, dans le cadre du tournoi des Six Nations, le 11 mars 2017. Lors de la rencontre suivante face au Pays de Galles au Stade de France, c'est notamment lui qui gère brillamment la fin de match interminable, avec vingt minutes d’arrêts de jeu et d’innombrables mêlées devant la ligne d'en-but du Pays de Galles, avant l’essai de la victoire pour les Tricolores (20-18) :

«  C’est sûr que c’était incroyable pour ma première au Stade de France, » déclare Dupont. « C’était un match sous tension où nous avions vraiment besoin de gagner. Lorsque je suis rentré sur le terrain, nous perdions de cinq points, il y avait donc déjà pas mal de pression. Et puis, ces arrêts de jeu interminables… Tout le monde s’en souviendra et moi encore plus. Heureusement, la fin a été heureuse sinon nous aurions sans doute eu beaucoup de regrets. Cela reste donc un super souvenir.  »

C’est à l’issue de cette dernière saison pleine, au cours de laquelle sa puissance, son sens du jeu et sa vivacité ont impressionné, que le demi de mêlée a été désigné lauréat pour le titre de « Révélation de la saison de Top 14 2016/2017 » lors de la cérémonie de la Nuit du Rugby. Malgré les louanges à son égard, le joueur de 20 ans détonne également par son humilité :

« C’est une énorme fierté de remporter ce trophée, » affirme-t-il. « C’est vrai que j’ai vécu beaucoup de choses cette saison. Tout s’est accéléré et j’ai vécu une saison quasi parfaite. J’ai pu franchir un palier, acquérir plus d’expérience. Le niveau international, c’est encore différent, je découvre et je sais que j’ai encore des progrès à faire, dans la commande du jeu et le leadership notamment. Je viens d’un milieu rural, on m’a appris dans mon éducation à garder les pieds sur terre donc comptez sur moi pour rester lucide (sourire). »

L’international tricolore n’a pas tardé à marquer les esprits sous son nouveau maillot. Il fut déjà l’auteur de deux essais lors de ses deux rencontres initiales avec le club toulousain à Toulon (16-20) et contre le Stade Français (53-17).
Antoine Dupont en rouge et noir, il était légitime que cela arrive un jour. En effet, la décision de rejoindre le Stade Toulousain correspondait avant tout au choix du cœur : « C'est sûr que le Stade est un club spécial pour moi, » affirme le néo-Toulousain. « Depuis tout petit, je l'ai supporté et admiré, un peu moins lors des dernières années car c'est différent lorsque l'on est adversaire. Mais cela reste particulier à mes yeux et cela a pesé dans ma décision de rejoindre ce club. » 

Vu les dernières sorties d’Antoine Dupont avec les Stadistes, difficile de ne pas imaginer que le public toulousain en redemande. Et nul doute que la confirmation ne devrait pas tarder à arriver.

Les trois derniers affrontements entre le Stade et Agen disputés dans la Ville Rose ont tous nettement tourné à l’avantage des Rouge et Noir. Ces derniers ont en effet inscrit pas moins de 158 points sur ces trois matchs, soit une moyenne de 53/rencontre !

Après avoir longtemps navigué entre Top 14 et Pro D2 lors des dernières saisons, le SUA entend assurer sa place parmi l’élite sur le long terme. Pour cela, le club agenais base sa stratégie sur des fondamentaux bien définis.

Une légère transition est en train de s’effectuer en Lot-et-Garonne. Pour le SU Agen, l’objectif est clair cette saison : le club ne remonte pas dans l’élite pour faire l’ascenseur, comme ce fut le cas lors de ses précédentes montées. A ce sujet, un motif d’espoir arrive dans les rangs agenais : la nouvelle formule de Top 14 avec la treizième place de barragiste permet « une nouvelle cartouche », selon l’entraîneur des trois-quarts du SUA Stéphane Prosper.

Pour parvenir à ses fins, le plus petit budget de Top 14 entend s’appuyer sur le savoir-faire développé au cours des dernières saisons. Sans Mathieu Blin, qui fut manager général puis directeur sportif du club entre 2012 et 2017, mais avec le duo Stéphane Prosper-Mauricio Reggiardo, en charge respectivement des trois-quarts et des avants. Une continuité au sein de l’encadrement que justifie le président du Directoire, Jean-François Fonteneau :

« Ils ont des compétences, » déclare-t-il. « Stéphane a de la maturité par rapport au club et aux saisons qu’il a déjà vécues. Mauricio prend une nouvelle dimension. Leur objectif est de continuer à tirer la quintessence des joueurs. Nos échanges sont directs. Il faut reconnaître que c’était compliqué de mettre en place un nouveau manager qui n’avait pas choisi ses joueurs. Là, Mauricio et Stéphane ont fait leur recrutement. »



En effet, le SUA a opéré des ajustements ciblés au sein de son effectif. Parmi ces nouveaux joueurs se trouvent des renforts d’expérience. L’ancien demi de mêlée Springbok Enrico Januarie, champion du monde en 2007 et passé par le LOU et La Rochelle, est attendu comme le catalyseur de l’équipe. Autre recrue : le numéro 8 fidjien Akapusi Qera, ex-capitaine de Montpellier, se distingue par sa polyvalence, puisqu’il peut également évoluer sur les côtés. Ces arrivées s’inscrivent dans la stratégie du club, comme l’explique l’entraîneur des trois-quarts Stéphane Prosper :

« Je pense qu’il nous manquait de l’expérience, » confie-t-il. « Nous avons eu la chance de faire monter des jeunes joueurs formés au club ces dernières années comme les Béthune, Marchois, Miquel, Hériteau, Fouyssac, Abadie. Aujourd’hui, ils ont une saison de plus dans les jambes… Il fallait de l’expérience pour les accompagner, les faire progresser et leur amener ce plus qui, je l’espère, nous amènera à notre objectif. »

Si le SUA aspire à une certaine dynamique, il ne veut pas non plus perdre de vue les fondamentaux qui ont construit sa réussite la saison passée et permis son accession au Top 14. Ainsi, le travail sur la mêlée fermée entrepris sous la houlette de l’entraîneur des avants Mauricio Reggiardo sera l’un des éléments essentiels du projet agenais. La saison dernière, la mêlée a été le deuxième meilleur marqueur d’essais de l’équipe avec dix essais inscrits grâce aux performances agenaises dans ce secteur du jeu, dont huit de pénalité. Un facteur-clé dont Reggiardo souligne l’importance :

« Une bonne mêlée permet à l’équipe de se mettre en confiance, de prendre des risques, » affirme l’ancien Puma. « Quand un ballon tombe, l’équipe n’a pas peur. L’an dernier, nous avons ainsi eu beaucoup de confiance grâce à elle.  Contrairement à nos dernières montées, nous avons un groupe de 43 à 45 joueurs sur lequel nous pouvons nous appuyer. Tous les postes sont doublés et le groupe est plus solide, sur toutes les lignes. »

L’objectif sera maintenant pour le SUA de confirmer ces promesses, afin de concrétiser son projet de pérennisation dans l’élite du rugby français.



TOP 14 30/09/2017
LA COMPOSITION DE L'ÉQUIPE
VOUS EST PRÉSENTÉE PAR
VS
POINTUD 1
ROUMIEU 2
ALDEGHERI 3
VERHAEGHE 4
TEKORI 5
AXTENS 6
MADAULE 7
GALAN 8
BEZY 9
DOUSSAIN 10
MEDARD 11
FICKOU 12
FRITZ 13
KOLBE 14
RAMOS 15
remplaçants
GHIRALDINI
MIENIE
FAASALELE
CROS
POI
NTAMACK
GUITOUNE
VAN DYK

Ancien trois-quarts centre de légende aux 111 sélections en équipe de France, Philippe Sella, durant sa carrière de joueur, a connu un seul club, ou presque : le SU Agen. Devenu depuis cinq ans directeur sportif du SUA, il explique son attachement viscéral aux couleurs bleu et blanc.

Vous êtes aujourd’hui le directeur sportif du SU Agen. Quel est votre rôle exact au quotidien ?

J’ai un rôle qui vient en complément de celui des coachs et du manager sportif, en l’occurrence l’accompagnement de l’équipe durant la saison, dans son environnement, sur des domaines qui peuvent être sportifs ou extra-sportifs. Plus simplement, je m’occupe des ressources humaines de l’équipe sportive.
Je suis également en charge du budget, de l’organisation des stages et des déplacements sur l’ensemble de la saison.
Au-delà de ça, et par voie de conséquence suite à ma carrière, je suis ambassadeur du club. Il y a des relations publiques, des actions qui sont menées avec les différents partenaires, auxquelles je participe.
Mon rôle est très varié, c’est pour cela que j’aime dire que je suis un « généraliste ».

Pour un promu qui est passé par la finale d’accession, la saison de la montée en Top 14 est souvent délicate. Comment abordez-vous ce nouveau challenge ?

Oui, c’est délicat car on ne sait finalement que tardivement si la montée est effective. Il y a un effectif qui a pas mal bougé cette année, contrairement aux trois ou quatre dernières saisons.
Pour les joueurs, c’est évidemment frustrant mais c’est aussi la loi du métier, de la discipline. Le staff prend du plaisir à apporter des capacités aux joueurs et à développer leurs compétences. Quand des joueurs partent dans d’autres clubs pour fructifier leur savoir-faire, on est heureux pour eux. On aimerait bien les garder, c’est évident, mais c’est parfois impossible car notre budget ne nous le permet pas.

Ça a été le cas cette année. Certains joueurs ont été tentés de rejoindre d’autres clubs du Top 14, de vivre une nouvelle aventure. On leur souhaite évidemment bonne chance. A côté de cela, on a recruté de nombreux joueurs. Certains ont donné leur accord durant le courant de la saison dernière, sans savoir s’ils évolueraient en Pro D2 ou en Top 14. A l’issue de la finale d’accession, on a été chercher les autres joueurs dont on avait besoin, qui sont quant à eux des joueurs de Top 14.
Cette saison, avec les différents mouvements qu’il y a pu avoir, on a fait en sorte de recruter des joueurs un peu plus expérimentés, comme Facundo Bosch au talonnage ou encore Leandro Cedaro, international italien, qui est arrivé de La Rochelle. On a également récupéré Mickaël De Marco, qui était à Oyonnax, ou encore Akapusi Qera de Montpellier.
Ce sont des joueurs expérimentés qui ont l’expérience du haut-niveau, comme Enrico Januarie, champion du Monde il y a quelques années, et qui a comme les autres une mission de transmission pour les autres joueurs, avec des échanges permanents entre les expérimentés et les plus jeunes. On a voulu arriver à avoir une balance entre cette jeunesse et les joueurs qui peuvent apporter leur vécu. J’espère que ce mixage pourra fonctionner tout au long de l’année.

Quel bilan provisoire pouvez-vous faire aujourd’hui ?

A l’intersaison, on a rapidement organisé un team-building afin que les joueurs apprennent à se connaître, notamment autour d’activités annexes. Ça a vraisemblablement porté ses fruits. Nous sommes plutôt satisfaits de ce début de saison, pas suffisamment car il manque quelques points, mais il y a une équipe avec un bon état d’esprit, solidaire, qui s’envoie bien sur le terrain.

Face à La Rochelle, on a perdu à la maison, ce qui est très désagréable, mais on a senti que le public était derrière son équipe car les joueurs ont tout donné.
Nous sommes une équipe avec un peu moins de moyens que les autres, on arrive de Pro D2, et nous avons souvent fait ce trajet entre le Top 14 et la Pro D2… On a ce bonheur de revenir à chaque fois au plus haut niveau et on va essayer encore une fois d’y rester. Notre objectif est évidemment de prolonger cette aventure. On sait que ce sera difficile, donc nous ne sommes pas surpris. Les joueurs apportent aujourd’hui satisfaction. Tout n’est pas parfait, mais maintenant, il faut qu’on s’accroche, qu’il n’y ait pas de déperdition d’énergie, mais au contraire de la volonté, de la croyance en soi et en l’équipe pour rester dans cette possibilité de prolonger l’aventure en Top 14.

Quand on a le plus petit budget du Top 14, la solution pour exister, plus que jamais, c’est axer l’essentiel de sa politique sur la formation ?

Il y a des joueurs d’expérience qui sont arrivés, dont on avait besoin. L’an dernier, on avait une équipe de 24 ans de moyenne d’âge, avec beaucoup de joueurs sortis du club ou des environs. Ces joueurs-là se sont affirmés en deux ans et ont aujourd’hui pris leur place au sein de l’équipe professionnelle, même si certains sont encore sous contrat espoir.
C’est une satisfaction interne au club que d’arriver à avoir des joueurs qui puissent percer au plus haut niveau. On a fait des efforts pour qu’il y ait de l’accompagnement vers ces jeunes, qu’il y ait une organisation qui permette cela. Ça porte aujourd’hui ses fruits.

Il faut vraiment que les efforts perdurent à ce niveau-là, car nous sommes une ville d’environ 37 000 habitants et nous avons de nombreuses forces vives qui participent autour du club. Par rapport à d’autres grandes villes, nous n’avons pas toujours les mêmes capacités, mais nous sommes très heureux de voir qu’il y a une véritable participation. On essaie toujours de chercher un peu plus, dans toute l’agglomération ou le département.

La formation est essentielle, mais elle ne peut pas subvenir à tous les besoins. Et Agen réussit à attirer quelques noms d’expérience, comme Qera ou Januarie. Cela montre que le club sait être attractif ?

L’attractivité est toujours présente, notamment grâce à l’histoire du club qui existe et qu’on n’enlèvera pas. Il y a également la présence d’Agen à l’étranger, notamment à travers les joueurs.
Avec l’arrivée du professionnalisme et toutes les évolutions qu’il y a pu avoir, c’est plus difficile de rester au très haut niveau, mais tant que le club parvient à jouer en Top 14, le climat recherché par les sportifs est atteint. Il en va de même quand le club descend mais joue malgré tout les premiers rôles en Pro D2. Aujourd’hui, le club a besoin de rebondir, de retrouver une dynamique, comme par le passé, quand le rugby était encore amateur, et qu’Agen, comme Toulouse, réussissait toujours à atteindre les phases finales. Bon, tout de même pas autant que le Stade ! (sourires). Il y a eu beaucoup de combats mais il existe également beaucoup d’amitié entre nos deux clubs. On a toujours plaisir à se retrouver.

D’un point de vue de la philosophie de jeu, Agen se démarque aussi de pas mal de clubs. Clairement, on préfère au SUA un rugby d’évitement à un rugby de collision ?

On a toujours été plutôt joueurs. C’est un peu dans l’ADN du club, et c’est encore cultivé aujourd’hui. On parle du jeu à la toulousaine, le fameux « Jeu de mains, jeu de toulousains », mais on parle aussi du jeu à l’agenaise. Il a fallu s’adapter, car les règles et les entraînements ont changé… Mais il y a un fond de jeu qui est toujours là. Il faut qu’il amène du résultat, en priorité, mais également un œil pétillant. On sait que les victoires se construisent plus facilement si tu as de la conquête, de la discipline et de la détermination.
Il y a une chose sur laquelle nous avons une faiblesse ces derniers temps, que ce soit en Top 14 ou en Pro D2 : c’est la défense. On l’améliore petit à petit mais ce n’est pas encore ça. On a besoin d’être plus fort dans ce domaine. La discipline sur le début de saison est très intéressante pour une équipe de bas de tableau. Il y a de beaux efforts qui ont été faits. Il faut que ce soit une ligne directrice. On dit souvent que les victoires arrivent d’abord par la défense et l’attaque amène le score derrière. Il faut arriver à trouver un juste milieu.

Vous allez également disputer la Challenge Cup cette saison. Quelles sont vos attentes et vos ambitions dans cette compétition qui est sans doute secondaire dans vos esprits ?

La Challenge Cup est une compétition très intéressante, car on va jouer les Zèbres, qui évoluent dans le championnat Celtique, Gloucester qui a fait une finale l’an dernier contre le Stade Français et qui est une très belle équipe anglaise, et on va également affronter la Section Paloise.

C’est une très bonne chose, car comme toutes les équipes, on a un effectif qu’on a encore essayé d’amplifier pour tenir sur l’ensemble de la saison.
Tous les joueurs auront besoin de jouer, de se tester, d’être à la hauteur sur l’ensemble de la saison. La Challenge Cup est pour nous une épreuve où on a envie d’être une équipe combattante, une équipe qui montre le potentiel du SU Agen sur le jour J, mais pour l’avenir également.
Pour nous, cette compétition européenne est très importante dans le cadre du développement du club d’Agen. C’est une compétition qui a de la visibilité et il est important de montrer nos valeurs, même s’il peut y avoir des joueurs moins connus qui y participent. Il y a un mix qui peut être fait, pour mettre en avant toutes les valeurs et les forces qu’il y a à l’intérieur du club. Ce sont de véritables tests-matchs qui vont être disputés.

Le recrutement a été important à l’intersaison, avec 16 arrivées chez les professionnels. Clairement, il va falloir attendre quelques semaines pour voir la machine tourner à plein régime, même si le Top 14 est une compétition qui ne permet pas beaucoup de prendre son temps ?

Il faut aller très vite ! Je trouve que la mayonnaise a plutôt bien pris. Le match de Montpellier a été difficile, mais nous ne sommes pas dans la même catégorie. On peut imaginer, et encore, être dans le même championnat que 3 ou 4 clubs seulement. On a notamment eu des difficultés défensives en ce début de saison. On a amélioré ces quelques points sur les matchs suivants. Les joueurs se sont bien repris mais sur la dynamique d’équipe, il y a eu des moments difficiles même si nous sommes revenus sur la fin, malgré l’issue inchangeable de la rencontre.

Par rapport à notre dernier passage en Top 14, on a quelques moyens de plus pour se maintenir. Ces moyens viennent du vécu de ce club, des montées et des descentes. On souhaite arriver à défier toutes les équipes sachant qu’il y aura certainement des matchs extrêmement difficiles. Il ne faut pas qu’on ait peur. On peut avoir de l’appréhension, mais cette dernière amène souvent un peu plus de concentration par rapport aux équipes adverses. On ne doit surtout pas être déçu de la saison qu’on vit aujourd’hui et qu’on va vivre jusqu’à la fin de la saison. Il en est hors de question.

Vous vous déplacez à Toulouse lors de la 6ème journée. Quelles vont être vos motivations ? Comment percevez-vous le Stade Toulousain ?

Le but, quand on se déplace dans les équipes du haut de tableau, c’est d’être à la hauteur de l’événement. Toulouse a eu une saison difficile, mais on sent bien sur ce début de saison que tout est reparti, que la dynamique est là.
Ce serait peut-être prétentieux d’imaginer certaines choses, mais on connaît la valeur de notre club. On ne fait pas partie aujourd’hui de la même catégorie, mais on fait partie du Top 14 et on se doit d’être une équipe qui donne le maximum, pour l’ensemble des gens qui se sont engagés avec l’équipe des Bleu et Blanc : supporters, partenaires, dirigeants ou bénévoles…
A la sortie de chaque match, chacun doit être fier d’être un acteur direct ou indirect de l’équipe. C’est ça qui est important. Il n’y aura pas de déception à partir du moment où l’ensemble des joueurs aura cet engagement sur le terrain.

Ce que je sais, c’est que Toulouse a un goal-average très favorable à l’issue des premières journées, notamment avec les 50 points inscrits face au Stade Français.
On l’oublie peut-être, mais les Parisiens ont quand même été champions de France il n’y a pas si longtemps. De notre côté, on veut amener de l’engagement et apporter ce qu’attendent les gens quand ils viennent voir un match. Notre but est d’être à la hauteur du championnat en espérant rester dans ce Top 14. On a vécu des montées et des descentes, il n’y a pas eu de révolution… Quand on est en Pro D2, c’est aussi un championnat qui se développe d’année en année et qui est très intéressant. On gagne plus de matchs quand on est en Pro D2, il est certain que c’est agréable ! (sourires)
Le bonheur de jouer le Top 14 est bien présent, c’est aussi une référence pour les joueurs. Tu peux accuser le coup parfois dans la saison mais il ne faut pas qu’il y ait de retenu ! Ce n’est que du bonheur.

C’est un temps que les moins de vingt ans ne connaissent pas, mais les derbies entre Agen et le Stade Toulousain ont fait l’histoire du rugby français. Même si cela n’a aujourd’hui plus rien à voir, est-ce que ce match reste quelque part particulier ?

Oui, c’est un match entre voisins. Ça ne me laisse pas insensible du tout, bien au contraire. J’aimerais qu’on soit une équipe qui puisse s’envoyer, qui fasse honneur à cette ville du Lot-et-Garonne, par rapport à cette histoire du rugby. Il y a toujours eu des matchs très engagés. Des matchs superbes, des matchs fermés… Il y a également eu une finale en 1986 qui paraissait très ouverte et qui, au bout d’un quart d’heure, s’est refermée.

On a tout connu dans ces différentes rencontres. Il y a une histoire d’hommes également, de joueurs qui sont passés dans les deux clubs, qui se sont croisés… On peut être en bas du classement dans le Top 14 mais vouloir aussi relever ce défi. Ça peut-être une motivation de se dire qu’on va à Toulouse, qu’on va rencontrer une multitude d’internationaux et donc ce qu’il se fait de mieux dans le rugby français.
Il y a d’autres grands clubs qui sont venus perturber Toulouse, mais c’est un club qui reste une référence. Il y a Guy Novès qui est passé par-là… Il n’y a pas que Guy, mais il a eu une multitude de titres pendant plus de 15 ans. Je ne suis pas insensible à ce phénomène-là. Quand tu vas dans un club référence, tous les joueurs ne le savent peut-être pas de la même manière. 90% des joueurs connaissent le palmarès, ou au moins cette notoriété des dernières années. C’est simplement énorme et il faut qu’on soit à la hauteur de cette rencontre. C’est un derby !
Par le passé, la rivalité pouvait être beaucoup plus forte, avec même une rivalité dirigeante, mais qui n’existe plus aujourd’hui. Cette rencontre représente quand même quelque chose. Et puis on va également retrouver tous les anciens, c’est sympa aussi ! (sourires)

A titre personnel, vous avez tout connu avec le SUA, avec lequel vous avez fait la quasi-intégralité de votre carrière. Aujourd’hui, le grand public a sans doute du mal à imaginer Philippe Sella ailleurs qu’à Agen. Mais est-ce possible ?

C’est une question que je me suis souvent posée. J’ai fait un détour chez les Saracens, un club rouge et noir, ce sont également les couleurs de mon premier club, Clairac ! Il y a peut-être eu un signe à un moment, mais il ne s’est rien passé ! (sourires)

En fait, il a pu y avoir des contacts avec d’autres clubs… Je suis né sur la Garonne, à Tonneins, mais j’ai vécu dans un petit village du Lot-et-Garonne. Quand j’étais petit, toute la famille parlait du rugby et du SU Agen. J’ai été bercé là-dedans et mon rêve était de jouer là-bas. Et ce rêve est devenu réalité.
Je suis revenu il y a maintenant plus de 5 ans, parce que cette sensibilité a pris le dessus sur les activités que j’avais à côté. J’ai gardé le contact avec « Sella Communication », parce qu’il était hors de question pour moi que j’arrête et laisse de côté mon associé et toutes les équipes de cette société. C’était très important pour moi et le club l’a autorisé. Je lui en suis très reconnaissant. Quand tu crées et développes une activité, tu ne peux pas la quitter comme ça.
Il y a aussi mon association « Les enfants de l’Ovale », où j’ai un peu moins de disponibilité parce que le rugby prend beaucoup de temps.
Il y a du coup des personnes que tu vois moins et des activités que tu mets entre parenthèses… Tout est recentré sur le ballon ovale. C’est quelque chose qui me fait me poser des questions, parce qu’à un moment donné il ne faut pas trop se regarder le nombril. Mais c’est un milieu où quand tu aimes les gens, il y a de bons moments à vivre, c’est certain.

Gillian Galan se montre à son avantage lors des derbies de la Garonne. Le troisième ligne centre a en effet marqué à trois reprises face au SUA : auteur d’un doublé en 2015-2016, il avait également aplati dans l’en-but lot-et-garonnais en 2012-2013. A ce jour, Galan totalise 14 essais en championnat de France depuis le début de sa carrière.


Difficile de passer inaperçu quand on s’appelle Erbani et que l’on évolue à Agen. Dominique, le père d’Antoine, était lui aussi troisième ligne aile et a marqué l’histoire du club lot-et-garonnais, tout au long d’une carrière jalonnée de 46 sélections en équipe de France dans les années 80.
Formé au SUA, Antoine a gravi un à un tous les échelons, passant d’un premier match chez les professionnels en novembre 2011 jusqu’à devenir capitaine de l’équipe cette saison.

Prototype du flanker moderne, Erbani présente un profil complet : mobile, véloce, puissant, habile ballon en mains, précieux en touche. Depuis 2015, il est devenu un élément incontournable du XV agenais, multipliant les feuilles de match et les titularisations. Il semble prêt pour son nouvel objectif : faire ses preuves en Top 14 et pérenniser le SUA au plus haut niveau.

Pos Équipe Pts J G N P Diff B Off B Déf
1
Montpellier 19 5 4 0 1 58 3 0
2
La Rochelle 18 5 4 0 1 79 2 0
3
LOU 18 5 4 0 1 62 2 0
4
Stade Toulousain 16 5 3 1 1 39 1 1
5
Racing 92 15 5 3 0 2 29 1 2
6
Toulon 14 5 3 0 2 7 1 1
7
Bordeaux-Bègles 13 5 3 0 2 8 1 0
8
Clermont 13 5 3 0 2 25 1 0
9
Pau 13 5 3 0 2 6 0 1
10
Castres 7 5 1 0 4 -29 1 2
11
Oyonnax 6 5 1 1 3 -86 0 0
12
Agen 6 5 1 0 4 -38 0 2
13
Stade Français 5 5 1 0 4 -58 0 1
14
CA Brive 1 5 0 0 5 -102 0 1






Avec une seule victoire lors de ses cinq premiers matchs, le Castres Olympique est en difficulté au classement, et une série de résultats positifs sera nécessaire pour se rapprocher des places qualificatives.
Déjà battu à domicile par Montpellier lors de la 3ème journée (17-22), le CO peut en tout cas difficilement envisager un deuxième revers sur ses terres.

Après la lourde défaite enregistrée sur la pelouse de La Rochelle, Clermont a mis à profit les deux dernières journées pour engranger deux succès de rang au Michelin. Le champion de France a du coup retrouvé un rang plus conforme à ses ambitions, mais cette amélioration doit maintenant être confirmée à l’extérieur. Rappelons qu’en la matière, l’ASM était la saison passée l’un des meilleurs élèves du Top 14, avec quatre victoires et trois nuls amassés en déplacement.





Après quatre succès de rang, Montpellier a connu son premier revers de la saison en s’inclinant le week-end dernier face à Bordeaux-Bègles. Cette défaite ne vient cependant pas ternir la très bonne impression d’ensemble laissée par le club héraultais, notamment à domicile : en trois matchs, les coéquipiers de Louis Picamoles ont en effet effectué le plein de points, avec trois victoires assorties du bonus offensif.

Le début de saison briviste est cauchemardesque, avec cinq défaites lors des cinq premiers rendez-vous. La réception du Stade Toulousain a certes permis au club d’empocher un point de bonus défensif, le premier de l’exercice, mais cela semble une bien maigre consolation.
Il reste encore du chemin pour rattraper les points laissés en route, mais les Corréziens n’ont certainement pas oublié que la saison passée, ils avaient littéralement explosé (42-13) à l’Altrad Stadium.





Depuis l’entame du Top 14, Oyonnax ne démérite pas et n’a jamais été dépassé sur ses terres, ce qui contraste fortement avec les lourdes défaites concédées à l’extérieur, sur les terrains de Montpellier (37-6) et La Rochelle (57-12). Mais malgré tout, l’USO ne compte toujours qu’une seule victoire dans son escarcelle, ce qui apparaît bien peu après cinq journées. Alors que le club recevra une deuxième fois consécutivement dans une semaine, avec la venue de la Section Paloise à Charles Mathon, l’occasion est belle de lancer définitivement sa saison.

Bordeaux-Bègles alterne le bon et le moins bon ces dernières semaines. Si les Grenats ont déjà frappé deux jolis coups en disposant de Clermont et Montpellier, ils ont entre-temps connu trois défaites consécutives. Un premier coup à l’extérieur, là où le club n’a pas marqué le moindre point en deux occasions, serait l’occasion idéale de débuter une spirale positive.





Les matchs à l’extérieur semblaient être jusqu’ici le talon d’Achille de la Section Paloise. La performance enregistrée à Agen lors de la dernière journée a sans doute marqué les esprits, et le club béarnais a semble-t-il définitivement lancé sa saison. En 2016-2017, Pau avait facilement disposé du Stade Français au Hameau, sur le score sans appel de 23 à 6.

Depuis son éclatante victoire sur La Rochelle (35-24) lors de la deuxième journée, le Stade Français est rentré dans le rang et a connu trois défaites d’affilée. La position du club de la capitale au classement est aujourd’hui inconfortable, et la perspective de ce déplacement n’a rien de réjouissante sur le papier : en deux matchs à l’extérieur, le vainqueur de la Challenge Cup 2017 a connu deux cuisantes défaites, encaissant en moyenne plus de quarante points.







Avec trois victoires en cinq matchs, le Racing 92 est jusqu’ici dans les clous, même si ses performances sont pour le moment en dents de scie, ce qui n’a rien d’anormal à ce stade de la saison.
A domicile, le club des Hauts-de-Seine a expédié les affaires courantes, en s’imposant lors de ses deux apparitions, mais sans parvenir, que ce soit contre Oyonnax ou Castres, à empocher le point de bonus offensif.

Le LOU a engrangé quatre succès en cinq matchs depuis le coup d’envoi de la saison et se positionne en haut du classement, confirmant ses ambitions pour l’exercice en cours. Jusqu’ici, les déplacements du club rhodanien se sont soldés par un succès (chez le Stade Français) et une défaite (à Pau).
Lors du dernier Top 14, Lyon était reparti bredouille de Colombes, battu 29 à 16. Mais visiblement, l’équipe a changé de braquet cette saison.







Après avoir été sévèrement battu il y a quinze jours sur le terrain de Montpellier, Toulon a su réagir en s’imposant chez le Stade Français lors du dernier week-end. Avec trois victoires en cinq journées pour seulement deux matchs à Mayol, le RCT est pour le moment positif au classement britannique.
Une victoire lors de cette rencontre au sommet, remake de la dernière demi-finale, permettrait aux hommes de Mourad Boudjellal de valider cette bonne entame et de prendre pied dans les hauteurs du classement.

Si la défaite concédée face au Stade Français avait fait naître quelques doutes du côté de La Rochelle, force est de constater qu’ils n’ont pas duré bien longtemps. Avec quatre victoires en cinq journées, le club maritime signe un début de Top 14 fracassant, restant sur la même dynamique que la saison dernière.
Le Stade Rochelais ne garde que de bons souvenirs de son dernier voyage sur la Rade, puisqu’en 2016-2017, il avait signé une petite sensation en s’imposant à Toulon, 23 à 20.

31 mai 2003
Un an après avoir été éliminés en demi-finale du championnat par Agen, les Toulousains prennent leur revanche au même stade de la compétition. Un essai de Jauzion et la botte de Delaigue ouvrent ce jour-là la porte de la finale.

Arrivé à Toulouse en 2006, celui qui est devenu au fil des ans le capitaine emblématique des Rouge et Noir a marqué de son empreinte le club de la Ville Rose. Avec quatre titres majeurs remportés, le « Dark Destroyer » revient sur ses années exceptionnelles au Stade.

Tu as rejoint le Stade en 2006 après deux années au Biarritz Olympique. Te souviens-tu des circonstances de ton arrivée ?

Je m’en souviens très bien. Cela s’est passé durant le milieu de saison 2005-2006. Le Stade Toulousain, qui me connaissait depuis mon passage à Colomiers, par l’intermédiaire de Jean-Michel Rancoule et Guy Novès, a exprimé le souhait de m’avoir dans l’équipe. C’est une proposition qui m’avait évidemment semblé séduisante, d’autant plus que j’avais vécu à Toulouse et j’avais pu mesurer l’engouement qu’il y avait autour du club, au-delà de son histoire.
Mais cela n’a pas été simple et cela a pris un peu de temps, car j’étais à l’époque au Biarritz Olympique. On était à l’époque champions de France en titre, et nous avons réalisé le doublé grâce à notre victoire en 2006 face au… Stade Toulousain.
Avant cette finale, j’avais déjà signé et je savais déjà que je venais à Toulouse. C’était un clin d’œil sympathique puisque je jouais la finale contre mon futur club. Pour moi, ça s’est bien passé mais je me rappelle que Guy me l’a souvent rappelé. Il n’a pas trop digéré cette défaite-là et me l’a souvent remise en pleine face ! (sourires) De mon côté, j’étais évidemment content, j’arrivais un peu plus serein que si on avait perdu.

Tu étais double champion de France avec Biarritz, mais tu as dû attendre deux ans pour soulever ton premier trophée. As-tu eu parfois l’impression d’avoir fait un mauvais choix ?

Jamais, car j’étais à l’endroit où je voulais être. Autour de moi, j’avais de très grands joueurs et je savais que ça allait payer. En 2007, on perd en demi-finale face à Clermont, mais il n’y avait pas de grandes différences entre nous. Je savais donc qu’on allait réussir quelque chose.

Quand, comment, je ne savais pas trop, mais c’est vrai que lorsqu’on a été champions en 2008, ça a été un grand soulagement. C’était génial car ça faisait sept ans que les Toulousains attendaient le Bouclier et c’était vraiment fabuleux de faire partie de l’équipe qui le ramenait au Capitole.

A ton arrivée, toi qui es d’un ordinaire plutôt discret, a-t-il été difficile de trouver ta place dans un vestiaire qui contenait beaucoup de fortes personnalités ?

C’est vrai que je suis discret, mais mon caractère n’est pas trop en adéquation avec l’impression que je donne. Je parle peu mais j’ai une personnalité assez forte. Malgré cela, le vestiaire a toujours été bienveillant avec moi. J’ai été tout de suite accueilli à bras ouverts par l’équipe, c’était vraiment chaleureux. On avait une équipe soudée et homogène. Il y avait beaucoup de bienveillance de la part de l’ensemble de l’effectif.

Ta première moitié de première saison en rouge et noir a été assez moyenne, et tu disais toi-même ne pas être satisfait de tes prestations. Y a t-il eu un déclic pour que tu deviennes indispensable ?

Oui, une conversation avec Guy Novès. Il m’a rassuré quant à mes performances et quant à ce qu’il attendait de moi. En fait, son discours m’a libéré. Je me posais beaucoup de questions, je ne trouvais pas spécialement ma place sur le terrain, je sortais d’une équipe où le jeu était hyper cadré avec beaucoup de temps de jeu préétablis et j’arrivais à Toulouse où il y avait beaucoup plus de liberté donnée aux joueurs. C’était un changement qui n’était pas facile à assimiler. Cette discussion m’a libéré, et ensuite, à partir de décembre, j’ai réellement commencé à jouer à mon vrai niveau.

Tu as gagné quatre titre majeurs avec le Stade : 3 Boucliers et 1 H Cup. Lequel de ces titres conserve une saveur particulière ?

Sans doute la Coupe d’Europe, parce qu’au-delà de l’envie de porter les couleurs du Stade Toulousain, j’étais persuadé que ce club pourrait m’aider à obtenir ce titre. Quand on a enfin soulevé la Coupe d’Europe, et là encore, petit clin d’œil car la finale était contre le Biarritz Olympique, j’étais le plus heureux du Monde !
J’avais une petite pression supplémentaire car je me disais : « Là tu ne peux pas perdre ! »
Le fait de gagner cette compétition avec Toulouse, ça a été un grand moment ! Champion d’Europe, c’est vraiment une sensation particulière. On a eu le bonheur de vivre cette sensation en 2010.

Une carrière n’est pas faite que de bons moments… Quel est pour toi le pire souvenir de ta carrière professionnelle ?

Des mauvais souvenirs, il en existe forcément, car j’ai connu un paquet de déceptions et d’échecs. On a toujours tendance à se souvenir des bons moments, car c’est évidemment ce qu’il y a de plus valorisant. Mais il y a aussi des échecs qui peuvent être formateurs. Pour moi, le plus mauvais souvenir reste ma dernière année au Stade Toulousain avec ce classement à la 12ème place. Ça a été difficile d’arrêter ma carrière sur ça…

L’histoire s’est effectivement arrêtée avec le Stade récemment, à l’issue de la saison dernière. C’était dans l’ordre des choses, ou a t-il été difficile malgré tout de quitter le club ?

Bien sûr que c’est dans l’ordre des choses. J’ai 35 ans, 36 bientôt, et à un moment donné, il faut bien que le club se renouvelle.

Il faut laisser sa place et moi aussi, de mon côté, j’avais besoin d’autre chose. Ça n’a pas été quelque chose d’évident parce que je considère vraiment le club comme une deuxième famille et que j’y ai vécu de grandes années. J’ai joué au Stade Toulousain durant 11 ans et ma carrière professionnelle a duré 16 ans.
Le club a une place particulière dans mon cœur. En revanche, c’était aussi le moment que j’avais choisi pour arrêter. J’aurais pu continuer ailleurs mais je ne me sentais pas de le faire et aujourd’hui, je ne regrette rien.

Entre toi et l’équipe de France, cela a été une longue et jolie histoire. Tu détiens encore à ce jour le record de capitanat avec le XV de France. On imagine que c’est une fierté ! Que retiens-tu de l’ensemble de tes sélections ?

Comme vous l’avez dit, le mot c’est « fierté » ! Ça n’a pas toujours été simple, j’ai connu des moments difficiles mais l’un dans l’autre, j’ai vécu 80 fois des moments particuliers. Défendre les couleurs de son pays, pour un sportif de haut niveau, c’est le plus beau. J’ai eu la chance de le faire pendant 9 ans et c’est vraiment le summum. Trois Coupes du Monde, avec une finale… J’ai été vraiment gâté.

Tu as été élu meilleur joueur du monde en 2011. C’est une distinction qui reste forcément en tête. Les sollicitations ont dû être nombreuses mais n’est-il pas difficile de garder les pieds sur terre ?

Non, je n’ai pas trouvé, même si c’est évidemment une récompense qui m’a fait extrêmement plaisir. Maintenant, je ne pense pas avoir le caractère pour m’enflammer. J’étais surtout reconnaissant envers mes partenaires pour m’avoir soutenu et aidé dans cette aventure-là, qui n’a pas toujours été simple.

S’ils n’avaient pas été là, je n’aurais pas eu ce titre. Le jour où je l'ai reçu, je pensais davantage au titre de champion du Monde qui venait de nous passer sous le nez.

Ce surnom de « Dark Destroyer » qui t’a suivi toute ta carrière, qu’en penses-tu ? A t-il été encombrant ?

Non, pas vraiment. Il m’a plus fait sourire qu’autre chose. Je l’ai pris comme un signe de reconnaissance de la part des Anglo-Saxons plutôt que comme quelque chose de dérangeant. Souvent, on l’emploie pour me chambrer mais ça va, c’est rigolo. Ce n’est pas très grave.

As-tu un regret au vu de ta carrière, ou a-t-elle été suffisamment bien remplie pour ne pas en avoir ?

Ponctuellement, je peux effectivement regretter des titres non gagnés, certains matchs qui auraient pu tourner différemment, ou certains choix que j’ai pu faire… Mais dans l’ensemble, honnêtement, j’ai été vraiment comblé par tout ce que j’ai eu. Je suis allé bien plus loin que tout ce que j’avais espéré. Franchement, si on m’avait dit lors de ma première apparition sur un terrain que j’allais avoir cette carrière-là… Je ne pensais même pas être professionnel…

Ton après-carrière, on sait que tu y avais réfléchi depuis déjà quelques années. Est-ce difficile à gérer quand on vit encore sa carrière professionnelle ?

Non, ce qui est difficile c’est d’arriver à trouver quelque chose. Je pense qu’il faut toujours se poser la question de ce que l’on va faire après, parce qu’une carrière de joueur ne dure qu’un temps.

Sans se mettre énormément de pression, c’est bien d’enclencher une réflexion très tôt dans sa carrière car les choses s’arrêtent subitement et on recommence à zéro.
Il est important que le chemin de fin de carrière ne soit pas trop long et trop pénible. Il vaut mieux le faire quand on a une situation financière stable, un métier qui nous passionne… Commencer déjà à réfléchir tranquillement au lieu d’attendre et de subir tout à la fin : ce n’est pas une vérité universelle mais ça a été ma façon de voir les choses.

Pour terminer ta carrière professionnelle, tu as été convoqué par Vern Cotter pour participer à la tournée des Barbarians britanniques. Un honneur ? De bons moments ?

Ça a été vraiment un clin d’œil génial ! J’ai pu jouer pour les Barbarians grâce à Thomas Castaignède qui m’a « parrainé » pour que je puisse participer à l’aventure. C’était vraiment fabuleux. J’ai rencontré des joueurs contre lesquels j’avais joués pour la plupart. Je les ai vus d’une autre façon, à la fois complètement décontractés mais aussi très sérieux dans le travail. C’était vraiment une expérience incroyable. J’ai également découvert un staff et un entraîneur exceptionnels. Je pense sincèrement que c’est un très bon coach et que grâce à lui, Montpellier va faire de belles choses cette année.

Dans toute ta carrière, quel était le joueur le plus guerrier, qu’il valait mieux avoir avec que contre soi ?

« Pato » Albacete ! Il y en a beaucoup, mais c’est vrai que Pato est vraiment un joueur dur au mal, très sérieux, et qui, sur le terrain, est très dur et très sévère. C’est un élément qui a été important dans l’équipe et on a tous été content de l’avoir près de nous.

Quel joueur t’a le plus bluffé par son talent ?

Waouh ! Difficile comme ça de n’en citer qu’un, mais je dirais Fred Michalak. C’est un artiste, que ce soit sur et en dehors des terrains. Il sent le rugby. Il a amené beaucoup de spontanéité dans le jeu et c’est vraiment un joueur extrêmement talentueux.

Au Stade, quel était le joueur le plus drôle dans le vestiaire ?

C’était Yannick Nyanga, alias « la Nyangue » ! C’était aussi le plus bavard. C’est un gars qui a beaucoup d’anecdotes et qui adore parler : il a toujours un truc à raconter. La joie de vivre, c’est ce qui le caractérise bien.
Dans un vestiaire, il est vraiment important. Au-delà de ses qualités de joueur, c’est vraiment un ciment dans un effectif. C’est un trait de caractère important chez lui, donc quelles que soient les équipes dans lesquelles il a pu jouer, il s’est vraiment différencié comme ça.

Le plus râleur ?

Max Médard ! Il râle très souvent. C’est le premier nom qui me vient à l’esprit. Après il y a aussi Grégory Lamboley, un bon râleur également ! Ce sont les champions ! 
On n’oublie pas Clément Poitrenaud évidemment ! Là, vous avez un bon trio magique ! (sourires)

Le plus ingérable ?

Xavier Garbajosa fait ce qu’il veut. Que ce soit les 400 coups ou non, il fait ce dont il a envie. On ne lui dit pas ce qu’il doit faire ;-)

Parmi toutes les troisièmes mi-temps à fêter les titres, laquelle te laisse le souvenir le plus mémorable ?

Celle de 2008 ! Pour moi, c’était la première fois qu’on soulevait le Brennus et qu’on le ramenait au Capitole. C’était un moment particulier. C’était la première fois que je faisais la fête en tant que champion à Toulouse. On avait de bons organisateurs…

Que fais-tu aujourd’hui ?

Maintenant que je suis à la retraite, je travaille ! (sourires) Je m’occupe de mes sociétés, je voyage beaucoup et je me passionne différemment. Je n’ai vraiment pas le temps de m’ennuyer.

Souhaites-tu garder un pied dans le rugby ? As-tu déjà eu des propositions ?

Oui, mais je n’ai pas forcément donné suite. Aujourd’hui, je me concentre sur cette nouvelle vie. Je pense y revenir, mais quand ce sera le bon moment.

Le mot de la fin ?

J’espère que le Stade Toulousain retrouvera la place qui doit être la sienne, dans le top du rugby français. Aujourd’hui, il y a un bon début de saison et je pense que pour ça ils auront besoin du soutien de tous les Toulousains, des partenaires et également des supporters. Qu’ils viennent nombreux à Ernest Wallon pour les supporter et partager des moments de convivialité. Le club a une place particulière pour tous et je pense vraiment que les joueurs le leur rendront.