LA BLAGUE DE CALI

"J'avais à peine 21 ans, Thomas Castaignède allait vers ses 18 printemps et venait de disputer son premier match avec nous. Au stade, la coutume veut que lorsqu'un jeune accomplit son premier match avec l'équipe une, il soit l'objet d'attentions particulières sur le terrain mais aussi à l'issue du match.
Ce n'est pas un bizutage mais en quelque sorte un parrainage.
Avec son copain de Mont-de-Marsan David Daricarrère qui jouait avec nous, nous sommes partis dans la nuit toulousaine avec l'intention de bien fêter l'événernent. Nous étions tous les trois très chauds pour ne pas dire bouillants. Nous avons commencé à une heure tardive de la nuit par un jet de glaçon d'abord entre nous, puis avec les responsables du bar et enfin une bonne partie de la salle dans une ambiance bon enfant.
Et là Thomas Castaignède nous sort une histoire... Celle de l'homme torche (personnage BD de fiction). Tandis qu'il poursuivait son histoire, à l'aide d'un briquet que j'avais récupéré sur le comptoir du bar, je mettais le feu au bas de la belle chemise blanche qui sortait de son pantalon.
Accoudés au bar, les clients les plus proches s'affolent et se mettent à hurler. Thomas pris de panique s'élance tel l'éclair vers la sortie. Son vif déplacement active les flammes et là j'avoue que j'étais mal. Très mal. David Daricarrère et moi le rattrapons et le clouons au sol pour étouffer les flammes. Rapidement rassuré. Pas la moindre trace de brûlure mais une partie de la chemise était en cendre.

J'étais liquéfié et réalisais l'imprudence, l'énormité de mon geste qui pouvait être à l'origine d'une catastrophe irréparable. Je n'étais pas fier de moi et encore sous le choc, nous nous retrouvons dans la rue à hauteur de la vieille guimbarde de Daricarrère. Nous n'avions pas échangé le moindre mot, toutefois, notre forte émotion commençait à disparaître.
Et, le temps de découvrir un pneu crevé, la folie nous reprend et avec la complicité de Thomas Castaignède, nous simulons l'intervention des mécanos sur les circuits de FI quand les voitures rentrent dans les stands pour changements de pneus. Avouez que ces opérations sont toujours spectaculaires. L'espace d'un instant, Thomas et moi démontons les quatre roues, les essuies glaces, les rétroviseurs et sous les yeux consternés de l'ami Daricarrère, pour corser l'intervention, nous procédons à la vidange du moteur (plus vite et mieux que Midas).
Opération bouclée en moins de 20 minutes. Fou rire général. Spectateurs nombreux et hilares. Alors que le jour se levait, nous regagnions nos domiciles respectifs à pied.