LA BLAGUE DE CALI

"Comme chacun le sait, Christian Califano et Marc De Rougemont (dit "le Rouge") sont des amis très unis pour ne pas dire inséparables. Depuis leur plus tendre enfance, à Toulon, on ne voyait jamais l'un sans l'autre. Sous le maillot de l'Equipe de France, nos deux amis ne se quittaient pas davantage. Toujours inséparables, du petit déjeuner au dîner, aux vestiaires, ou en salle de repos, ils partageaient aussi leur chambre. "L'histoire remonte à la Coupe du Monde 95, disputée en Afrique du Sud", raconte Cali.
"Nous occupions un hôtel au cœur de la campagne Sud Africaine, retiré de tout. Pas une seule habitation à l'horizon. Un véritable désert. Seule la présence d'un fleuve avec quelques embarcations amarrées sur la berge.
A l'heure de la sieste, nous rejoignons notre chambre. Après un premier somme d'une petite heure, plus de Marc dans la chambre. A mon tour, je quittais la chambre avec l'intention de récupérer le "Rouge" pour rejoindre les berges de la rivière, manière de faire le point entre nous sur les matchs à venir, nos familles. Bref, partager un moment d'amitié, faire le vide et nous détendre.

Le pas de la porte franchi, des cris de détresse, des hurlements me parviennent. Je reconnais la voix de mon Marc et appelle du renfort car je ne voyais pas ce qui se passait sur le fleuve. Cabannes et St André accourent et nous voyons Marc agrippé à des roseaux, sur une barque qui prenait l'eau, au milieu du fleuve à environ 30 mètres de la berge. Marc nous apercevant se mit à crier de plus belle "Vite, vite, je vais me noyer, le courant va m'emporter".
Tandis que Cabannes revenait sur une embarcation à moteur avec le gardien de l'hôtel, pour aller récupérer le Rouge, St-André et moi lui lançons : «Marc, tu vas te faire dévorer par les crocodiles et les piranhas ; il y a aussi des serpents, la rivière en est infestée".

Quand nous sommes arrivés a sa hauteur, les mains crispées sur ses roseaux pour lutter contre le courant, de l'eau au-dessus des genoux, Marc était vraiment mort de peur. Bien évidemment, il n'y avait pas le moindre danger, seul le courant pouvait entraîner la barque occupée par De Rougement, quelques dizaines de mètres en aval de l'hôtel.
Je regrette de ne pas avoir filmé cette séquence épouvante, qui me fait encore bien rire.