Didier CODORNIOU

Didier Codorniou n'a passé que trois saison au Stade Toulousain, mais son passage, comme sous tous les maillots qu'il a revêtus, aura été marqué du sceau de la classe.

Né le 13 février 1958 à Gruissan, il n'a que 17 ans quand il débute au sein du Racing Club Narbonne Méditerranée. Douze années et un titre de champion de France plus tard, c'est un joueur qui compte 32 sélections au sein de l'équipe de France qui pose ses valises dans la ville rose.
Parti en tournée avec les Bleus en 1979, pour une périlleuse série de matchs face à la Nouvelle Zélande, Didier Codorniou prend part, un essai en prime, à l'historique victoire tricolore sur les All Blacks, le 14 juillet 1979 à l'Eden Park d'Auckland.
En 1987, il prend contact avec le président stadiste de l'époque. Didier raconte: "C'est moi qui me suis proposé au Stade Toulousain. J'ai rencontré Jean Fabre, nous avons déjeuné ensemble et je suis venu à Toulouse. C'était en 1987". Le "Petit Prince" passera trois saisons au club et disputera 91 matchs avec l'équipe première. C'est dire s'il a su se rendre immédiatement indispensable: aucun autre joueur, durant ce laps de temps, n'aura autant joué que lui.
L'association offensive qu'il forme avec Denis Charvet, au centre de la ligne de trois-quart, est entré dans la légende du club rouge et noir. Le 27 mai 1989, au Parc des Princes, il touche le Brennus pour la deuxième et dernière fois de sa carrière (victoire sur Toulon 18-12).
"Je suis content d'être venu au Stade,cela a été très enrichissant pour moi. J'ai eu la chance de côtoyer des joueurs de grande qualité et c'était pour moi une excellente façon de me remettre en question. Ces trois années m'ont complètement épanoui au niveau du jeu. Et humainement", se souvient-il.
Malgré un gabarit atypique pour un trois-quart, Didier aura enthousiasmé tous les publics devant lesquels il aura joué. La qualité de ses passes, sa faculté à bien faire jouer ses partenaires, ses atouts athlétiques et sa vision du jeu l'auraont fait entrer au panthéon du rugby toulousain... et français.
"Pour briller sur un terrain, il faut être quinze. Seul, on n'est rien. J'ai profité au maximum du jeu à la toulousaine, loin des stéréotypes des autres équipes. C'était fabuleux, un désordre organisé. Le Stade était, et est toujours, une grande famille".
A 36 ans, revenu à Narbonne, Codorniou dispute l'un des derniers matchs de sa carrière, en quart de finale du championnat de France. Il perd symboliquement face au Stade Toulousain (21-3), au moment où il décide de dire "stop". "C'est la vie qui m'a rattrapée. C’est ce genre de lassitude qui vous ramène à la réalité, à la belle réalité : on ne dure pas éternellement. Et si on essaie, on se brûle les ailes. Aujourd’hui, j’éprouve le besoin d’être avec mes enfants, mes copains, et d’avoir d’autres activités".