Dominique Harize


A l'évocation du Stade Toulousain, la voix de Dominique Harize prend un ton enjoué. Ses premières pensées vont vers Guy Novès, son pendant sur l'aile gauche durant toutes ces années sous le même maillot. "Guy est quelqu'un que j'apprécie énormément. Je pense, et j'espère, que la réciproque est vraie".

Pas de doute, le temps n'a pas réussi à effacer les années toulousaines, jalonnées d'une centaine de rencontres en équipe première (107 exactement). Et quand il évoque une "exceptionnelle aventure humaine", ces mots, parfois galvaudés, trouvent une résonance particulière.
"J'ai rencontré au Stade des gars fabuleux. Ilmpossible de donner des noms tant ils sont nombreux. Aujourd'hui, avec du recul et en ayant pris de la bouteille, je mesure à quel point ma période toulousaine a été, au delà de l'aspect purement sportif, exceptionnelle". Paradoxalement et en dépit des joueurs exceptionnels côtoyés par Dominique Harize sous le maillot stadiste, aucun titre ne viendra grossir le palmarès du Stade durant cette période.
"C'est vrai", reconnaît-il, "mais c'est peut-être durant ces années-là, lors de la génération entraînée par Claude Labatut, que le Stade a entamé sa construction. Et le club a tout de même atteint les demi-finales du championnat de France en 1978 et la finale en 1980". Deux matchs perdus contre le grand Béziers, qui allait faire main basse sur le rugby français en s'adjugeant dix couronnes en quatorze ans. La confrontation du Parc des Princes est gravé dans les mémoires des supporters de l'époque... et actuels. Car l'action menée dans les ultimes minutes par Serge Gabernet et Dominique Harize (un deux contre un alors que la route de l'essai était dégagée) est entrée, malgré son issue malheureuse, dans la légende rouge et noire. "Il faudra que j'en repatle avec Gaber un de ces jours", s'amuse-t-il, "mais si les gens se souviennent uniquement de cette phase, je peux leur montrer les trente premières minutes du match. On aurait pu gagner, mais durant cette première demi-heure, le Stade était à l'agonie devant le rouleau compresseur biterrois". Fermez le ban.
Résumer à quelques secondes une carrière stadiste forte de 35 essais, malgré une saison 1980 blanche après une rupture du tendon d'achille, serait de toute façon bien injuste. L'ère toulousaine s'arrête en 1983 pour prendre le chemin d'Albi puis de Brive, où il se rapproche du Lot natal. La cassure est nette, et ce n'est que dernièrement, au cours d'un match de Heineken Cup, qu'il découvre les Sept Deniers. Un stade où il n'avait jamais joué.
"J'ai été ému de voir tous ces anciens encore dans le circuit et de l'accueil qu'ils m'ont réservé. Tout cela me laisse à penser que malgré le professionnalisme, l'ambiance que j'ai connue quand j'étais au club perdure. Quant au public, moi qui ai pas mal bourlingué, je peux certifier qu'il n'en existe pas beacoup d'aussi fervent et connaisseur", clame qui  s'est reconverti dans le conseil en gestion du patrimoine. Mais loin des yeux près du coeur pourrait bien être une maxime chère à Dominique Harize.