GERALD MARTINEZ
 
Gérald Martinez n'a jamais soulevé le Brennus avec le Stade Toulousain. Pour un joueur resté onze années dans la capitale haut-garonnaise, cela sonne presque comme une incongruité.
Et pourtant, il reste dans la mémoire collective comme l'un des joueurs clés de l'histoire rouge et noire. Un capitaine fougueux, fantasque, difficile à canaliser et tellement attachant.
Aujourd'hui encore, la passion qui l'anime est telle, à l'évocation du Stade Toulousain, que l'on a du mal à comprendre comment ces deux-là ont pu se séparer. "Au Stade, je faisais en quelque sorte partie des meubles", se souvient le natif de Montrejeau. "J'étais capitaine de l'équipe et très impliqué dans la vie du club. Quand, au début de l'année 1984, j'ai fait part au président Fabre de ma volonté de partir, il ne m'a pas pris au sérieux. Et pourtant..."
Et pourtant, quelques mois plus tard au terme d'une saison où il aura accompli avec ses coéquipiers un fameux doublé (Coupe de France et Béguère), "Gégé" tire sa révérence. Un choix qui n'est pas dicté par des raisons sportives. "A l'époque, j'étais fonctionnaire à Sup'Aéro. Je n'étais pas à plaindre, mais la routine m'inquiétait. Professionnellement, j'aspirais à prendre des risques, partir dans l'inconnu. En deux mots, me mettre à mon compte. Si seul le rugby était entré en compte, je serais resté dans le Sud".
Adieu Toulouse, bonjour Paris pour Gérald. Il découvre la capitale sur la pointe des pieds, presque avec réticence, mais il ne l'a plus quittée depuis. Aujourd'hui à la tête d'une société d'imprimerie comptant une cinquantaine de salariés, l'ancien demi de mêlée n'a pas pour autant rompu tous les ponts avec l'Ovalie. Président de l'Amicale des Anciens Internationaux, il participe à l'organisation de rencontres entre les grands noms d'hier.
L'occasion d'oeuvrer pour des associations caritatives mais aussi de retrouver les potes de la belle époque. Car pour Gérald, l'amitié n'est pas comme pour trop d'autres un mot galvaudé à force d'être utilisé à force et à travers. "J'ai toujours fonctionné comme cela, depuis mes débuts à Montréjeau jusqu'à la fin de ma carrière au Racing. Revenir à Toulouse est toujours pour moi un immense plaisir. L'occasion de retrouver Giraud, Santamans, Novès, Rancoule, Portolan...  Tous ces gars avec lesquels j'ai vécu les plus belles années de ma carrière sportive. L'époque de l'amateurisme, où tout fonctionnait à l'amitié".
Gérald Martinez est arrivé au Stade Toulousain en 1974. Il ne quittera le club qu'à l'issue de la saison 1983-84, après avoir disputé 210 matchs sous les couleurs de l'équipe fanion.