JEAN FABRE

Président de 1980 à 1990



                                           
Très grand Joueur, très grand Dirigeant, « le Matheux » car tel était son surnom, a laissé un très grand Nom dans le Rugby.
Aveyronnais d’origine, il vient, comme beaucoup, poursuivre ses études universitaires à Toulouse et signe naturellement au Stade.
Il y tient, comme en équipe de France, le poste stratégique de n° 8. Capitaine du XV de France, il a donc été International à huit reprises.
Il a laissé l’image d’un Capitaine responsable, d’un Capitaine qui voulait donner une nouvelle dimension à cette fonction. Il a interrompu sa carrière internationale sur blessure, plus tôt que prévu. Ce fut sans conteste préjudiciable aux deux. Je veux dire : à Lui, et à l’équipe de France.

Jean est un homme droit, un homme de tradition, de valeurs, un grand esprit, un intellectuel. Il a conduit sa carrière universitaire « au pas de charge », avec sa fougue, sa lucidité, son enthousiasme de rugbyman.
Brillant étudiant, Docteur es-sciences mathématiques, Enseignant des classes préparatoires, Inspecteur Général de l’Education nationale. Il a toujours ressenti le besoin d’entreprendre, de donner. Aujourd’hui, retraité (un terme qui ne lui correspond pas), il consacre une partie de son temps aux habitants de son village aveyronnais. Maire de sa commune, il partage sa vie entre Toulouse et ses racines.

Il a mis toutes ces qualités au service de son club, le Stade Toulousain, comme joueur et comme dirigeant. En 1980, il participe et prend en charge le sauvetage du club, exposé, avec seulement une poignée de supporters, à tous les vents coulis du Stadium. Il préside à son installation aux Sept Deniers. Il porte la vision du futur pour le Stade Toulousain orphelin du Wallon où les « bulldozer » ensevelissent ses racines.
Il développe son « projet de club », ambitieux pour le rugby, pour Toulouse, pour les joueurs entraîneurs et dirigeants du Stade Toulousain. Il s’appuie sur les équipes de jeunes qui sont alors l’éclat du club, sur des hommes doués d’une intelligence supérieure : Robert Bru, Pierre Villepreux, sur des joueurs exceptionnels. Car son projet reste terriblement novateur : projet de jeu, projet de vie et d’organisation pour des hommes amateurs ayant des comportements professionnels, recherche de l’excellence et de l’efficacité (le plus apte à chaque poste), projet de structure, projet de formation, projet d’épanouissement des hommes, projet de partenariat équitable avec les Entreprises …, une vision du club pour l’an 2000 qui nous a donné une formidable avance.

Il bouscule les traditions frileuses du rugby français, crée en 1986, le premier Master Matra Espace, récidive en 1990 avec le Tournoi du Centenaire, montrant à tous la voie du rugby européen et mondial. Il se révèle précurseur et visionnaire.