Philippe STRUXIANO


Président du Stade Toulousain:

  • de 1951 à 1954



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    Avec Philippe Struxiano l’on côtoie une légende, par sa personnalité, par son jeu, par sa vie.
    Très jeune, il tient avec Alfred Maysonnié la charnière de l’équipe Championne de France 1912, « La Vierge Rouge ». Remarquable demi de mêlée et meneur d’hommes, il est deux fois International en 1913. Sa carte d’International porte le numéro 97.
    Il vient au rugby après avoir pratiqué l’athlétisme, une filière déjà prisée. Footballeur de grande qualité, il avait même été sélectionné « remplaçant » dans notre Onze national.
    La Première Guerre mondiale stoppe sa carrière. Il est blessé au combat. Après la guerre, il retrouve le rugby. Il compte 5 sélections en 1920, il tient le Capitanat de l’Equipe de France, il dispute les Jeux Olympiques de 1920 et joue les Etats-Unis futurs vainqueurs. Georges Pastre a écrit de lui : « … il a un bras d’or, un solide coup de chausson et de la matière grise… » C’est aussi un formidable caractère, un fort mauvais caractère !...
    Il se brouille avec la Fédération Française de rugby. Vexé, alors que désigné  Capitaine pour disputer le match du Tournoi contre l’Angleterre, il ne se présente pas à cette sélection et refuse de jouer… Le Conseil Fédéral lui inflige un blâme et le qualifie de « mauvais sportif français »… Il ne totalisera ainsi que 7 capes.
    Il conduit le XV du Stade Toulousain, se comporte en « monarque absolu ». Il admet mal les critiques, ainsi en 1921, quand en finale perdue devant l’USAP, ses options de jeu ont empêché la victoire. Mais en 1922 il porte le Stade Toulousain au Titre de Champion de France. Il est alors adulé, fêté, il devient la « coqueluche des Toulousains » !...
    Il veut en profiter pour asseoir sa position dans le Club. Il demande à entrer au Comité Directeur du Stade. Il n’est pas accepté par le collège des Dirigeants. Sa personnalité, son caractère emporté inquiètent. Ulcéré, il s’exile alors en Avignon.
    Il revient pourtant chez lui, à Toulouse, où il tient négoce. Il est fabriquant de bouchons. Il ne s’éloigne pas de son Club et le 29 mai 1941, l’Assemblée Générale l’élit dans le Comité Directeur du Stade Toulousain. Il accède à la Présidence en 1951.
    Un stade du sud-est de Toulouse, dans le quartier de Lespinet, porte aujourd’hui son nom et une ligne de bus, qui y possède son terminus, rappelle à tous les Toulousains, le patronyme d’un rugbyman d’exception.